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	<title>Technologies (P2P, Grid &#8230;) &#8211; affordance.info</title>
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	<description>Le blog d&#039;un maître de conférences en sciences de l&#039;information. ISSN 2260-1856</description>
	<lastBuildDate>Fri, 29 Oct 2021 17:23:29 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Méta. Et les GAFAM dirent MAMAA.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Oct 2021 17:23:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce sera donc Méta. Le nouveau nom de la firme englobant Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp, etc. sera &#34;méta&#34;. J&#39;ai perdu mon pari 🙂 &#34;Méta&#34; de &#34;métavers&#34;. Voilà pour le &#34;naming&#34; et le &#34;rebranding&#34;. On peut maintenant parler &#8230; D&#39;autre chose 🙂 (Merci @IamHappyToast pour le photomontage)&#0160; &#34;Méta&#34; c&#39;est, dans l&#39;histoire du web, le nom de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="C" class="cenote-drop-cap">C</span>e sera donc Méta. Le nouveau nom de la firme englobant Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp, etc. sera &quot;méta&quot;. <a href="https://www.affordance.info/mon_weblog/2021/10/le-livre-des-noms-va-en-changer.html" rel="noopener" target="_blank">J&#39;ai perdu mon pari</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p>&quot;Méta&quot; de &quot;métavers&quot;. Voilà pour le &quot;naming&quot; et le &quot;rebranding&quot;. On peut maintenant parler &#8230; D&#39;autre chose <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p style="text-align: center;"><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0282e12c9fed200b-pi"><img decoding="async" alt="FCzyfSFWEAEQWop" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0282e12c9fed200b img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0282e12c9fed200b-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="FCzyfSFWEAEQWop" /></a><br />(<a href="https://twitter.com/IamHappyToast/status/1453803408339738627" rel="noopener" target="_blank">Merci @IamHappyToast pour le photomontage</a>)&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;Méta&quot; c&#39;est, dans l&#39;histoire du web, le nom de <a href="https://www.alsacreations.com/article/lire/628-balises-meta.html" rel="noopener" target="_blank">ces balises</a>, initialement utilisées pour le référencement.</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;Méta&quot; c&#39;est aussi une caste, celle des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9ta-Baron" rel="noopener" target="_blank">méta-barons</a>.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;Métavers&quot; c&#39;est cet univers virtuel, double du nôtre, théorisé et romancé par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Samoura%C3%AF_virtuel" rel="noopener" target="_blank">Neal Stephenson en 1992 dans &quot;Snow Crash&quot;</a> (traduit : Le Samouraï virtuel).&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;Méta&quot; c&#39;est étymologiquement ce qui est sur un plan différent permettant de voir différemment le plan initial : les métadonnées sont des données sur les données, les métaconnaissances sont des connaissances sur des connaissances, la métacognition c&#39;est que que l&#39;on sait de soi, de ses propres capacités cognitives, les métalangage c&#39;est un langage qui permet décrire une langue naturelle, et ainsi de suite. Alors &quot;Méta&quot; pour Facebook et pour le &quot;métavers&quot; c&#39;est un univers qui permet de nous voir interagissant dans le notre, d&#39;univers.&#0160; &#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;">Le projet du métavers est celui d&#39;une privation sensorielle totale.</h2>
<p style="text-align: justify;">Carrément. À regarder rapidement hier soir <a href="https://www.facebook.com/zuck/videos/1898414763675286/" rel="noopener" target="_blank">la &quot;démonstration&quot; du métavers de Zuckerberg</a>, sorte de 2nd Life sous stéroïdes où l&#39;on pourra se déguiser en poney ou en licorne pour se projeter dans une séance de visioconférence et basculer ensuite dans un univers de Gaming &quot;immersif&quot; et faire de la planche à voile en slip, je me disais que finalement, l&#39;ambition de Zuckerberg était de nous plonger dans une sorte de privation sensorielle totale. Je m&#39;explique.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son univers &quot;méta&quot;, dans son métavers, toutes les interactions se font donc virtuelles, immersives et prétendument augmentées. On a donc son casque rivé sur la tronche, on saisit soit ses gants haptiques soit les espèces de bâtons de ski à retour de force qui nous permettent de piloter les interactions et c&#39;est parti.</p>
<p style="text-align: center;"><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef026bdefc4d2b200c-pi"><img decoding="async" alt="Capture d’écran 2021-10-29 à 18.27.57" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef026bdefc4d2b200c img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef026bdefc4d2b200c-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="Capture d’écran 2021-10-29 à 18.27.57" /></a><em>Les bâtons de ski pour faire plein de sport immersif comme sur sa Wii des années 2000 </em><br /><em>et donc une sorte de slip immersif connecté </em><br /><em>(bon en vrai je ne sais pas ce que c&#39;est mais avouez que ça ressemble à un slip connecté immersif à retour de force)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Quand je dis que le projet de Zuckerberg est de nous placer en situation de privation sensorielle, c&#39;est que chaque nouvel appareillage, chaque nouvel équipement, commence par nous priver de quelque chose pour pouvoir ensuite et ensuite seulement nous permettre d&#39;accéder à cette virtualité pour l&#39;instant assez rudimentaire.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Au commencement de la firme, les discours de Zuckerberg adoptaient au sujet du numérique (et de Facebook) un positionnement palliatif. Il s&#39;agissait de nous permettre de socialiser plus facilement parce que l&#39;on était empêché de le faire (par la distance, par le temps, par le manque de connaissances, etc.) Il s&#39;agissait de nous permettre de socialiser et d&#39;interagir plus facilement dans la mesure où cela nous permettait de revenir au réel. Le virtuel n&#39;était pas (encore) un horizon indépassable mais une étape, un processus de compensation, d&#39;équilibrage.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut se souvenir que pendant longtemps, et de manière encore très récente lors de différents mouvements sociaux, la force de Facebook fut sa capacité d&#39;organiser et de coordonner des manifestations, des actions collectives, <em>dans le monde réel</em>.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui semble avoir changé avec cette présentation du métavers c&#39;est un peu, comme le rappelait Dominique Cardon ce matin sur France Inter, comme si le réel de l&#39;humanité était devenu trop pesant pour Zuckerberg, fatigué d&#39;être sommé à comparaître devant tout un tas d&#39;assemblées et d&#39;états au nom des errements et des graves inconséquences et manquements de son entreprise. Alors on (il &#8230;) développe et se réfugie dans un monde où tout est encore plus sous son contrôle, et où l&#39;on peut singer toute forme d&#39;activité réelle mais avec des avatars à tronche de licorne ou de poney.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Et oui c&#39;est un projet de privation sensorielle car pour pouvoir commencer à interagir dans le métavers, il faut commencer par renoncer à interagir dans le monde réel. A la manière de la pente problématique sur laquelle Facebook s&#39;est engagé et nous a engagé avec lui, de la même manière que l&#39;interaction en ligne à fini par supplanter l&#39;intérêt de l&#39;interaction réelle plutôt que de la déclencher ou de permettre d&#39;en mesurer le manque (je schématise un peu ok mais bon c&#39;est l&#39;idée &#8230;), il s&#39;agit ici d&#39;une forme de réalité remplacée et non plus de réalité augmentée ou prolongée même si c&#39;est encore bien sûr, ce que Zuckerberg explique. Le métavers <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ready_Player_One_(film)" rel="noopener" target="_blank">c&#39;est l&#39;Oasis de Ready Player One</a>, où l&#39;on ne se déploie, <em>là-bas</em>, que parce que l&#39;on est fondamentalement empêché ou entravé, <em>ici</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Zuckerberg a annoncé vouloir invertir des millions sur les 10 prochaines années pour faire du métavers un incontournable. Il a aussi annoncer des dizaines de milliers de recrutement pour bâtir ce métavers. En pleine pandémie mondiale, Facebook fut aussi l&#39;une des toutes premières entreprises à annoncer comme <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/05/21/mark-zuckerberg-veut-faire-de-facebook-l-entreprise-la-plus-en-avance-sur-le-teletravail_6040369_4408996.html" rel="noopener" target="_blank">objectif qu&#39;au moins la moitié de ses salarié.e.s puissent travailler entièrement chez eux d&#39;ici 5 à 10 ans</a>.&#0160; &#0160;&#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;">Embodied Internet.</h2>
<p style="text-align: justify;">Au début de sa démo, Zuckerberg parle d&#39;un &quot;<em>embodied Internet</em>&quot;, un internet incarné, métabolisé. C&#39;est pour lui, dans son esprit de développeur, une sorte de suite aussi logique qu&#39;inexorable. Internet, l&#39;expérience numérique, ne peut devenir autre chose qu&#39;incarnée et que métabolisée.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Dès <a href="https://twitter.com/jeffjarvis/status/854419468184821761" rel="noopener" target="_blank">2017 dans la conférence F8 pour les développeurs</a>, on trouvait cette diapositive qui décrit bien la timeline dans laquelle s&#39;inscrit la firme :&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef02788054233a200d-pi"><img decoding="async" alt="C9uB-K4UwAAHZm_" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef02788054233a200d img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef02788054233a200d-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="C9uB-K4UwAAHZm_" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Alors une fois cet internet métabolisé, et pour qu&#39;il le soit, il faut, bien sûr, l&#39;équiper : gants, lunettes, casques, etc. C&#39;est le premier étage de la stratégie commerciale de l&#39;internet métabolisé.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">La suite de cette stratégie commerciale, c&#39;est l&#39;orientation clairement &quot;gaming immersif&quot; donnée à la présentation et qui fait sens : la firme peut en effet prétendre aller chercher des jeunes gens et des jeunes filles dont l&#39;activité de gaming échappe pour l&#39;instant à Facebook pour se concentrer autour de différentes consoles. C&#39;est clairement un marché où Facebook est encore déficitaire et où il peut recruter de nouveaux usagers.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste par contre &#8230; j&#39;avoue que j&#39;y crois assez peu. Pour que le métavers de Zuckerberg fonctionne au niveau de croissance auquel il semble aspirer, il va falloir multiplier les équipements assez coûteux côté usagers (casques, manettes, etc.) et surtout les ressources machine permettant de faire tourner cet environnement virtuel sous stéroïdes. L&#39;empreinte carbone du Métavers va faire de chaque membre du foyer l&#39;équivalent d&#39;un possesseur de SUV.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">D&#39;autant qu&#39;il y aura (c&#39;est toujours Mark qui le dit &#8230;) non pas <em>un</em> mais <em>des</em> métavers. On aura des &quot;<em>garde-robe d&#39;avatars</em>&quot;, et &quot;<em>votre maison sera votre espace personnel d&#39;où vous pourrez vous téléporter n&#39;importe où</em>&quot; ajoute-t-il. Tout dans sa &quot;démo&quot; n&#39;est que mouvements, déplacements, téléportations, gestuelles, paysages somptueux sur commande. La réalité c&#39;est que pour tout ça il nous faudra accepter d&#39;être aveugles (avec un casque sur la tronche) et essentiellement immobiles collés dans notre canapé. Privation sensorielle donc.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Se téléporter dans le métavers ce sera &quot;<em>comme cliquer sur un lien hypertexte</em>&quot;, dit-il encore. Et d&#39;ajouter : cela nécessitera de l&#39;interopérabilité. Bah oui. Faudra que les univers métaversiens soient compatibles.</p>
<p style="text-align: justify;"><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef02788054243b200d-pi"><img decoding="async" alt="Capture d’écran 2021-10-29 à 18.20.31" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef02788054243b200d img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef02788054243b200d-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="Capture d’écran 2021-10-29 à 18.20.31" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Donc le plus simple sera, vous l&#39;aurez compris, d&#39;aller directement les créer &quot;dans&quot; ou &quot;depuis&quot; Facebook, enfin &quot;Méta&quot;.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;">Sur le modèle économique du métavers.</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce sera l&#39;occasion, comme dans n&#39;importe quel univers de gaming, de s&#39;acheter des skins, des avatars relookés, des accès à des fonctions particulières de certains univers, bref du Brand Content, du contenu porté par des marques ou des annonceurs.&#0160;&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis il y aura un &quot;marketplace&quot; où des créateurs pourront vendre leurs créations en 3D. Une <a href="https://www.france.tv/france-2/affaire-conclue-tout-le-monde-a-quelque-chose-a-vendre/" rel="noopener" target="_blank">sorte d&#39;Affaire conclue</a> mais à l&#39;américaine <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f609.png" alt="😉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Pour l&#39;instant Zuckerberg n&#39;a pas précisé le montant de la commission que prélèverait Facebook sur chaque vente. A moins qu&#39;il ne parte davantage sur la tarification d&#39;un ticket d&#39;entrée permettant de commencer à créer ses objets en 3D destinés à la vente.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Le bullshit climax est atteint <a href="https://www.facebook.com/zuck/videos/1898414763675286/" rel="noopener" target="_blank">à la 40ème minute</a> où on nous emmène discuter dans le métavers avec Jackie, instagrammeuse beauté et créatrice de bougies parfumées, qui va pouvoir créer son entreprise dans le métavers (= y vendre des objets 3D représentant ses bougies parfumées). Là j&#39;ai vraiment hésité entre continuer le visionnage ou entrer directement en dépression.&#0160;</p>
<p style="text-align: center;"><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0282e12ca2ac200b-pi"><img decoding="async" alt="Capture d’écran 2021-10-29 à 18.47.50" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0282e12ca2ac200b img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0282e12ca2ac200b-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="Capture d’écran 2021-10-29 à 18.47.50" /></a><em>(entretien dans le métavers personnel de Jackie, instagrammeuse bougie)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Grâce au métavers de Jackie qui &quot;<em>adooooore les tons pastels</em>&quot; tu vas pouvoir continuer de la suivre sur Insta mais surtout elle va pouvoir de proposer de venir la rencontrer dans son métavers moyennant finance. Yolo bro. Le pire c&#39;est qu&#39;à mon avis c&#39;est ce truc là qui va cartonner en premier. Aller discuter en réalité virtuelle avec des instagrammeuses en lâchant ponctuellement ou sur abonnement ou forfait de la monnaie tout sauf virtuelle.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Il y aura aussi des sortes de contenus &quot;premium&quot; vous permettant de vous faire une sortie au Futuroscope sans sortir de votre cuisine, et vas-y que tu pourras plonger dans la grande barrière de Corail comme si tu y étais avec Jean-Michel, instagrammeur plongeur, et te faire un raid en 4D max sur un volcan à deux doigts de l&#39;éruption avec Haroun T., instagrammeur décédé. Et on paiera pour ça.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis <em>Last but not Least</em>, il y aura même des formations, des Moocs, disponibles sur Coursera et une autre plateforme, pour apprendre à créer des tas d&#39;objets, de textures, d&#39;environnements, &quot;d&#39;effets&quot; que vous pourrez ensuite vendre dans le métavers. Avec un programme spécial d&#39;accompagnement pour les &quot;créateurs&quot;. Bref. Comme sur YouTube quoi. Et comme chez Ford aussi. Les OS du Métavers. Formés, diplômés, puis accompagnés, puis rémunérés, par et chez &quot;Méta&quot;.</p>
<h2 style="text-align: right;">Un milliard d&#39;utilisateurs. Et ta soeur.</h2>
<p style="text-align: justify;">Zuckerberg annonce viser un milliard d&#39;utilisateurs dans 10 ans. Pas impossible que ça marche. Ne serait-ce que parce que dans 10 ans il est probable qu&#39;il soit impossible de sortir de chez soi une bonne partie de l&#39;année à cause du réchauffement climatique ou d&#39;un nouveau virus aéroporté ou des deux à la fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, alors seulement, le métavers&#0160; pourrait presque ressembler à un truc vaguement cool. Pour l&#39;instant c&#39;est surtout assez flippant et désespérant.&#0160;</p>
<p>Vous me direz, quoi que fasse Zuckerberg, même lorsqu&#39;il se prend en photo devant le nouveau panneau de son siège social, c&#39;est inquiétant &#8230;&#0160;</p>
<p><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0278805422b7200d-pi"><img decoding="async" alt="250190276_10114027736889621_5091613826737603263_n" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0278805422b7200d img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0278805422b7200d-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="250190276_10114027736889621_5091613826737603263_n" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Is this a man ? Is this a robot ? Is this an avatar of a bot of a man ?</em></p>
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		<title>La 5 (re)G. Nous sommes tous des enfants connectés.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2020 15:14:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Big Data]]></category>
		<category><![CDATA[Cloud Computing]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Politique des algorithmes]]></category>
		<category><![CDATA[Privacy]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[&#34;1ère, 2ème, 3ème génération, nous sommes tous, des enfants d&#39;immigrés connectés.&#34; Voilà ce que l&#39;on aurait pu scander dans des manifestations défendant le déploiement de la 5G. Pendant que dans le camp d&#39;en face, des hordes d&#39;Amish rigoristes décroissants scanderaient en retour &#34;les femmes au logis, les technologies aussi&#34;. &#34;PARCE QUE C&#39;EST NOOOOTRE 5GGGGGGGGGG&#34; Maintenant [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;">&quot;<em>1ère, 2ème, 3ème génération, nous sommes tous, des enfants <span style="text-decoration: line-through;">d&#39;immigrés</span> connectés.</em>&quot; Voilà ce que l&#39;on aurait pu scander dans des manifestations défendant le déploiement de la 5G. Pendant que dans le camp d&#39;en face, des hordes d&#39;Amish rigoristes décroissants scanderaient en retour &quot;<em>les femmes au logis, les technologies aussi</em>&quot;.</p>
<p style="text-align: center;"><a class="asset-img-link" href="https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef026bde94ac72200c-pi"><img decoding="async" alt="Capture d’écran 2020-09-21 à 17.01.49" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef026bde94ac72200c img-responsive" src="/.a/6a00d8341c622e53ef026bde94ac72200c-500wi" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="Capture d’écran 2020-09-21 à 17.01.49" /></a><span title="&quot;P" class="cenote-drop-cap">&quot;P</span>ARCE QUE C&#39;EST NOOOOTRE 5GGGGGGGGGG&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant qu&#39;enfin <a href="http://maisouvaleweb.fr/deploiement-de-5g-ne-suscite-t-debat-de-societe/" rel="noopener" target="_blank">le sujet du déploiement de la 5G suscite un débat de société</a>, il résonne philosophiquement avec les horizons décroissants de la <a href="https://signal.eu.org/blog/2020/07/15/la-sobriete-numerique-oui-mais-pour-quoi-faire/" rel="noopener" target="_blank">sobriété numérique</a> et autres approches low-tech, mais croise également l&#39;atavisme de l&#39;effondrement comme résurgence périphérique de la <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2008/10/18/le-krach-actuel-represente-l-accident-integral-par-excellence_1108473_3232.html" rel="noopener" target="_blank">théorie de la catastrophe et de l&#39;accident chez Virilio</a>.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">La 5 G donc. 5ème génération. Un &quot;saut&quot; technologique organisé, mesurable et également &quot;marketé&quot; autour de 3 critères premiers : vitesse, latence et coûts, auxquels il faut ajouter le 4ème critère de la connectivité. VLCC.</p>
<h2 style="text-align: right;">VLCC ? Ni oui ni non.</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>La 5G ira plus vite</strong>. A-t-on besoin d&#39;aller plus vite ? Pour certaines applications, dans certains champs professionnels, oui. Pour d&#39;autres &#8230; bien au contraire.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La 5G permettra de diminuer le temps de latence</strong> &#8211; c&#39;est à dire le délai pour que des données fassent l&#39;aller-retour entre l&#39;émetteur et le récepteur. Là encore a-t-on réellement besoin de réduire le temps de latence aujourd&#39;hui ? Même réponse que pour la vitesse.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La 5G permettra de diminuer les coûts</strong>, non pas pour les utilisateurs ou les consommateurs mais surtout pour les opérateurs concernant les coûts du réseau par rapport aux besoins des applications. L&#39;idée étant autant de diversifier les réseaux à grande et à petite vitesse que l&#39;opacité des facturations associées. Ou comme l&#39;explique la page du <a href="https://www.thalesgroup.com/fr/europe/france/dis/mobile/inspiration/5g" rel="noopener" target="_blank">groupe Thalès sur le sujet</a> :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>Cette nouvelle approche permettra aux opérateurs de réseaux mobiles 5G de s’emparer d’une plus grande part du marché de l’IoT tout en étant capables de proposer des solutions économiques </em>(sic)<em> pour les applications à faible bande passante </em>(sic)<em> et faible consommation </em>(sic)<em>.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>La 5G permettra de connecter toujours davantage de &quot;choses&quot;</strong> (l&#39;internet des objets, en anglais &quot;<em>Internet Of Things</em>&quot;), là encore en s&#39;assurant que cette connectivité se fasse plus vite et avec moins de temps de latence. Cette connectivité de masse est-elle nécessaire ? Oui pour le déploiement de l&#39;infrastructure de ce que l&#39;on appelle &quot;l&#39;internet des objets&quot;. Mais &#8211; c&#39;est la vraie question &#8211; le déploiement de cette infrastructure d&#39;un internet des objets est-il nécessaire et utile à la société et aux individus qui la composent ? Et bien là aussi cela dépend. Et non, jeune entrepreneur, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=8VSFjyF3B5E" rel="noopener" target="_blank">la question elle n&#39;est pas vite répondue</a>.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;"><span style="text-decoration: line-through;">Connais</span> Connectes-toi toi même.</h2>
<p style="text-align: justify;">Si l&#39;on enlève la question du &quot;coût&quot; qui est techniquement très discutable au regard des nécessités d&#39;équipements dédiés et de la répartition desdits coûts&#0160; entre l&#39;état, les opérateurs privés et les consommateurs finaux (pour se faire une idée de la complexité de la chose, voir <a href="https://www.arcep.fr/actualites/les-communiques-de-presse/detail/n/5g-8.html" rel="noopener" target="_blank">le dossier et les recommandations de l&#39;ARCEP</a>), <strong>les trois objectifs restants (vitesse, latence, connectivité) sont pensés en boucle auto-référentielle</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La &quot;vitesse&quot; est un rapport de la technique à elle-même mais pas aux communautés qui en sont les destinataires</strong> (sauf cas très précis). C&#39;est déjà ce que l&#39;on observe à l&#39;échelle du trading à haute fréquence. &quot;<em>Nous</em>&quot; n&#39;avons pas besoin que la technique aille plus vite. Mais la vitesse est devenue un objectif technique auto-déterministe qui permet à certains flux (boursiers notamment) de continuer de maintenir un équilibre métastable totalement détaché de l&#39;humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en va de même pour la latence et pour la connectivité. &quot;<em>Nous</em>&quot; n&#39;avons pas besoin de diminuer un temps de latence qui est déjà quasi-nul dans l&#39;essentiel de nos usages y compris les plus &quot;vitaux&quot;. Mais il s&#39;agit d&#39;imposer le récit sociétal d&#39;un irénisme technologique (autour de la voiture connectée par exemple) qui présuppose et en quelque sorte &quot;encapsule&quot; la nécessité de ne plus penser la latence comme un délai triangulé entre un besoin exprimé, un objet ou service y répondant, et un individu en bénéficiant, mais comme une relation binaire d&#39;un objet se répondant à lui-même sans qu&#39;il ne soit plus en rien nécessaire ou préalable d&#39;exprimer un quelconque besoin ni de l&#39;adresser à un individu ou à un groupe.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#39;on prend l&#39;exemple des voitures connectées &#8211; que l&#39;on dénomme abusivement &quot;<em>autonomes</em>&quot; alors qu&#39;elles sont l&#39;ultime et littéral parangon de la dépendance et d&#39;inter-dépendances inamovibles &#8211; les objets techniques, les algorithmes, programmes et capteurs internes ou externes qui composent ces véhicules ou interagissent avec eux font en effet de toute micro-latence un potentiel accidentogène maximal. Mais si ce risque est présent, ce n&#39;est pas parce que les choses (programmes, algorithmes, capteurs) vont trop lentement, c&#39;est justement parce qu&#39;ils vont (déjà) trop vite dans leurs boucles de rétroaction. Et que de la même manière qu&#39;un Krach boursier peut advenir du fait des ordres s&#39;échangeant en deçà de la micro-seconde (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Flash_Crash_de_2010" rel="noopener" target="_blank">comme le premier Flash Crash de 2010</a>), un accident de la route impliquant une voiture autonome peut également advenir et n&#39;être pas évitable ou évité, soit du fait de la vitesse de l&#39;échange des informations et données nécessaires à la prise de décision, soit du fait de la décorrélation entre la vitesse de prise de décision des véhicules &quot;autonomes&quot; et celle des véhicules &quot;non-autonomes&quot;.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;">Mais où est donc <span style="text-decoration: line-through;">Ornicar</span> Simondon ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Le débat actuel autour de la 5G, et en laissant de côté les caricatures ridicules qui viennent aussi bien du camp des Amish décroissants se lubrifiant la lampe à huile que de celui des startuppeurs arrogants se pignolant la fibre, le débat de la 5G ne peut être ni posé, ni résolu, ni compris si l&#39;on se contente d&#39;espérer mesurer l&#39;opportunité d&#39;une technologie à l&#39;aune de ses effets sociétaux immédiats ou à moyen terme. Pas davantage si l&#39;on se contente d&#39;en isoler des marqueurs pour légitimer leur développement (<em>&quot;la vitesse est importante car on a besoin d&#39;aller plus vite</em>&quot; est une assertion qui n&#39;a littéralement aucun sens, c&#39;est pourtant celle que l&#39;on entend le plus sur les plateaux radio et télé consacrés au sujet).</p>
<p style="text-align: justify;">Ou comme l&#39;a montré Simondon (<a href="https://www.quaternum.net/2017/06/03/du-mode-d-existence-des-objets-techniques-de-gilbert-simondon/" rel="noopener" target="_blank">ici paraphrasé par Antoine Fauchié</a>) :&#0160;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>la perfection d’un objet technique ne correspond pas à son degré de résolution d’un problème, mais à la cohérence et la performance de son propre fonctionnement.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">A ce titre et à ce titre seulement, le discours porté par les thuriféraires de la 5G est celui d&#39;un objet technique parfait et totalisant. Ce qui ne veut pas dire que la 5G permette de résoudre quelque problème que ce soit (sauf ceux qu&#39;elle auto-désigne ou qu&#39;elle crée par son déploiement). Mais en résolvant (pour l&#39;essentiel) des problèmes qu&#39;elle seule adresse et pose, elle est une technologie &quot;parfaite&quot; au sens de Simondon.</p>
<p style="text-align: justify;">Restent les arguments géopolitiques et concurrentiellement souverainistes consistant à expliquer que &quot;<em>si nous ne le faisons pas d&#39;autres le feront et le font&#0160; déjà</em>&quot; et que &quot;<em>si nous ne le faisons pas nous dépendrons pour des données stratégiques d&#39;opérateurs étrangers potentiellement hostiles&quot;. </em>Arguments qui me semblent parfaitement valides au regard de la marche du monde, ce qui ne m&#39;empêche pas de regretter qu&#39;ils le soient, tout en mesurant l&#39;immensité du naufrage de la réflexion stratégique sur la conservation de nos données (<a href="https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/01/diabete-dieu-health-data-hub-holdup.html" rel="noopener" target="_blank">de santé par exemple &#8230;</a>) et ce dès l&#39;époque de la 1G. Mais pour le dire sobrement, il serait sot au regard des enjeux de nier cette réalité, <em>a fortiori</em> dans un contexte où l&#39;on a beaucoup à apprendre (en termes de souveraineté technologique) de ce qui est en train de se passer aux USA autour du rachat / interdiction de TikTok.</p>
<h2 style="text-align: right;">Le marteau de la 5G et l&#39;enclume de l&#39;intentionnalité.</h2>
<p style="text-align: justify;">Aucune technique n&#39;est neutre. Aucune technologie. Aucun artefact. Un usage massif ou dominant n&#39;exclut pas des usages inattendus ou déviants, qui peuvent à leur tour devenir premiers. Les affordances premières d&#39;un objet ne sont pas excluantes des secondes. Celles d&#39;une infrastructure non plus. Pour reprendre l&#39;exemple du marteau chaque fois mobilisé par les tenants du déploiement de la 5G (mais aussi parfois <em>a contrario</em> par ses opposants), certes un marteau est d&#39;abord fait pour planter un clou plutôt que pour fracasser la tronche du premier amish venu. Mais il autorise en effet les deux. <strong>Donc si la 5G est un marteau il est vraisemblable qu&#39;elle permettra en effet de planter des clous plus vite sans exclure qu&#39;elle puisse également à la marge fracasser les libertés publiques d&#39;individus ou de communautés désignées</strong>. C&#39;est ce que l&#39;on observe à chaque fois que l&#39;on déploie, depuis plus de 30 ans, en Orient ou en Occident, des technologies de &quot;surveillance&quot; que l&#39;on renomme plus tard pudiquement et hypocritement de &quot;protection&quot;. Et pour cela pas besoin de 5G, la 1G suffit.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que l&#39;on oublie en général dans la convocation de l&#39;usage du &quot;marteau&quot; en défense moisie d&#39;une pseudo neutralité de la technique (&quot;<em>on peut s&#39;en servir pour faire le bien ou le mal</em>&quot;) ou de sa non dangerosité (<em>&quot;ça n&#39;empêche pas de se taper sur le doigt mais si on s&#39;en sert bien &#8230;&quot;</em>), ce que l&#39;on oublie c&#39;est que fondamentalement le marteau est une extension, une concrétisation autant qu&#39;une concrétion externalisée du poing. De <em>notre</em> poing. Et qu&#39;à ce titre à chaque fois que l&#39;on plaide la neutralité ou la non-dangerosité de la &quot;technique marteau&quot; c&#39;est fondamentalement d&#39;abord notre propre neutralité subjective que nous oublions commodément d&#39;interroger. Si le marteau peut être utilisé pour planter des clous ou comme arme par destination, c&#39;est parce qu&#39;<a href="https://www.quaternum.net/2017/06/03/du-mode-d-existence-des-objets-techniques-de-gilbert-simondon/" rel="noopener" target="_blank">en tant qu&#39;objet technique détachable</a> (Simondon encore) il n&#39;est rien sans intentionnalité. Il n&#39;existe pas sans <em>notre</em> intentionnalité.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Or c&#39;est cette intentionnalité de la technique &#8211; ou, si l&#39;on préfère, la potentialisation de cette intentionnalité &#8211; cette intentionnalité des objets comme des infrastructures techniques, qui détermine leur capacité de nuisance ou d&#39;émancipation. C&#39;est pour cela &#8211; notamment &#8211; que je défends et illustre à chaque fois que je le peux <a href="/mon_weblog/2018/04/fifty-shades-of-fake.html" rel="noopener" target="_blank">la thèse des architectures techniques toxiques</a> sur Facebook par exemple. Car dans une approche structuraliste de ces biotopes informationnels, il est des architectures techniques qui optimisent et maximisent des potentialités toxiques et qui en plus sont explicitement pensées pour cela.&#0160;&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#39;autre principal problème de la 5G, qui était d&#39;ailleurs aussi celui de la 4G et de la 3G, et qui demeure celui de l&#39;ensemble de ce que l&#39;on nomme les &quot;technologies de l&#39;information et de la communication&quot;, l&#39;autre principal problème est celui d&#39;un décrochage dans ce que Gilbert Simondon (toujours) nomme la &quot;<em>concrétisation</em>&quot; et la &quot;<em>naturalisation</em>&quot;.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour faire (vraiment très très) simple, le concept de &quot;concrétisation&quot; chez Simondon désigne :&#0160;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>La concrétisation y est un « processus » par lequel les objets techniques progressent de manière analogique aux êtres vivants.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quant <a href="https://journals.openedition.org/appareil/2253#Naturalisation" rel="noopener" target="_blank">à la &quot;naturalisation&quot;</a> :&#0160;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>cette notion, absolument fondamentale, vient après celles de concrétisation et d&#39;individualisation (&#8230;). La naturalisation des objets techniques découle du progrès technique, puisque « l’évolution progressive des techniques, grâce à la plus-value amplifiante de chaque invention constituant un objet, fait passer les effets naturels dans le monde des techniques, ce qui a pour résultat le fait que les techniques, progressivement, se naturalisent.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce que mobilise, en creux, tout le débat actuel sur la 5G &#8211; et ce qui fait qu&#39;il est parfois si vif et apparaît aussi parfois si caricatural &#8211; c&#39;est notre rapport à la fois individuel et collectif à cette <em>concrétisation</em> des objets techniques que concerne le déploiement de la 5G (voitures autonomes, médecine à distance, surveillance massive, internet des objets &#8230;) mais également à la <em>naturalisation</em> du réseau 5G en tant qu&#39;architecture technique totalisante et donc &quot;naturalisable&quot;.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours chez Simondon, dans le processus de &quot;concrétisation&quot;, &quot;<em>chaque élément structural remplit plusieurs fonctions au lieu d’une seule</em>&quot; et cela fait aussi &#8211; pour la concrétion puis la naturalisation de ces objets techniques particuliers que sont algorithmes et programmes &#8211; que nous avons grand peine à les circonvenir pour les circonscrire et les adresser à un usage qui soit analysable en termes rationnels et objectivables de coût bénéfices / risques.</p>
<h2 style="text-align: right;">Encaisser 5G.</h2>
<p style="text-align: justify;">La 5G &#8230; Cette cinquième &quot;<em>génération</em>&quot; de technologies de télécommunications est aussi celle de la 5G au sens de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G_(acc%C3%A9l%C3%A9ration)" rel="noopener" target="_blank">l&#39;unité d&#39;<em>accélération</em> mobilisée notamment en aéronautique</a>.&#0160;</p>
<blockquote>
<p>&quot;<em>Cette accélération résulte du vecteur somme des forces non gravitationnelles appliquées à un objet libre de mouvement. Les accélérations qui ne sont pas dues à l&#39;effet de la pesanteur sont appelées « accélérations propres ». Elles provoquent des contraintes et des déformations mécaniques sur les objets qui sont alors perçues comme un poids.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Littéralement autant que métaphoriquement la 5G est une &quot;accélération propre&quot; qui provoquera nécessairement des contraintes et des déformations non pas seulement sur des objets techniques mais sur l&#39;ensemble du corps social et l&#39;organisation politique de nos communautés. Et il n&#39;est pas exclu que cela soit en effet vécu et perçu par certains avant tout comme un poids plutôt que comme une allègement ou une fluidité. Refuser de poser ces questions ou de les envisager comme horizon est sociologiquement coupable et politiquement irresponsable et dangereux.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Comme les pilotes de formule 1 ou d&#39;avions capables d&#39;encaisser des accélérations de plusieurs &quot;g&quot;, de plusieurs fois le poids de leur corps, notre utilisation de ces écosystèmes techniques peut également nous soumettre à des effets d&#39;accélération qui finissent, si nous n&#39;y sommes pas correctement entraînés ou préparés, par nous écraser, par nous tasser ou nous mettre dans la nasse. Et la 5G potentialise aussi ces accélérations nouvelles. Une potentialisation qui sert systématiquement les mêmes intérêts, des mêmes communautés. Villes plutôt que campagnes. Riches plutôt que pauvres. Il n&#39;est pas que la sociologie qui soit un sport de combat. La connectivité l&#39;est également.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs et ce n&#39;est pas qu&#39;une boutade, prétendre réfléchir sérieusement au déploiement de la 5G dans un pays qui compte encore autant de zones blanches, c&#39;est un peu comme inventer le Kebab sans avoir pensé à la sauce blanche.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">1ère, 2ème, 3ème, 4ème et donc 5ème génération, nous sommes tous, aujourd&#39;hui, des enfants de la technique. Ce qui ne nous exonère pas de déployer un discours critique émancipateur pour s&#39;extraire de cette famille à chaque fois qu&#39;elle n&#39;est que contrôle, carcan et coercition.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;">To déploie Or Not To déploie la 5G ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Déployons mais. Ou plutôt déployons si.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Déployons la 5G si nous sommes capables d&#39;organiser ce déploiement en contrepoint d&#39;une réorganisation massive de notre rapport à la vitesse, à la latence, et à la connectivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Déployons si nous sommes capables de ralentir quand il n&#39;est pas nécessaire d&#39;accélérer autrement que par la potentialité qui rend l&#39;accélération possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Déployons si nous sommes capables d&#39;attendre et de faire de cette attente de réponse, de cette latence, l&#39;espace fécond d&#39;une réflexion, d&#39;un ralentissement ; contre la dynamique d&#39;un asservissement à la vitesse qui concourt à l&#39;acceptation sociétale d&#39;une impossible responsabilité de la technique (&quot;accountability&quot;) parce qu&#39;elle irait &#8230; simplement trop vite.&#0160;&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">Déployons si nous sommes capables de &quot;dé // connecter&quot; des infrastructures techniques qui écrasent des espaces sociétaux et informationnels nécessitant une forme de proximité que détruit et dénature chaque promiscuité qu&#39;instaure l&#39;hyperconnectivité à trop grande vitesse sans latence et à moindre coût. Ainsi de l&#39;hybridation des espaces d&#39;échanges interpersonnels et mass-médiatiques sur les réseaux sociaux.&#0160; &#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Déployons la 5G si nous sommes capables à tout moment d&#39;en limiter à la fois l&#39;échelle, le cadre et l&#39;envie.</strong> Le rapport à l&#39;information nécessite de pouvoir disposer d&#39;architectures naturelles ou artefactuelles qui ne sont pas uniquement celles de la vitesse mais aussi du ralentissement ; qui ne sont pas uniquement celles de suppression de la latence mais de son augmentation ; qui ne sont pas uniquement celles de l&#39;hyper-connectivité mais aussi celles de la déconnexion. Je répète. <strong>Déployons la 5G si nous sommes capables à tout moment d&#39;en limiter à la fois l&#39;échelle, le cadre et l&#39;envie.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au regard de ce qui a été fait jusqu&#39;ici, il est hautement improbable qu&#39;une décision politique aille dans ce sens. Mais ce n&#39;est pas une raison pour cesser de la réclamer ou d&#39;en rappeler l&#39;urgence à l&#39;échelle de chacun de nos territoires <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff0000;"><strong>[Addendum]</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Au moment de publier cet article je découvre sur Twitter la <a href="https://twitter.com/FelixTreguer/status/1307270367044657152" rel="noopener" target="_blank">prise de position de Félix Tréguer s&#39;exprimant au nom de la Quadrature du Net</a>, dont je partage l&#39;essentiel et qui a l&#39;avantage d&#39;être beaucoup plus synthétique que cet article. Voici <a href="https://twitter.com/FelixTreguer/status/1307270367044657152" rel="noopener" target="_blank">ce qu&#39;il écrit</a> :&#0160;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;À Lyon pour une journée d&#39;action contre la #5G. Pour dire que, depuis son positionnement spécifique, @LaQuadrature est globalement solidaire de cette opposition populaire. <br />Parce que la 5G et son monde sont contraires au projet politique qui nous réunit. <span class="css-901oao css-16my406 r-1qd0xha r-ad9z0x r-bcqeeo r-qvutc0">Parce que, tout en constatant les affres de l&#39;informatisation et l&#39;échec global de nos luttes pour un Internet libre, on peut continuer à penser que le numérique pourrait avoir un visage bien différent, et que manifestement la #5G</span><span class="css-901oao css-16my406 r-1qd0xha r-ad9z0x r-bcqeeo r-qvutc0">&#0160;nous éloigne toujours plus de cet horizon &#8230; <br />Parce que, à les lire, le futur que les promoteurs zélés de la #5G&#0160;nous préparent, c&#39;est l&#39;accélération de presque tout ce qui déraille déjà dans la société numérique : société « sans contact », automatisation, déshumanisation. Future=Now+MoreOfTheSame <br />Parce que la #5G, toujours à lire les industriels qui planchent dessus, c&#39;est notamment la fuite en avant programmée de la société de surveillance : vidéosurveillance et autre gadgets de la #Technopolice, #IoT&#0160;spywares, etc. <br />Parce que les discours des défenseurs de la #5G contribuent dores et déjà à instituer le monde-machine qu&#39;ils fantasment, à le banaliser, à le rendre incontournable et désirable, à orienter les investissements et la R&amp;D. Que, hélas, leur science fiction transforme notre réalité. <br />Parce que la #5G est une technologie technocratique et coûteuse, qu&#39;elle est imposée par « en haut » en raison d&#39;intérêts économiques et politiques dans lesquels nous ne nous retrouvons pas. Et qu&#39;en dépit de tout cela, le pouvoir a l&#39;audace de la présenter comme incontestable.&quot;<br /></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Dans un (tout) autre genre et avec un point de vue contraire à celui di-dessus, la <a href="https://partipirate.org/5g-elevons-le-debat/" rel="noopener" target="_blank">prise de position du Parti Pirate sur le sujet</a>.&#0160;</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff0000;"><strong>[Addendum à l&#39;addendum]</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Si les questions de &quot;Low Tech&quot;, de décroissance ou de sobriété numérique vous interrogent et/ou vous intéressent, une porte d&#39;entrée féconde &#8211; parmi d&#39;autres &#8211; est celle des <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4z8du0Aqvnc" rel="noopener" target="_blank">travaux que mène Alexandre Monnin</a> qui parvient même &#8211; et ce n&#39;est pas le moindre de ses mérites &#8211; à faire étudier ces questions dans un <a href="https://www.esc-clermont.fr/lecole-et-strate-ecole-de-design-creent-un-master-of-science-commun/" rel="noopener" target="_blank">master dédié porté par une école de commerce</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff0000;"><strong>[Tu as trouvé cet article intéressant ?]</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Et bien sache que <a href="https://cfeditions.com/lmsz/" rel="noopener" target="_blank">je viens de publier un ouvrage encore plus intéressant sur plein de sujets ayant trait au numérique et à nos démocraties</a>. Pas cher. Et que <a href="https://cfeditions.com/lmsz/" rel="noopener" target="_blank">te le procurer est une idée qui mérite d&#39;être étudiée</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
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		<title>Tarir le flux et verrouiller le code. Web is Dead.</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2013/03/web-is-dead-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2013 21:28:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[HDR]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Avec quelques autres, et au risque de passer pour une nouvelle Cassandre, j&#39;attire régulièrement l&#39;attention (enfin j&#39;essaie) sur les risques que le web ne devienne qu&#39;un système mass-médiatique parmi d&#39;autres, soumis aux mêmes logiques de rente, aux mêmes stratégies marketing, aux mêmes enfermements idéologiques (dernier en date &#34;Le web : promesse tenue ?&#34;). Or voici [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="A" class="cenote-drop-cap">A</span>vec quelques autres, et au risque de passer pour une nouvelle Cassandre, j&#39;attire régulièrement l&#39;attention (enfin j&#39;essaie) sur les risques que le web ne devienne qu&#39;un système mass-médiatique parmi d&#39;autres, soumis aux mêmes logiques de rente, aux mêmes stratégies marketing, aux mêmes enfermements idéologiques (dernier en date <a href="http://www.ecrans.fr/Le-web-promesse-tenue,15605.html" target="_blank" rel="noopener">&quot;Le web : promesse tenue ?&quot;</a>). Or voici que deux nouvelles viennent une nouvelle fois confirmer, sinon que le web est mort (Web is Dead), à tout le moins qu&#39;il présente quelques signes d&#39;agonie passablement inquiétants. Venons-en aux faits.
</p>
<h2 style="text-align: right;">Tarir le flux.</h2>
<p style="text-align: justify;">La valeur d&#39;une économie de l&#39;abondance doit d&#39;abord être mesurée à l&#39;aune de la capacité de quelques acteurs d&#39;en tarir subitement le flux. Google vient d&#39;annoncer <a href="http://googleblog.blogspot.fr/2013/03/a-second-spring-of-cleaning.html" target="_blank" rel="noopener">la fermeture prochaine d&#39;un certain nombre de services, parmi lesquels GReader</a> (le 1er Juillet 2013), son lecteur / aggrégateur de flux RSS. Voilà déjà longtemps que les fils RSS, authentique révolution dans la possibilité d&#39;une diffusion d&#39;information à la granularité choisie, voilà déjà longtemps que les fils ou flux RSS disparaissent des usages après avoir mis si longtemps à s&#39;y installer. La faute n&#39;en revient pas aux usagers eux-mêmes mais au choix des acteurs de l&#39;accès (même ceux que j&#39;aime bien, genre Mozilla) et de la diffusion de contenus, lesquels acteurs ont cessé de mettre en avant lesdits fils ou ont choisi d&#39;en gommer les dispositifs de repérage facilitateurs (par exemple l&#39;icône RSS apparaissant dans la barre d&#39;adresse du navigateur). </p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il revenir sur les raisons qui poussent Google à abandonner GReader ? Primo un agrégateur / lecteur RSS permet encore trop souvent de &quot;lire&quot; sans s&#39;exposer au matraquage publicitaire, pardon, au &quot;modèle économique&quot; des diffuseurs de contenus. Ensuite, il s&#39;agit de recentrer la galaxie de services Google autour de quelques points nodaux comme Google+. Et même si Digg (ou d&#39;autres) se proposent de <a href="http://www.theverge.com/2013/3/14/4104618/digg-will-build-its-own-version-of-google-reader" target="_blank" rel="noopener">rebâtir leur propre version de GReader</a>, même s&#39;il s&#39;agit là d&#39;un utile <a href="http://www.ecrans.fr/Google-Reader-est-mort-vive-le-RSS,16081.html" target="_blank" rel="noopener">rappel à la concurrence</a>, il sera difficile d&#39;aller à rebours d&#39;usages édictés nous sommant de prendre ce que l&#39;on veut bien nous donner plutôt que de tenter de chercher ce dont nous pourrions avoir besoin. </p>
<p style="text-align: justify;">Puisse la fermeture de ce service emblématique, nous rappeler que <a href="http://www.ecrans.fr/Le-jour-ou-YouTube-fermera,14081.html" target="_blank" rel="noopener">le pire n&#39;est jamais très loin</a>, et, au-delà de nos seules données, de l&#39;impérieuse nécessité de disposer d&#39;outils d&#39;engrammation, de lecture et de collecte libres et pérennes.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;Update&gt;</span></strong> Je rajoute ici <a href="http://www.affordance.info/mon_weblog/2013/03/web-is-dead.html?cid=6a00d8341c622e53ef017ee99ec8a6970d#comment-6a00d8341c622e53ef017ee99ec8a6970d" target="_blank" rel="noopener">le commentaire d&#39;Hubert</a> et ma réponse, qui me permet d&#39;éclaircir un point important : </p>
<p style="text-align: justify;">Hubert : &quot;La mort de<br />
Google Reader ne vise pas à tarir le flux. Le flux s&#39;est démultiplié<br />
avec Facebook et autres twitter&#8230; Sa fin signifie plutôt l&#39;enterrement<br />
du web de la connaissance au profit du web social. Le second l&#39;a<br />
emporté, largement&#8230; Et nous précipite toujours plus avant dans le flux<br />
incessant, sans plus aucun recul pour la connaissance.&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">Moi : &quot;@hubert&gt; le but de Véolia n&#39;est pas non plus de tarir l&#39;eau potable<br />
mais de s&#39;assurer le contrôle de la distribution. Peut-être l&#39;expression<br />
&quot;tarir le flux&quot; est-elle en effet mal choisie. Disons alors que Google<br />
en fermant Greader tente de s&#39;assurer le contrôle de la distribution (et<br />
de la monétisation) des flux. Par ailleurs, je maintiens qu&#39;il s&#39;agit<br />
bien là d&#39;une logique de &quot;raréfaction&quot;, et qu&#39;elle marque clairement<br />
l&#39;entrée dans une phase &quot;adulte&quot; de l&#39;économie des médias pour Google.<br />
C&#39;est à dire passer de l&#39;économie de l&#39;abondance aux moyens d&#39;organiser<br />
et de gérer la rareté. Et que cela confirme également que le modèle de<br />
Google (dans la théorie Vu Lu Su de Jean Michel Salaun) est bien celui<br />
de la bibliothèque (organiser la rareté donc). <span style="color: #ff0000;"><strong>&lt;/Update&gt;</strong></span></p>
</blockquote>
<h2 style="text-align: right;">Verrouiller le code.</h2>
<p style="text-align: justify;">La seconde nouvelle est hélas bien plus inquiétante. Il s&#39;agit d&#39;inclure au coeur même d&#39;HTML 5 des options DRMisables. Des DRM (Digital Rights Management) au coeur du code. Lawrence Lessig, auteur de &quot;Code is Law&quot; doit en être tout retourné &#8230; De quoi se rappeler que <a href="/mon_weblog/2012/11/agenda-pecha-kucha-a-la-bnf.html" target="_blank" rel="noopener">DRM est surtout l&#39;acronyme de Droit de Regard de la Machine</a>. </p>
<p style="text-align: justify;">La polémique est née lorsque la question (&quot;Y aura-t-il des DRM dans HTML 5 ?&quot;) dut posée à Tim Berners Lee à la suite d&#39;une de ses conférences, et qu&#39;il y répondit &#8230; par l&#39;affirmative. Cory Doctorrow dégaina le premier dans une réponse publiée par The Guardian : &quot;<a href="http://www.guardian.co.uk/technology/blog/2013/mar/12/tim-berners-lee-drm-cory-doctorow" target="_blank" rel="noopener">What I Wish Tim Berners Lee understood about DRM</a>&quot; traduite en français sur le site de Framablog (merci à eux) : &quot;<a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2013/03/14/drm-html5-doctorow" target="_blank" rel="noopener">DRM dans HTML5 : la réponse de Cory Doctorow à Tim Berners Lee.</a>&quot; Je ne vous en cite qu&#39;un seul passage mais ce texte (et la controverse qui l&#39;entoure) mérite vraiment toute notre attention : </p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;Un état où chaque amélioration est vue comme une occasion d’instaurer un<br />
péage. Un Web construit sur le modèle économique de l’infection<br />
urinaire&#0160;: plutôt que d’innover dans un flot sain, chaque nouvelle<br />
fonctionnalité doit venir d’une petite goutte contractée et<br />
douloureuse&#0160;: quelques centimes si vous voulez la lier à un temps<br />
spécifique de la vidéo, encore quelques centimes si vous souhaitez<br />
intégrer un lien provenant de la vidéo dans une page web, encore plus si<br />
vous souhaitez mettre la vidéo sur un autre appareil ou la décaler dans<br />
le temps, et ainsi de suite.&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Plus inquiétant encore est, à mon avis, le billet publié le 12 Mars 2013 sur le site du W3C, signé par Wendy Seltzer (pourtant <a href="http://wendy.seltzer.org/blog/about" target="_blank" rel="noopener">peu suspecte de connivence avec l&#39;ennemi</a>), en réponse à ladite controverse : &quot;<a href="http://www.w3.org/QA/2013/03/drm_and_the_open_web.html" target="_blank" rel="noopener">DRM and the Open Web.</a>&quot; Le texte est court mais traduit très bien, sur le fond et dans la forme, à quel point les industries culturelles ont désormais plus qu&#39;un simple pied dans la porte du web &quot;ouvert&quot;. J&#39;en extrais juste deux passages : </p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>W3C is not developing a new DRM system, nor are we embracing DRM as an<br />
organization. We do acknowledge that some in industry demand content<br />
protection and that DRM use is currently widespread. We also know that<br />
others find DRM anathema to the Open Web. In building the Open Web, we<br />
do not equate &quot;open&quot; content with material that must be available free<br />
of charge.</em>&quot; </p>
<p style="text-align: justify;">(ma traduction) Le W3C ne développe pas de nouveau système de DRM, pas davantage qu&#39;il ne reconnaît les DRM en tant que composante. Mais nous reconnaissons que quelques secteurs industriels réclament la protection des contenus et que l&#39;usage de DRM est largement répandu. Nous savons aussi que d&#39;autres (sic) considérent les DRM comme un anathème adressé au web ouvert. En construisant le web ouvert, un contenu &quot;ouvert&quot; n&#39;est pas pour nous l&#39;équivalent d&#39;une ressource qui devrait être gratuite.</p>
</blockquote>
<p>
Il est alors temps de donner l&#39;estocade.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>As a growing number of industries with current requirements related to<br />
content protection are embracing the Open Web Platform, we seek a<br />
solution that considers both today&#39;s business and technical realities<br />
and the long-term health of the Web</em>&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">(ma traduction) &quot;Alors que rejoignent le web ouvert un grand nombre d&#39;industries en demande régulière de mesures liées à la protection des contenus, nous cherchons une solution qui prenne en compte à la fois les réalités techniques et les modèles d&#39;affaire d&#39;aujourd&#39;hui, ainsi que la santé à long-terme du Web.</p>
</blockquote>
<h2 style="text-align: right;">
Web is Dead. Long live the (free) code.</h2>
<p style="text-align: justify;">Gardons nous pour l&#39;instant de conclusions définitives. Mais il serait bien sot de ne pas noter que ceux qui raréfient et tarissent aujourd&#39;hui les flux d&#39;une économie de l&#39;abondance &#8211; dont ils ont à dessein laissé tourner les robinets à plein régime pour nous entretenir dans le confort d&#39;outils supposés pallier à l&#39;infobésité qu&#39;ils orchestraient eux-mêmes &#8211; ceux là sont les mêmes que ceux qui ont tout intérêt à ce que le code ne soit plus uniquement source de loi, mais qu&#39;il puisse tout au contraire être l&#39;exécutant docile d&#39;une justice d&#39;encaissement ou de privation.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>Nous sommes à l’âge du cyberespace. Il possède lui aussi son propre<br />
régulateur (&#8230;). Ce régulateur, c’est le code&#0160;: le logiciel et le matériel qui font du<br />
cyberespace ce qu’il est. Ce code, ou cette architecture, définit la<br />
manière dont nous vivons le cyberespace. Il détermine s’il est facile ou<br />
non de protéger sa vie privée, ou de censurer la parole. Il détermine<br />
si l’accès à l’information est global ou sectorisé. Il a un impact sur<br />
qui peut voir quoi, ou sur ce qui est surveillé. Lorsqu’on commence à<br />
comprendre la nature de ce code, on se rend compte que, d’une myriade de<br />
manières, le code du cyberespace régule.<br />
Cette régulation est en train de changer. Le code du cyberespace<br />
aussi. Et à mesure que ce code change, il en va de même pour la nature<br />
du cyberespace.</em>&quot; Lawrence Lessig. <a href="http://harvardmagazine.com/2000/01/code-is-law-html" target="_blank" rel="noopener">Code is Law</a>. Janvier &#8230; 2000 (<a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/05/22/code-is-law-lessig" target="_blank" rel="noopener">Traduction Framalang</a>).</p>
</blockquote>
<p>I have a Dream &#8230; ou I Have <span style="text-decoration: line-through;">a</span> DR<span style="text-decoration: line-through;">ea</span>M &#8230; Il va falloir choisir.</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>&lt;Update&gt;</strong></span> Voir la pétition de l&#39;APRIL contre l&#39;arrivée de DRM au coeur du code source du web : &quot;<a href="http://www.april.org/dites-au-w3c-nous-ne-voulons-pas-dun-hollyweb" target="_blank" rel="noopener">Dites au W3C : nous ne voulons pas d&#39;un Hollyweb.</a>&quot; Extrait : </p>
<blockquote>
<p>&quot;Hollywood a remis ça.  Son dernier stratagème pour s&#39;approprier le web ?<br />
Faire usage de son influence au <cite>World Wide Web Consortium</cite><br />
(W3C) pour intégrer la <a href="http://www.defectivebydesign.org/what_is_drm">gestion numérique<br />
des restrictions (<abbr title="Digital Restrictions
Management">DRM</abbr>)</a> à l&#39;HTML5 – autrement dit, à la structure<br />
même du web. Des millions d&#39;internautes se sont mobilisés contre SOPA et<br />
PIPA, mais maintenant les magnats des grands médias se tournent vers des<br />
organismes non gouvernementaux pour essayer de glisser les restrictions<br />
numériques dans chacune de nos interactions en ligne. Des géants comme<br />
Netflix, Google, Microsoft et la BBC se rallient à cette <a href="https://dvcs.w3.org/hg/html-media/raw-file/tip/encrypted-media/encrypted-media.html">proposition<br />
désastreuse</a>, qui défie la mission du W3C, «&#0160;amener le World Wide Web<br />
à réaliser son plein potentiel&quot;.</p>
<p>(&#8230;) le principe des extensions pour médias chiffrés est en<br />
contradiction avec les valeurs fondamentales du W3C. Cela gênerait<br />
l&#39;interopérabilité en encourageant la prolifération des greffons de<br />
DRM. Le principe du W3C de garder le web libre de droits serait bafoué<br />
car il s&#39;agit ni plus ni moins d&#39;une porte dérobée permettant aux<br />
sociétés de médias d&#39;exiger des lecteurs privateurs. C&#39;est se cacher la<br />
tête dans le sable que de prétendre le contraire, pour la simple raison<br />
que la proposition ne cite pas nommément de technologie ni de système de<br />
DRM particulier.<br />
W3C et organisations membres, ne tissez pas le web avec des DRM&#0160;!&quot;</p>
</blockquote>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;/Update&gt;</span></strong></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>La danseuse et l&#8217;ouragan.</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2012/11/la-danseuse-et-louragan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Nov 2012 21:16:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cloud Computing]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Internet. Un réseau de réseau. Non propriétaire. Libre de droits. A-centré. Distribué. Réparti. Architecturé selon un mode client-serveur. Accessible en tous temps et en tous lieux. Censé l&#39;être en tout cas. Du vent dans les nuages. Au titre de dégât collatéral, l&#39;ouragan &#34;Sandy&#34; est venu rappeler qu&#39;Internet et donc le web ne sont pas des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="I" class="cenote-drop-cap">I</span>nternet. Un réseau de réseau. Non propriétaire. Libre de droits. A-centré. Distribué. Réparti. Architecturé selon un mode client-serveur. Accessible en tous temps et en tous lieux. Censé l&#39;être en tout cas. </p>
<h2 style="text-align: right;">Du vent dans les nuages. </h2>
<p style="text-align: justify;">Au titre de dégât collatéral, l&#39;ouragan &quot;Sandy&quot; est venu rappeler qu&#39;Internet et donc le web ne sont pas des réseaux vaporeux, intangibles, impalpables. L&#39;ouragan Sandy est venu rappeler qu&#39;Internet et le web, sont aujourd&#39;hui, à l&#39;ère du &quot;cloud&quot;, plus que jamais et comme jamais auparavant, des industries lourdes (comme je le rappelais <a href="http://fr.slideshare.net/olivier/gestion-des-donnees-personnelles" target="_blank" rel="noopener">notamment ici</a>, diapo 12 à 22 en particulier), une sidérurgie du partage et du commerce, de l&#39;acier des échanges, des hauts-fourneaux du service.</p>
<p>
<a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef017ee4c71b14970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Industrielourde" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef017ee4c71b14970d image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef017ee4c71b14970d-800wi" title="Industrielourde" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le passage de Sandy a mis en carafe de très nombreux datacenters, rendant les services associés inaccessibles. Gawker, le HuffPost, Gizmodo, Trello, Amazon et <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/10/30/sandy-des-sites-web-affectes-par-des-pannes-de-datacenters_1783316_651865.html?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001" target="_blank" rel="noopener">tant d&#39;autres</a>, en carafe temporaire.A titre d&#39;exemple, ce message reçu le 30 octobre de la société <a href="https://trello.com/" target="_blank" rel="noopener">Trello </a>: </p>
<blockquote>
<p>&quot;<em>Hello olivier ertzscheid, </em><br /><em>New York City was hit hard by Hurricane Sandy last night, and Trello has been down as a result of the severe flooding in lower Manhattan. We&#39;re very sorry for the outage. </em><br /><em>Trello is back online at the moment, but we aren&#39;t completely out of<br />
the woods yet. We&#39;re running on generator power at the moment. Should<br />
the generators fail, we&#39;re also investigating several alternative<br />
solutions. </em><br /><em> We will continue to make progress updates on our company status blog (<a href="http://fogcreekstatus.typepad.com/" target="_blank" rel="noopener">http://fogcreekstatus.typepad.com/</a>) and Twitter account (<a href="https://twitter.com/fogcreekstatus" target="_blank" rel="noopener">https://twitter.com/fogcreekstatus</a>). </em><br /><em>Again, our sincerest apologies for the downtime. We assure you we&#39;re doing everything we can to get Trello up and running as soon as<br />
possible.</em>&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">D&#39;amazon à Trello. Les petits et les gros. Tous égaux devant ce caprice de la nature. Comme le rappelle <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/10/30/sandy-des-sites-web-affectes-par-des-pannes-de-datacenters_1783316_651865.html?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001" target="_blank" rel="noopener">l&#39;article du Monde</a>, Sandy a frappé une &quot;zone dense&quot; : </p>
<blockquote>
<p>&quot;La côte est américaine constitue une zone dense pour les datacenter. D&#39;après le site spécialisé <a href="http://www.datacentermap.com/" target="_blank" rel="noopener">Datacentermap</a>, il y en aurait plus de 150 entre les <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ee19/etats-de-virginie.html" style="text-decoration: none; cursor: text;" target="_blank" rel="noopener">Etats de Virginie</a>, du <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/5206/new-jersey.html" target="_blank" rel="noopener">New Jersey</a> et de <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ee94/new-york.html" style="text-decoration: none; cursor: text;" target="_blank" rel="noopener">New York</a>.&quot;</p>
<p>&#0160;</p>
</blockquote>
<p>
<a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef017c33232838970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Data-center-dense" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef017c33232838970b image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef017c33232838970b-800wi" title="Data-center-dense" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ci-dessus, la carte des DataCenters de la côte Est américaine. Ci-dessous, la carte de l&#39;arrivée de Sandy sur la même côte Est.</p>
<p style="text-align: justify;">
<a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef017d3d5214e3970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Sandy-hurricane" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef017d3d5214e3970c" src="/.a/6a00d8341c622e53ef017d3d5214e3970c-800wi" title="Sandy-hurricane" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Peu de choses, d&#39;organismes, de sociétés, de phénomènes sont aujourd&#39;hui capables de faire tomber le réseau dans son ensemble. De provoquer une grande panne. Une panne en forme de paradoxe. Car s&#39;il est si important que le réseau tienne, c&#39;est parce qu&#39;il est, aussi, le premier lieu de secours.</p>
<p style="text-align: justify;">
<a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef017ee4c75e6a970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Google-sandy" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef017ee4c75e6a970d image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef017ee4c75e6a970d-800wi" title="Google-sandy" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier lieu de l&#39;information comme secours et comme recours. Loin de l&#39;infotainment (contraction d&#39;information et d&#39;entertainment), peut-être la naissance de l&#39;infovival (contraction d&#39;information et de survival) ?</p>
<h2 style="text-align: right;">Les 3 fléaux ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><em>La première, c&#39;est l&#39;ICANN</em> qui contrôle l&#39;attribution et l&#39;assignation des noms de domaines. La poste du réseau. Imaginez un monde, votre monde physique, dans lequel toutes les adresses gérées par La Poste auraient disparues ou auraient été mélangées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La seconde c&#39;est Google.</em> Parce que Google contrôle et règne en maître sur cette économie de l&#39;accès. Et que chaque mise à jour majeure de l&#39;algorithme PageRank, chaque <a href="http://marketingland.com/the-return-of-the-google-dance-22206" target="_blank" rel="noopener">Google Dance</a> est vécue comme un nouvel ouragan. Parce qu&#39;à l&#39;image d&#39;un ouragan, on connaît à peu près son tracé et sa force mais on est incapable de dire quelle sera l&#39;étendue des dégâts dans tel ou tel périmètre. On ne compte plus les sites web littéralement dévastés, c&#39;est à dire déclassés suite au passage de l&#39;ouragan de la Google Dance.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La troisième s&#39;appelle Sandy.</em> Elle est une force naturelle. Qui nous rappelle que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhizome" target="_blank" rel="noopener">le réseau en est une autre</a>. Que quelques millénaires d&#39;évolution technique ne valent rien devant elle(s). Que le réseau cette fois encore comme <a href="http://www.shanaweb.net/lafontaine/le-chene-et-le-roseau.htm" target="_blank" rel="noopener">le roseau de la fable</a>, plia et ne rompit point sauf en quelques endroits. Sauf en de très nombreux endroits. Sauf en sa &quot;zone dense&quot; précisément. Que cette fois <a href="http://www.thedailybeast.com/newsweek/2012/11/04/why-hurricane-sandy-didn-t-kill-the-internet.html" target="_blank" rel="noopener">Sandy n&#39;a pas tué l&#39;internet</a>.</p>
<h2 style="text-align: right;">Que Sandy est un joli nom de (google) danse(use).</h2>
<p style="text-align: justify;">Mais que la prochaine fois peut-être &#8230; dans une fable appelée &quot;La danseuse et l&#39;ouragan&quot; &#8230;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Les prévisions météo du cloud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 12:41:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[HDR]]></category>
		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Cisco vient de livrer une étude pleine d&#39;enseignements sur le futur du Cloud Computing, intitulée :&#0160; &#34;Cisco Global Cloud Index: Forecast and Methodology, 2010-2015&#34;. Plusieurs points ont retenu mon attention. Sur mes récentes préoccupations liées à la mythologie des grands nombres, on a une confirmation supplémentaire que nous sommes entrés dans l&#39;ère des &#34;zettabyte&#34; Mais [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="C" class="cenote-drop-cap">C</span>isco vient de livrer une étude pleine d&#39;enseignements sur le futur du Cloud Computing, intitulée :&#0160; &quot;<a href="http://www.cisco.com/en/US/solutions/collateral/ns341/ns525/ns537/ns705/ns1175/Cloud_Index_White_Paper.html" target="_blank" rel="noopener">Cisco Global Cloud Index: Forecast and Methodology, 2010-2015</a>&quot;. Plusieurs points ont retenu mon attention.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur mes récentes préoccupations liées à la mythologie des grands nombres, on a une confirmation supplémentaire que nous sommes entrés dans l&#39;ère des &quot;zettabyte&quot;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01675eb57c96970b-pi" style="display: inline;"><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="Cloud_Index_White_Paper-02" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef01675eb57c96970b" height="265" src="/.a/6a00d8341c622e53ef01675eb57c96970b-800wi" title="Cloud_Index_White_Paper-02" width="398" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais au milieu de ce flot immense, une vague prend naissance qui impacte radicalement la nature même de l&#39;internet :</p>
<blockquote>
<p>&quot;From 2000 to 2008, peer-to-peer file sharing  dominated Internet traffic. As a result, the majority of Internet  traffic did not touch a data center, but was communicated directly  between Internet users. Since 2008, most Internet traffic has originated  or terminated in a data center.&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Et de poursuivre :</p>
<blockquote>
<p>&quot;Data center traffic will continue to dominate  Internet traffic for the foreseeable future, but the nature of data  center traffic will undergo a fundamental transformation brought about  by cloud applications, services, and infrastructure. By 2015, one-third  of data center traffic will be cloud traffic.&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des réseaux aux silos.</strong> Pour bien comprendre l&#39;enjeu de cette transformation du &quot;traffic&quot;, c&#39;est à dire de la vitalité du réseau, il faut se rappeler <a href="/mon_weblog/2011/10/le-petit-lien-du-week-end.html" target="_blank" rel="noopener">ceci</a>. Les câbles sous-marins qui assurent la continuité et l&#39;existence du réseau des réseaux, constituent un enjeu technique et commercial immense et justifient à eux seuls l&#39;importance d&#39;une géopolitique des réseaux. Ces câbles, ces relais, sont la propriété de plusieurs acteurs qui ne se préoccupent en aucun cas du &quot;contenu&quot;, le contenu n&#39;est pas leur métier. Dans un mouvement exactement inverse, chaque Data Center du Cloud est la propriété d&#39;un seul opérateur qui supporte ainsi un traffic vers des contenus majoritairement situés dans son écosystème. La nuance est d&#39;importance. Derrière cette nuance va se jouer l&#39;aboutissement du dossier si vital de la neutralité du net (c&#39;est à dire la capacité d&#39;un opérateur de faciliter, accélérer, brider, limiter ou interdire l&#39;accès à certains sites).&#0160;D&#39;autant que ce &quot;traffic&quot; n&#39;a pas vraiment vocation à être redistribué vers l&#39;extérieur, mais bien à permettre aux sociétés hôtes de capitaliser sur son périmètre d&#39;enfermement, comme l&#39;illustre le graphique suivant :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0162fdc1be4c970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Cloud_Index_White_Paper-03" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0162fdc1be4c970d" height="269" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0162fdc1be4c970d-800wi" title="Cloud_Index_White_Paper-03" width="404" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L&#39;internet des réseaux devenant ainsi un internet des silos.</p>
<p style="text-align: justify;">&lt;parenthèse&gt; Il paraît que la France se cherche désespérément une nouvelle politique industrielle. En complément de ses <a href="http://www.data.gouv.fr/" target="_blank" rel="noopener">balbutiements en matière d&#39;Open Data</a>, elle ferait bien, comme l&#39;ensemble des autres états, de se préoccuper très très très rapidement de mettre en place des centres industriels de stockage et de conservation dans les nuages, elle ferait bien de ne pas louper le coche de l&#39;importance d&#39;une vraie infrastructure industrielle des données (publiques). Car une écologie politique numérique centrée sur les données ne vaut rien tant qu&#39;elle ne s&#39;accompagne pas de l&#39;industrie du stockage qui rendra pérennes ces mêmes données (publiques toujours). Laisser cette gestion aux acteurs privés (majoritairement américains, faut-il le rappeler à l&#39;heure où tout le monde nous refait le coup du &quot;achetez français&quot;) serait une faute de gouvernance aux conséquences énormes pour le devenir de nos sociétés et de nos sociabilités numériques. En 2014, près de 60% de l&#39;ensemble des traitements liés à l&#39;information seront effectués dans les nuages. Dans des nuages <em>propriétaires</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0154383fca2e970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Cloud_Index_White_Paper-04" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0154383fca2e970c" height="267" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0154383fca2e970c-800wi" title="Cloud_Index_White_Paper-04" width="401" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">&lt;/parenthèse&gt;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Internet résident.</strong> Nos données, nos informations (et donc, rappelons-le, nos &quot;connaissances&quot;) migrent inexorablement des Data Centers propriétaires, dont elles ont ensuite énormément de mal à ressortir. L&#39;internet des silos. Dans les nuages comme dans la vraie vie, c&#39;est chaque propriétaire qui fixe ensuite le prix du loyer, en l&#39;occurence le régime de circulation de ces données / informations / connaissances : en terme de vitesse (download / upload), de temps de latence, et d&#39;accès (Broadband ubiquity), soit les 4 critères retenus et étudiés dans le livre blanc de Cisco, et dessinant alors (<a href="http://www.cisco.com/en/US/solutions/collateral/ns341/ns525/ns537/ns705/ns1175/Cloud_Index_White_Paper.html" target="_blank" rel="noopener">figures 9 à 15</a>) une nouvelle géopolitique non plus de l&#39;accès mais bien de l&#39;usage, des usages du réseau et des contenus qui y transitent ou y résident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et en face ?</strong> En face, 2 milliards d&#39;individus connectés.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01675eb5d96f970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Cloud_Index_White_Paper-18" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef01675eb5d96f970b" src="/.a/6a00d8341c622e53ef01675eb5d96f970b-800wi" title="Cloud_Index_White_Paper-18" /></a><br />En 2010, près de 65% desdits individus ne disposaient &quot;que&quot; de moins de 5 terminaux, moins de 5 points d&#39;entrée vers leur humanité numérique. En 2015, ils seront près de 70% à posséder plus de 5 et parfois plus de 10 terminaux connectés : leurs ordinateurs, portables, cellulaires et smartphones, tablettes et liseuses, GPS, mais aussi appareils photos, imprimantes, et demain frigos, cuisinières, habitations dans leur ensemble, montres, stylos, etc.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">La densité première de cette invention que fut Internet et le web, résidait toute entière dans les points de connexion possibles entre serveurs, c&#39;est à dire entre les <strong>contenus</strong>. Un réseau de réseaux, sans droits d&#39;accès, non-propriétaire, centré sur les contenus, sur la fabrique de contenus par chacun d&#39;entre nous, pour l&#39;ensemble du réseau, accessible en chacun de ses points.</p>
<p style="text-align: justify;">La densité première de cet internet des silos, effectivement ubiquitaire, de cette informatique nomade, de cet internet des objets, la densité première de ce second internet plus brumeux que réellement nuageux, sera celle des terminaux d&#39;accès. Un virage à 180 degrés. Une <a href="http://www.liberation.fr/culture/0101628493-la-tablette-apple-c-est-un-peu-le-minitel-2-0" target="_blank" rel="noopener">nouvelle forme de minitelisation</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&quot;With the Cloud Comes Complexity&quot;</strong> titre encore le rapport Cisco juste avant la figure suivante.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0162fdc20eab970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Cloud_Index_White_Paper-19" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0162fdc20eab970d image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0162fdc20eab970d-800wi" title="Cloud_Index_White_Paper-19" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le web ne peut exister sans la complexité du réseau qui le porte, sans la complexité de son maillage qui s&#39;efface toute entière devant la &quot;simplicité&quot; du protocole (TCP-ip) qui le fait exister, une complexité d&#39;architecture qui s&#39;affirme comme la condition sine qua non d&#39;une simplicité des usages. Une complexité qui s&#39;efface dans l&#39;uniformité des interfaces d&#39;accès (les navigateurs).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Intermédiaire en terminal.</strong> L&#39;internet des silos renvoie de son côté à une complexité entretenue des usages (dont nous sommes d&#39;ailleurs également responsables). Là où le navigateur était la porte unique et transparente pour donner à voir les contenus portés par la complexité de l&#39;architecture réseau qui les sous-tend, l&#39;internet des terminaux multiples recomplexifie les stratégies de portage et de consultation des mêmes contenus. Une complexification qui implique également de revenir en arrière ou de rogner chaque jour un peu plus sur un ensemble de normes et de standards ou de protocoles ouverts et interopérables, chaque &quot;intermédiaire en terminal&quot; ayant la possibilité d&#39;introduire ses propres spécifications, ses propres contraintes d&#39;usages, ses propres protocoles de portage. Ces intermédiaires en médiation, ces intermédiaires en terminaux ont parfois partie liée ou sont identiques aux opérateurs propriétaires des Data Centers du Cloud. Le kindle d&#39;Amazon se connectera ainsi sans problème sur le magasin des contenus d&#39;Amazon. Idem pour les applications Google vers les contenus de l&#39;écosystème Google, idem pour l&#39;Ipad d&#39;Apple vers l&#39;App Store. Mais hors ces voies royales unissant un caddy au magasin dont il dépend, la mise en place de chemins de traverse efficients s&#39;avère être une expérience de plus en plus délicate, de plus en plus complexe, de plus en plus opaque. Soit une &quot;neutralité d&#39;usage&quot; qui va s&#39;affirmer comme le pendant hélas  indispensable du débat sus-mentionné sur la neutralité du net. Avec au final une équation à plusieurs inconnues :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0162fdc9cae3970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Cisco-complex" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0162fdc9cae3970d" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0162fdc9cae3970d-800wi" title="Cisco-complex" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La fin de la copie ?</strong> D&#39;autant que ce que ne dit pas le graphique ci-dessus sur la complexité des interfaces d&#39;accès, c&#39;est que les contenus eux-mêmes ne sont plus que &quot;de passage&quot; sur les terminaux ou dans les applications en question. Lorsque l&#39;on conjugue la puissance de feu des DRM (pour les biens culturels), et celle du SAAS (traitement effectué dans les nuages) pour l&#39;essentiel des applications et services, on doit alors faire face à une révolution totalement inédite à l&#39;échelle de l&#39;humanité, ou qui nous renvoie à ses origines : l&#39;impossibilité de copier, de recopier. Et donc de transmettre. De partager. Les contenus nous sont temporairement alloués (voir le <a href="/mon_weblog/2008/11/le-tr%25C3%25A8s-r%25C3%25A9cent-accord-historique-pass%25C3%25A9-par-google-avec-les-%25C3%25A9diteurs-am%25C3%25A9ricains-continue-de-faire-causer-sur-la-toile-et.html" target="_blank" rel="noopener">modèle de l&#39;allocation</a>), un accès à ces contenus que nous avons pourtant &quot;achetés&quot; nous est temporairement alloué. Or les 1ères bibliothèques de l&#39;humanité, l&#39;ensemble des stratégies de construction et d&#39;avancement des connaissances ont TOUJOURS reposé sur la possibilité de la copie. Une société qui s&#39;acharne (<a href="http://www.01net.com/editorial/547570/les-deputes-votent-la-nouvelle-definition-de-la-copie-privee/" target="_blank" rel="noopener">juridiquement et politiquement</a>) à ce point sur la possibilité même de la copie, un écosystème informationnel qui détourne à ce point les questions liées à l&#39;appropriation individuelle, sont les symptômes d&#39;une société qui se condamne à la régression, à l&#39;uniformisation. Une société qui ne s&#39;offre comme seule possibilité que celle d&#39;un irréversible déclin. Il n&#39;y a de culture que copiable, transformable, transportable, adaptable, reproductible. Les industries du copyright (voir ou revoir le second volet de cet excellent documentaire : &quot;<a href="http://www.stealthisfilm.com/Part2/" target="_blank" rel="noopener">Steal this Film</a>&quot;) sont déjà dans les nuages.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Moralité.</strong> Se met en place une géopolitique des nuages, qui sera de plus en plus fréquemment sujette à de <a href="http://gigaom.com/cloud/amazon-reboot-causes-a-tempest-on-twitter/?utm_source=social&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=gigaom" target="_blank" rel="noopener">nombreuses frictions</a>, nuages dans lesquels se dessine et se décide une nouvelle politique des algorithmes, qui met chaque jour en cause la neutralité de ce que nous continuons à appeler le net, la possibilité même de la copie, et qui rend nécessaire l&#39;urgence d&#39;une autorité de régulation en charge de porter le dossier du maintien de la possibilité d&#39;usages normés à l&#39;interopérabilité pérenne.</p>
<p style="text-align: justify;">&lt;Update du soir&gt; A lire sur Framablog, ce court <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2011/12/14/apps-web" target="_blank" rel="noopener">texte de Dave Winer sur l&#39;internet des silos</a>. &lt;/Update&gt;</p>
<p style="text-align: justify;">&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">&#0160;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>La boutique contre le bazar</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2010/05/la-boutique-contre-le-bazar/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 May 2010 17:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Imaginons le web comme une ville. Avec son centre : urbain, social ; avec ses activités : trouver un job, faire ses courses ; avec ses services ; Et puis avec sa banlieue mal famée, ses quartiers &#34;chauds&#34; (spywares, spams et malwares). L&#39;article du NYTimes &#34;The Death of The Open Web&#34; (intégralement traduit sur Framablog) [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="I" class="cenote-drop-cap">I</span>maginons le web comme une ville. Avec son centre : urbain, social ; avec ses activités : trouver un job, faire ses courses ; avec ses services ; Et puis avec sa banlieue mal famée, ses quartiers &quot;chauds&quot; (spywares, spams et malwares). L&#39;article du NYTimes &quot;<a href="http://www.nytimes.com/2010/05/23/magazine/23FOB-medium-t.html?ref=technology" target="_blank" rel="noopener">The Death of The Open Web</a>&quot; (intégralement <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/06/04/apple-ipad-carre-vip-web" target="_blank" rel="noopener">traduit sur Framablog</a>) file cette métaphore jusqu&#39;à nous amener dans l&#39;une de ces si typiques entrées de mégalopoles modernes : les zones de chalandise que constituent les &quot;magasins&quot; ou autres boutiques, plus précisément celles d&#39;Apple (avec l&#39;IPhone et l&#39;Ipad notamment, puisque ce sont là les deux éléments centraux dudit article).</p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<ul>
<li style="text-align: justify;">&quot;<em>People who find the Web distasteful — ugly, uncivilized — have<br />
nonetheless been forced to live there: it’s the place to go for jobs,<br />
resources, services, social life, the future. But now, with the<br />
purchase of an <a class="meta-classifier" href="http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/subjects/i/iphone/index.html?inline=nyt-classifier" title="Recent and archival news about the iPhone.">iPhone</a> or an <a class="meta-classifier" href="http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/subjects/i/ipad/index.html?inline=nyt-classifier" title="More articles about iPad.">iPad</a>,<br />
there’s a way out, an orderly suburb that lets you sample the Web’s<br />
opportunities without having to mix with the riffraff. This suburb is<br />
defined by apps from the glittering App Store: neat, cute homes far<br />
from the Web city center, out in pristine Applecrest Estates. In the<br />
migration of dissenters from the “open” Web to pricey and secluded<br />
apps, we’re witnessing urban decentralization, suburbanization and the<br />
online equivalent of white flight.</em>&quot;</li>
</ul>
<p><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0134824fb102970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Zone_commerciale" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0134824fb102970c image-full " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0134824fb102970c-800wi" title="Zone_commerciale" /></a> </p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nytimes.com/2010/05/23/magazine/23FOB-medium-t.html?ref=technology" target="_blank" rel="noopener">L&#39;article</a> explique ensuite que suite à une phase très dense et anarchique durant laquelle tout le monde vînt s&#39;installer sur le web, le besoin se fait aujourd&#39;hui sentir de se retrouver dans son &quot;jardin secret&quot; (&quot;<em>walled garden</em>&quot;). </p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un web &quot;abrité&quot;</strong>, fait de murs anti-promiscuité reposant sur &quot;<em>pay walls, invitation-only clubs, subscription<br />
programs, privacy settings and other ways of creating tiers of access.</em>&quot; et derrière lequel l&#39;on se sentirait plus en &quot;sécurité&quot; (<em>make spaces feel &#39;safe&#39;</em>), à l&#39;abri &quot;<em>not only from viruses,<br />
instability, unwanted light and sound, unrequested porn, sponsored<br />
links and pop-up ads, but also from crude design, wayward and<br />
unregistered commenters and the eccentric ­voices and images that make<br />
the Web constantly surprising, challenging and enlightening.</em>&quot;</p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;">Toujours selon les termes de l&#39;article, nous serions ainsi les témoins d&#39;une &quot;<em>urban decentralization, suburbanization and the online equivalent of white flight.</em>&quot;</p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>White flights.</strong> A noter qu&#39;un &quot;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/White_flight" target="_blank" rel="noopener">white flight</a>&quot; est une notion démographique et sociologique désignant le fait que les populations &quot;blanches&quot; ont tendance à déserter certaines communautés urbaines à mesure qu&#39;augmentent les population immigrées minoritaires, et ce pour aller peupler des endroits plus résidentiels et fortement connectés en termes de transports urbains (&quot;commuter towns&quot;). Sur le sujet, lisez l&#39;article de Danah Boyd &quot;White flights in Networked Publics&quot; (<a href="http://www.danah.org/papers/2009/WhiteFlightDraft3.pdf" target="_blank" rel="noopener">.pdf</a>) qui dissèque ce phénomène dans le cadre des réseaux sociaux. </p>
<p>
<a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0133ef20b7d7970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Commuters_in_Maplewood_NJ" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0133ef20b7d7970b image-full " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0133ef20b7d7970b-800wi" title="Commuters_in_Maplewood_NJ" /></a>  </p>
<p style="text-align: justify;">Il se produit donc un inexorable(?) cloisonnement, des murs payants s&#39;élèvent pour accéder à certains endroits, avec pour seule règle que ceux (les magasins, les services, les applications) qui se trouvent derrière ces murs payants doivent, pour justifier leurs prix, être plus accueillants / agréables / ergonomiques / achalandés que les mêmes (magasins, services, applications) gratuits. </p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les boutiques contre le bazar</strong>. Et d&#39;en venir au coeur de l&#39;argumentaire : </p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><em>&quot;Le développement de loin le plus significatif aujourd&#39;hui est qu&#39;une masse immense de gens sont sur le point de quitter entièrement le web ouvert. C&#39;est en tout cas ce que s&#39;apprêtent à faire les plus de 50 millions d&#39;utilisateurs de l&#39;Iphone et de l&#39;Ipad. En choisissant des machines qui ne vivent que tant qu&#39;elle sont affublées d&#39;applications et de contenus directement en provenance du magasin d&#39;Apple (AppleStore), les utilisateurs des terminaux mobiles d&#39;Apple s&#39;engagent dans une relation de plus en plus distante et inévitablement antagoniste d&#39;avec le web. (&#8230;) les contenus gratuits et l&#39;énergie du web sont incompatibles avec les standards définis par une telle boutique d&#39;applications.&quot;</em> </li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nytimes.com/2010/05/23/magazine/23FOB-medium-t.html?ref=technology" target="_blank" rel="noopener">L&#39;article se termine</a> en indiquant que son auteur &quot;comprend&quot; pourquoi les gens désertent aujourd&#39;hui le &quot;web ouvert&quot; pour se tourner vers le &quot;brillant&quot; de l&#39;Apple Store ou d&#39;autres boutiques : </p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<ul style="text-align: justify;">
<li>&quot;<em>Apps sparkle like sapphires and emeralds for people bored by the junky nondesign of monster sites like <a class="meta-org" href="http://topics.nytimes.com/top/news/business/companies/yahoo_inc/index.html?inline=nyt-org" title="More information about Yahoo Inc">Yahoo</a>, <a class="meta-org" href="http://topics.nytimes.com/top/news/business/companies/google_inc/index.html?inline=nyt-org" title="More information about Google Inc">Google</a>, <a class="meta-org" href="http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/organizations/c/craigslist/index.html?inline=nyt-org" title="More articles about Craigslist.">Craigslist</a>,<br />
eBay, YouTube and PayPal. That sparkle is worth money. Even to the most<br />
committed populist there’s something rejuvenating about being away from<br />
an address bar and ads and links and prompts — those constant reminders<br />
that the Web is an overcrowded and often maddening metropolis and that<br />
you’re not special there.</em>&quot;</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;">
&#8230; et en indiquant que nous pourrions très prochainement regretter et payer très cher ce détournement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eléments d&#39;analyse.</strong> Si je suis d&#39;accord sur le constat dressé par cet article, je n&#39;en partage pas tout l&#39;argumentaire. Voici les quelques réflexions que cela m&#39;inspire.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La cathédrale, la boutique et le bazar.</strong> Le titre de mon billet fait écho à un &quot;célèbre&quot; texte, &quot;<a href="http://www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/cathedrale-bazar_monoblock.html" target="_blank" rel="noopener">La cathédrale et le bazar</a>&quot;, dans lequel l&#39;auteur décrit le modèle de développement de Linux en le comparant à un bazar ; soit une manière de développer des logiciels, par la coopération d&#39;une multitude de développeurs, et qui se caractérise &quot;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cath%C3%A9drale_et_le_Bazar" target="_blank" rel="noopener">par une adaptabilité et une flexibilité impossible dans une structure organisée de façon hiérarchique</a>&quot; (cathédrale des logiciels propriétaires). Quand on passe du logiciel au &quot;matériel&quot;, du software au hardware, le modèle organisé et vertical (cathédrale) se double d&#39;un modèle de vente qui est celui décrit par l&#39;article du NYTimes (boutique donc). &quot;Le modèle de la grande distribution s&#39;étend au logiciel&quot; dit aussi Cory Doctorow dans un remarquable article : <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/05/29/ipad-pourquoi-je-ne-l-acheterai-pas" target="_blank" rel="noopener">&quot;Pourquoi je n&#39;achéterai pas un Ipad&quot;</a>.</p>
<p>
<a href="http://www.flickr.com/photos/rosefirerising/358941462/" onclick="window.open(this.href,&#39;_blank&#39;,&#39;scrollbars=no,resizable=yes,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0&#39;); return false" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Hygiene" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0134824fcd54970c " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0134824fcd54970c-800wi" title="Hygiene" /></a> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Hygiénisme boutiquier.</strong> L&#39;article du NYTimes a parfaitement raison de pointer le côté &quot;propret&quot; des boutiques d&#39;Apple. A l&#39;occasion de la sortie de l&#39;Ipad, Steve Jobs a d&#39;ailleurs totalement versé du côté de l&#39;hygiénisme moral, en maquillant son combat pour les formats propriétaires d&#39;Apple <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/05/28/l-industrie-du-porno-fait-un-pied-de-nez-a-steve-jobs_1363528_651865.html#ens_id=1363514" target="_blank" rel="noopener">sous le fard d&#39;une lutte anti-pornographie</a>. De fait, cet hygiénisme rampant gangrène l&#39;ensemble des espaces prétendument privatifs du web. &quot;Dans&quot; l&#39;enceinte de l&#39;Ipad et de ses contenus applicatifs, <a href="http://moniphonematuer.blogspot.com/2010/05/de-la-pornographie-sur-lipad.html" target="_blank" rel="noopener">nulle pornographie</a> affirme l&#39;un, &quot;dans&quot; l&#39;enceinte de Facebook, <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/48166-facebook-censure-photos-allaitement-tourmente.htm" target="_blank" rel="noopener">nulle scène d&#39;allaitement</a> avait déjà affirmé l&#39;autre, et l&#39;on pourrait ainsi multiplier les exemples. Consumérisme et hygiénismo-moralisme bon teint sont les deux mamelles de ces White Flights d&#39;un nouveau genre. Le premier danger de tout cela est naturellement la potentialité d&#39;une censure déjà techniquement opérante et qui n&#39;attend plus qu&#39;un événement permettant de la &quot;décomplexer&quot; pour qu&#39;elle s&#39;applique au-delà même des règles du seul vivre ensemble (c&#39;est à dire qu&#39;elle ne concerne plus, uniquement et par défaut, les délits comme l&#39;incitation à la haine raciale, la vente d&#39;armes à feu, etc &#8230;). Mais il est un risque encore plus grand qui est celui de la délégation inexorable de nos lois morales collectives à des sociétés qui n&#39;ont en commun avec ladite morale que les règles édictées par leur portefeuille d&#39;actions. Pire encore, c&#39;est chacun qui, par le pouvoir du clic permettant à n&#39;importe qui et n&#39;importe quand de signaler tout contenu &quot;litigieux&quot;, c&#39;est chacun qui par cet artifice peut imposer &quot;sa&quot; conception de la morale à l&#39;ensemble d&#39;un groupe dépassant de loin son seul cercle relationnel. Ce qui, convenons-en est tout sauf &quot;moral&quot;. Ce système de surveillance par le bas (&quot;little sisters&quot;) se double, quoi qu&#39;en dise Steve Jobs ou Mark Zuckerberg, d&#39;un système de surveillance par le haut (&quot;big brother&quot;) puisque c&#39;est à eux seuls que revient et qu&#39;appartient le pouvoir de supprimer tel groupe, telles photos, <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/56430-censure-apple-app-iphone.htm" target="_blank" rel="noopener">telles applications</a>. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les boutiques et la conception cybernétique de la morale.</strong> De la morale à la conduite morale il n&#39;y a qu&#39;un pas. Or la conduite morale de ces sociétés ne peut qu&#39;être dictée par un consumérisme à courte vue. Le dire n&#39;est pas un reproche mais un simple constat. Pour faire une rapide incursion (métaphorique) du côté de&#0160; la cybernétique, on peut à leur endroit parler, au mieux, d&#39;une morale cybernétique, c&#39;est à dire &#8211; telle est en effet l&#39;étymologie du mot &#8211; disposant d&#39;un gouvernail dont la conduite est guidée par un flot d&#39;interactions complexes mais pilotée par une main et une seule. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Money Time.</strong> Le terme de boutique, ne nous y trompons<br />
pas, fait référence à la qualité de l&#39;emballage et de la présentation,<br />
à ce sentiment de &quot;chez soi&quot;, mais il ne désigne en aucun cas un<br />
chiffre d&#39;affaire très réduit face à celui des &quot;grands supermarchés&quot;.<br />
Le meilleur exemple est que le Mercredi 26 Mai à 14h30 à Wall Street, &quot;<a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2010/05/26/itunes-deplace-office-apple-vaut-plus-que-microsoft/" target="_blank" rel="noopener">la valeur d’Apple (227 milliards de<br />
dollars) dépasse celle de Microsoft (226 milliards). La compagnie que<br />
tout le monde donnait pour morte il y a dix ans est maintenant<br />
l’entreprise de technologie la plus chère du monde.</a>&quot; Apple : <a href="http://www.latribune.fr/bourse/20100420trib000500817/apple-devient-la-premiere-capitalisation-high-tech-du-monde.html" target="_blank" rel="noopener">première capitalisation high-tech de la planète</a>. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au risque d&#39;une non-interopérabilité.</strong> Le choix à faire est binaire. Ouvert contre fermé. Interopérable contre propriétaire. Le coeur stratégique du web est celui de l&#39;interopérabilité. Le rêve fondateur du client-serveur contre le modèle économique d&#39;Apple, celui du client-captif. Le rêve fondateur du web : permettre à chacun, indépendamment de son équipement logiciel ou matériel d&#39;accéder à l&#39;ensemble des ressources disponibles. A l&#39;exact inverse, le paradigme de la boutique Apple : permettre à ses seuls clients (= acheteurs du hardware / matériel) d&#39;accéder aux seules ressources disponibles chez les seuls fournisseurs de sa boutique, et seulement consommables sur son matériel. Idem, mais à une autre échelle pour le Kindle d&#39;Amazon : <span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content">le kindle c&#39;est comme le caddy ; ça ne va qu&#39;avec un seul magasin et on ne part pas avec. </span></span></span><span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content">A<br />
noter d&#39;ailleurs, que le combat pour l&#39;interopérabilité nécessite une<br />
reconnaissance et un engagement politique qui sont loin d&#39;être acquis<br />
(voir <a href="http://linuxfr.org/2010/05/28/26903.html" target="_blank" title="abbandon des standards ouverts par la commission européenne" rel="noopener">ici</a> et <a href="http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/le-programme-numerique-de-la-commission-europeenne-suscite-une-volee-de-critiques-39751942.htm" target="_blank" title="critique contre le programme numérique de la commission européenne" rel="noopener">là</a>)</span></span></span></p>
<p><strong><span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content">La cathédrale, la boutique, le bazar &#8230; et leurs hybrides. <br /></span></span></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content">Amazon et son caddy-Kindle : ou le modèle de la boutique &quot;bazardisée&quot; et low-cost, façon Foir&#39;fouille. Apple et sa caisse-automatique-Ipad : soit le modèle de la boutique-cathédrale, tendance CSP++. L&#39;anagramme d&#39;Ipad, c&#39;est &quot;Paid&quot;, &quot;payé&quot;<br /></span></span></span></p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content">Ipad = I Paid.&#0160;</span></span></span></p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bazar ouvert contre ordre fermé.</strong> Le web n&#39;est pas différent de &quot;notre&quot; monde physique en ceci qu&#39;il est peuplé des mêmes individualités, elles-mêmes régies par les mêmes mécanismes pulsionnels. Les mêmes sociétés y obéissent aux mêmes modèles. Dès lors &#8211; ce que pointe parfaitement l&#39;article du NYTimes &#8211; à l&#39;image des résidences fermées ou des quartiers résidentiels sécurisés qui <a href="http://www.google.com/search?hl=en&amp;q=r%C3%A9sidences+ferm%C3%A9es&amp;aq=f&amp;aqi=&amp;aql=&amp;oq=&amp;gs_rfai=" target="_blank" rel="noopener">fleurissent depuis longtemps dans le monde physique</a>, commence à émerger sur le net l&#39;idée et le modèle d&#39;espaces &quot;virtuellement&quot; fermés / sécurisés / surveillés, d&#39;espaces et de toiles &quot;à l&#39;abri&quot; ; à l&#39;abri d&#39;un certain monde, de certaines dérive, d&#39;une certaine altérité / diversité. Et comme dans la vraie vie, ce sont les sociétés marchandes qui en sont les premières instigatrices et les meilleures attachées de presse. Celles qui vont faire de cette aspiration &#8211; socialement construite et médiatiquement entretenue &#8211; un produit.</p>
<p>
<a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0134824faa72970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Villefermee" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0134824faa72970c " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0134824faa72970c-800wi" title="Villefermee" /></a>&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">A une société médiatisée régie par le pulsionnel, répondent des logiques d&#39;interfaces chaque fois plus intuitives, plus transparentes, mais qui renvoient vers des lieux, vers des boutiques, vers des réseaux toujours davantage asservis à des logiques propriétaires au double-sens du terme : logiques propriétaires qui n&#39;appartiennent et ne servent les desseins que d&#39;une entité unique, et logiques propriétaires en ce sens qu&#39;elles permettent de tenir à distance les autres boutiquiers, de les exproprier. <em>In fine</em>, c&#39;est le contrôle et l&#39;instrumentation totale de la part de pulsionnel et d&#39;impulsivité (au sens d&#39;achat impulsif en sciences de gestion : <a href="http://www.argonautes.fr/uploads/uploads/documents/GIRAUD.pdf" target="_blank" rel="noopener">voir cet article .pdf</a>) de chaque comportement connecté qui sous-tend l&#39;ensemble de l&#39;offre aujourd&#39;hui disponible dans les boutiques du web : nous dire quoi acheter, quoi aimer, contre quoi se révolter, nous dire ce qui est bien ou mal, ce qui est moral ou ne l&#39;est pas. En cela, le web &quot;ouvert&quot; et non-entièrement marchand ressemble de plus en plus à un petit village gaulois : là encore, comme dans le monde réel, les grandes enseignes périphériques ont littéralement épuisé une bonne partie de l&#39;activité désordonnée du centre-ville, de l&#39;hyper-centre. Archétype de la résidence fermée, Facebook est déjà devenu en quelques années l&#39;un des sites (<a href="http://www.google.com/adplanner/static/top1000/" target="_blank" rel="noopener">le site ?</a>) <a href="http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-facebook-devient-le-site-le-plus-visite-au-monde-30777.html" target="_blank" rel="noopener">les plus visités (peuplés) de la mégalopole du web</a>.</p>
<p><strong>Que retenir de tout cela ? 3 blocs.&#0160; <br /></strong></p>
<p style="text-align: justify;">D&#39;abord que les logiques de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9territorialisation" target="_blank" rel="noopener">déterritorialisation</a> et reterritorialisation décrites pas Gilles Deleuze n&#39;ont jamais été aussi opératoires pour l&#39;analyse. Ensuite qu&#39;en quelques années, les données géopolotiques du plateau de jeu que constitue le web ont changé. Après la domination des 3 grands acteurs du &quot;Search &amp; Link&quot;, Google Yahoo! et Microsoft (aka GYM), émerge aujourd&#39;hui une domination des acteurs du &quot;Pay &amp; Stay&quot;, Apple et Facebook. </p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le bloc de l&#39;Est (Search &amp; Link)</strong>, chacun peut &quot;profiter&quot; des contenus appartenant à tous. Les moteurs fonctionnent sur la base de l&#39;agrégation et de la collecte de liens pour proposer une organisation de cet ensemble et &quot;offrir&quot; des accès à cet ensemble en se payant sur les taxes qu&#39;ils prélèvent sur les boutiques, bazars et magasins qui peuplent ce même ensemble (= liens sponsorisés). C&#39;est le paradigme de l&#39;économie de l&#39;attention. Ce n&#39;est pas le pays de Candy ni celui des bisounours, les rivalités y sont féroces mais il y demeure (pour l&#39;instant) une relative &quot;communalité&quot; de l&#39;ensemble, c&#39;est à dire qu&#39;un site indexé par Google n&#39;appartient pas pour autant à Google. Les acteurs du &quot;Search &amp; Link&quot; proposent une re-territorialisation du monde sur laquelle ils prélèvent leurs droits de douane mais en exemptant (pour l&#39;instant &#8230;) l&#39;usager du paiement de ces droits, en &quot;échange&quot; de son attention et au prix de son &quot;profilage&quot;. Leur principe est celui d&#39;une double externalité : externalité par rapport aux contenus qu&#39;ils organisent et proposent, et externalités de leurs modes de financement, de leur modèle économique.&#0160; &#0160; </p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le bloc de l&#39;Ouest (Pay &amp; Stay)</strong> la résidence (au sens premier de lieu d&#39;habitation et au sens dérivé d&#39;applications résidentes) est la clé du modèle ; il faut &quot;habiter&quot; le système pour consommer et payer, autant que pour &quot;le&quot; consommer (= le système lui-même). C&#39;est donc d&#39;une hyper-territorialisation qu&#39;il s&#39;agit (dont les technologies de géolocalisation sont l&#39;épicentre). Le principe est celui d&#39;une double internalité : internalité des profils, des contenus et des applications, lesquels ne peuvent littéralement &quot;exister&quot; en dehors des systèmes auxquels ils appartiennent ; et internalités de leurs modes de financement et de leur modèle économique, Apple &quot;se payant&quot; sur ses contenus résidents (Apple Store) et sur la vente de &quot;ses&quot; applications, de la même manière que Facebook &quot;se paye&quot; sur la vente à des sociétés tierces des données personnelles très segmentées de ses &quot;habitants&quot; ou &#8211; ce qui revient finalement au même &#8211; prélève une taxe aux sociétés tierces souhaitant bénéficier de ses internalités, c&#39;est à dire entrer dans ses quartiers résidentiels (pour afficher de la publicité ciblée auxdits résidents). &#0160; </p>
<p style="text-align: justify;"><span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content"><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;Mise à jour&gt;</span></strong> Je reprends ici la jolie formule et l&#39;analyse <a href="http://www.affordance.info/mon_weblog/2010/05/la-boutique-contre-le-bazar.html?cid=6a00d8341c622e53ef0133ef59b558970b#comment-6a00d8341c622e53ef0133ef59b558970b" target="_blank" rel="noopener">proposée en commentaire</a> : &quot;</span></span></span><span id="comment-6a00d8341c622e53ef0133ef59b558970b-content"><em>certains se payent sur le flux (e.g. Google) et d&#39;autres se payent sur le stationnement (e.g. Apple). Les seconds ont l&#39;air, effectivement, plus dangeureux que les premiers<br />
car les premiers ont plus tendance à supporter des standards ouverts<br />
dans leur propre intérêt, qui est de rationaliser leur infrastructure,<br />
i.e. de minimiser leur coût.</em>&quot; </span><span class="status-body"><span class="status-content"><span class="entry-content"><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;/Mise à jour&gt;</span></strong></span></span></span></p>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le troisième bloc : &quot;Share &amp; Disseminate&quot;.</strong> Ce bloc, celui du <a href="http://www.nytimes.com/2010/05/23/magazine/23FOB-medium-t.html?ref=technology" target="_blank" rel="noopener">web ouvert menacé de mort selon l&#39;article du NYTimes</a>, est celui de la seule coopération plutôt que de la compétition ou même de la co-opétition. Celui, historiquement, des logiciels libres, rejoint aujourd&#39;hui par les technologies dites d&#39;archives ouvertes (portées par une <a href="http://oa.mpg.de/openaccess-berlin/berlindeclaration.html" target="_blank" rel="noopener">philosophie qui est celle de la déclaration de Berlin</a>), le tout s&#39;inscrivant dans le mouvement des &quot;commons&quot; ou biens communs (dont on trouvera une remarquable <a href="http://paigrain.debatpublic.net/?page_id=57" target="_blank" rel="noopener">vue synoptique sur le site de Philippe Aigrain</a>). L&#39;idée est ici d&#39;optimiser les logiques de partage et de dissémination suivant une logique par essence dé-territorialisée. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On résume ?</strong> Mieux. On illustre <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p>
<a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0133ef50e28d970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Diapositive1" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0133ef50e28d970b image-full " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0133ef50e28d970b-800wi" title="Diapositive1" /></a>  </p>
<p>Planisphère qui, chez les lecteurs de ce blog, doit en rappeler un autre &#8230; celui de la <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00377457/fr/" target="_blank" rel="noopener">dérive des continents documentaires</a>.</p>
<p>
<a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0133ef50e4f7970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Derivecontinentsdoc" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0133ef50e4f7970b image-full " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0133ef50e4f7970b-800wi" title="Derivecontinentsdoc" /></a> <br /> <strong><br /></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#39;antagonisme entre les deux n&#39;est qu&#39;apparent.</strong> Dans la réalité du web, les deux planisphères cohabitent. Si le bloc du &quot;Search &amp; Link&quot; nécessite &#8211; pour valider son modèle économique &#8211; d&#39;entretenir et d&#39;optimiser le phénomène de réunification des continents documentaires, le bloc du &quot;Pay &amp; Stay&quot; nécessite au contraire &#8211; et pour les mêmes raisons &#8211; d&#39;en sortir, ou plus exactement de recréer artificiellement, <em>ab abstracto</em>, des &quot;résidences documentaires&quot; isolées du reste du mode connecté, mais au sein desquelles seront intimement liées les données publiques, personnelles, privées et intimes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nihil novi sub sole ?</strong> Rien de bien nouveau diront certains. Les marchands (bloc de l&#39;ouest) vendent dans leur boutique en essayant de se protéger de la concurrence. Les moteurs (bloc de l&#39;est) prospèrent sur des <a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/04/29/%C3%89conomie-de-la-conservation-num%C3%A9rique" target="_blank" rel="noopener">biens numériques non-rivaux qui autorisent les passagers clandestins</a>, lesquels passagers clandestins sont l&#39;ennemi premier du boutiquier, lequel a donc besoin de dresser des murs (applicatifs ou commerciaux) autour de sa boutique. Rien de bien nouveau donc. Certes. <br />Mais a ceci près que l&#39;équilibre du web est un équilibre instable. Et qu&#39;il l&#39;est d&#39;autant plus qu&#39;il est soumis et dépend de l&#39;attitude de ses acteurs (Apple, Google, etc &#8230;), de ses utilisateurs (nous), et de l&#39;équilibre mouvant entre une infrastructure (le &quot;net&quot; au sens de tuyaux et les opérateurs qui en sont propriétaires) et un pouvoir politique &quot;mondialisé&quot; censé garantir la neutralité de l&#39;ensemble. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et donc ???</strong> Et donc, la constitution de villes fermées / fortifiées de plus en plus peuplées et dans&#0160; lesquelles la boutique tient lieu de mairie,&#0160; la part que ces mêmes villes fermées représentent dans le traffic d&#39;ensemble du web, pourrait contribuer à faire pencher la balance dans le sens de la fin d&#39;une neutralité du Net. Soit le passage à un niveau d&#39;enfermement supplémentaire : un public captif dont on ne cherche plus uniquement à isoler la capacité d&#39;attention à son seul profit, mais un public captif que l&#39;on cherche délibérément à isoler physiquement du reste de la métropole connectée. De réfléchir à cet enjeu là, nous ne pouvons aujourd&#39;hui nous dispenser.&#0160; </p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Kind(le) of a(n I)pad : du passé faisons tablette rase.</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2010/01/kindle-of-an-ipad/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 15:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biblio"Tech"]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Outils chauds, tièdes et froids.]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Donc voilà la tablette d&#39;Apple. Quelques millénaires après les premières traces d&#39;écriture gravées dans la pierre. Ce qui donne lieu a quelques jolies infographies 🙂 Difficile de ne pas en parler quand on est un adepte du mac et que l&#39;on se pique un peu de tenter d&#39;expliciter les bouleversements à l&#39;oeuvre dans nos supports [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="D" class="cenote-drop-cap">D</span>onc voilà la tablette d&#39;Apple. Quelques millénaires après les premières traces d&#39;écriture gravées dans la pierre. Ce qui donne lieu a <a href="http://26.media.tumblr.com/tumblr_kwxfm4jRQm1qzp89jo1_500.jpg" target="_blank" rel="noopener">quelques jolies infographies</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0128772888c8970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Ipaddepierre" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0128772888c8970c " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0128772888c8970c-800wi" title="Ipaddepierre" /></a>  </p>
<p>Difficile de ne pas en parler quand on est un adepte du mac et que l&#39;on se pique un peu de tenter d&#39;expliciter les bouleversements à l&#39;oeuvre dans nos supports et nos pratiques de lecture numérique. Difficile également d&#39;en parler en racontant encore quelque chose d&#39;original sur le sujet tant toute la presse (professionnelle ou non) et tous les blogs (y compris les plus fameux) nous ont déjà abreuvés jusqu&#39;à l&#39;écoeurement d&#39;articles sur le sujet. </p>
<p>Or donc, nonobstant, quelques impressions décousues. </p>
<p><strong>Il y a tout d&#39;abord</strong> <a href="http://blog.seattlepi.com/thebigblog/archives/192493.asp" target="_blank" rel="noopener">ce match</a>. Bezos/Amazon/Kindle (BAK) contre Jobs/Apple/Ipad (JAI). Deux outils ou plus précisément deux conceptions de l&#39;outil. Deux marchands qui ont, chacun à leur manière, compris la nécessaire dépendance d&#39;une industrie culturelle devant à la fois se trouver dans les nuages et bien ancrée sur terre ; ainsi la boutique en ligne d&#39;Amazon et ses gigantesques magazins sur le terrain, ainsi l&#39;offre en ligne de contenus d&#39;Apple et son industrie du software et du design, là encore parfaitement territorialisée. Mais je m&#39;éloigne de mon sujet.</p>
<p> <a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef012877288fcc970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Jobsvsbezos" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef012877288fcc970c " src="/.a/6a00d8341c622e53ef012877288fcc970c-800wi" title="Jobsvsbezos" /></a></p>
<p>D&#39;un côté donc, le Kindle comme &quot;emblématique&quot; de l&#39;ensemble des autres tablettes dédiées, c&#39;est à dire se focalisant sur une pratique, celle de la lecture. De l&#39;autre l&#39;Ipad comme représentatif de l&#39;ensemble des tablettes non-dédiées (smartphones compris), c&#39;est à dire visant à englober <em>un ensemble</em> de pratiques (de la lecture ou visionnage de films, en passant par la musique et les jeux ou la bureautique).</p>
<p><strong>Sur la question de le lecture, l&#39;Ipad est disruptif. </strong>Voici pourquoi. Contrairement à ce que j&#39;ai pu lire ici ou là, le positionnement de l&#39;Ipad sur le marché de la lecture numérique me semble bien &quot;disruptif&quot;. Ainsi, aucun dispositif d&#39;encre électronique n&#39;est utilisé et l&#39;on se retrouve donc avec une machine à lire qui fait l&#39;impasse totale de ce qui a pourtant été présenté depuis 10 ans comme LA raison de l&#39;échec des premières machines à lire, à savoir la fatigabilité qu&#39;entraîne la lecture sur écran <em>sans</em> encre électronique. Oui. <a href="http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2010/01/apple-ipad-lecture-sur-un-%C3%A9cran-lcd-.html" target="_blank" rel="noopener">On va lire sur un écran LCD</a>. Comme nous le faisons d&#39;ailleurs tous quotidiennement et plusieurs heures durant sans que cela ne nous pose de réels problèmes. Là où Steve Jobs est probablement le plus disruptif c&#39;est qu&#39;il (semble) avoir compris avant les autres que les dispositifs de lecture dédiés ne supplanteraient ni ne remplaceraient jamais l&#39;ensemble des affordances potentielles d&#39;un bon vieux livre papier. </p>
<p><strong>RIP les &quot;e-readers&quot;. Et tant mieux.</strong> Comme l&#39;écrivait je ne sais plus qui dans un de ses billets sur le sujet, il y a de fortes chances pour que d&#39;ici quelques temps les liseuses ou autres e-readers soient relégués à des offres promotionnelles ou directement offertes avec les magazines ou titres de presse, un peu comme le sont aujourd&#39;hui l&#39;ensemble des lecteurs MP3 (la sortie de l&#39;Ipod n&#39;étant pas totalement étrangère à ce phénomène). Soit dit en passant, cette relégation est à mon avis éminemment souhaitable, en ce qu&#39;elle ramènerait ces outils à ce qu&#39;ils doivent être : non pas des dispositifs d&#39;achat ou de location-vente pour CSP++, mais des agrégats bon marché de lectures interchangeables ; des clés USB avec écran. </p>
<p><strong>&quot;Tout l’univers de nos industries culturelles, dans un format<br />
confortable.&quot;</strong> C&#39;est sans conteste à <a href="http://culturevisuelle.org/totem/396" target="_blank" rel="noopener">l&#39;auteur de cette phrase</a> que j&#39;attribue la palme d&#39;or du <a href="http://culturevisuelle.org/totem/396" target="_blank" title="allez, j&#39;en profite pour t&#39;aider un peu pour ton prochain classement Wikio ;-)" rel="noopener">meilleur billet sur la sortie de l&#39;Ipad</a> : pour sa sobriété, sa concision et plus précisément pour le passage suivant : </p>
<ul>
<li>&quot;<em>tout l’univers de nos industries culturelles, dans un format<br />
confortable. Avec une touche d’interaction – la disponibilité d’un<br />
clavier – pour améliorer nos circulations et documenter nos<br />
consultations. Avec surtout la connexion permanente, wifi ou 3G, qui<br />
permet de relier ce super-lecteur à nos bibliothèques dans les nuages,<br />
et annule toute velléité de collection.</em>&quot;</li>
</ul>
<p>
Tout est dit. Mais bon comme je suis un peu bavard je vais quand même me permettre d&#39;abonder <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01287728ea33970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="9100-livre-search" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef01287728ea33970c image-full " src="/.a/6a00d8341c622e53ef01287728ea33970c-800wi" title="9100-livre-search" /></a> <br />(Source de l&#39;image : les si nécessaires <a href="http://www.la-grange.net/2010/01/28/rechercher-un-livre" target="_blank" rel="noopener">carnets de la Grange</a>)</p>
</p>
<p><strong>Du &quot;statim invenire&quot; au &quot;statim accedere&quot;</strong>. <em>Statim invenire</em>. En latin : trouver vite. Ou comment, dans l&#39;<a href="http://biblio-fr.info.unicaen.fr/bnum/jelec/Solaris/d04/4fayet_2com.html" target="_blank" rel="noopener">histoire du livre et de la lecture</a>, le document trouve sa forme en fonction de son utilité : l&#39;adoption de l&#39;ordre alphabétique, l&#39;établissement systématique d&#39;index permettront de manipuler plus rapidement les contenus, donc de trouver plus vite. Et le livre d&#39;entrer dans sa modernité. Dans l&#39;ère du numérique, l&#39;ordre alphabétique <em>est</em> l&#39;interface. L&#39;index, plus exactement l&#39;un des index essentiels de l&#39;ère numérique, <em>c&#39;est</em> l&#39;ergonomie. Tous deux, interface et ergonomie obéissent à cette nouvelle règle d&#39;or du <em>statim accedere</em> : accéder vite. Or dans ces deux domaines, Apple avec l&#39;Ipod (pour l&#39;ergonomie aujourd&#39;hui si &quot;naturelle&quot; de ses menus arborescents déroulants accessibles en un seul bouton-tournant), avec l&#39;Iphone (pour la nouvelle grammatisation dont il est porteur), et désormais avec l&#39;iPad (pour ce nouvel alphabétisme d&#39;une interface non pas simplement &quot;de consultation&quot; mais bien d&#39;une interface <em>pour</em> toutes les consultations), dans ces deux domaines donc, Apple est certainement celui qui aura le plus significativement contribué à l&#39;entrée dans la modernité de l&#39;ensemble de nos pratiques culturelles.</p>
<p><strong>Lecture intensive et lecture extensive dans les (charades à) tiroirs du numérique.</strong> A priori, on pourrait être tenté de lire dans l&#39;antagonisme entre les tablettes fermées (archétype : Kindle) et les tablettes ouvertes (archétype : iPad), la bonne vieille évolution qui mena de la lecture intensive à la lecture extensive : </p>
<ul>
<li>&quot;<em>Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, à la lecture<br />
&quot;intensive&quot; en succéderait une autre, qualifiée &quot;d&#39;extensive&quot;. Le lecteur &quot;intensif&quot; est<br />
confronté à un corpus limité et fermé de textes,<br />
lus et relus, mémorisés et récités, entendus et sus<br />
par coeur, transmis de génération en génération.<br />
Les textes religieux, et en premier lieu la bible en pays protestants, sont les<br />
nourritures privilégiées de cette lecture fortement empreinte de<br />
sacralité et d&#39;autorité. Le lecteur &quot;extensif&quot;, celui de la<br />
Lesewut, de la rage de lire qui s&#39;empare de l&#39;Allemagne au temps de Goethe, est<br />
un tout autre lecteur : il consomme des imprimés nombreux et divers, il<br />
les lit avec rapidité et avidité, il exerce à leur endroit<br />
une activité critique qui ne soustrait plus aucun domaine au doute<br />
méthodique.</em>&quot; Roger Chartier, &quot;Du codex à l&#39;écran&quot;, in <a href="http://biblio-fr.info.unicaen.fr/bnum/jelec/Solaris/d01/1chartier.html" target="_blank" rel="noopener">Solaris</a></li>
</ul>
<p>On pourrait donc filer ainsi l&#39;analogie : aux tablettes fermées la &quot;rumination&quot; (au sens premier du terme) de textes, aux tablettes ouvertes, &quot;extensives&quot;, la rage d&#39;accéder (sinon de lire). Sauf que. Sauf que naturellement cette impression initiale ne tient pas complètement. Pour tout un tas de raisons dont le fait qu&#39;il n&#39;est pas (encore) acquis que la diversité de l&#39;offre pour les secondes sera supérieure à celle pour les premières. Et que même dans les tablettes ouvertes, de nombreux points de fermeture subsistent (dont <a href="http://www.numerama.com/magazine/14947-l-ipad-un-veritable-concentre-de-drm.html" target="_blank" rel="noopener">les DRM</a> ou la non-interopérabilité). Mais il est un point pour lequel cette analogie semble opérer si l&#39;on remplace, dans le texte de Chartier, les mots &quot;textes&quot; et &quot;imprimés&quot; par &quot;biens culturels&quot; et &quot;lecteur, lecture&quot; par &quot;utilisation, utilisateur, usage, usager&quot;. Résultat (<strong>en gras,</strong> les passages transformés) :&#0160;</p>
<ul>
<li>&quot;<em>Dans la <strong>première moitié du 21e siècle</strong>, à l&#39;<strong>usage</strong><br />
&quot;intensif&quot; <strong>des biens culturels</strong> en succéderait un autre, qualifié &quot;d&#39;extensif&quot;. L&#39;<strong>usage</strong> &quot;intensif&quot; est<br />
confronté à un corpus limité et fermé de <strong>biens culturels</strong>,<br />
lus et relus, mémorisés et récités, entendus et sus<br />
par coeur, <strong>visionnés</strong> de génération en génération.<br />
Les <strong>vidéos de YouTube</strong> ou, et en premier lieu, l&#39;<strong>encyclopédie Wikipédia</strong>, sont les<br />
nourritures privilégiées de cet<strong> usage</strong> fortement empreint de <strong>désacralisation</strong> et <strong>d&#39;autoritativité</strong>. L&#39;<strong>usage</strong> &quot;extensif&quot; (&#8230;), celui de la <strong>rage d&#39;accéder</strong>, (&#8230;) est<br />
un tout autre <strong>usage</strong> : il consomme des <strong>biens culturels</strong> nombreux et divers, il<br />
les <strong>utilise</strong> avec rapidité et avidité, il exerce à leur endroit<br />
une activité critique qui ne soustrait plus aucun domaine au doute<br />
méthodique.</em>&quot; <em><strong>D&#39;après</strong></em> Roger Chartier &#8230;</li>
</ul>
<p>Vous aurez noté que je n&#39;ai rien changé à la fin de la citation. C&#39;est probablement dû à mon côté prof, mais je croie fermement à la multiplicité et à la diversité comme moteurs premiers de l&#39;activité critique, n&#39;en déplaise aux nouveaux culs-bénits que sont l&#39;ensemble des contempteurs d&#39;internet vécu comme &quot;tout à l&#39;égoût&quot; de la démocratie et autres &quot;far-west culturel&quot;.</p>
<p><strong>Kindle intensif contre iPad extensif</strong>. Pour être binaire et légèrement capillo-tractée (à vous de juger), <span style="text-decoration: line-through;">l&#39;analyse</span> la perspective d&#39;analyse ne m&#39;en semble pas moins être fondée (dans le cas contraire, les commentaires sont ouverts). Elle (me) permet en tout cas de caractériser une bifurcation, de celles dont on ne revient en général pas. Le livre (numérique s&#39;entend) ne peut isolément poursuivre un chemin abrité, à l&#39;abri des autres biens culturels de consommation courante. L&#39;autre voie de cette bifurcation, exemplifiée plus qu&#39;inaugurée par le lancement de l&#39;iPad, est faite de convergence. Plus précisément de convergence<strong>s</strong>.&#0160;</p>
<p><strong>Convergence numéro 1 : </strong>celle des écosystèmes et des stratégies marchandes des big 4 : </p>
<p><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0120a825d07d970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Convergence1" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0120a825d07d970b " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0120a825d07d970b-800wi" title="Convergence1" /></a> <br /> (Source : <a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2010/01/22/a-big-picture-look-at-google-microsoft-apple-and-yahoo/" target="_blank" rel="noopener">http://bits.blogs.nytimes.com/2010/01/22/a-big-picture-look-at-google-microsoft-apple-and-yahoo/</a>)</p>
<p><strong>Convergence numéro 2 : ATTENTION !!!</strong></p>
<p>En tout cas attention aux profonds risques de ruptre, de digergences que pourraient, à terme, occasionner certaines convergences de l&#39;attention :</p>
<ul>
<li><span lang="EN-US">&quot;<em>il y a un risque de convergence entre le type<br />
d’attention mobilisée pendant la lecture numérique, le degré<br />
d’éxécution de la lecture, et le type de lecture.</em>&quot; Alain Giffard, Lecture numérique et culture écrite, en ligne : <a href="http://skhole.fr/lecture-num%C3%A9rique-et-culture-%C3%A9crite-par-alain-giffard" target="_blank" rel="noopener">http://skhole.fr/lecture-num%C3%A9rique-et-culture-%C3%A9crite-par-alain-giffard</a><br /></span></li>
</ul>
<p><strong>Convergence numéro 3 : celle des dispositifs</strong> naturellement. Avec quelques charmants à-côtés cosmétiques.</p>
<p><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0120a825d4f6970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Sacoche-pour-ordinateur-portable" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0120a825d4f6970b " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0120a825d4f6970b-800wi" title="Sacoche-pour-ordinateur-portable" /></a> </p>
<p><strong><br /></strong></p>
<p><strong>Convergence numéro 4 : celle des dispositifs disais-je</strong>. Mais de TOUS les dispositifs. Puisque la prochaine console Nintendo DSi XL permettra, (pour la france en partenariat avec Gallimard) <a href="http://actu-des-ebooks.fr/2010/01/18/lire-des-ebooks-sur-nintendo-2-videoso/" target="_blank" rel="noopener">de lire des livres</a>. Troublant ? Innovant ? Divergent ? Confondant ? Que nenni. Convergent. <span class="hP" id=":1pr">A l&#39;heure de la convergence des l&#39;ensemble de nos autres pratiques connectées, en quoi la lecture devrait être la seule pratique technologique divergente ?? C&#39;est là encore le message que semble nous adresser Steve Jobs avec son iPad : ne pas mettre la lecture au centre, à l&#39;isoloir, mais la laisser là où elle s&#39;épanouit (et se vend aussi le mieux &#8230;), c&#39;est à dire dans la périphérie de l&#39;ensemble de nos pratiques culturelles connectées.&#0160;</span></p>
<p><span class="hP" id=":1pr">Convergence de tous les dipositifs au nom de nouvelles et nécessaires affordances. Dont <a href="http://descary.com/transformez-votre-iphone-en-souris-sans-fil-macwindows/?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+BenoitDescary+%28Benoit+Descary%29&amp;utm_content=FaceBook" target="_blank" rel="noopener">celle-ci</a> est un exemple parfait, où l&#39;Ipod se fait souris.&#0160;</span></p>
<p><span class="hP" id=":1pr"><a href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0120a825e518970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Touch-mouse-3" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0120a825e518970b " src="/.a/6a00d8341c622e53ef0120a825e518970b-800wi" title="Touch-mouse-3" /></a> </p>
<p></span></p>
<p><span class="hP" id=":1pr">Bref ça converge dur. Et l&#39;on aurait bien tort d&#39;y voir une quelconque trivialité <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f609.png" alt="😉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /><br /></span></p>
<p>Et pour finir, la sainte-trilogie blogosphérique à lire impérativement sur le sujet (de l&#39;iPad) : </p>
<ul>
<li>&quot;<a href="http://culturevisuelle.org/totem/396" target="_blank" rel="noopener">l&#39;Ipad ou la consultation.</a>&quot; André Gunthert. Dont je partage 100% de l&#39;analyse.</li>
<li>&quot;<a href="http://embruns.net/logbook/2010/01/28.html#the-ipad-big-picture" target="_blank" rel="noopener">The Ipad big picture.</a>&quot; Laurent Gloaguen. Dont je partage 99% de l&#39;analyse.</li>
<li>&quot;<a href="http://www.fredcavazza.net/2010/01/27/avec-lipad-apple-lance-un-touchbook-qui-ne-risque-pas-de-concurrencer-les-ebooks/" target="_blank" rel="noopener">Avec l&#39;iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks.</a>&quot; Fred Cavazza. Dont je ne partage pas du tout l&#39;analyse. Mais bon c&#39;est Fred Cavazza quand même &#8230;</li>
</ul></p>
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			<slash:comments>13</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Secousses syntaxiques et tremblements motorisés : Google, Twitter et Haïti.</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2010/01/google-twitter-haiti-secousses-tremblements/</link>
					<comments>https://affordance.framasoft.org/2010/01/google-twitter-haiti-secousses-tremblements/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Jan 2010 22:22:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
		<category><![CDATA[Web 2.0]]></category>
		<category><![CDATA[Wikipedia]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le domaine de la communication de crise, on peut aisément distinguer deux catégories d&#39;analyses : lorsqu&#39;il s&#39;agit d&#39;une entreprise &#8211; devant faire face ou mettre en place une communication de crise &#8211; la littérature sur le sujet pointe surtout les &#34;dangers&#34; des nouveaux médias en terme de vitesse de propagation des rumeurs et l&#39;importance [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="D" class="cenote-drop-cap">D</span>ans le domaine de la communication de crise, on peut aisément distinguer deux catégories d&#39;analyses : lorsqu&#39;il s&#39;agit d&#39;une entreprise &#8211; devant faire face ou mettre en place une communication de crise &#8211; la littérature sur le sujet pointe surtout les &quot;dangers&quot; des nouveaux médias en terme de vitesse de propagation des rumeurs et l&#39;importance &#8211; pour l&#39;entreprise &#8211; de réagir en temps réel, et en utilisant les mêmes canaux d&#39;information/désinformation, soit les sites de micro-blogging, de réseaux sociaux, etc &#8230; Lorsqu&#39;il s&#39;agit en revanche de communication de crise dans un contexte humanitaire, et tout particulièrement depuis l&#39;avènement de Twitter, le traitement de ces nouveaux outils de communication en temps réel est largement salué et plébiscité, quand il ne vire pas franchement au panégyrique. <br />De fait, l&#39;instantanéité de la transmission, la faculté de tisser des réseaux transcontinentaux temporaires mais exceptionnellement denses, la capacité d&#39;entonnoir financier de ces services capables de drainer des fonds plus naturellement que ne le ferait n&#39;importe quelle ONG, de fait cet ensemble de propriétés des sites communautaires contributifs ou simplement participatifs est une opportunité remarquable dans un contexte de catastrophe naturelle.&#0160;</p>
<p>Le drame qui touche Haïti nous en offre quelques exemples.</p>
<p>CHAPITRE PREMIER : TREMBLEMENTS MOTORISÉS</p>
<p><strong>Google et Haïti : tremblements motorisés.</strong> Le premier exemple est celui de la société Google qui met en place un site dédié : <a href="http://www.google.com/intl/fr/relief/haitiearthquake/" target="_blank" rel="noopener">http://www.google.com/intl/fr/relief/haitiearthquake/</a>, site dédié accessible grâce à un lien présent sur la page d&#39;accueil du moteur, dont la légendaire sobriété n&#39;est que très exceptionnellement dérangée. Les stratégies d&#39;aide de Google se déclinent en trois points : </p>
<ul>
<li>l&#39;aide aux dons : grâce à la mise en place d&#39;un paiement simple et direct à destination de deux ONG, paiement utilisant la solution Google Checkout. Naturellement c&#39;est également l&#39;occasion pour Google d&#39;élargir son portefeuille de clients &quot;Google Checkout&quot; (lequel service nécessite authentification préalable), mais difficile en l&#39;occurence de le lui reprocher &#8230;</li>
<li>la cartographie dynamique : les cartes de Google Earth ont été mises à jour dès après le séisme, et se déclinent avec la possibilité d&#39;un mode d&#39;affichage &quot;avant / après&quot; qui fait frissonner et permet de toucher du doigt la &quot;réalité&quot; du bouleversement résultant du séisme. </li>
</ul>
<p>Et puis il y a le widget &quot;Person Finder&quot;, aisément téléportable sur n&#39;importe quel site, et qui permet de nourrir en temps réel une <a href="http://haiticrisis.appspot.com/view?id=google.com%2Fperson.27064&amp;lang=fr&amp;last_name=smith&amp;role=seek" target="_blank" rel="noopener">base de donnée publique des personnes disparues ou recherchées</a>. Un Widget qui fonctionne avec deux entrées : &quot;I&#39;m looking for someone&quot; ou &quot;I have information about someone&quot;. </p>
<p><strong>L&#39;offre est là. Demande.</strong> Au-delà des offres de téléphonie gratuites pour Haïti, proposées par <a href="http://www.google.com/voice" target="_blank" rel="noopener">Google Voice</a> comme par un très grand nombre d&#39;autres opérateurs (<a href="http://www.sfr.com/liens/actualites/actualite/article/seisme-en-haiti.html" target="_blank" rel="noopener">SFR</a>, mais <a href="http://www.ceriseclub.com/actualites/2010/01/16/1341/les-operateurs-de-telephonie-mobile-mobilies-pour-taiti.html" target="_blank" rel="noopener">aussi les autres</a>), au-delà des <a href="http://www.secours-catholique.org/dossier_55_2013.htm" target="_blank" rel="noopener">dons pas SMS</a> proposés là encore par la quasi-unanimité des opérateurs télécom en partenariat avec nombre d&#39;associations caritatives, au-delà des donations des entreprises elles-mêmes (Google donnera 1 million de dollars), c&#39;est la mise en place de ce widget &quot;Person Finder&quot; qui me semble peut-être la plus &quot;signifiante&quot;, la plus caractéristique.&#0160;</p>
<p><strong>Du panoptique au pancatalogue.</strong> En pareil cas de mobilisation planétaire, qu&#39;elle soit liée à des actes de terrorisme ou à des catastrophes naturelles, les médias (anciens ou modernes) se sont fait une spécialité de l&#39;organisation de panoptiques 24h/24h, panoptiques dans lesquels défilent &#8211; parfois jusqu&#39;à la nausée &#8211; les mêmes images, les mêmes vidéos amateur, les mêmes montages. Les &quot;nouveaux&quot; médias, dont Google, ne sont naturellement pas exempts de cet habitus. Mais là où les médias &quot;traditionnels&quot; n&#39;ont, pour sortir de leur propre panoptique, que les ressources de l&#39;infographie et du commentaire journalistique (ressources rapidement épuisées), Google (et d&#39;autres, mais Google surtout &#8230;) a la possibilité de cartographier en temps réel, a la possibilité de construire ce pan-catalogue des victimes, si nécessaire même s&#39;il ne concerne &quot;que&quot; ceux qui sont &quot;étrangers&quot; à la territorialité de ce séisme et le regardent de loin en y cherchant un proche, un ami, un membre de leur famille.</p>
<p><strong>Clair-obscur technologique.</strong> Clair obscur ou plus exactement mise en abyme. D&#39;un côté la coupure télécommunicationnelle. Plus rien ne fonctionne à Haïti. Ni internet, ni téléphone, ni radio, ni télévision. Le black-out. De l&#39;autre, la surenchère télécommunicationnelle : SMS qui explosent (pour la bonne cause &#8230;), espaces de téléphonie &quot;vers haïti&quot; bradés et offerts (pour la bonne cause encore), mobilisation technologique exceptionnelle de l&#39;ensemble des acteurs et industries technologiques. Là-bas soudain plus de télévision. Mais là-bas, presque tout de suite toutes les télévisions d&#39;ici. La technologie, l&#39;industrie médiatique au secours d&#39;elle-même. Ou peut-être aussi au chevet d&#39;elle-même.&#0160;</p>
<p><strong>De la réponse à l&#39;échelle à la réponse à la carte.</strong> En pareil cas de catastrophe, seul des états avaient capacité à fournir des réponses &quot;à l&#39;échelle&quot;. A l&#39;échelle par la mobilisation des moyens humains (civils et militaires) et financiers directement mobilisables. Cette proportionnalité reste naturellement valable à la différence près qu&#39;aujourd&#39;hui et notamment grâce à l&#39;un de leurs principaux hérauts (les moteurs de recherche), à la différence près qu&#39;aujourd&#39;hui les industries lourdes de la technologie (télécommunications au sens large) ont elles aussi la capacité de fournir une réponse à l&#39;échelle. Mais &#8211; et la nuance me semble de taille &#8211; elles peuvent surtout fournir une réponse &quot;à la carte&quot;. A l&#39;évocation de la difficulté des secours pour localiser les victimes,<br />
sous les décombres ou bien dans l&#39;état de chaos qui suivit la<br />
catastrophe, on songe naturellement aux immenses potentialités de la géolocalisation systématisée. Et l&#39;on s&#39;efforce tout aussitôt de penser à l&#39;immensité de ses dangers au regard des libertés publiques. </p>
<p><strong>CHAPITRE SECOND : SECOUSSES SYNTAXIQUES.</strong> </p>
<p><strong>Twitter et Haïti : secousses syntaxiques.</strong> Vétéran du cataclysme participatif, le site Twitter n&#39;est naturellement pas en reste pour ce qui est de la situation en Haïti, même si les médias traditionnels semblent &#8211; je dis bien &quot;semblent&quot;, je n&#39;ai toujours pas la télé &#8211; semblent donc y faire moins systématiquement référence (en même temps c&#39;est vrai que CNN est sur place et &#8230; <a href="http://twitter.com/cnn" target="_blank" rel="noopener">twitte en direct</a>). J&#39;ai déjà eu l&#39;occasion de <a href="/mon_weblog/2009/07/twitter-le-hieratique-contre-le-hierarchique.html" target="_blank" rel="noopener">m&#39;exprimer assez longuement sur l&#39;intérêt et les spécificités de Twitter</a>, dont l&#39;une des clé de voûte est sa cohorte de <a href="http://hashtags.org/" target="_blank" rel="noopener">Hashtags</a> et la syntaxe afférente. Car en pareille situation de crise, on touche du doigt la double limite imposée à la fois par la briéveté des messages (140 caractères max.) et le caractère profondément hétérogène (et hétérarchique &#8230;) desdits hashtags. Si l&#39;on veut pouvoir aller &quot;ensemble&quot; à l&#39;essentiel, c&#39;est à dire en l&#39;occurrence porter assistance de manière coordonnée, est-il possible de se reposer entièrement sur une hypothétique sagesse des foules concernant la mise en oeuvre de Hashtags dédiés ? Certains semblent penser que non. D&#39;où l&#39;initiative du <a href="http://epic.cs.colorado.edu/" target="_blank" rel="noopener">projet EPIC</a> (derrière lequel on trouve deux universités et la NSF), de lancer et de propager une syntaxe spécifique à la catastrophe en Haïti. Cette syntaxe comporte trois catégories de tags : </p>
<ul>
<li>&quot;primaires&quot; : #need #offering or #have #imok &lt;reporting I AM OKAY&gt; #ruok &lt;asking ARE YOU OKAY?&gt;<br />ces deux derniers étant respectivement traduits en français par #chuiok et #teok&#0160;</li>
<li>&quot;secondaires&quot; : #food #water #fuel #medical of #med #volunteers&#8230; can shorten to #vols</li>
<li>&quot;de données&quot; : #name [name] #loc [location] #num [amount or capacity] #contact [email, phone, link, other] #photo [link to photo] #source [source of info]</li>
</ul>
<p>Signalons enfin <a href="http://epic.cs.colorado.edu/groups/tweakthetweet/" target="_blank" rel="noopener">qu&#39;un Wiki permet d&#39;enrichir la base de (hash)tags</a>. </p>
<p>Ou comment le fait de tenter de porter secours de manière coordonnée repose la question fondamentale de l&#39;indexation libre ou contrôlée (coordonnée). Sans pousser trop avant la métaphore on remarquera cependant que face à des logiques d&#39;effondrement, l&#39;indexation se réaffirme comme marqueur, comme signal, à la fois comme vestige et comme balise topologique.&#0160; </p>
<p><strong>Facebook et Haïti : Un grand absent ?</strong></p>
<p>Après Google et Twitter, sites différemment emblématiques, après Wikipédia (dont <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/2010_Haiti_earthquake" target="_blank" rel="noopener">la page dédiée</a> s&#39;enrichit considérablement sur le modèle établi du palimpseste), le grand absent du paysage reste Facebook dont la page d&#39;accueil reste désespérement sans signe de solidarité apparente. De fait, et mis à part quelques publicités sponsorisées, très peu de signes de mobilisation apparente. Faut-il y voir l&#39;illustration du modèle &quot;fermé&quot; que véhicule Facebook, diamétralement opposé aux logiques ouvertes de Twitter, Wikipédia ou &#8211; dans une moindre mesure &#8211; Google ? </p>
<p><em>A lire aussi sur le même sujet : </em></p>
<ul>
<li><a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/01/16/a-la-une/technologies-humanitaire-haiti/" target="_blank" rel="noopener">Le monde des technologies se mobilise pour Haïti </a>(ReadWriteWeb France)</li>
<li><a href="http://b-r-ent.com/news/haiti-le-premier-grand-evenement-humanitaire-2-0" target="_blank" rel="noopener">Haïti : le 1er grand événement humanitaire 2.0 </a>(B-R-ent)</li>
</ul>
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		<title>God Save the Cloud (computing)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 14:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biblio"Tech"]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Quelques ressources et réflexions en vrac à propos d&#8217;informatique dans les nuages (Cloud Computing). ReadWriteWeb nous offre un billet sur les 5 tendances (trends) du Cloud Computing : (1) des serveurs &#34;blades&#34;, en français &#34;lames&#34; (c&#8217;est à dire des serveurs dont a été viré tout ce qui est &#34;inutile&#34;, afin d&#8217;optimiser leur puissance &#8230; si [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="Q" class="cenote-drop-cap">Q</span>uelques ressources et réflexions en vrac à propos d&rsquo;informatique dans les nuages (Cloud Computing). </p>
<ul>
<li>ReadWriteWeb nous offre un billet sur les <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/five_big_data_center_trends_for_2008.php">5 tendances (trends) du Cloud Computing</a> : (1) des serveurs &quot;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Blade_server">blades</a>&quot;, en français &quot;lames&quot; (c&rsquo;est à dire des serveurs dont a été viré tout ce qui est &quot;inutile&quot;, afin d&rsquo;optimiser leur puissance &#8230; <del>si vous avez une traduction française du terme &#8230; je prends</del> :-), (2) une fonctionnement plus écologique (le cloud computing et ses immenses &quot;fermes &quot;de serveurs et autres Data Centers sont très gourmands en énergie &#8230; <a href="http://googleblog.blogspot.com/2008/10/clean-energy-2030.html">premier concerné et premier à réagir : Google</a>), (3) Virtualisation (au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Machine_virtuelle">sens informatique</a> du terme), (4) passage à l&rsquo;échelle (pour gérer l&rsquo;inflation des données portées en ligne &#8230; ils &lsquo;agit de pouvoir gérer plusieurs péta-octets de données), (5) équipement Linux comme couche de base (aujourd&rsquo;hui et d&rsquo;après l&rsquo;étude citée, un serveur sur 5 tournerait sous Linux)</li>
<li>Le <a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2008/sep/29/cloud.computing.richard.stallman">Guardian</a> rappelle le point de vue de Richard Stallman sur le sujet, qui est pour le moins sans ambiguité. &quot;C&rsquo;est pire que de la stupidité&quot;, pointant le risque énorme qu&rsquo;il y a à confier systématiquement nos données à des systèmes qui &#8211; même s&rsquo;ils sont &quot;ouverts&quot; en consultation et en dépôt &#8211; restent, par nature, <strong>propriétaires</strong>. Stupide donc, <strong>ET</strong> dangereux. A croiser avec le <a href="http://googleblog.blogspot.com/2008/09/democratization-of-data.html">billet &quot;Démocratisation des données&quot;</a> d&rsquo;Hal Varian (économiste en chef chez Google), qui est un plaidoyer pour que les entreprises (spécialement les petites et moyennes), usent et abusent de la délagation de services que rend possible Google. A terme, c&rsquo;est un vrai risque de dépendance informationnelle qui se profile. </li>
<li>Le prochain OS de Microsoft pourrait s&rsquo;appeler &quot;Windows Cloud&quot;. C&rsquo;est en tout cas ce que confie <a href="http://www.theregister.co.uk/2008/10/01/steve_ballmer_windows_cloud/">Steve Ballmer au Register</a> : &quot;<em>We’re not driving an agenda towards being service providers but we’ve gotta build a service that is Windows in the cloud</em>&quot;. Une manière désormais stratégiquement incontournable pour Microsoft d&rsquo;achever sa mue vers un OS au moins autant en ligne que sur des machines locales. Plus précisément, ce sont deux logiques convergentes parce que diamétralement opposées qui se dessinent chez les deux géants Google et Microsoft. Google offre &quot;naturellement&quot; la totalité de sa gamme applicative en ligne, avec la possibilité d&rsquo;une synchronisation (Gears) laissant encore possible la survivance de comportements et de consultations dé-connectées. Microsoft offre tout aussi &quot;naturellement&quot; une gamme logicielle &quot;locale&quot; avec la possibilité d&rsquo;une équivalence partielle en ligne afin de cannibaliser les comportements et les consultations connectées. C&rsquo;est l&rsquo;idée d&rsquo;un <a href="http://www.computerworld.com/action/article.do?command=viewArticleBasic&amp;articleId=9115978">&quot;light editing&quot;</a> permettant d&rsquo;éditer dans des applications en ligne tout ou partie d&rsquo;un document, l&rsquo;essentiel (ou le reste) du document, restant édité localement. <strong>Conclusion ?</strong> Ca vaudrait peut-être le coup que <a href="http://rtp-doc.enssib.fr/">la bande à Roger</a> se remette au travail sur ces sujets, pour nous aider à penser la granularité documentaire dans une globalité réticulée d&rsquo;instanciations et de comportements dont elle est désormais indissociable. </li>
<li>Précipitez-vous sur <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/LE_CROSNIER/16174">la dernière conférence d&rsquo;Hervé Le Crosnier à l&rsquo;EBSI</a>.<br />
Vous en sortirez plus intelligent et surtout vous contribuerez à faire<br />
exploser les serveurs de l&rsquo;EBSI, ce qui permettra à un <a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2008/10/01/540-herve-les-nuages-et-l-udem">passionnant<br />
débat</a> de rebondir, débat que l&rsquo;on peut résumer comme suit : les<br />
institutions doivent-elles céder à l&rsquo;extraordinaire facilité du &quot;Cloud<br />
Computing par délégation&quot;, si non, de quels autres choix<br />
disposent-elles, et si oui, quel est le risque ? Cette question apparaît effectivement centrale : l&rsquo;informatique distribuée permet aujourd&rsquo;hui (et ça ne va pas s&rsquo;arranger demain), d&rsquo;institutionnaliser la notion de &quot;délégation de services (informatiques)&quot;. Rappelons que nombre d&rsquo;institutions publiques (mais on pourrait faire la même analyse pour le secteur privé) se sont déjà engagées sur une pente glissante en confiant leurs contenus à des prestataires externes, et en se coupant &#8211; in fine &#8211; d&rsquo;une grande partie de leur public (l&rsquo;exemple le plus frappant me semble être celui de Google Books). Si en plus des contenus, elles externalisent durablement (l&rsquo;externalisation durable et persistante étant le principe au coeur de la délégation de service qu&rsquo;autorise l&rsquo;informatique distribuée), si, disais-je, elles externalisent également leurs services &#8230; elles ne devront pas s&rsquo;étonner de se trouver un beau jour sans public, et donc sans légitimité, sans raison d&rsquo;être. Une question qui est d&rsquo;autant plus d&rsquo;actualité que les grands acteurs du cloud computing (<a href="http://www.educpros.fr/detail-article/h/5ce0e8f5b8/a/google-prend-pied-dans-lenseignement-superieur-francais.html">Google</a> et <a href="http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid22552/creation-d-un-nouveau-grand-pole-de-recherche-et-developpement-en-informatique.html">Microsoft</a>) entrent chaque jour un peu plus dans l&rsquo;université, dans l&rsquo;institution (la preuve sous les deux liens précédents).</li>
<li>Voir également sur le sujet du Cloud Computing en général, un (déjà ancien) <a href="http://nauges.typepad.com/my_weblog/2008/04/web-20-on-the-cloud-mais-o%C3%B9.html">billet de Louis Naugès</a>, qui fixe bien le problème et les enjeux du Cloud Computing. Sans oublier, bien sûr, l&rsquo;<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/LE_CROSNIER/16174">article &quot;fondateur&quot; d&rsquo;Hervé Le Crosnier</a>.</li>
</ul>
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		<title>Grid computing</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Sep 2006 19:45:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Technologies (P2P, Grid ...)]]></category>
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					<description><![CDATA[Le &#34;grid computing&#34; désigne la mutualisation des capacités de calcul d&#8217;ordinateurs à une (très) grande échelle, laquelle capacité converge vers un but commun (comme par exemple la solution d&#8217;un problème mathématique complexe, le séquençage de morceaux de génome, et plein d&#8217;autres choses encore &#8230;). Il s&#8217;agit très vraissemblablement de l&#8217;un des deux axes majeurs du [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="L" class="cenote-drop-cap">L</span>e &quot;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Grid_computing">grid computing</a>&quot; désigne la mutualisation des capacités de calcul d&rsquo;ordinateurs à une (très) grande échelle, laquelle capacité converge vers un but commun (comme par exemple la solution d&rsquo;un problème mathématique complexe, le séquençage de morceaux de génome, et plein d&rsquo;autres choses encore &#8230;). Il s&rsquo;agit très vraissemblablement de l&rsquo;un des deux axes majeurs du développement de l&rsquo;informatique dans les années à venir : sur un axe horizontal on trouvera l&rsquo;informatique ubiquitaire ou &quot;ambiante&quot; c&rsquo;est à dire omniprésente avec des objets de notre quotidien servant d&rsquo;interface. Et sur l&rsquo;axe vertical, la mutualisation des capacités de calcul des ordinateurs, le &quot;grid computing&quot;. La médiane de ces deux axes se fera probablement à l&rsquo;échelle cette fois des capacités de stockage nécessaires. Pour &quot;gérer&quot; la multiplication des interfaces d&rsquo;une part et l&rsquo;augmentation à flux constant du volume de données échangées d&rsquo;autre part, on aura à la fois besoin d&rsquo;une offre de stockage en ligne gigantesque, et d&rsquo;une miniaturisation permettant d&#8217;emporter (ou de rapatrier) partout avec soi le minimum de données &quot;nécessaires&quot;. Tout ce long préambule pour attirer votre attention sur un remarquable article de <a href="http://www.tbray.org">Tim Bray</a> (de chez Sun Microsystems) qui dresse un état de l&rsquo;art du grid computing aujourd&rsquo;hui et de quelques-uns de ses enjeux. L&rsquo;article est parfois très technique et certains passages ne seront digestes que pour des Geeks avancés, mais si l&rsquo;on arrive à faire abstraction desdits passages, il demeure très &quot;éclairant&quot; pour les novices dans mon genre. Et pour le lire, c&rsquo;est par là : &quot;<a href="http://www.tbray.org/ongoing/When/200x/2006/05/24/On-Grids">On Grids</a>&quot;.</p>
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