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	<title>Francoblogsciences &#8211; affordance.info</title>
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	<link>https://affordance.framasoft.org</link>
	<description>Le blog d&#039;un maître de conférences en sciences de l&#039;information. ISSN 2260-1856</description>
	<lastBuildDate>Wed, 24 Apr 2013 15:17:49 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Twitter : l&#8217;oiseau-lyre du bruit du monde.</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2013/04/twitter-oiseau-lyre-bruit-monde/</link>
					<comments>https://affordance.framasoft.org/2013/04/twitter-oiseau-lyre-bruit-monde/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 15:17:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://affordance.framasoft.org/2013/04/24/twitter-oiseau-lyre-bruit-monde/</guid>

					<description><![CDATA[Reproduction pour archivage personnel d&#39;un texte paru dans l&#39;ouvrage &#34;Twitter, un monde en tout petit&#34; chez l&#39;Harmattan sous la direction de Gabriel Gallezot et Nicolas Pelissier (sommaire détaillé ici). Twitter : l&#39;oiseau-lyre du bruit du monde. &#34;Le moindre chant d&#39;oiseau / Est un précipice / Qui s&#39;avance pour t&#39;avaler.&#34; Eugène Guillevic Le maso-schisme de la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><strong></strong><span title="R" class="cenote-drop-cap">R</span>eproduction pour archivage personnel d&#39;un texte paru dans l&#39;ouvrage &quot;Twitter, un monde en tout petit&quot; <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=39644" target="_blank" rel="noopener">chez l&#39;Harmattan</a> sous la direction de Gabriel Gallezot et Nicolas Pelissier (<a href="http://urfist.unice.fr/2013/02/22/twitter-un-monde-en-tout-petit-sommaire/" target="_blank" rel="noopener">sommaire détaillé ici</a>).
</p>
<h1 style="text-align: right;">Twitter : l&#39;oiseau-lyre du bruit du monde.</h1>
<p>&quot;Le<br />
moindre chant d&#39;oiseau / Est un précipice / Qui s&#39;avance pour t&#39;avaler.&quot; Eugène<br />
Guillevic</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Le maso-schisme de la statusphère. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Il fut un temps où le web était, sur le réseau, le seul espace de<br />
circulation des textes, des images et des sons. Puis vinrent d&#39;autres espaces,<br />
véhiculant d&#39;autres proximités, d&#39;autres topologies et d&#39;autres régimes<br />
attentionnels. D&#39;abord la &quot;blogosphère&quot;, qui nécessita un traitement<br />
à part depuis les moteurs de recherche<a href="#_ftn1">[1]</a>,<br />
tant la densité de liens et les fréquences de mise à jour lui étant propres<br />
étaient différentes de la pulsation habituelle du web, et&#0160; bouleversaient la hiérarchie bien<br />
huilée de l&#39;affichage des résultats de recherche. Puis avec l&#39;essor des réseaux<br />
sociaux en général et de Facebook et de Twitter en particulier naquit un nouvel<br />
espace de socialisation que certains baptisèrent la &quot;statusphère&quot;.<br />
Initialement un &quot;quant à soi&quot;, semi-privé, semi-public de l&#39;activité<br />
de publication qui, tout en continuant d&#39;entretenir divers épanchements<br />
égotistes, devînt également, dans la pratique, la principale narration associée<br />
au monde informationnel connecté. Sur Twitter on &quot;raconte&quot; aussi bien<br />
sa soirée-télé que son avis sur la loi Hadopi ou sa perception de la campagne<br />
électorale américaine.&#0160; </p>
<p style="text-align: justify;">Comment un site qui<br />
repose entièrement sur une économie de la contrainte, sur une routine de la<br />
limitation, sur un totem de la frustration (140 caractères, pas un de plus, là<br />
où le web propose un espace de publication affranchi de toute limite, là où<br />
même Facebook ne cesse d&#39;étendre le domaine de la &quot;statusphère&quot;<a href="#_ftn2">[2]</a>),<br />
comment un site envahi de routines et de fonctions métalinguistiques étrangères<br />
au profane (RT, FF, #hashtags, LT, etc &#8230;), comment ce site peut-il<br />
aujourd&#39;hui occuper la place centrale qui est la sienne ? </p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être parce que<br />
Twitter est un média d&#39;actualité <em>autant<br />
qu&#39;un </em>réseau social<a href="#_ftn3">[3]</a>.<br />
Parce qu&#39;il est un média social <em>et</em> un<br />
réseau d&#39;actualité(s). Nouveau floutage plutôt que nouvelle frontière d&#39;un<br />
monde informationnel déjà soumis à d&#39;innombrables secousses.</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Parce que c&#39;était tweet, parce que cet émoi. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Twitter est un média de la cristallisation. Cristallisation politique<br />
lors des mouvements du printemps arabe<a href="#_ftn4">[4]</a>,<br />
cristallisation &quot;de salon&quot; lors des innombrables Live-Tweets de<br />
soirées de télé-réalité, d&#39;événements sportifs, de colloques et de congrès.<br />
Twitter est un média du &quot;sentiment&quot;. Qui porte à l&#39;analyse du<br />
sentiment<a href="#_ftn5">[5]</a>,<br />
le data-mining cédant la place à &quot;l&#39;opinion mining&quot;. Et de l&#39;analyse<br />
de l&#39;opinion à sa fabrique, il n&#39;est qu&#39;un pas que là encore de nombreuses<br />
études sur l&#39;utilisation de Twitter en politique viennent corroborer<a href="#_ftn6">[6]</a>.&#0160;
</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>L&#39;art délicat du hashtag. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Le<br />
hashtag, cette routine d&#39;indexation instaurée par Twitter dans la lignée des<br />
procédures d&#39;indexation collaboratives inaugurées par les folksonomies, est au<br />
coeur des mécanismes d&#39;appropriation qui font le succès du site. Il s’agit, au<br />
sein d’un message (un tweet), d’un mot ou d’une concaténation de mots, précédée<br />
du symbole dièse (#), et permettant de l’indexer, soit pour pouvoir suivre<br />
l’ensemble des messages ainsi balisés soit pour leur ajouter un niveau de sens<br />
différent. #exemple </p>
<p style="text-align: justify;">Tout comme les<br />
mots-clés ou «&#0160;tags&#0160;» des folksonomies, les hashtags participent<br />
pleinement du processus de redocumentarisation aujourd’hui à l’œuvre sur le<br />
web. </p>
<p style="text-align: justify;">Le hashtag est<br />
comme une braise sur laquelle les veilleurs, influenceurs et autres<br />
&quot;community managers&quot; doivent être capable de souffler pour déclencher<br />
l&#39;incendie viral qui verra une information s&#39;étendre à l&#39;ensemble du réseau ou<br />
pour tout au contraire être capable d&#39;éteindre cet incendie en le cantonnant à<br />
une communauté bien délimitée. </p>
<p style="text-align: justify;">Le hashtag est le<br />
produit d&#39;une initiative le plus souvent individuelle ensuite reprise par un<br />
grand nombre de membres d&#39;une communauté et devient ensuite le seul marqueur<br />
fédérateur de cette communauté. Le seul capable à la fois de mettre ou de<br />
remettre en mouvement cette communauté. Le seul également capable de permettre<br />
d&#39;en reconstituer la mémoire événementielle, avant qu&#39;elle ne s&#39;envole en<br />
fumée. </p>
<p style="text-align: justify;">Le hashtag joue le<br />
rôle d&#39;une fonction support de nature métalinguistique, héritière des logiques<br />
documentaires d&#39;indexation déjà présentes au coeur des premières tentatives<br />
d&#39;organisation des connaissances dans la plus haute antiquité (index et<br />
thesaurii), mais il renvoie également, au travers des usages qui en sont faits,<br />
à une dimension ludique, à une possibilité toujours ouverte de détournement qui<br />
renforce son rôle de fixateur d&#39;attention, qui développe les modes<br />
d&#39;appropriation associés, et qui enrichit les protocoles et routines<br />
documentaires qui gravitent autour de son usage. Autre raison de son succès,<br />
son faible coût cognitif : </p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160;&#0160; &quot;<em>le marquage (&quot;tagging&quot;) élimine la phase<br />
de décision (choisir la bonne catégorie) et dissipe la phase de paralysie<br />
d&#39;analyse (&quot;the analysis-paralysis stage&quot;) pour la plupart des gens.<br />
(…) Il offre un retour social et sur soi-même immédiat. Chaque &quot;tag&quot;<br />
traduit un peu de vos centres d&#39;intérêts et les ancrent dans un contexte social<br />
immédiat. La beauté du marquage (&quot;tagging&quot;) est qu&#39;il est inscrit<br />
dans un processus cognitif déjà existant sans lui ajouter de coût cognitif<br />
supplémentaire.&quot; </em><a href="#_ftn7">[7]</a><strong>&#0160;</strong>
</p>
</blockquote>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Prédictions addictives. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Twitter<br />
est un média de l&#39;addiction<a href="#_ftn8">[8]</a>,<br />
une addiction que la peur de manquer quelque chose (syndrome &quot;FOMO&quot;<br />
pour Fear Of Missing Out) vient en permanence renforcer, comme vient la<br />
renforcer la projection symbolique qui tend à présenter le site comme un média<br />
à valeur prédictive, que cette prédiction porte sur l&#39;évolution des cours de la<br />
bourse<a href="#_ftn9">[9]</a><br />
ou de prochains tremblements de terre par l&#39;analyse en temps réel de<br />
&quot;social sensors&quot;<a href="#_ftn10">[10]</a>.
</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#39;unisson de<br />
l&#39;évolution des moteurs de recherche qui multiplient les fonctionalités de<br />
&quot;suggestion&quot; (Google Suggest), les saisies semi-automatiques en cours<br />
de frappe (Google Instant Search), nous fournissant ainsi des réponses avant<br />
même que nous ne formulions notre question<a href="#_ftn11">[11]</a><br />
et introduisant, de facto, un biais cognitif qui influence l&#39;orientation et la<br />
finalité de nos recherches, Twitter, par l&#39;énormité des flux qu&#39;il agrège et<br />
par la résonance particulière que cette agrégation entretient avec l&#39;actualité,<br />
cristallise des régimes attentionnels dont il est facile, après coup, de faire<br />
remonter la valeur prédictive supposée ou réelle, comme une nouvelle itération<br />
du paradoxe du singe savant<a href="#_ftn12">[12]</a><br />
à l&#39;heure de l&#39;informatique en nuage et de ses immenses corpus de données (Big<br />
Data). </p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>La mémoire neuve. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Twitter<br />
ressemble à une mémoire de travail. Les tweets n&#39;y sont plus accessibles après<br />
un temps assez court. Leur consultation n&#39;a le plus souvent d&#39;intérêt que dans<br />
l&#39;instant de l&#39;événement qui fait l&#39;objet d&#39;une activité de publication en<br />
temps réel. Pourtant Twitter pose comme aucun autre avant lui la question d&#39;une<br />
patrimonialisation du temporaire, la question de l&#39;archive qui peut ou non &#8211; et<br />
comment ? &#8211; être tenue et entretenue sur un flux en actualisation permanente.<br />
Lorsque la bibliothèque du Congrès passe un accord<a href="#_ftn13">[13]</a><br />
avec la société Twitter pour archiver l&#39;ensemble des tweets publics du service,<br />
ce patrimoine est-il ou non superflu<a href="#_ftn14">[14]</a><br />
? Les millions d&#39;utilisateurs qui disposent d&#39;un compte public sur Twitter<br />
gazouilleraient-ils de la même manière en ayant connaissance de cet accord ? </p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>L&#39;archive impossible ? </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Au-delà<br />
de la simple déportation de nos mémoires intimes &#8211; documents, photos, vidéos &#8211;<br />
dans le nuage (cloud computing), sur des services dont nul ne peut présager de<br />
l&#39;évolution du modèle économique qui les sous-tend, deux problèmes principaux<br />
se trouvent posés. D’abord, nous contrôlons de moins en moins le processus<br />
d’engrammation et ses modalités (ces mémoires seront disponibles mais où ?<br />
quand ? combien de temps ? sous quelle forme ? à quel prix ? avec quelle<br />
possibilité de contrôle et d&#39;effacement ?), et nous perdons également la<br />
maîtrise d&#39;un grand nombre de processus d&#39;activation et de rappel (ce sont les<br />
algorithmes de Facebook qui nous “disent” quand se souvenir de l’anniversaire<br />
de nos amis). Ensuite, là où l’archivage classique travaillait sur des unités<br />
mémorielles assez denses, le numérique travaille à l’échelle de<br />
l’atome&#0160;(chaque chaîne de 140 caractères par exemple). C’est un retour à<br />
l’archive telle que la définissait Michel Foucault, c’est-à-dire &quot;la masse<br />
des choses dites dans une culture, conservées, valorisées, réutilisées,<br />
répétées et transformées. Bref toute cette masse verbale qui a été fabriquée<br />
par les hommes, investie dans leurs techniques et leurs institutions, et qui<br />
est tissée avec leur existence et leur histoire<a href="#_ftn15">[15]</a>&quot;.&#0160; </p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Méta-mémoire. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Twitter marque<br />
l&#39;entrée des arts de la mémoire et des technologies du souvenir dans un nouveau<br />
cycle. Alors que depuis des siècles, on avait appris à créer de la mémoire pour<br />
pallier l&#39;oubli, l&#39;enjeu est désormais de pouvoir circonscrire et documenter<br />
une mémoire produite sur de l&#39;excès et non plus en réponse à un manque ou à un<br />
risque d&#39;oubli. Une mémoire de la mémoire. Une méta-mémoire.<strong>&#0160;</strong>
</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Souscription attentionnelle. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Twitter<br />
est un média de l&#39;empilement ; empilement de nos tweets au milieu de ceux de<br />
nos abonnés (followers) et de ceux auxquels nous sommes abonnés (following).<br />
Arrivant après les médias de la navigation (&quot;browsing&quot;, les premiers<br />
annuaires de recherche), et après ceux de la recherche (&quot;searching&quot;<br />
les moteurs de recherche en général), Twitter est, avec d&#39;autres, un média de<br />
la souscription<a href="#_ftn16">[16]</a>. On choisit<br />
de &quot;suivre&quot; ou de ne pas &quot;suivre&quot;, on s&#39;abonne, on<br />
&quot;souscrit&quot;. &quot;Souscrire&quot;, étymologiquement<br />
&quot;sub-scribere&quot;, littéralement &quot;écrire en dessous&quot;, à moins<br />
qu&#39;il ne s&#39;agisse d&#39;écriture &quot;sous autorité&quot; : en agrégeant les<br />
discours écrits ou postés par d&#39;autres, on est, de facto, placé<br />
&quot;sous&quot; une &quot;autorité&quot; qui n&#39;est plus notre. Une logique qui<br />
permet, par effet de bord, d&#39;expliquer toute la place que jouent les métriques<br />
d&#39;autorité et d&#39;influence dans ce média de la souscription et dans ceux qui lui<br />
sont proches : la valeur des régimes attentionnels attachés aux discours qui<br />
s&#39;y tiennent est d&#39;abord calculée à l&#39;aune de métriques d&#39;influence (ranking)<br />
elles-mêmes principalement bâties sur le ratio suiveurs/suivis. Ces métriques<br />
sont le dernier avatar d&#39;un héritage bibliométrique qui, du Pagerank de Google<br />
à l&#39;Edgerank de Facebook en passant par les métriques d&#39;autorité de Twitter,<br />
installe la documentation et les sciences de l&#39;information au coeur même de la<br />
science du web<a href="#_ftn17">[17]</a>.&#0160; </p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Motif des envieux ? Les motifs. &#0160;</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Si Google et tant<br />
d&#39;autres ont successivement été présentés comme des acquéreurs potentiels de<br />
Twitter, si tous s&#39;intéressent de si près à ce micro-net<a href="#_ftn18">[18]</a>,<br />
à cette statusphère conversationnelle en perpétuel mouvement et aux unités de<br />
publication toujours plus atomiques, toujours plus fragmentées, c&#39;est d&#39;abord pour<br />
qu&#39;il leur soit permis d&#39;en faire émerger des motifs (&quot;patterns&quot;),<br />
motifs qui viendront affiner l&#39;indexation du monde en temps réel, comme autant<br />
de variables d&#39;ajustement. C&#39;est en tout cas ce que Marissa Mayer, alors VP<br />
recherche chez Google confiait au Guardian en 2009 :&#0160; &#0160;<strong>&#0160;</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>We think the real-time search is incredibly<br />
important and the real-time data that&#39;s coming online can be super-useful in<br />
terms of us finding out something like, you know, is this conference today any<br />
good? Is it warmer in San Francisco than it is in Silicon Valley? You can<br />
actually look at tweets and see those sorts of patterns, so there&#39;s a lot of<br />
useful information about real time and your actions that we think ultimately<br />
will reinvent search.</em>&quot;<a href="#_ftn19">[19]</a></p>
</blockquote>
<h2 style="text-align: right;"><strong>En première intention. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Pour<br />
&quot;réinventer la recherche&quot;, il s&#39;agit en fait d&#39;affiner, grâce à<br />
l&#39;analyse des conversations et des sujets les plus discutés (hot topics) en<br />
temps réel, une échelle d&#39;intentionalité, &quot;<em>indicateur permettant d&#39;établir des </em><em>corrélations entre ce que les gens tapent et ce qu&#39;ils cherchent<br />
&quot;en fait&quot; parmi la liste proposée.&quot;</em><a href="#_ftn20"><em>[20]</em></a><em> </em>Une intentionalité qui est l&#39;aboutissement logique d&#39;un<br />
écosystème de contenus indexés et hiérarchisés à l&#39;aune de leur positionnement<br />
dans une base de données des intentions théorisée dès 2003 par l&#39;analyste John<br />
Battelle<a href="#_ftn21">[21]</a>.</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Les gazouillis de l&#39;entropie. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">A l&#39;échelle de la<br />
courte histoire de l&#39;internet et du web, l&#39;essor des sites ou écosystèmes<br />
conversationnels (Twitter au premier rang et les réseaux dits<br />
&quot;sociaux&quot; en seconde intention) s&#39;explique pour partie par le fait<br />
qu&#39;ils constituent une alternative au recentrage imposé par les acteurs<br />
dominant du search et à la diminution tout aussi contrainte de l&#39;étendue des<br />
résultats de recherche (diminution à laquelle il faut ajouter la standardisation<br />
contrainte des requêtes, via Google suggest ou Google instant search). Ce fut<br />
déjà le cas pour les premiers forums Usenet qui, devant l&#39;indigence des moteurs<br />
de recherche de l&#39;époque et la relative limitation des possibilités de<br />
navigation (= nombre de sites réellement disponibles versus nombre de sites<br />
effectivement indexés), permettaient aux internautes de nourir des<br />
conversations et de signaler des sites relativement confidentiels ou<br />
inaccessibles par des recherches classiques. Actuellement, l&#39;un des forums les<br />
plus consultés (doctissimo) regorge également de liens vers des sites devenus<br />
inaccessibles depuis l&#39;échangeur presque unique de l&#39;autoroute de l&#39;attention,<br />
c&#39;est à dire la 1ère page de Google. <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#39;écosystème Twitter<br />
avec sa propre logique d&#39;indexation (hashtags) et la souplesse de son graphe<br />
(on peut suivre sans forcément être suivi et réciproquement) donne une<br />
amplitude maximale aux liens signalés et, par l&#39;effet stochastique qui organise<br />
les différents points de son graphe, permet à des individus d&#39;avoir accès à des<br />
ressources / liens dont ils n&#39;auraient pas pu avoir connaissance à l&#39;intérieur<br />
d&#39;un graphe plus fermé (sérendipité). Mieux, même s&#39;il faut, à long terme,<br />
déplorer l&#39;usage systématique de raccourcisseurs d&#39;URL, lesdites adresses<br />
raccourcies en masquant la lisibilité de l&#39;adresse originale, piquent notre<br />
curiosité et nous entraînent souvent à cliquer là où la consultation d&#39;une URL<br />
classique nous aurait déjà renseignée sur notre destination et donc peut-être<br />
découragés d&#39;en suivre le chemin.&#0160;
</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Vous êtes bien urbains. </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Les réseaux sociaux &quot;traditionnels&quot;<br />
que sont Facebook, Google+, LinkedIn, Viadeo et les autres sont autant de<br />
villes ou de mégalopoles parfaitement architecturées, disposant chacune de leur<br />
économie, de leurs centres névralgiques, de leurs lieux incontournables, de leurs<br />
règles sociales édictées, de leur plan de circulation, de leurs avenues et de<br />
leurs impasses. Twitter fonctionne davantage comme un lieu de passage, comme un<br />
endroit d&#39;échange. Il n&#39;est pas peuplé de résidents mais d&#39;habitués ; il n&#39;est<br />
pas habité mais fréquenté ; on s&#39;y retrouve plus qu&#39;on n&#39;y habite. Twitter comme<br />
la part d&#39;urbanité manquante des grandes mégalopoles du web.&#0160;
</p>
<h2 style="text-align: right;"><strong>Perroquet bariolé ou rapace publicitaire ? </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Twitter<br />
permet dès aujourd&#39;hui d&#39;observer et de mesurer l&#39;ampleur de ce qui s&#39;annonce<br />
comme l&#39;un des prochains mouvements structurant de l&#39;évolution du web, à savoir<br />
l&#39;opposition entre une logique&#0160; &#8211;<br />
dont Twitter est de plus en plus comptable &#8211; de renforcement de bulles<br />
attentionnelles<a href="#_ftn22">[22]</a> soumises<br />
aux contraintes et aux lois du marché d&#39;une part, et une dynamique d&#39;écosystèmes<br />
laissant une plus grande part à l&#39;entropie et donnant davantage de densité et<br />
de représentativité aux liens faibles d&#39;autre part. Twitter est aujourd&#39;hui<br />
parvenu à un point de bascule entre ces deux logiques, entre ces deux mondes.<br />
Reste à savoir s&#39;il continuera de favoriser l&#39;entropie ou s&#39;il choisira de la<br />
juguler pour optimiser le même modèle publicitaire que ses prédécesseurs et<br />
concurrents. Le paradoxe du singe savant déjà évoqué plus haut dans cet article<br />
veut que la réponse à cette question soit déjà explicitement formulée et<br />
librement consultable &#8230; dans les archives de Twitter.</p>
<p style="text-align: justify;">&#0160;</p>
<p style="text-align: right;">Ertzscheid Olivier.<br />
30 Octobre 2012. </p>
<div></p>
<hr size="1" />
<div>
<p><a href="#_ftnref">[1]</a> Google lance ainsi<br />
blogsearch.google.com </p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[2]</a><br />
http://www.affordance.info/mon_weblog/2011/12/extension-du-domaine-de-la-statusphere.html
</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[3]</a><br />
http://dl.acm.org/citation.cfm?id=1772751</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[4]</a><br />
http://www.cc.gatech.edu/classes/AY2011/cs4001_summer/documents/Time-Iran-Twitter.pdf
</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[5]</a><br />
http://deepthoughtinc.com/wp-content/uploads/2011/01/Twitter-as-a-Corpus-for-Sentiment-Analysis-and-Opinion-Mining.pdf&#0160; ou aussi<br />
http://www.aaai.org/ocs/index.php/ICWSM/ICWSM11/paper/viewFile/2857/3251 </p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[6]</a> voir notamment<br />
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1925585 et http://dl.acm.org/citation.cfm?id=2037583</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[7]</a> <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00091679">http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00091679</a>
</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[8]</a><br />
http://www.guardian.co.uk/technology/2012/feb/03/twitter-resist-cigarettes-alcohol-study
</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[9]</a> http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1010/1010.3003v1.pdf
</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[10]</a><br />
http://dl.acm.org/citation.cfm?id=1772777</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[11]</a><br />
http://www.affordance.info/mon_weblog/2010/09/la-reponse-avant-la-question.html</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[12]</a><br />
http://datacenter.silicon.fr/le-paradoxe-du-singe-savant-a-lepreuve-dans-le-cloud-3364.html</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[13]</a><br />
http://blogs.loc.gov/loc/2010/04/how-tweet-it-is-library-acquires-entire-twitter-archive/</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[14]</a><br />
http://www.affordance.info/mon_weblog/2010/05/twitter-le-patrimoine-du-superflux-.html</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[15]</a> Foucault Michel :<br />
&quot;Sur l’archéologie des sciences. Réponse au Cercle d’épistémologie&quot;<br />
in Dits et écrits, tome 1, Gallimard.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[16]</a><br />
http://www.affordance.info/mon_weblog/2005/11/moebius_le_web_.html </p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[17]</a><br />
http://webscience.org/ </p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[18]</a><br />
http://www.affordance.info/mon_weblog/2009/01/micro-m%C3%A9so-macro-les-m%C3%A9diasph%C3%A8res-et-le-moteur.html</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[19]</a> Marissa Mayer :<br />
http://www.guardian.co.uk/technology/2009/jul/08/marissa-mayer-interview-full-text</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[20]</a><br />
http://www.affordance.info/mon_weblog/2010/09/la-reponse-avant-la-question.html</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[21]</a><br />
http://battellemedia.com/archives/2010/03/the_database_of_intentions_is_far_larger_than_i_thought.php</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref">[22]</a><br />
http://www.thefilterbubble.com/</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://affordance.framasoft.org/2013/04/twitter-oiseau-lyre-bruit-monde/feed/</wfw:commentRss>
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		<title>Science 2.0 : renouveau de la recherche et/ou de l&#8217;échange scientifique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 May 2012 18:54:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
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					<description><![CDATA[INTRODUCTION La science 2.0 sort progressivement de l&#39;ère des pionniers : des habitus individuels de chaque chercheur jusqu&#39;aux pratiques collectives de champs disciplinaires dans leur entier, c&#39;est toute la démarche scientifique qui devient plus ouverte, plus collaborative, davantage tournée vers la société civile, et finalement bien « plus aimable »[1]. D&#39;abord cantonnée au rôle de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><strong>INTRODUCTION</strong></h2>
<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="L" class="cenote-drop-cap">L</span>a science 2.0 sort progressivement de l&#39;ère des pionniers : des habitus individuels de chaque chercheur jusqu&#39;aux pratiques collectives de champs disciplinaires dans leur entier, c&#39;est toute la démarche scientifique qui devient plus ouverte, plus collaborative, davantage tournée vers la société civile, et finalement bien « plus aimable »[1]. D&#39;abord cantonnée au rôle de gadget ou de « faire valoir » de la science traditionnelle, la science 2.0 dispose aujourd&#39;hui de pratiques et d&#39;outils qui permettent de l&#39;instancier fortement dans un champ de pratiques installées. En 2011, avouer que l&#39;on tient un blog ou un carnet de recherche semble presque naturel au sein de la communauté académique. Outre-Atlantique, les contributions à l&#39;encyclopédie Wikipédia sont prises en compte dans un CV académique[2]. Les écritures collaboratives, autour de wikis notamment, servent à structurer des projets et des activités scientifiques[3]. Chaque colloque est accompagné de son « live-tweet ». De nouveaux et gigantesques corpus de données sont mis à disposition des chercheurs, des problèmes scientifiques sont solutionnés de manière collaborative par l&#39;apport de personnes n&#39;ayant aucun lien avec l&#39;université, les productions scientifiques circulent sur les réseaux sociaux, il est possible de discuter ou de contribuer aux résultats d&#39;une recherche sans appartenir à un comité éditorial ou scientifique. La conférence <em>ScienceOnline</em> en est à sa sixième édition. Enfin, le rôle et la place des archives ouvertes sont reconnus. Si chacun des points précédents peut être largement nuancé en fonction des contextes nationaux, académiques ou des logiques de champs disciplinaires, tels sont en tout cas les points saillants d&#39;une photographie de la science 2.0 en ce début du XXIe siècle.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>BLOGGING SCIENTIFIQUE</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">De la même manière que l&#39;essor et l&#39;engouement autour des blogs furent les principaux marqueurs de l&#39;avènement du web 2.0, les blogs scientifiques, ou carnets de recherche, occupent un point central dans l&#39;écosystème de la science 2.0, s’imposant comme « séminaires permanents » reposant sur une « culture de l’expérience »[4].&#0160; Dans la lignée de Jenkins[5], nombre d&#39;universitaires défendent l&#39;importance déterminante des blogs pour l&#39;ensemble des pratiques universitaires. Pour les étudiants en thèse, il s&#39;agit de bâtir leur réputation et d’élargir leur réseau de pairs «&#0160;en particulier dans les domaines innovants pour lesquels manquent des autorités bien établies&#0160;». Pour les futurs doctorants &#8211; déjà lecteurs des blogs du département du MIT dans lequel enseigne Jenkins -, ils entrent en thèse avec une meilleure compréhension des problématiques traitées et une vision beaucoup plus « fine » de la recherche, de ses résultats et de ses protocoles. Les anciens étudiants y trouvent les ressources d&#39;un apprentissage et d&#39;une formation tout au long de la vie. Les universitaires en poste y voient « <em>le moyen de traduire (leurs) idées dans un discours citoyen qui puisse être entendu et compris au-delà des barrières disciplinaires et auprès d&#39;une audience plus diverse</em> ». Pour le grand public enfin, « <em>en tant qu&#39;honnêtes fournisseurs d&#39;information, les universitaires sont idéalement placés pour pouvoir relier et relayer ces conversations spécialisées </em>».&#0160; Bien au-delà des seuls blogs, Jenkins défend le modèle d&#39;une université permettant « <em>le déploiement rapide d’expertises dispersées et la reconfiguration des champs</em> »[6].</p>
<p style="text-align: justify;">Les blogs scientifiques permettent également aux universitaires de mieux contrôler leur identité numérique à travers la conjugaison de leur existence académique, leur expertise scientifique et leur expression publique. Enfin, en s&#39;inscrivant de plus en plus dans des écosystèmes scientifiques légitimés, ils amorcent un lissage, une passerelle entre les différents espaces de publication jusqu&#39;ici distincts (pré-publication, publication, expertise, valorisation, vulgarisation). La reconnaissance des blogs va au-delà d&#39;une simple banalisation du phénomène avec, par exemple, l&#39;attribution de numéros ISSN[7] renforçant le rôle déterminant qu&#39;ils occupent désormais pour l&#39;avancement des sciences et des techniques[8].</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>L&#39;essor de Twitter&#0160; </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Si Facebook peine encore à trouver une place dans l&#39;écosystème scientifique, Twitter, le site de micro-blogging, y semble bien installé, même s&#39;il est impossible de chiffrer le nombre exact de chercheurs et d&#39;universitaires présents sur ce réseau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un réseau de pairs de confiance.</strong> Twitter autorise une communication directe des résultats et des controverses scientifiques vers le public en abolissant le filtre jusqu&#39;ici nécessaire du travail journalistique comme interface[9]. Il permet également aux scientifiques eux-mêmes d&#39;élargir leur réseau de pairs de confiance et de référence, créant ainsi des communautés <em>ah hoc</em> à l&#39;intérieur desquelles émergent souvent quelques leaders (« effet pundit »[10]), autorités émergentes aujourd&#39;hui aisément repérables grâce à la profusion des outils de mesure sociale (Klout.com par exemple) et aux ingénieries sociales à l&#39;oeuvre dans ces outils.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La science en temps réel.</strong> Enfin, le réseau facilite la sérendipité et permet de suivre en permanence l&#39;activité d&#39;un champ scientifique ou la dynamique d&#39;une controverse, constituant une formidable chambre d&#39;écho[11], écho facilité par l&#39;actuelle intrication très dense entre les dispositifs de publication de revues, les plateformes de blogs rattachées à une revue ou à un auteur, et la dissémination sociale à laquelle incitent les nombreux boutons (like, +1, share, etc.) présents sur ces mêmes plateformes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La science visible.</strong> « Séminaire permanent » entre pairs ouvert sur la société civile[12], il est l&#39;outil qui, face à l&#39;alimentation et l&#39;exposition croissante de contenus universitaires sur la toile, permet de leur assigner une visibilité en phase avec la réactivité des temporalités sociales de la diffusion et du partage sur le web.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Des réseaux sociaux encore inappropriés</strong><strong>&#0160;</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pas encore d&#39;effet de seuil. </strong>Jusqu&#39;à maintenant, « <em>aucun site (réseau social) scientifique n’a su faire l’unanimité auprès de la communauté et s’octroyer un statut comparable à celui des grandes revues de publication traditionnelles</em> »[13]. A la différence de Twitter &#8211; sans véritable concurrent notable dans sa catégorie, les réseaux sociaux dédiés aux scientifiques constituent une offre multiple, expliquant sans doute que ces environnements peinent encore à séduire et à fédérer une large communauté. Parmi les principaux reproches adressés aux plateformes existantes, on notera avec Eric Duchemin le besoin d&#39;un réseau « <em>multidisciplinaire</em>, <em>ouvert</em> et <em>multi-acteurs », « davantage centré sur une dimension professionnelle et non uniquement sociale » et « disposant d&#39;outils</em> et <em>des contenus utiles ainsi qu&#39;une plus grande participation des membres »[14].</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une double concurrence.</strong> L&#39;autre raison vient du fait de la mise en concurrence de ces réseaux avec, d&#39;une part, des outils dédiés au partage et à la gestion de références bibliographiques (Mendeley, CiteUlike, Connotea, Zotero notamment) qui s&#39;accompagnent aujourd&#39;hui de fonctionnalités « sociales », et, d&#39;autre part, avec la présence de nombreux scientifiques sur des réseaux professionnels (LinkedIn.com ou Viadeo.com), réseaux dans lesquels le lien avec le monde industriel pour des projets de recherche et de développement est plus naturel.<strong> <br /></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#39;exfiltration des publications scientifiques. </strong>Les différents réseaux sociaux scientifiques constituent aujourd&#39;hui d&#39;extraordinaires facilitateurs pour la circulation d&#39;articles scientifiques « soustraits » à leurs modes de diffusion habituels, c&#39;est-à-dire hors accès payant. Ainsi le site Researchgate.net fournit-il, en plus de 350 000 articles, la possibilité de rechercher parmi 40 millions de résumés et communications issues d’autres bases de données scientifiques[15].</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Lissage des espaces de publication et renouveau des métriques associées.</strong><strong>&#0160; </strong><strong><br /></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>La revue par les pairs : un système à bout de souffle ? </strong>Les critiques adressées au processus de revue par les pairs &#8211; pilier encore incontournable de l&#39;avancée des savoirs scientifiques &#8211; font pourtant déjà figure de classiques : « <em>The system is hidebound, expensive and elitist, they say. </em><em>Peer review can take months, journal subscriptions can be prohibitively costly, and a handful of gatekeepers limit the flow of information »</em><em>[16]</em>. Elles s&#39;inscrivent dans une déception et une défiance de plus en plus marquée des scientifiques sur l&#39;ensemble de la chaîne de production et de diffusion des savoirs[17].</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Twitter à l&#39;appui de métriques alternatives. </strong>L&#39;<em>open review[18] </em>tente de venir compléter les processus classiques de <em>peer-review</em> (revue par les pairs), et Twitter, qui est souvent utilisé dans une logique de <em>post</em> <em>peer-commenting</em> (commentaires par les pairs suivant une publication) est à ce titre un excellent exemple de ces métriques alternatives permettant d&#39;évaluer l&#39;impact d&#39;un article à travers son taux de partage et des débats qu&#39;il aura suscités. « <em>As scholars migrate to newer forms of communication, it becomes very important to measure what they&#39;re doing and to compare</em> »[19]. Ainsi le site Crowdometer.org permet d&#39;afficher les tweets mentionnant des publications scientifiques et d&#39;enrichir ces publications à l&#39;aide d&#39;informations de nature sémantique, informations portant sur le niveau d&#39;accord ou de désaccord avec les conclusions de l&#39;article, sur son affiliation à tel ou tel champ scientifique, ou sur les méthodes et les données expérimentales qui y sont exposées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Webmetrics.</strong> Le site Altmetrics.org[20] s&#39;intéresse aux mesures permettant d&#39;évaluer l&#39;impact des publications universitaires disséminées sur le web. À la mesure classique du nombre de citations, il ajoute des métriques directement liées à l&#39;usage (nombre de téléchargements, nombre de vues) mais également une critériologie liée à la dimension conversationnelle du savoir scientifique (nombre de « conversations » liées à l&#39;article, nombre de signalements sur les réseaux sociaux, taux de partage de la publication dans des sites de partage de signets, nombre de commentaires associés, etc.)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les éditeurs et l&#39;article du futur.&#0160; </strong>Autant conscients des bouleversements en cours que soucieux de préserver leur place et leur modèle économique, certains éditeurs au premier rang desquels Elsevier réfléchissent depuis quelques années aux mutations de la publication scientifique pour proposer un prototype « d&#39;article du futur » dont la forme et les fonctionnalités permettront plus d&#39;interactivité, notamment avec l&#39;insertion de matériaux documentaires externes (cartes, vidéos), et dans le souci &#8211; non exprimé &#8211; de s&#39;adapter aux nouvelles possibilités de consultation offertes sur les tablettes mobiles. Mais on ne trouve, dans cette approche, aucune part faite aux fonctionnalités sociales de débat et de dissémination, pas davantage à la prise en compte d&#39;un renouveau des métriques scientifiques, ces deux derniers points heurtant directement le contrôle du marché de la citation scientifique dont profitent pour l&#39;instant les mêmes éditeurs. Il est frappant de constater à quel point ces projets éditoriaux peinent ou rechignent à prendre la mesure des bouleversements en cours.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>CROWD &#8230; SOURCING, FUNDING et bientôt FINDING ?</strong><strong>&#0160;</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Au-delà de la complémentarité ou de la rupture qu&#39;occasionnent les transpositions dans l&#39;univers numérique des processus de publication traditionnels, la science 2.0 doit également être pensée avec des logiques contributives extérieures au domaine scientifique. On dénombre aujourd&#39;hui beaucoup de projets ou de recherches scientifiques reposant sur des principes de <em>crowdsourcing</em> (expertise et production de contenu par la foule) et de <em>crowdfunding</em> (financement par la foule).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La science 2.0 : un jeu sérieux ? </strong>L&#39;apport de spécialistes, mais également de simples curieux ou d&#39;amateurs dans un cadre expérientiel déterminé par des chercheurs et des universitaires, est aujourd&#39;hui souvent déterminant, comme en témoignent les nombreux développements en cours autour des jeux sérieux (« serious games »). Le projet Foldit consiste à utiliser une interface ludique et une large communauté d&#39;internautes&#0160; &#8211; plus de cent mille joueurs &#8211; pour tenter de résoudre des problèmes scientifiques liés à la structure et à la forme des protéines dans le champ de la biologie en permettant aux participants de créer et de tester différents « pliages »[21]. Les résultats et les découvertes importantes liés à cette participation ont été publiés dans de prestigieuses revues scientifiques et les joueurs s&#39;en sont trouvés crédités en tant que co-auteurs[22].&#0160;</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Big data : une question de corpus.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong><strong></strong>Comme l&#39;ont montré Gray et Szalay[23], après avoir démarré avec des méthodologies empiriques, avoir franchi l&#39;étape de l&#39;abstraction et avoir fait appel à l&#39;informatique pour modéliser des phénomènes complexes, l&#39;activité scientifique a désormais basculé dans un quatrième paradigme, celui de l&#39;<em>eScience</em> : les scientifiques sont confrontés au déluge des données, déluge dans lequel les technologies du web sémantique et du web des données tentent de mettre un peu d&#39;ordre. Ce déluge n&#39;est pas sans danger pour l&#39;activité scientifique dans son ensemble, comme le démontrent Boyd et Crawford[24], puisqu&#39;il porte sur la définition même du champ de la connaissance, sur l&#39;éthique et la déontologie des processus de fouille de données, en passant par l&#39;objectivité et la précision de la démarche scientifique ainsi que sur les nouvelles fractures numériques que cela pourrait opérer au sein des divers champs et communautés disciplinaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Google Books, projet de numérisation lancé en 2005, dispose à ce jour de 11% de tous les livres publiés&#0160; depuis 1473, en sept langues. Soit une estimation à hauteur de deux milliards de mots et 5,2 millions de livres numérisés[25]. Tout simplement « <em>le plus grand corpus linguistique de tous les temps</em> »[26]. Autre type de corpus, celui de Facebook et de ses 850 millions de membres, soit le plus grand « corp(u)s social » numérique, le plus grand pan-catalogue des individualités et de leurs mémoires[27].</p>
<p style="text-align: justify;">Traditionnellement, dans la démarche scientifique, des corpus sont crées après que les outils permettant de les explorer et de les circonscrire ont été mis au point. Le mouvement est aujourd&#39;hui compliqué par l&#39;arrivée de gigantesques corpus numériques pour lesquels nous ne disposons parfois d&#39;aucun outil d&#39;exploration et d&#39;analyse ou pour lesquels les universitaires sont obligés de se fier aux méthodologies et outils d&#39;exploration délivrés par les sociétés commerciales détentrices desdits corpus, sans toujours pouvoir maîtriser les règles d&#39;accès, les contraintes et limites méthodologiques ou éthiques. L&#39;une des questions centrales de la méthode scientifique au XXI<sup>ème</sup> siècle consiste à savoir comment constituer de nouveaux corpus et comment traiter le gigantisme de ceux mis à disposition.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>CONCLUSION</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L&#39;une des études les plus récentes sur l&#39;adoption des pratiques issues de la Science 2.0[28] indique qu&#39;il faut encore rester prudent. Mais elle indique également que le web 2.0 propose désormais des outils capables de répondre aux attentes et aux usages des scientifiques, qu&#39;il s&#39;agisse de « faire de la veille sur leurs sujets de recherche », de « découvrir de nouvelles idées ou publications », de « suivre les travaux d&#39;autres chercheurs », « d&#39;établir de nouveaux contacts académiques » et, de manière moins systématique mais tout aussi déterminante, de « garantir la visibilité de leurs propres travaux, de&#0160; collaborer avec d&#39;autres chercheurs », de « solliciter l&#39;avis de leurs pairs », de « maintenir leur réputation », et enfin, à la marge, de « publier des résultats », « d&#39;obtenir de nouveaux financements » et «&#0160; d&#39;attirer l&#39;attention des médias ».&#0160;<strong> <br /></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que la science 2.0 renouvelle dans la recherche</strong> et dans l&#39;échange scientifique tient en trois points. D&#39;abord, la notion « d&#39;autorité » ne craint plus de se décliner à travers et au profit d&#39;agencements collectifs d&#39;énonciation. Ensuite, elle offre, pour des corpus constitués ou mis à disposition, une multimodalité d&#39;accès et de traitement seule capable d&#39;embrasser l&#39;étendue desdits corpus. Enfin, un renouveau des indicateurs et des métriques de citation est en cours, qui prend acte de la dimension sociale de partage et de diffusion de la recherche, des métriques d&#39;usage qui n&#39;ont pas vocation à remplacer les précédentes, mais à les compléter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La suite sera nécessairement affaire de politique et d&#39;économie. </strong>D&#39;économie, parce que l&#39;oligopole des gardiens de la publication scientifique et de la circulation des connaissances est directement menacé par ces approches. De politique, parce que les attaques frontales contre l’édition ouverte se multiplient[29] et qu&#39;il appartient aux scientifiques de militer pour maintenir la possibilité d&#39;une libre circulation des résultats de la recherche.</p>
<p>&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Olivier Ertzscheid / Mars 2012. </strong>Texte de commande à paraître (bientôt) aux Editions du cercle de la librairie dans le cadre d&#39;un ouvrage collectif sur &quot;les impacts du web collaboratif dans le champ de la médiation de l’information&quot;, sous la direction de Véronique Mesguich et Muriel Amar.</p>
<hr size="1" />
<div>
<p>[1]. André Gunthert, « &#0160;Why Blog&#0160;?&#0160; », in Marin Dacos (dir.), <em>Read/Write Book</em>, Marseille, Cléo (Coll. Edition électronique), 2010. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://cleo.revues.org/174" target="_blank" rel="noopener">http://cleo.revues.org/174</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[2]. Mathieu Perona, « Mettre Wikipédia dans son CV académique », <em>Notes d&#39;un économiste</em>, 9 Avril 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear2/index.php/post/2011/04/09/Mettre-Wikip%C3%A9dia-dans-son-CV-acad%C3%A9mique" target="_blank" rel="noopener">http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear2/index.php/post/2011/04/09/Mettre-Wikip%C3%A9dia-dans-son-CV-acad%C3%A9mique</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[3]. Evelyne Broudoux et Ghislaine Chartron, « La communication scientifique face au web 2.0 : premiers constats et analyses », in actes du collloque <em>H2PTM&#39;09 &#8211; Rétrospective et perspective &#8211; 1989-2009</em> -&#0160; Conférence internationale Hypertextes et hypermédias (10 ; 2009 ; Saint-Denis, Seine-Saint-Denis). Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00424826" target="_blank" rel="noopener">http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00424826</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[4]. André Gunthert 2010, <em>op. cit.</em></p>
</div>
<div>
<p>[5]. Henry Jenkins, « Public Intellectuals in the New Media Landscape », <em>The Chronicle of Higher Education</em>, 4 Avril 2008 ; Henry Jenkins, « Why Academics Should Blog », <em>Confessions of an Aca-Fan</em>, 8 Avril 2008. Consulté le 18 janvier 2012 :&#0160; <a href="http://henryjenkins.org/2008/04/why_academics_should_blog.html" target="_blank" rel="noopener">http://henryjenkins.org/2008/04/why_academics_should_blog.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[6]. Henry Jenkins, « From YouTube to Youniversitites », <em>Confessions of an Aca-Fan</em>, 16 février 2007. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.henryjenkins.org/2007/02/from_youtube_to_youniversity.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.henryjenkins.org/2007/02/from_youtube_to_youniversity.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[7]. Frédérique Muscinesi, « Des ISSN pour les carnets d&#39;Hypotheses.org », <em>L&#39;édition électronique ouverte : le carnet d&#39;Open Editions</em>, 22 Juin 2011. Consulté le 18 janvier 2012 :&#0160; <a href="http://leo.hypotheses.org/6962" target="_blank" rel="noopener">http://leo.hypotheses.org/6962</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[8]. Antoine Blanchard, « &#0160;Ce que le blog apporte à la recherche&#0160; », in Marin Dacos (dir.), <em>Read/Write Book</em>, Marseille, Cléo (« &#0160;Coll. Edition électronique&#0160; »), 2010, mis en ligne le 25 mars 2010. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://cleo.revues.org/172" target="_blank" rel="noopener">http://cleo.revues.org/172</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[9]. Maria-José Vinas, « Why should scientists use Twitter », <em>American Geophysical Union Blogosphere</em>, 20 Juillet 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://blogs.agu.org/sciencecommunication/2011/07/20/why-scientists-use-twitter/" target="_blank" rel="noopener">http://blogs.agu.org/sciencecommunication/2011/07/20/why-scientists-use-twitter/</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[10]. Experts désignés ou auto-proclamés et dont les profils bénéficient d&#39;un nombre très important d’abonnés, Olivier Ertzscheid, « Weblogs : un nouveau paradigme pour les systèmes d&#39;information et la diffusion de connaissances. Applications et cas d&#39;usage en contexte de veille et d&#39;intelligence économique&#0160;» in <em>I</em><em>SKO-France. Colloque international</em> (06 ; 2005 ; Vandoeuvre-les-Nancy, France). Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00001433" target="_blank" rel="noopener">http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00001433</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[11]. Apoorva Mandavilli, « Peer-review : Trial by Twitter », <em>Nature</em> n°469, p. 286-287, 19 Janvier 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.nature.com/news/2011/110119/full/469286a.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.nature.com/news/2011/110119/full/469286a.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[12]. Ernesto Priego, « How Twitter will revolutionise academic research and teaching », <em>The Guardian</em>, 12 Septembre 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.guardian.co.uk/higher-education-network/blog/2011/sep/12/twitter-revolutionise-academia-research?CMP=twt_gu" target="_blank" rel="noopener">http://www.guardian.co.uk/higher-education-network/blog/2011/sep/12/twitter-revolutionise-academia-research?CMP=twt_gu</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[13]. Eric Duchemin, « Les réseaux sociaux scientifiques sur Internet : compte-rendu d&#39;une courte étude » <em>Vertigo</em>, 16 Septembre 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://vertigo.hypotheses.org/1104" target="_blank" rel="noopener">http://vertigo.hypotheses.org/1104</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[14] . <em>Ibid</em>.</p>
</div>
<div>
<p>[15]. Thomas Lin, « Cracking Open the Scientific Process »,&#0160; <em>New-York Times</em>, 17 Janvier 2012. Consulté le 18 janvier 2012 :&#0160; <a href="http://www.nytimes.com/2012/01/17/science/open-science-challenges-journal-tradition-with-web-collaboration.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.nytimes.com/2012/01/17/science/open-science-challenges-journal-tradition-with-web-collaboration.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[16]. <em>Ibid.</em> : « Le système est sclérosé, coûteux et élitiste, disent-ils. L’examen par les pairs peut prendre des mois, les abonnements aux revues peuvent être d&#39;un coût prohibitif et la circulation de l’information est fortement limitée par une poignée d’intermédiaires ».</p>
</div>
<div>
<p>[17]. Herbert Van de Sompel&#0160; et <em>al</em>. « Rethinking Scholarly Communication&#0160;: Building the System that Scholars Deserve ». <em>D-Lib Magazine</em>, Vol. 10, n° 9. Septembre 2004. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.dlib.org/dlib/september04/vandesompel/09vandesompel.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.dlib.org/dlib/september04/vandesompel/09vandesompel.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[18]. Préconisant une ouverture des débats pour l’évaluation des articles scientifiques.</p>
</div>
<div>
<p>[19]. Apoorva Mandavilli 2011, op. cit.&#0160;: «&#0160;A mesure que les chercheurs empruntent de nouvelles formes de communication scientifique, il devient très important de mesurer ce qu&#39;ils font et de comparer&#0160;».</p>
</div>
<div>
<p>[20]. Jason Priem, Dario Taraborelli, Paul Groth et <em>al.</em>, <em>Alt-metrics: A manifesto</em> (v.1.0), 26 Octobre 2010. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://altmetrics.org/manifesto" target="_blank" rel="noopener">http://altmetrics.org/manifesto</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[21]. Benjamin N.Good, Andrew I. Su, « Games with a scientific purpose », <em>Genome Biology</em>, Vol. 12, n°12, 28 décembre 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://genomebiology.com/2011/12/12/135" target="_blank" rel="noopener">http://genomebiology.com/2011/12/12/135</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[22]. Jean-Luc Goudet, « Les joueurs de Foldit font progresser la recherche contre le Sida », <em>Futura Sciences</em>, 29  Septembre 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/informatique/d/les-joueurs-de-foldit-font-progresser-la-recherche-contre-le-sida_33664/" target="_blank" rel="noopener">http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/informatique/d/les-joueurs-de-foldit-font-progresser-la-recherche-contre-le-sida_33664/</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[23]. Jim Gray et Alex Szalay, « eScience: The Next Decade Will Be Exciting<em> »</em>, in actes du colloque<em> ETH 2006 </em>(Eidgenössische Technische Hochschule Zurich). Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.signallake.com/innovation/JGrayETH_E_Science.pdf">http://www.signallake.com/innovation/JGrayETH_E_Science.pdf</a>; Voir aussi l’édition sous la dir. de Tony Hey, Stewart Tansley et Kristin Tolle, <em>The Fourth Paradigm: Data-Intensive Scientific Discovery, </em>Microsoft Research editions, 2009.<em> </em>Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://research.microsoft.com/en-us/collaboration/fourthparadigm/contents.aspx" target="_blank" rel="noopener">http://research.microsoft.com/en-us/collaboration/fourthparadigm/contents.aspx</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[24]. Boyd Danah et Crawford Kate, « &#0160;Six Provocations for Big Data »), in <em>A Decade in Internet Time: Symposium on the Dynamics of the Internet and Society</em>, September 2011. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://ssrn.com/abstract=1926431" target="_blank" rel="noopener">http://ssrn.com/abstract=1926431</a> or doi:10.2139/ssrn.1926431.</p>
</div>
<div>
<p>[25]. Patricia Cohen,&#0160; « In 500 Billion Words, New Window on Culture », <em>New-York Times</em>, 16 décembre 2010. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.nytimes.com/2010/12/17/books/17words.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.nytimes.com/2010/12/17/books/17words.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[26]. Jean Véronis, « Google : le plus grand corpus linguistique de tous les temps », <em>Technologies du langage</em>, 16 décembre 2010. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://blog.veronis.fr/2010/12/google-le-plus-grand-corpus.html" target="_blank" rel="noopener">http://blog.veronis.fr/2010/12/google-le-plus-grand-corpus.html</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[27]. Olivier Ertzscheid, « Les&#0160; nouveaux catalogues ou le catalogue en (r)évolution », <em>Arabesques</em>, n°48, Octobre &#8211; Novembre &#8211; Décembre 2007. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00178006/fr/">http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00178006/fr/</a>. Olivier Ertzscheid, « Facebook : la vie téléchargée », <em>OWNI</em>, 18 Novembre 2010. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://owni.fr/2010/11/18/facebook-la-vie-telechargee/" target="_blank" rel="noopener">http://owni.fr/2010/11/18/facebook-la-vie-telechargee/</a>.</p>
</div>
<div>
<p>[28]. Anatoli Gruzd, Melissa Goertzen et Philip Mai, « Survey Results Highlights: Trends in Scholarly Communication and Knowledge Dissemination in the Age of Online Social Media », <em>Social Media Lab Report</em>, Dalhousie University, Halifax, NS (Canada). Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://socialmedialab.ca/?p=4308" target="_blank" rel="noopener">http://socialmedialab.ca/?p=4308</a>.</p>
</div>
<p>[29]. Marlene Delhaye, « RWA : une nouvelle menace pour l&#39;Open Access », <em>Marlene&#39;s Corner</em>, 19 janvier 2012. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://marlenescorner.net/2012/01/19/rwa-une-nouvelle-menace-pour-lopen-access/">http://marlenescorner.net/2012/01/19/rwa-une-nouvelle-menace-pour-lopen-access/</a>. Mike Taylor, « Academic publishiers have become the enemies of science », <em>The Guardian</em>, 16 janvier 2012. Consulté le 18 janvier 2012 : <a href="http://www.guardian.co.uk/science/2012/jan/16/academic-publishers-enemies-science" target="_blank" rel="noopener">http://www.guardian.co.uk/science/2012/jan/16/academic-publishers-enemies-science</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Economie 2.0 de la citation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 12:48:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Archives Ouvertes]]></category>
		<category><![CDATA[Biblio"Tech"]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access]]></category>
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					<description><![CDATA[Préambule. Je suis en train de boucler deux articles pour des revues &#34;de rang A&#34; afin de pouvoir sereinement continuer à dire tout le mal que je pense de cette vérole managériale parfaitement contre-productive qu&#39;est l&#39;AERES. L&#39;idée est d&#39;être un chercheur &#34;publiant&#34; pour ne pas prêter le flanc à une critique de complaisance déjà entendue [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><strong><span title="P" class="cenote-drop-cap">P</span>réambule.</strong> Je suis en train de boucler deux articles pour des revues &quot;de rang A&quot; afin de pouvoir sereinement continuer à dire tout le mal que je pense de cette vérole managériale parfaitement contre-productive qu&#39;est l&#39;AERES. L&#39;idée est d&#39;être un chercheur &quot;publiant&quot; pour ne pas prêter le flanc à une critique de complaisance déjà entendue (= &quot;s&#39;il dit du mal de &quot;l&#39;évaluation&quot; façon AERES c&#39;est parce qu&#39;il a peur d&#39;être évalué ou parce qu&#39;il ne publie pas assez&quot;).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1 article, 3 publications.</strong> Et comme depuis maintenant 5 ans que je tiens ce blog (et que je publie juste suffisamment dans des revues de rang A pour ne pas être rétrogradé dans les limbes infâmantes des chercheurs &quot;non-publiants&quot;), chaque publication est et sera :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>publiée dans l&#39;édition &quot;papier&quot; de ladite revue de rang A</li>
<li>déposée en archive ouverte, sans embargo (pour les revues n&#39;autorisant pas le dépôt, je m&#39;autorise à enfreindre leur refus, ou &#8211; lorsqu&#39;elle y mettent les formes &#8211; je publie la version &quot;non-corrigée&quot;)</li>
<li>republiée en intégralité ou sous une forme d&#39;écriture moins académique sur ce blog. </li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ce choix &#8211; assumé &#8211; implique de s&#39;inscrire dans 3 espaces d&#39;énonciation et d&#39;autorité (auctoritas), conflictuels, dans 3 temporalités antagonistes, de jouer sur 3 économies de la citation, sur 3 types d&#39;indicateurs différents.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 espaces d&#39;énonciation et d&#39;autorité (auctoritas), conflictuels.</strong> Les Autorités qui président aux revues papier sont &#8211; heureusement de moins en moins mais malheureusement encore très majoritairement &#8211; parfaitement rétives à l&#39;idée même des archives ouvertes, qu&#39;elle considèrent au mieux comme une résurgence de la période hippie. Et je ne vous raconte même pas de la tête qu&#39;elle font &#8211; les autorités en question &#8211; quand on évoque le mot &quot;blog&quot; (un &quot;blog scientifique&quot; étant au mieux considéré comme un oxymore et au pire comme un simple non sens.) La réplication d&#39;un article dans ces 3 univers gouvernés par des autorités qui s&#39;ignorent, se méprisent ou se méconnaissent complètement n&#39;est donc pas anodine et oblige à masquer lesdites réplications ou à accepter d&#39;aller à l&#39;affrontement, au risque de se heuter à un refus (&quot;Bonjour monsieur le mandarin de la revue de rang A à laquelle j&#39;ai soumis un article qui a eu le bonheur d&#39;être accepté, figurez-vous que nonobstant le <a href="http://culturevisuelle.org/icones/173" target="_blank" rel="noopener">contrat léonin</a> que vous m&#39;invitez à signer pour que je renonce à tous mes droits sur ladite publication en échange de 3 exemplaires papier que vous aurez la bonté de m&#39;offrir au titre de compensation, figurez-vous, disais-je, que ce contrat je ne vais pas le signer et que je vais, come vous me l&#39;interdisez mais comme la législation m&#39;y autorise, déposer une version de cet article dans une archive ouverte&quot;)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 temporalités antagonistes.</strong></p>
<ul>
<li>Le temps de la publication dans une revue papier est un temps très long en amont (la moyenne en SHS est de 2 à 3 ans entre la soumission initiale d&#39;un article et la parution de la revue), et très court en aval (sitôt publié, sitôt oublié parce qu&#39;invisible / inaccessible / trop cher ou déjà caduque &#8211; d&#39;où l&#39;intérêt et la course à la publication d&#39;articles &quot;état de l&#39;art&quot; qui n&#39;apportent absolument rien si ce n&#39;est un bon indice de citation, mais ceci est un autre débat). </li>
<li>Le temps de la publication sur un blog est à l&#39;inverse un temps très court en amont (aucune validation n&#39;est nécessaire) et moyen (ni excessivement court ni passablement long) en aval. Un temps &quot;moyen&quot; de post-publication qui permet audit article d&#39;être suffisamment exposé pour se nourir des critiques et remarques liées à cette exposition, mais pas assez long en revanche pour être mobilisé sereinement dans le contexte théorique qu&#39;il mobilise ou auquel il se réfère (effet d&#39;empilement interne au blog lui-même et surtout plus globalement à toute la dynamique de l&#39;infosphère et à l&#39;infobésité qui en découle)</li>
<li>le temps de la publication dans une archive ouverte est évidemment lié aux contraintes imposées par l&#39;éditeur, contraintes que l&#39;on pourra également, aisément et légalement contourner (mais ceci est aussi un autre débat). Mais il s&#39;agit d&#39;un temps court en amont (possibilité de déposer un préprint pour &quot;switcher&quot; le temps long du peer-reviewing), et d&#39;un temps long en aval, temporalité longue de l&#39;après-publication qui elle seule est adaptée aux objets et aux outils du champ scientifique. La différence majeure de ce temps long de la post-publication entre les revues scientifiques et les archives ouvertes et que pour ces dernières, ce temps long n&#39;est pas seulement celui de l&#39;archivage et de l&#39;inscription, mais aussi celui de la consultation et de l&#39;accès (je suis à chaque fois navré quand je prends connaissance des sommes exorbitantes payées par les bibliothèques universitaires pour disposer de bouquets de revues électroniques et quand je constate la sous-utilisation patente desdites mugnificentes ressources en terme de consultation, mais ceci est un autre débat). </li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 économies de la citation bien sûr.</strong> Qui découlent des temporalités décrites ci-dessus. Mais également des modalités d&#39;exposition (ou de sur-exposition) et de consultation afférentes (ce qui renvoie au débat &#8211; tranché &#8211; selon lequel les articles en archives ouvertes bénéficient d&#39;un meilleur taux de citation moyen que ceux qui ne sont pas accessibles en archives ouvertes).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les indicateurs enfin. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Carrière.</strong> L&#39;enjeu de l&#39;édition et de la publication papier &quot;originale&quot; permet de jouer sur un indicateur &quot;de carrière&quot;. Les revues scientifiques de rang A (en tout cas en SHS), ne sont plus lues par personne (cf supra), sauf par leurs comités éditoriaux, les auteurs qui y publient et leur famille. Les raisons sont multiples mais le constat est là. A de très (très très) rares exceptions, les revues &quot;fermées&quot; c&#39;est à dire n&#39;autorisant aucun type d&#39;Open Access (même avec un embargo de 2 ou 3 ans) ne servent plus aujourd&#39;hui qu&#39;à&#0160; <span style="text-decoration: line-through;">caler des armoires dans des bibliothèques universitaires</span> défendre un dossier de recrutement (pour devenir Maître de conférences), d&#39;habilitation (pour passer son Habilitation à diriger des recherches) ou de changement de corps (pour devenir Professeur des universités). Elles ne sont plus la référence d&#39;une critérilogie de scientificité mais se contentent de servir de mètre étalon à l&#39;application d&#39;une norme sociale de reproduction des élites. La revue par <em>des</em> pairs (&quot;peer-reviewing&quot;) s&#39;est réduite comme peau de chagrin à un entre-soi d&#39;alcôve, à un adoubement par <em>ses</em> pairs (les raisons sont nombreuses, notamment le fait que la plupart des auteurs sont directement contactés par cooptation et non sur la base d&#39;appel à communication transparents mais ceci est &#8230; un autre débat).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notoriété.</strong> L&#39;enjeu de la publication sur un blog (carnet de recherche) est de jouer sur un indicateur de notoriété. Classements en tous genres, Top-blogs et autres billevesées égotistes certes, mais également et surtout effets de reprise, diffraction des espaces de publication, multiplication des chambres d&#39;écho, redocumentarisations et réagencements dynamiques, effets de percolation (comme dans les excellents carnets de recherche de la plateforme Hypotheses.org). Et à l&#39;horizon, la <a href="/mon_weblog/2007/03/diversit_des_yo.html" target="_blank" rel="noopener">vision d&#39;Henry Jenkins, celle d&#39;universités fonctionnant à la manière de YouTube</a>, celle également de <a href="/mon_weblog/2011/06/larticle-du-futur-sera-une-api.html" target="_blank" rel="noopener">revues à l&#39;image des réagencements dynamiques en cours</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pérennité.</strong> L&#39;enjeu de la publication dans une archive ouverte est de jouer sur un indicateur de pérennité. La lisibilité et la remobilisation des connaissances et des concepts se fait dans un contexte (inter/trans-disciplinaire ou thématique) adapté. Le temps long et constant de la consultation permet une logique &quot;d&#39;infusion&quot; qui complète les autres modalités de diffusion sus-citées. (accessoirement, elle est également la seule manière de raisonner à l&#39;échelle de la planète connectée, en permettant aux chercheurs de pays émergents d&#39;avoir accès à ces ressources très majoritairement issues de la recherche publique et donc déjà financées sans que soit besoin d&#39;y ajouter d&#39;autres droits d&#39;entrée, mais ceci est un autre débat)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A l&#39;heure du web et de la science 2.0</strong>, la construction de l&#39;autorité scientifique s&#39;appuie dynamiquement sur ces 2 indicateurs de notoriété et de pérennité. Nombre de revues et d&#39;éditeurs l&#39;ont compris, qui cherchent à documenter précisément lesdits indicateurs mais en imposant une approche quantitative héritée de la bibliométrie (scientometrics), laquelle approche méconnaît encore énormément certains facteurs d&#39;usages liés au web (webometrics), facteurs d&#39;usage pourtant déterminants, notamment dans le humanités numériques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il appartient aux acteurs de la recherche</strong> (enseignants-chercheurs, ingénieurs, documentalistes, bibliothécaires) de militer activement pour une banalisation accrue des indicateurs de notoriété et de pérennité, comme il appartient au politique et aux décideurs universitaires de se battre pour garder la main sur les mesures d&#39;usages sans accepter de confier leur entière sous-traitance aux éditeurs gate-keepers traditionnels.</p>
<p>&#0160;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>L&#8217;article du futur sera une API</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2011/06/larticle-du-futur-sera-une-api/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jun 2011 21:08:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access]]></category>
		<category><![CDATA[Wikipedia]]></category>
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					<description><![CDATA[Face. Face à l&#39;explosion continue des savoirs disponibles. Face à la perméabilité chaque jour plus grande des champs scientifiques, à leur reconfiguration permanente et à la place toujours plus grande de l&#39;interdisciplinarité et de la transdisciplinarité. Face à la crise de l&#39;édition et aux rentes de situation de quelques monopolistiques éditeurs. Face à la babélisation [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><strong><span title="F" class="cenote-drop-cap">F</span>ace. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face</strong> à l&#39;explosion continue des savoirs disponibles. <strong>Face</strong> à la perméabilité chaque jour plus grande des champs scientifiques, à leur reconfiguration permanente et à la place toujours plus grande de l&#39;interdisciplinarité et de la transdisciplinarité. <strong>Face</strong> à la crise de l&#39;édition et aux rentes de situation de quelques monopolistiques éditeurs. <strong>Face</strong> à la babélisation des expertises et à la crise de l&#39;autorité académique qu&#39;elle met en exergue. <strong>Face</strong> au mouvement de l&#39;open access et à l&#39;ensemble de ses dérivés (science commons, archives ouvertes et/ou institutionnelles, sciences citoyennes, etc.). <strong>Face</strong> à la mise en place de nouvelles énonciations scientifiques, de nouveaux agencements collectifs d&#39;énonciation et <strong>face </strong>à leur structuration et à leur légitimité grandissante.&#0160; <strong>Face</strong> à l&#39;explosion des usages scientifiques de sites, de données, d&#39;API, de corpus non-originellement scientifiques. <strong>Face </strong>aux interfaces évolutives proposées pour l&#39;accès et pour le traitement des données disponibles pour les chercheurs ou offrant un intérêt scientifique. <strong>Face </strong>à une transition encore en train de se faire entre la &quot;science&quot; et la &quot;science 2.0&quot;. <strong>Face</strong> à tout cela,&#0160; le monde académique (éditeurs, universitaires, ingénieurs, professionnels de la documentation) cherche et tatonne pour savoir, ce qui dans une transition déjà actée, relèvera demain de la réelle nouveauté disruptive et/ou du simple effet de mode passager.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pile.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#39;est dans cette logique de grand tremblement institutionnel qu&#39;Elsevier (grand éditeur monopolistique qu&#39;<a href="http://poeticeconomics.blogspot.com/2011/06/elsevier-profits-and-faculty-priorities.html" target="_blank" rel="noopener">engraisse éhontément l&#39;argent public des universités</a>) a lancé, à grands renforts de tambours et de trompettes marketing, son projet pour étudier ce que sera &quot;<a href="http://www.articleofthefuture.com/" target="_blank" rel="noopener">l&#39;article du futur</a>&quot;. <strong>Pile poil</strong>. Où l&#39;on apprend que l&#39;article du futur sera :</p>
<ul>
<li>plus interactif</li>
<li>plus hypertextuel</li>
<li>plus &quot;segmenté&quot; (avec d&#39;un côté les données brutes, de l&#39;autre côté le protocole expérimental, au milieu les résultats)</li>
<li>plus interfacé (en lieu et place d&#39;un simple pdf à double colonne aux immuables têtes de chapitre &#8211; résumé, description du problème, revue de littérature existante, description du protocole, analyse des données recueillies et méthodologie de recueil, conclusions, prolongements et/ou réplications possibles, bibliographie) </li>
<li>variable en fonction des spécificités de chaque discipline</li>
<li>plus facilement &quot;partageable&quot;</li>
<li>plus facilement visualisable (différentes &quot;vues&quot; du même contenu seront disponibles)</li>
</ul>
<p>Wow. On a même droit à une jolie vidéo avec des bonnes grosses flèches oranges &quot;powerpoint-like&quot; :</p>
<p><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef014e8967cfa3970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Aotf" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef014e8967cfa3970d image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef014e8967cfa3970d-800wi" title="Aotf" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Un ou deux ans de recherche pour inventer un affichage à 3 colonnes avec le sommaire à gauche et les navigation et vues contextuelles à droite (soit ce qui est déjà disponible depuis 6 ou 7 ans dans les templates ou gabarits gratuits des grandes plateformes de blog, au hasard et de manière non-exhaustive wordpress ou blogger). On peut même accéder à un <a href="http://www.articleofthefuture.com/S1048984310001402/" target="_blank" rel="noopener">exemple &quot;live&quot; d&#39;article du futur.</a> Re-wow. Mais ce n&#39;est pas tout. Sans même parler de &quot;l&#39;article du futur&quot;, figurez-vous, ô révolution numérique, qu&#39;Elsevier vient de rendre possible d&#39;<a href="http://newsbreaks.infotoday.com/Digest/Elsevier-Enriches-Online-Articles-with-Google-Maps-75858.asp" target="_blank" rel="noopener">ajouter des cartes Google sur des articles en ligne</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et là je dis au mieux &quot;WTF&quot; et au pire &quot;no future&quot;. Bon, blague et mauvaise foi à part, il est évident que <a href="http://www.articleofthefuture.com/S1048984310001402/" target="_blank" rel="noopener">ce truc là</a> sera toujours préférable à un vieux pdf à double colonnage sans liens hypertextes, mais qualifier ce prototype &quot;article du futur&quot; me semble un peu too much pour être honnête.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pendant qu&#39;Elsevier réfléchit à l&#39;article du futur</strong>, le futur de la science s&#39;écrit au quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, <a href="http://leo.hypotheses.org/6962" target="_blank" rel="noopener">les formidables carnets (= blogs) de la plateforme HYpotheses.org se voient attribuer un numéro ISSN</a>. Authentique (r)évolution : &quot;<em>Cette attribution, exceptionnelle&#0160;pour une plateforme de carnets de  recherche,&#0160;constitue avant tout la reconnaissance des carnets de  recherche comme de véritables publications scientifiques.</em>&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant ce temps, <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00597298/fr/" target="_blank" rel="noopener">là</a>, un enseignant-chercheur dépose (pour la première fois dans le monde francophone ??) la concaténation de 5 articles de blogs sur une plateforme d&#39;archive ouverte, non pas pour se la jouer rebelle mais pour s&#39;inscrire dans une très ancienne tradition de préprint initiée par la communauté des physiciens (sur le serveur <a href="http://arxiv.org/" target="_blank" rel="noopener">Arxiv</a> notamment). Et la bonne nouvelle &#8211; et la vraie nouveauté &#8211; est que cela n&#39;émeut plus personne (à moins naturellement que personne ne l&#39;ait encore remarqué ou n&#39;ait jugé opportun de venir me manifester son outragé mécontentement devant ce dévoiement de l&#39;honorabilité des publications académiques estampillées par la très sainte AERES).</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant ce temps, là, les <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear2/index.php/post/2011/04/09/Mettre-Wikip%C3%A9dia-dans-son-CV-acad%C3%A9mique" target="_blank" rel="noopener">contributions à l&#39;encyclopédie Wikipédia sont prises en compte dans un CV académique</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant ce temps-là, il y a déjà 3 ans de cela, Jean-Max Noyer et 3 collègues universitaires réfléchissaient, non pas à &quot;l&#39;article du futur&quot;, mais à la <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00288310/fr/" target="_blank" rel="noopener">nécessaire et inexorable décontruction numérique des modes de publication scientifique et des autorités liées</a>. Voici quelques extraits de leur prose (<strong>je souligne</strong>) :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>Les transformations de la sphère éditoriale scientifique sont à l’œuvre avec vigueur, depuis le début des années 90 et elles sont loin d’être stabilisées. Le passage d’un mode d’édition&#0160; «&#0160;blanchi sous le papier&#0160;»&#0160; avec ses dispositifs de fabrication, (leur sociologie) de financement, de légitimation (critériologie de sélection scientifique), de distribution, vers un mode éditorial numérique, hypertextuel complexe s’est accéléré depuis une dizaine d’années. </em><br /><em>La première phase de ce passage est à présent bien avancée et la saturation des formes héritées du papier, toujours présentes au cœur des premières réalisations numériques est en cours. Une seconde phase est en cours de déploiement. Elle consiste à <strong>mettre l’édition numérique «&#0160;au milieu&#0160;» des conditions de production / circulation des savoirs scientifiques</strong>&#8230; Il s’agit en effet de penser et de concevoir des dispositifs qui soient l’expression la plus adéquate de ce couplage structurel.</em><br /><em>Les mémoires numériques ont mis très rapidement en évidence la complexité des processus d’écritures scientifiques, les chaînes plus ou moins longues de transformations des textes, les morphogenèses documentaires. Bref, face à une exhibition de plus en plus forte&#0160; des dimensions processuelles et collectives des textualités scientifiques à travers la mise en mémoire d’un nombre croissant de traces produites par les chercheurs, <strong>l’édition scientifique doit repenser la manière dont elle a fondé son efficacité et sa légitimité sur une sélection relativement simple d’objets éditoriaux finis comme hypostases des savoirs scientifiques, comme effacement relatif (du processus de production scientifique lui-même), comme expression de l’imaginaire égalitaire de la redistribution des savoirs</strong>.&#0160; </em><br /><em>L’édition scientifique doit aujourd’hui <strong>permettre d’habiter les communautés d’œuvres, les agencements qui produisent et font circuler les documents, comme «&#0160;incomplétude en procès de production&#0160;»</strong>. Il s’agit de prendre en compte les dimensions complexes des procès d’écritures scientifiques et de favoriser le travail de recherche (&#8230;) au cœur des pratiques. Il s’agit encore de <strong>permettre l’établissement de chemins pertinents, de connexions, entre les hétérogenèses documentaires, des fragments et des formes courtes les plus labiles aux textes stabilisés et sanctifiés en passant par les «&#0160;working papers&#0160;», les corpus de données quelconques… qui sont convoqués au cours du travail de recherche, de lectures-écritures</strong>.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">De tout cela, de tous ces enjeux, naturellement pas un mot dans la réflexion sur l&#39;article du futur d&#39;Elsevier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors ce sera quoi, l&#39;article du futur ?</strong> Et ben je vais vous le dire <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> L&#39;article du futur sera une API.</p>
<ul>
<li>&quot;A&quot; non pas comme &quot;Autorité&quot; mais bien comme &quot;agencements collectifs d&#39;énonciation&quot;. Ce que la recherche n&#39;a par ailleurs &#8211; heureusement &#8211; jamais cessé d&#39;être. </li>
<li>&quot;P&quot; comme &quot;percolation&quot; rendue possible entre différents champs scientifiques (voilà pour le fond), et entre les silos documentaires en reconfiguration permanente (voilà pour la forme)</li>
<li>&quot;I&quot;. Triple &quot;I&quot;. &quot;I&quot; comme &quot;inscription&quot;, c&#39;est à dire comme capacité à faire trace. &quot;I&quot; comme &quot;interface&quot;, interface multimodale. Nécessairement multimodale. <span style="color: #ff0000;"><strong>&lt;mise à jour du soir&gt;</strong></span> &quot;I&quot; comme &quot;indicateurs&quot; : les nouveaux indicateurs de la science, viralité, téléchargements, réels, temps de lecture accordé, réplication, citations. Sur ce dernier point, Elsevier travaille beaucoup pour élaborer les tableaux de bord d&#39;indicateurs scientifiques nécessaires au pilotage de la science, d&#39;un strict point de vue comptable et/ou &quot;valorisation à court terme&quot;. Sur la question des indicateurs, Elesevier travaille (vraiment) beaucoup, et communique (vraiment) très peu. Ce sera peut-être l&#39;objet d&#39;un billet dédié si j&#39;en trouve le temps, mais le monde académique serait très bien inspiré de se mettre rapidement au travail pour définir et fabriquer ses propres tableaux de bord d&#39;indicateurs pour ne pas se trouver, demain, prisonnier de solutions clés en main technologiquement pointues mais méthodologiquement empreintes d&#39;une vision strictement rentabiliste de la chose scientifique. <span style="color: #ff0000;"><strong>&lt;/mise à jour du soir&gt;</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Et puis littéralement, l&#39;article du futur sera une API. Une interface de programmation (voir le <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/21/comprendre-facebook-33-linternet-des-api-le-web-des-applications/" target="_blank" rel="noopener">remarquable article d&#39;InternetActu</a>), rendant différentes applications possibles. Un vrai boulot d&#39;éditeur que de réfléchir à ce que seront ces API. Que l&#39;on regarde ce qui se passe du côté du livre numérique. L&#39;édition savante va devoir faire rapidement la preuve de son érudition informatique et logicielle. A moins qu&#39;elle ne préfère réinventer la roue ou l&#39;article d&#39;hier en l&#39;appelant celui de demain.</p>
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		<title>Pourquoi créer un blog &#8230;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jun 2011 19:34:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
		<category><![CDATA[Weblogs, Wikis & RSS]]></category>
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					<description><![CDATA[&#34;Pourquoi créer un blog quand on est doctorant, docteur et/ou enseignant-chercheur.&#34; Voilà pour le sujet de la table-ronde à laquelle j&#39;étais invité l&#39;autre jour à l&#39;université d&#39;Angers. Content d&#39;y avoir croisé la dreamteam de la BuA ainsi que quelques membres du fan-club d&#39;Affordance. Content également d&#39;avoir pu partager l&#39;estrade avec un jeune économiste promis à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="&quot;P" class="cenote-drop-cap">&quot;P</span>ourquoi créer un blog quand on est doctorant, docteur et/ou enseignant-chercheur.&quot; Voilà pour le sujet de <a href="http://www.univ-angers.fr/fr/recherche/formation-doctorale/projet-doctoral/e-forum-des-doctorants-3.html" target="_blank" rel="noopener">la table-ronde</a> à laquelle <a href="http://www.affordance.info/mon_weblog/2011/06/agenda-lidentit%C3%A9-num%C3%A9rique-du-doctorant.html" target="_blank" rel="noopener">j&#39;étais invité</a> l&#39;autre jour à l&#39;université d&#39;Angers. Content d&#39;y avoir croisé la dreamteam de la BuA ainsi que quelques membres du fan-club d&#39;Affordance. Content également d&#39;avoir pu partager l&#39;estrade avec un <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/" target="_blank" rel="noopener">jeune économiste promis à un brillant avenir</a> (enfin moi si j&#39;étais vous je m&#39;empresserai de l&#39;embaucher) <span style="color: #ff0000;"><strong>&lt;Update&gt;</strong></span> <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear2/index.php/post/2011/06/08/Table-ronde-:-le-doctorant-blogueur" target="_blank" rel="noopener">lire ses impressions</a> <strong><span style="color: #ff0000;">&lt;/Update&gt;</span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si, ô joie, la table-ronde en était une vraie de vraie, sans powerpoint, avec des vraies questions vraiment préparées par un vrai animateur (<a href="http://www.archivistes-et-reseaux.fr/" target="_blank" rel="noopener">bravo et merci à lui</a>), j&#39;avais tout de même, au cas où et en guise de training, prévu un pauvrepoint serti de magnifiques bandeaux jaunes. Le voici donc.</p>
<p>&#0160;</p>
<div id="__ss_8219127" style="width: 425px;"><strong style="display: block; margin: 12px 0 4px;"><a href="http://www.slideshare.net/olivier/blogsscientifiques" title="blogs-scientifiques">blogs-scientifiques</a></strong> <iframe frameborder="0" height="355" marginheight="0" marginwidth="0" scrolling="no" src="http://www.slideshare.net/slideshow/embed_code/8219127" width="425"></iframe></p>
<div style="padding: 5px 0 12px;">View more <a href="http://www.slideshare.net/">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/olivier">olivier</a></div>
</div>
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		<title>Les gazouillis du mercredi</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2010/12/les-gazouillis-du-mercredi-1-3/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Dec 2010 14:34:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
		<category><![CDATA[Rubrique à brac]]></category>
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					<description><![CDATA[Rubrique &#34;bibliométrie&#34; a donc un H-Index de 4 sur Google Scholar http://code.google.com/p/citations-gadget/ #snif #jesuisunlooser Rubrique e-reputation et gadgets grâce @CaddeReputation découvre le joli néologisme d&#39;egographie découvre un truc rigolo et perd 10 minutes. http://www.ionz.com.br/ Rubrique Economie des moteurs (et de Google) wow. une mine ! http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/avisdec.php?numero=10-A-29 #google #publicite #concurrence Rubrique Facebook &#38; lol très très [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="R" class="cenote-drop-cap">R</span>ubrique &quot;bibliométrie&quot;</p>
<ul>
<li>a donc un H-Index de 4 sur Google Scholar <a href="http://code.google.com/p/citations-gadget/" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://code.google.com/p/citations-gadget/</a> <a href="http://twitter.com/search?q=%23snif" rel="nofollow" title="#snif">#snif</a> <a href="http://twitter.com/search?q=%23jesuisunlooser" rel="nofollow" title="#jesuisunlooser">#jesuisunlooser</a></li>
</ul>
<p>Rubrique e-reputation et gadgets</p>
<ul>
<li>grâce @<a href="http://twitter.com/CaddeReputation" rel="nofollow">CaddeReputation</a> découvre le joli néologisme d&#39;egographie</li>
<li>découvre un truc rigolo et perd 10 minutes. <a href="http://www.ionz.com.br/" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://www.ionz.com.br/</a></li>
</ul>
<p>Rubrique Economie des moteurs (et de Google)</p>
<ul>
<li>wow. une mine ! <a href="http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/avisdec.php?numero=10-A-29" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/avisdec.php?numero=10-A-29</a> <a href="http://twitter.com/search?q=%23google" rel="nofollow" title="#google">#google</a> <a href="http://twitter.com/search?q=%23publicite" rel="nofollow" title="#publicite">#publicite</a> <a href="http://twitter.com/search?q=%23concurrence" rel="nofollow" title="#concurrence">#concurrence</a></li>
</ul>
<p>Rubrique Facebook &amp; lol</p>
<ul>
<li>très très très très fort <a href="http://twitpic.com/3flknf" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://twitpic.com/3flknf</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> via @<a href="http://twitter.com/MathieuFlex" rel="nofollow">MathieuFlex</a></li>
</ul>
<p>Rubrique &quot;plateformes de blog académiques / universitaires&quot;</p>
<ul>
<li>Wow wow wow : l&#39;outil idéal pour les universitaires (moins lourd que moodle, plus &quot;ciblé&quot; que wordpress) : <a href="http://openscholar.harvard.edu/" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://openscholar.harvard.edu/</a></li>
</ul>
<p>Rubrique politique (LRU et IUT)</p>
<ul>
<li><a href="http://bit.ly/hIQOnN" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://bit.ly/hIQOnN</a> très mauvais titre. Il faut lire, le MEDEF (= unpiut = présidents des conseils d&#39;IUT) veut s&#39;affranchir de tutelle univ (<a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/10/les-iut-veulent-s-affranchir-de-la-tutelle-universitaire_1452014_3224.html" rel="nofollow noopener" target="_blank">http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/10/les-iut-veulent-s-affranchir-de-la-tutelle-universitaire_1452014_3224.html)</a></li>
</ul>
<p>Rubrique à brac</p>
<ul>
<li>on est passé du text-e à l&#39;e-text. <a href="http://twitter.com/search?q=%23enfaitcestsimple" rel="nofollow" title="#enfaitcestsimple">#enfaitcestsimple</a> <a href="http://twitter.com/search?q=%23lelivrenumeriqueexpliqueamagrandmere" rel="nofollow" title="#lelivrenumeriqueexpliqueamagrandmere">#lelivrenumeriqueexpliqueamagrandmere</a></li>
<li>de quoi procèdent sites miroir de Wikileaks à l&#39;aune de la théorie de la redocumentarisation ?</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
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		<title>Science 2.0 : show must go on</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2009/11/science-20-showmustgoon/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 21:45:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Archives Ouvertes]]></category>
		<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Web 2.0]]></category>
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					<description><![CDATA[Voilà déjà plus de deux ans et demi que j&#8217;évoquais dans un billet la notion de « science 2.0 », ratant du même coup une carrière de marketing manager. Depuis deux ans et demi, il s&#8217;est passé bien des choses : des communautés ont émergées, elles se sont structurées, principalement mais non exclusivement autour de l&#8217;offre des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="V" class="cenote-drop-cap">V</span>oilà déjà plus de deux ans et demi que j&rsquo;évoquais dans un billet <a target="_blank" href="/mon_weblog/2006/06/science_20_cest.html" rel="noopener">la notion de « science 2.0 »</a>, ratant du même coup <a target="_blank" href="/mon_weblog/2006/06/vocation_rate.html" rel="noopener">une carrière de marketing manager</a>. Depuis deux ans et demi, il s&rsquo;est passé bien des choses : des communautés ont émergées, elles se sont structurées, principalement mais non exclusivement autour de l&rsquo;offre des réseaux sociaux académiques (voir <a target="_blank" href="http://www.slideshare.net/olivier/identitenumeriqueacademique" rel="noopener">cette présentation pour quelques exemples</a>, tendance par ailleurs récemment confirmée par <a target="_blank" href="http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/g/a/2009/10/20/urnidgns852573C40069388000257655007200C0.DTL" rel="noopener">cet article du SFChronicle</a>). La pratique des <a target="_blank" href="/mon_weblog/2009/10/cest-lhistoire-dun-blog.html" rel="noopener">« blogs de science » se banalise</a> (trop) lentement mais sûrement. L&rsquo;usage des wikis comme outil de travail s&rsquo;il est encore loin d &lsquo;être courant, n&rsquo;est en tout cas plus considéré comme une hérésie. Et même si les institutions peinent encore à saisir les modalités ou la « philosophie » de cette science 2.0, s&rsquo;exposant ainsi à <a target="_blank" href="http://www.unpourcentdinspiration.fr/2009/06/12/906-au-cnrs-le-linge-sale-se-lave-en-famille" rel="noopener">de pathétiques ratages</a>, on sort, <em>festina lente</em>, de « l&rsquo;ère des pionniers ».<br />Des habitus individuels de chaque chercheur aux pratiques collectives de champs disciplinaires entiers, c&rsquo;est bien toute la science qui devient plus ouverte, plus collaborative, davantage tournée vers la société civile, et finalement bien <a target="_blank" href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/09/15/807-why-blog" rel="noopener">plus aimable</a>.<br />Petite revue de textes, articles et réflexions pour mieux « comprendre » le mouvement amorcé : </p>
<ul>
<li>« <a target="_blank" href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00424826/fr/" rel="noopener">La communication scientifique face au Web2.0 : Premiers constats et analyse</a> » de Ghislaine Chartron et Evelyne Broudoux, qui se termine sur 2 vraies questions et &#8211; à mon sens &#8211; une petite taquinerie (mesquinerie ?) : « <em>Le durcissement actuel de l&rsquo;évaluation de l’activité scientifique n’est-il pas un frein majeur à l’ouverture des systèmes de lecture et d’écriture des travaux scientifiques ? <br />(&#8230;) Quelles sont les dérives de la communication médiatisée par la technique ? (&#8230;) Le cercle vertueux procuré par la « présence Web2.0 » des scientifiques sur le net ne se traduit-il pas essentiellement par un certain nombre d’invitations, de sollicitations à des conférences et à l’écriture d’articles, ces effets positifs participent-ils au renouvellement du débat d’idées ?</em> » </li>
<li>« <a target="_blank" href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00396278/fr/" rel="noopener">Chercheurs 2.0 ?</a> » de Gabriel Gallezot et Olivier Le Deuff.</li>
</ul>
<p><strong>Les seules vraies questions de la science 2.0</strong>. Ces deux &#8211; excellents &#8211; articles reviennent notamment sur les deux points qui « posent problème » et qui détermineront de quoi sera faite la science de demain : celui de l&rsquo;évaluation par les pairs (et la manière dont elle peut ou non évoluer vers davantage de transparence et d&rsquo;ouverture &#8230; voir <a target="_blank" href="http://www.sciencepresse.qc.ca/node/23519" rel="noopener">l&rsquo;exemple du poisson-pilote</a>), et celui des nouvelles métries (et la manière dont elles complèteront et/ou se substitueront aux actuels indicateurs scientifiques). Sur ces deux points décisifs, ce sont principalement les revues qui auront à supporter l&rsquo;ampleur des changements ou la force de l&rsquo;intertie. A ce sujet on pourra relire : « <a target="_blank" href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00288310/fr/" rel="noopener">De la numérisation des revues à leur déconstruction numérique.</a> » de JM Noyer, G Gallezot, O Ertzscheid et G Chartron &#8230; à leur <em><strong>nécessaire</strong></em> déconstruction numérique.<br /><strong><span style="color: #ff0000; font-family: Arial;">&lt;Nota-Bene&gt;</span></strong>Sur ce terrain, les « majors de l&rsquo;industrie de la publication scientifique » tentent d&rsquo;occuper le terrain avec des initiatives par ailleurs intéressantes, dont celle <a target="_blank" href="http://lafeuille.homo-numericus.net/2009/08/larticle-scientifique-du-futur.html" rel="noopener">d&rsquo;Elsevier pour imaginer « l&rsquo;article scientifique du futur »</a>, mais qui ne doivent pas pour autant faire oublier <a target="_blank" href="/mon_weblog/2007/01/lchez_les_chien.html" rel="noopener">leurs autres initiatives</a>, dont <a target="_blank" href="http://scholarlykitchen.sspnet.org/2009/05/07/elsevier-published-fake-journals/" rel="noopener">les plus alarmantes</a> sont à l&rsquo;échelle exacte de <a target="_blank" href="http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=250" rel="noopener">leur politique tarifaire</a>.<strong><span style="color: #ff0000; font-family: Arial;">&lt;/Nota-Bene&gt;</span></strong></p>
<p><strong>Ne pas cantonner la science 2.0 à la valorisation de la science 1.0.</strong> La science 2.0 n&rsquo;est pas la valorisation de la science. En tout cas pas uniquement. Pour la valorisation, pour l&rsquo;ouverture aux publics on dispose d&rsquo;outils chaque jour plus puissants, toujours davantage vecteurs d&rsquo;attention. Dernier en date : <a target="_blank" href="http://www.youtube.com/education?b=1" rel="noopener">YouTube.edu</a> (voir <a target="_blank" href="http://www.educpros.fr/nc/rss/article-rss/a/youtube-edu-un-nouveau-canal-pour-poster-les-videos-universitaires.html" rel="noopener">l&rsquo;article d&rsquo;Educpros à son sujet</a>). Youtube n&rsquo;est &#8211; heureusement &#8211; pas seul, et <a target="_blank" href="http://www.pcinpact.com/actu/news/53567-college-france-dailymotion-cours-disponibles.htm" rel="noopener">le Collège de France lui préfère par exemple DailyMotion pour diffuser plus de 900 heures de cours</a>. Des outils propriétaires qui déportent « nos » contenus dans « leurs nuages » &#8230; épineuse question <a target="_blank" href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2008/10/01/540-herve-les-nuages-et-l-udem" rel="noopener">déjà largement débattue et illustrée</a> mais chaque jour plus cruciale. Il faudra bien un jour accepter de poser au plus haut niveau de l&rsquo;état la question de la centralisation et de la diffusion de ces immenses silos scientifiques. Et si l&rsquo;état ne le souhaite pas &#8211; autonomie oblige &#8211; qu&rsquo;il donne au moins mandat (et financement dédié) à 2 ou 3 universités pour accomplir ce travail. <br />A la marge pour l&rsquo;instant, la question de ces « <a target="_blank" href="http://www.neteco.com/303160-youtube-edu-conferences-universites-ecoles.html" rel="noopener">nouvelles salles de classe internationales</a> » finira bien également par poser le problème de la reconfiguration nécessaire des actuelles salles de classe nationales. Là encore, espérons que l&rsquo;on ne jette pas trop hâtivement le bébé du présentiel et de l&rsquo;accompagnement IRL avec l&rsquo;eau du bain du numérique et de la formation à distance (d&rsquo;autant que les bonnes pratiques en la matière <a target="_blank" href="http://www.framablog.org/index.php/post/2009/06/29/academie-en-ligne-cours-ete-education-nationale" rel="noopener">ne sont pas encore monnaie courante</a> &#8230;)<br />Mais il est clair que la pratique même de l&rsquo;enseignement est chaque jour davantage heurtée par l&rsquo;accessibilité et la visibilité de ces nouveaux gisements de savoirs académiques.<br /><strong><br />Ne pas confondre la science 2.0 avec la communication institutionnelle 2.0</strong>. Mais ne pas négliger non plus les outils du web contributif pour y laisser l&#8217;empreinte numérique de son institution. Sur le comment faire, voir notamment <a target="_blank" href="http://www.mille-watts.com/comcampus/2009/07/10-facons-dont-les-universites-us-partagent-l%E2%80%99information-sur-les-medias-sociaux/" rel="noopener">ici</a>.</p>
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		<title>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un blog.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 18:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est l’histoire d’un blog de chercheur comme le monde en compte aujourd’hui quelques milliers. Espace d’écriture hybride, entre atelier scientifique et échos du quotidien, entre paillasse et machine à café. Rien ne change. Parfois simples signalements de ressources glanées sur le net, parfois analyses plus fouillées, ces notes, billets et notules n’ont rien d’original. Ils [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><strong><span title="C" class="cenote-drop-cap">C</span>’est l’histoire d’un blog</strong> de chercheur comme le monde en compte aujourd’hui quelques milliers. Espace d’écriture hybride, entre atelier scientifique et échos du quotidien, entre paillasse et machine à café. <strong>Rien ne change.</strong> Parfois simples signalements de ressources glanées sur le net, parfois analyses plus fouillées, ces notes, billets et notules n’ont rien d’original. Ils sont le travail que chacun d’entre nous effectue au quotidien. Le fil d’Ariane d’une éternelle triangulation entre notre laboratoire, nos enseignements et le monde comme il va. <strong>Tout change.</strong> Ils sont lus. Ils existent dans l’espace public du débat, scientifique ou non. Lus par d’autres collègues, par nos étudiants, par de simples curieux, par des spécialistes ou des professionnels, de notre discipline ou venant d’autres champs. Ils créent un espace de débat et d’interaction nouveau. Un espace que les revues, dans leur forme actuelle, ne peuvent intégrer. Une temporalité, une réactivité que les colloques et conférences, par leur périodicité et leurs géographies distantes, ne peuvent instaurer. <strong>Des accélérateurs.</strong> Ces débats, ces espaces et ces nouvelles temporalités sont aujourd’hui absolument nécessaires. Ce temps court des blogs scientifiques ne met aucunement en péril le temps long de l’activité scientifique. Il l’inaugure et le complète. Il en est l’indispensable adjuvant. C’est un temps qui fait trace, qui donne corps. Du temps gagné également grâce à l’organisation et la structuration que permettent les plateformes de publication. Le rubriquage thématique et la périodicité automatique de l’archivage temporel permettent de rassembler rapidement les diverses notules en vue de la préparation d’un nouveau cours, d’une nouvelle conférence, d’un nouvel article. Notules enrichies bien au-delà de l’espace-temps habituel des seuls collègues de la discipline, ou du laboratoire de rattachement. Nouveaux agencements dynamiques du discours scientifique en train de se construire. <strong>Chaînon manquant</strong>. Les blogs de chercheurs n’ont plus aujourd’hui à faire la preuve de leur intérêt scientifique et sociétal. Vulgarisateurs et pédagogues ils n’ont d’autre ambition que d’exposer la science en train de se faire. Documentés et sourcés, ils offrent au lecteur une parole toujours située, ce qui ne l’empêche pas d’être différemment orientée. Dans l’isegoria foisonnante de nos démocraties numériques, la place de cette parole authentifiée a vocation d’essentiel. En prise avec la société civile et les débats qui l’agitent, ils sont l’instrument permettant d’abolir l’emprise de certaines contre-vérités et approximations, de certaines désinformations manifestes. <strong>Science 2.0.</strong> La formule est un gimmick marketing qui ne doit pas faire oublier le changement profond et pérenne des pratiques ainsi dénommées. « Séminaire permanent » reposant sur une « culture de l’expérience » comme l’écrit André Gunthert sur son blog (<a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/09/15/807-why-blog" target="_blank" rel="noopener">http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/09/15/807-why-blog</a>), l’activité de blogging scientifique n’est rien d’autre qu’une activité de recherche et d’écriture qui autorise, qui entretient et qui induit nécessairement autant qu’intrinsèquement toute une série d’apprentissages et de collaborations périphériques, périphéries chaque jour plus centrales dans les rapports qu’entretiennent science et société, chaque jour plus déterminantes dans la conduite de nos métiers. Les communautés inter ou trans-disciplinaires laissent place à des communautés d’intérêt et de pratiques au moins autant fécondes. <strong>Observation participante.</strong> Les blogs de chercheurs sont, réflexivement et par nature, d’extraordinaires objets d’étude pour les SIC en ce qu’ils cristallisent des problématiques allant du lissage des différents espaces de publication aux nouvelles granularités de la diffusion des idées, de l’économie de la citation aux stratégies d’énonciation, de l’analyse des activités expertes à la place de la parole scientifique dans la société civile, du rôle des technologies numériques aux processus de médiation les accompagnant.<strong> Demain</strong>. Demain, il faut le souhaiter, c’est l’ensemble des enseignants-chercheurs qui tiendront un blog. Ce qui fut longtemps l’exception deviendra la règle. On aura mesuré les gains possibles en terme d’intégration des nouveaux doctorants, de visibilité de nos laboratoires et de nos travaux, de fertilisation croisée entre différents champs scientifiques, et l’on se sera donné les moyens de généraliser ces gains à l’ensemble de la communauté scientifique. Alors de nouveaux glissements se feront sentir dans la tectonique de l’énonciation scientifique. Alors de nouveaux artefacts émergeront. <strong>Aujourd’hui</strong>. La force des blogs scientifiques est d’être à l’unisson des bouleversements qui affectent l’ensemble de nos pratiques informationnelles connectées, tout en préservant ou en ré-instaurant la distance nécessaire à leur analyse. <strong>Hier.</strong> Pointés du doigt il y a encore deux ou trois ans de cela (sur l’air de « allons voyons mon cher collègue, cela n’est pas sérieux »), aujourd’hui souvent plébiscités par les médias ou placés sous les feux de la rampe de l’un de ces nombreux classements dont est friande la société civile (sur l’air du « palmarès mensuel des meilleurs blogs de chercheurs »), <strong>demain</strong> les blogs seront simplement devenus un élément nécessaire et constant de l’écosystème de la publication scientifique et du fonctionnement académique. Une banalisation souhaitable et par ailleurs déjà observable. Puisse le travail mené depuis déjà 4 ans sur Affordance.info y contribuer. </p>
<p><em>Olivier Ertzscheid. Maître de conférences à l’université de Nantes. A l’origine &#8211; avec d’autres collègues &#8211; du lancement du premier blog francophone collaboratif dans le domaine de l’information scientifique et technique. Auteur du blog scientifique&#0160; « Affordance.info » (http://www.affordance.info).</p>
<p>================================================================<br /></em>Texte de commande, à paraître d&#39;ici quelques mois &#8230; je vous laisse deviner où <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f609.png" alt="😉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /><em><br /></em></p>
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		<title>Temps de rédaction &#8230; de ce mois-ci.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2008 14:11:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cuisine interne]]></category>
		<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
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					<description><![CDATA[==========================================================================Billet un peu long pour répondre à une simple question qui m&#8217;est souvent posée par mail ou en commentaire : &#34;mais pourquoi donc ajouter un &#34;temps de publication&#34; à la fin de chaque billet ?&#34;==========================================================================41 billets pour le mois d&#8217;Octobre 2008. Temps de rédaction total : 28h30min. Soit un temps moyen passé sur un billet [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>==========================================================================<br /><span style="color: #666666;">Billet un peu long pour répondre à une simple question qui m&rsquo;est souvent posée par mail ou en commentaire : &quot;<em>mais pourquoi donc ajouter un &quot;temps de publication&quot; à la fin de chaque billet ?</em>&quot;</span><br />==========================================================================<br />41 billets pour le mois d&rsquo;Octobre 2008. Temps de rédaction total : 28h30min. Soit un temps moyen passé sur un billet de : 41 minutes.<br />Ceci n&rsquo;inclut pas la temps passé à veiller et à lire différentes choses sur le Net ou dans de bons vieux ouvrages et journaux papier. Lequel temps est <em>au moins équivalent </em>à celui de la rédaction des billets.<br />Sur une année, cela fait, à la louche 348 heures. Plus au moins 348 heures à fureter, collecter, annoter, lire, etc. <br />Tout cela pour dire que compte tenu de mon statut (Maître de conférences : je dois 192 heures équivalent TD sur l&rsquo;année &#8211; en heures effectives, cela fait beaucoup plus -, plus autant d&rsquo;heures de recherche &#8211; là j&rsquo;en fais honnêtement un peu moins, sauf à considérer que l&rsquo;alimentation de ce blog fait partie intégrante de mon activité de recherche, ce qui est précisément l&rsquo;une des questions soulevées dans ce billet), tout cela pour dire, disais-je, que compte-tenu de mon statut, ce blog est un authentique deuxième métier qui me prend au moins autant de temps que celui pour lequel je suis chaque mois grassement rétribué (1800 euros net).<br />J&rsquo;avoue ne pas trop savoir qu&rsquo;en penser &#8230; mais je pense que :</p>
<ul>
<li>un jour se posera la question de savoir si le jeu en vaut la chandelle (ce jour là sera le jour où je m&rsquo;amuserai un peu moins à cet exercice/astreinte de publication)</li>
<li>un jour se posera la question de &quot;ceci au détriment de cela&quot; (ce jour là sera le jour où on m&rsquo;annoncera que comme je ne fais pas suffisamment de &quot;recherche labellisée et reconnue par mes pairs&quot;, on va doubler ma charge d&rsquo;enseignement et mes charges administratives)</li>
<li>un jour se posera (sérieusement) la question de quel intérêt, pour qui, pour quelle reconnaissance ? (reconnaissance institutionnelle s&rsquo;entend, <a href="/mon_weblog/2008/10/top-50.html">la reconnaissance et la gloire publique</a> m&rsquo;étant déjà largement acquises <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f609.png" alt="😉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> </li>
</ul>
<p>(Temps de rédaction de ce billet donc : 30 minutes <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Vendredi ou l&#8217;entorse creative</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2008/10/lentorse-creati/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2008 07:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Francoblogsciences]]></category>
		<category><![CDATA[Métier]]></category>
		<category><![CDATA[Web 2.0]]></category>
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					<description><![CDATA[Préambule : des licences creative commons en général et de celle d&#8217;Affordance en particulier. Certains d&#8217;entre vous le savent, d&#8217;autres pas. L&#8217;intégralité des contenus de ce blog est disponible sous licence Creative Commons. Ce qui vous donne le droit de les réutiliser comme vous voulez, à condition que ce soit en citant la source, et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><strong><span title="P" class="cenote-drop-cap">P</span>réambule : des licences creative commons en général et de celle d&rsquo;Affordance en particulier.</strong></p>
<p>Certains d&rsquo;entre vous le savent, d&rsquo;autres pas. L&rsquo;intégralité des contenus de ce blog est disponible sous licence <a href="http://creativecommons.org/">Creative Commons</a>. Ce qui vous donne le droit de les réutiliser comme vous voulez, à condition que ce soit en citant la source, et à condition que cela reste en dehors de tout cadre commercial. Voilà les faits. Il m&rsquo;arrive parfois (très rarement) de déposer certains de ses billets sur d&rsquo;autres plateformes (<a href="http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=6358">Agoravox</a> principalement). Cela me permet de me confronter à un autre type de lectorat que les habitués d&rsquo;Affordance. Mes rares expériences en ce domaine (seulement 7 ou 8 billets publiés sur Agoravox sur les 1408 que compte ce blog), m&rsquo;ont plutôt dissuadés de continuer l&rsquo;expérience (vu la teneur polémique et souvent assez peu constructive des commentaires, même si, depuis mon dernier essai, la politique de modération a été entièrement revue), ou alors de publier dans ces plateformes des billets entièrement re-rédigés et re-formatés pour l&rsquo;occasion (ce que je n&rsquo;ai pas le temps de faire). Il m&rsquo;arrive également d&rsquo;être parfois sollicité par la presse &quot;nationale&quot;. A ce moment là et pour de bonnes (diffusion beaucoup plus large de mes cogitations) ou de mauvaises raisons (&quot;vanitas vanitatum &#8230;&quot;), j&rsquo;effectue une entorse relative à la licence précédemment évoquée, puisque que les journaux qui publient ou republient mes billets le font dans un cadre commercial &quot;relatif&quot; (ainsi les <a href="http://www.ecrans.fr/Bienvenue-dans-le-World-Life-Web,3016.html">articles d&rsquo;Ecrans</a>, le mag de Libé, sont librement consultables, mais les <a href="http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;objet_id=897675">archives du Monde</a> sont payantes). Bref, pas de quoi fouetter un labrador, de toute façon, tout reste disponible gratuitement pour les lecteurs d&rsquo;Affordance (c&rsquo;est l&rsquo;essentiel de mon point de vue) et je ne touche pas un sou pour cette éphémère &quot;renommée&quot;. (<em>Nota Bene</em> en passant : cette logique va même plus loin puisque je m&rsquo;efforce également de l&rsquo;appliquer à mes publications scientifiques, déposant systématiquement une version de mes articles acceptés dans des revues payantes, sur des <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/aut/Olivier+Ertzscheid/">sites d&rsquo;archives ouvertes</a>, ce qui m&rsquo;a déjà valu et me vaudra probablement encore quelques &#8211; petits &#8211; conflits).</p>
<p><strong>Vendredi, ou <del>les limbes du pacifique</del> &quot;le lundi au soleil&quot; des blogueurs</strong>.<br />Avec le lancement d&rsquo;un nouvel hebdo intitulé <a href="http://netreader.vendredi.info/">Vendredi</a>, me voilà dans une configuration inédite que je vous soumets (parce que vous êtes souvent de bon conseil et qu&rsquo;on se dit tout :-). Le modèle économique et éditorial de cet hebdo est un peu particulier. Pour faire court il s&rsquo;agit de reprendre une sélection d&rsquo;articles parus sur le web, notamment dans la &quot;blogosphère&quot; (mais pas exclusivement). De faire un hebdo &quot;papier&quot; reposant uniquement sur des contenus &quot;Internet amateurs&quot; (c&rsquo;est à dire, si j&rsquo;ai bien compris, des amateurs plutôt &quot;éclairés&quot; &#8211; chercheurs, avocats, simples citoyens &#8211; ou dotés d&rsquo;indéniables qualités rédactionnelles, mais ne disposant en tout cas pas de carte de presse). Parce que j&rsquo;aime bien l&rsquo;idée, parce que je crois que dans le contexte actuel (états généraux de la presse et rapport Giazzi) elle mérite en tous les cas d&rsquo;être testée, parce que j&rsquo;ai été sollicité par <a href="http://rewriting.net">Jean-Marc Manach</a> et que j&rsquo;aime bien ce qu&rsquo;il fait en général, parce qu&rsquo;à l&rsquo;initiative de ce projet on trouve <a href="http://ecrans.fr/Jacques-Rosselin-de-Vendredi-Le,5448.html">Jacques Rosselin</a> et que ce dernier fut en sont temps à l&rsquo;initiative de Courier International, parce que Philippe Cohen (Marianne2.fr) est également de l&rsquo;aventure, parce que parce que parce que &#8230; j&rsquo;ai accepté qu&rsquo;ils reprennent un billet pour le prochain numéro de Vendredi (24 Octobre), et si l&rsquo;occasion se représente, j&rsquo;accepterai encore. Et au moment où j&rsquo;ai accepté, je l&rsquo;ai fait dans mon état d&rsquo;esprit habituel (c&rsquo;est à dire sans demander de dédommagement financier).<br />Mais j&rsquo;ai ensuite reçu ce mail : </p>
<ul>
<li>&quot;<em> (&#8230;) l&rsquo;idée est de proposer aux auteurs que nous apprécions et dont nous sommes susceptibles de reprendre les textes de temps à autres, de signer une convention nous autorisant la republication de leurs articles ou billets; ce qui nous permet aussi d&rsquo;établir, chaque mois, le montant à vous reverser, à raison de xx euros par republication (hors les citations dans les brèves, bien évidemment)</em>&quot;</li>
</ul>
<p><strong>Qui suis-je, où vais-je, et combien suis-je payé ?</strong></p>
<p>Et c&rsquo;est là que je suis coincé. En admettant (cas d&rsquo;école) que même si la blogosphère est très large, le magazine Vendredi soit amené à reprendre les articles de certains blogueurs plus fréquemment que d&rsquo;autres, et en admettant que je sois parmi ces quelques élus (cas d&rsquo;école, je le répète), je suis donc en situation de tirer quelques revenus de mon blog (pas de quoi fouetter un poney je vous l&rsquo;accorde, mais de quoi augmenter un tout petit peu mon pouvoir d&rsquo;achat) et je fais une entorse à la &quot;philosophie&quot; ou en tout cas à &quot;l&rsquo;esprit&quot; de la licence creative choisie en acceptant donc, <em>par convention</em>, d&rsquo;être rétribué (peu et tout à fait aléatoirement) pour certains articles. Bref je deviens pigiste-joker pour un organe de presse. Une solution serait naturellement de refuser non pas d&rsquo;être &quot;repris&quot;, mais d&rsquo;être payé pour cela. Or, pour bien comprendre mon état d&rsquo;esprit actuel, sachez que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;états d&rsquo;âme à percevoir quelques dizaines d&rsquo;euros de temps à autre (encore une fois rien ne dit que cela se reproduira à une fréquence suffisamment régulière pour être pécuniairement significative) vu le temps que je passe à alimenter Affordance (et comme en plus c&rsquo;est la crise hein &#8230;), le tout en &quot;supplément&quot; de mes activités de recherche et d&rsquo;enseignement (pour lesquelles, afin que tous les éléments soient sur la table, je touche 1800 euros nets par mois).</p>
<p><strong>Et donc ??</strong> Donc disons, pour faire simple, qu&rsquo;en acceptant cela, <em>pour le moment, et pour ce journal particulier</em>, je change (me semble-t-il) légèrement sinon la nature de cette publication (mon blog), du moins le &quot;contrat éditorial et lectoral&quot; qui le caractérisait jusqu&rsquo;à lors. En clair : vous êtes toujours sur un blog de chercheur, ce blog est toujours sans autre filtre éditorial que celui de la subjectivité assumée par son auteur, mais ledit chercheur vient d&rsquo;accepter d&rsquo;être (occasionnellement) rétribué par un organe de presse, organe certes innovant mais organe tout de même. Vous me direz il y a encore une grande marge avant que je me mette à publier des publis-rédactionnels vantant les mérites de la Seat Laguna de Mitsubishi, mais &#8230; &quot;<em>mais tout de même</em>&quot;,&quot;<em>en cherchant bien</em>&quot;, &quot;<em>s&rsquo;il l&rsquo;a déjà fait une fois</em>&quot;, et patati et patata &#8230;</p>
<p><strong>Alors à votre avis :</strong></p>
<ul>
<li>je me fais des noeuds tout seul ? Si c&rsquo;est le cas, TAPEZ 1 (prends l&rsquo;oseille et tais-toi)</li>
<li>ce sont de vraies questions ? Si c&rsquo;est le cas TAPEZ 2 (t&rsquo;étais &quot;juste&quot; chercheur, tu deviens juste &quot;un peu&quot; &#8211; plus ? &#8211;&nbsp; journaliste/vulgarisateur scientifique).</li>
</ul>
<p>Ceux qui ont tapé 1 peuvent arrêter ici la lecture de ce billet. </p>
<p><strong>Vers un lissage des espaces de publication.</strong> <br />Pour les autres (ceux qui ont tapé 2), au-delà de tout cela, reste entière la question de savoir si cette &quot;carotte&quot; potentielle impactera à terme le mode de publication et le rédactionnel d&rsquo;Affordance (non à 99,9%) ou d&rsquo;autres blogs/sites (je n&rsquo;en sais rien mais suspecte que &quot;<em>oui, probablement, pour certains en tout cas</em>&quot;). Question subsidiaire encore, si le modèle Vendredi prend (ce que je lui souhaite), va-t-on vers un lissage des espaces de publication existants et des autorités afférentes : citoyens / journalistes / auteurs ? Et si oui, ce lissage est-il une bonne chose ? Pour préciser ma pensée, et en mettant cette fois de côté le cas particulier d&rsquo;Affordance et des blogs tenus par des scientifiques en général, il est un grand nombre de rédacteurs dans la blogosphère auxquels il ne manque que la carte de presse pour s&rsquo;installer journalistes : <span style="color: #ff3300;"><strong>&lt;Polémique&gt;</strong></span> le travail souvent minutieux d&rsquo;écriture qu&rsquo;ils effectuent, la vérification et le croisement souvent tout aussi minutieux de leurs sources, la qualité du rédactionnel et du style, la fréquence et/ou la régularité de publication, l&rsquo;expertise métier dont ils peuvent se prévaloir &#8230; tout cela leur permettrait (à mon sens) de ne pas prétendre &quot;abusivement&quot; à l&rsquo;obtention d&rsquo;une carte de presse (pas plus abusivement en tout cas que <a href="http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=110">Jean-Pierre Pernaud</a>). <span style="color: #ff3300;"><strong>&lt;/Polémique&gt;</strong></span> Dans le même temps, et c&rsquo;est aussi un peu cela qui fait l&rsquo;intérêt des médias &quot;de niche&quot; vis à vis des médias &quot;mainstream&quot; (à mon sens toujours), dans le même temps disais-je, le fait de ne pas disposer de carte de presse est également une liberté formelle importante, du genre de celle qui constitue une ligne de démarcation intellectuelle servant de repère aux <strong>lecteurs</strong> des uns (bloggueurs) et des autres (journalistes). Nul ne nous oblige en effet à être en permanence &quot;en situation de journaliste&quot; ou à tout le temps &quot;jouer&quot; au journaliste : on a le droit à l&rsquo;erreur (les journalistes aussi me direz-vous), le droit à la mauvaise foi, à la mauvaise humeur, le droit de décréter un jour avoir une ligne éditoriale à tenir et le droit tout aussi imprescriptible de s&rsquo;y soustraire le lendemain.<br />A partir de là, il y a deux manière de traiter le problème : soit façon &quot;café du commerce&quot; sur la vieille antienne &quot;tous citoyens, tous journalistes&quot;, soit avec talent et sous différents angles problématiques (<a href="http://ecosphere.wordpress.com/">Ecosphère</a>, <a href="http://novovision.fr/">Novövision</a>, etc &#8230;). Dans cette optique, l&rsquo;initiative lancée par Vendredi devrait rapidement permettre d&rsquo;y voir un peu plus clair dans les stratégies éditoriales à l&rsquo;oeuvre sur le net et dans la blogosphère. Comme serait tenté de le dire le chercheur qui sommeille en moi, voilà qui interroge sérieusement le paradigme éditorial en amont<br />
(filtrage et sélection) comme en aval (réécriture et distribution), en synchronie<br />
(phénomène du temps-réel) et en diachronie (fixation de la durée lié au<br />
support papier), dans son unicité (le choix éditorial d&rsquo;un seul ou de<br />
quelques-uns) et dans sa pluralité relative (la blogosphère et le web<br />
sont en fait ramenées à <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/17/aujourdhui-cest-vendredi/#comment-870773">600 sources suivies par Vendredi</a>).</p>
<p><strong>Tactique de la citation et stratégie de la présence. Ou réciproquement.</strong><br />Je voie encore une problématique intéressante dans ce lancement : l&rsquo;écriture &quot;pour le web&quot; est pour l&rsquo;instant majoritairement une écriture pensée dans une stratégie de présence. Il faut &quot;occuper l&rsquo;espace&quot; (virtuel) du Net. Une écriture de la présence : il faut être présent dans les résultats des moteurs. Une écriture du placement : il importe d&rsquo;être bien placé, bien référencé. Or ce que nous enseigne l&rsquo;héritage de l&rsquo;écriture scientifique, c&rsquo;est la manière dont s&rsquo;est progressivement constituée une écriture de la citation. Il ne s&rsquo;agit cette fois plus &quot;seulement&quot; d&rsquo;occuper la place, mais bien d&rsquo;être (bien) cité par d&rsquo;autres, parce que c&rsquo;est là le meilleur moyen &#8230; d&rsquo;occuper la place. Dans l&rsquo;écriture scientifique, la présence est une tactique et la citation une stratégie. Dans l&rsquo;écriture blogosphérique mainstream, la citation est une tactique (les hyperliens), et la présence une stratégie**. Un phénomène que confirme d&rsquo;ailleurs la <a href="http://aixtal.blogspot.com/2008/10/blogs-le-franais-nest-pas-liant-mais.html">dernière étude de Jean (Véronis)</a> qui fait état d&rsquo;un très faible taux d&rsquo;utilisation des liens hypertextes dans les billets de blogs (à peine un lien tous les 12 billets**** &#8230;). De fait, le travail de réécriture (ou plus exactement d&rsquo;adaptation au média papier) que vont se coltiner les journalistes de Vendredi sera peut-être dont moins ardu que prévu.&nbsp; </p>
<p>Au final, ce que permettra peut-être de synthétiser rapidement l&rsquo;initiative Vendredi, c&rsquo;est la symbiose de ces écritures, de ces deux logiques éditoriales : écrire pour être présent, et écrire pour être cité (d&rsquo;autant que l&rsquo;on n&rsquo;écrit naturellement plus de la même manière quand on sait que l&rsquo;on sera, peut-être, cité dans un autre contexte que celui du rédactionnel initial). Une fois cette symbiose réalisée (si elle se réalise), peut-être verra-t-on émerger un nouveau pacte éditorial, ou &#8230; ou peut-être ne fera-t-on que retomber dans un schéma aussi ancien que connu : celui des spécialistes qui expertisent, celui des journalistes qui reformulent et interprètent, et celui des lecteurs qui lisent.
</p>
<p>Et moi, CQFD, j&rsquo;ai gagné ma poignée euros si ce billet est cité dans un prochain numéro de vendredi <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f609.png" alt="😉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p>** sur la différence entre tactique et stratégie, voir par exemple <a href="http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&amp;definition=6499">ici</a>.</p>
<p>**** <span style="color: #ff3300;"><strong>&lt;/Digression&gt; </strong></span>un lien tous les 12 billets &#8230; j&rsquo;avoue en être tombé de ma chaise à la lecture de ces résultats <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f641.png" alt="🙁" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> J&rsquo;ignore à quoi cela est dû, mais de mon côté je ne conçois pas de rédaction de billets sans déployer de liens externes (je suis très souvent frustré par la lecture de blogs &#8211; par ailleurs excellents &#8211; mais qui ne renvoient qu&rsquo;à eux-mêmes). A l&rsquo;époque un outil comme PubSub (qui fut, sauf erreur de ma part, le grand précurseur des outils de classement blogosphériques façon Wikio), un outil comme PubSub fournissait de très intéressantes statistiques détaillées sur les blogs répertoriés dans sa top-list, notamment concernant les liens entrants et sortants (<a href="http://web.archive.org/web/20060313002202/http://www.pubsub.com/site_stats?site=urfistinfo.blogs.com">la preuve en image</a>). D&rsquo;ailleurs, si Jean me lit (bonjour Jean), dans la série des bonnes idées à mettre en oeuvre pour les <a href="http://aixtal.blogspot.com/2008/09/actu-naissance-de-wikio-labs.html">WikioLabs</a> quand les journées feront 48 heures, je verrai bien une reprise de ces fonctionnalités à l&rsquo;intérieur de Wikio. <span style="color: #ff3300;"><strong>&lt;/Digression&gt;</strong></span></p>
<p>Sur le sujet (du lancement de Vendredi et de l&rsquo;intérêt ou du non-intérêt de son modèle éditorial), voir aussi : <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/17/aujourdhui-cest-vendredi/">InternetActu</a> pour le clin d&rsquo;oeil amical et les infos discutées en commentaire du billet, <a href="http://www.dailymotion.com/Marianne2fr/video/x73ds1_dans-les-coulisses-de-lhebdo-vendre_news">Marianne2</a> pour un reportage la veille de la sortie, <a href="http://www.ouinon.net/index.php?2008/10/17/371-le-nouveau-journal-vendredi-pourquoi-parler-d-actu">Ouinon</a> pour l&rsquo;opinion de quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;y croit pas et qui dit pourquoi, le fil Twitter de <a href="http://twitter.com/ronez/statuses/965016327">Joel (Ronez) qui n&rsquo;y croit pas non plus</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/Jacques-Rosselin-de-Vendredi-Le,5448.html">Ecrans</a> pour le pitch, <a href="http://novovision.fr/?Et-Vendredi-alors">Novövision</a> pour plein d&rsquo;autres bonnes questions. </p>
<p>P.S. : concernant la &quot;poignée d&rsquo;euros&quot; évoquée dans ce billet, inutile de me poser la question en commentaire (je vous connais ;-). J&rsquo;ai demandé à l&rsquo;équipe de Vendredi si je pouvais communiquer ce chiffre, ils m&rsquo;ont répondu qu&rsquo;ils ne le souhaitaient pas, principalement &quot;<em>pour éviter un buzz autour de cet aspect-là de la cuisine interne de Vendredi.</em>&quot; J&rsquo;avoue ne pas bien comprendre ce mystère (d&rsquo;autant que la somme est minime), mais je me plie aux volontés de mon ex-futur-probable-employeur-occasionnel :-)))</p>
<p>(Temps de rédaction de ce billet : 4h30 heures &#8230; mais pas d&rsquo;affilée)</p>
]]></content:encoded>
					
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