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	<title>DADVSI &#8211; affordance.info</title>
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	<description>Le blog d&#039;un maître de conférences en sciences de l&#039;information. ISSN 2260-1856</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 Jul 2026 11:22:16 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Google AI Overviews : Cronos dévorant ses enfants ?</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2026/07/google-ai-overviews-cronos-devorants-ses-enfants/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 10:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ChatGPT et ses ami.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
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		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
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					<description><![CDATA[Déjà en place aux USA et dans plus de 120 pays depuis 2 ans, Google AI Overviews débarque en France cet été (c&#8217;est effectif depuis ce mercredi 22 juillet). Le principe est simple : pour chaque requête sur le moteur, c&#8217;est l&#8217;IA de Google (Gemini) qui propose des résumés ou plus exactement, et la précision [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="D" class="cenote-drop-cap">D</span>éjà en place aux USA et dans plus de 120 pays depuis 2 ans, <a href="https://search.google/ways-to-search/ai-overviews/">Google AI Overviews débarque en France cet été</a> (c&rsquo;est effectif depuis <a href="https://blog.google/intl/fr-fr/nouveautes-produits/explorez-obtenez-des-reponses/recherche-ia-apercus-mode/">ce mercredi 22 juillet</a>). Le principe est simple : pour chaque requête sur le moteur, c&rsquo;est l&rsquo;IA de Google (Gemini) qui propose des résumés ou plus exactement, et la précision me semble d&rsquo;importance, des synthèses et &#8211; souvent &#8211; des préconisations.</p>
<p>Cette arrivée durant l&rsquo;été est <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-info-de-france-culture/google-ai-overviews-en-france-cet-ete-une-nouvelle-revolution-de-l-internet-tres-redoutee-2596755">annoncée comme un tremblement de terre, notamment par les éditeurs de presse</a> qui, comme c&rsquo;est le cas depuis plus de 20 ans avec le lancement de Google News en 2002, ne trouvent aucune issue au pacte attentionnel Faustien qui leur a été imposé : laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l&rsquo;audience de vos sites sera quasi nulle.</p>
<p><a href="https://www.numerama.com/tech/2299179-apres-deux-ans-de-blocage-google-lance-les-resumes-ia-en-france-ai-overviews.html">L&rsquo;article de Nicolas Lellouche sur Numérama</a> résume très bien les principaux enjeux de cette arrivée et le changement de statut de celui qui était, jusqu&rsquo;ici, un moteur de recherche.</p>
<p>Il y a, bien sûr, de quoi s&rsquo;inquiéter circonstantiellement toujours davantage, mais structurellement, sur le fond, rien n&rsquo;a vraiment changé depuis presqu&rsquo;un quart de siècle. Google est un moteur de recherche devenu un moteur de réponses (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=PQeeZ-SD_iU">« <em>il n&rsquo;y aura plus que des réponses</em> » prophétisait Marguerite Duras</a>) ; Google est un béhémot calculatoire qui a bâti son succès sur un régime de captation d&rsquo;externalités (le web) qu&rsquo;il a progressivement transformé en autant d&rsquo;internalités. D&rsquo;abord sur des sources ouvertes (le web donc, et <a href="https://affordance.framasoft.org/2015/04/wikipedia-entre-resistance-et-resilience/">notamment Wikipédia</a>) puis sur des sources propriétaires ou mettant en jeu des principes de propriété intellectuelle (la presse notamment). Et toujours en pratiquant « l&rsquo;Opt-Out » c&rsquo;est à dire la captation / prédation par défaut, libre ensuite à chacun de faire part de sa volonté d&rsquo;en sortir (<a href="https://www.blogdumoderateur.com/comment-exclure-site-ai-overviews-google/">il est d&rsquo;ailleurs possible de sortir votre site de l&rsquo;AI Overview</a>). Et lorsque la masse de ces internalités fut suffisamment « à l&rsquo;échelle », Google se trouva alors en situation de jouer à son avantage la rivalité qu&rsquo;il avait lui-même créé (et arbitré) entre la qualité, l&rsquo;importance et la nécessité de la production de contenus externes d&rsquo;une part, et d&rsquo;autre part celle de la production de réponses internes suffisamment courtes pour ne pas heurter de front la propriété intellectuelle (jouant entre <a href="https://scinfolex.com/2013/06/22/pourquoi-les-videos-font-six-secondes-sur-vine-et-pourquoi-facebook-prend-un-vrai-risque-en-passant-a-15/">l&rsquo;usage « de minimis »</a>, le Fair-Use et l&rsquo;exception pour courte citation) et suffisamment complètes pour satisfaire des requêtes informatives sans nécessité d&rsquo;aller chercher des compléments d&rsquo;information à l&rsquo;extérieur du moteur ou alors en le faisant uniquement dans l&rsquo;écosystème de sites tiers déjà dans le giron de la firme.</p>
<p>Avec AI Overviews, Google pousse donc un cran plus loin cette logique phagocyte. Et ce faisant il cesse peut-être irrévocablement d&rsquo;être un « portail » (il n&rsquo;en était déjà plus que l&rsquo;ombre depuis longtemps mais maintenait nonobstant une fonction d&rsquo;accès et d&rsquo;orientation) pour devenir une simple « porte », que chaque requête sur le moteur referme derrière notre passage.</p>
<p>Permettez-moi alors de formuler une question volontairement provocante. <strong>Et si finalement Google était juste en train de devenir &#8230; un média ?</strong> Google dont longtemps le métier correspondant à son chiffre d&rsquo;affaire fut celui d&rsquo;être une régie publicitaire, et de n&rsquo;être que cela (<a href="https://affordance.framasoft.org/2016/04/google-appendice-8/">malgré ce que ses fondateurs affirmaient dans leur article séminal</a>). Google deviendrait donc un média. Mais un média aux fonds baptismaux particuliers : entièrement construit sur la prédation d&rsquo;externalités, sorte de Cronos dévorant ses enfants, il se mue aujourd&rsquo;hui avec AI Overviews en média autophage qui tend à ne plus se nourrir que de lui-même. Ce « lui-même » étant permis par la volumétrie totalement inédite ainsi que par les effets de dissémination en même temps que d&rsquo;opacification immanents des LLM (larges modèles de langage). La question est de savoir jusqu&rsquo;où et jusqu&rsquo;à quand ce principe autophage pourra être poursuivi, et la seule certitude est qu&rsquo;il ne pourra pas l&rsquo;être éternellement car si grande que soit l&rsquo;étendue des éléments constituant aujourd&rsquo;hui la ressource indexable et pouvant être générée du moteur, elle n&rsquo;est pas infinie et nécessitera donc toujours et tout le temps l&rsquo;appui de ressources externes (<a href="https://www.blogdumoderateur.com/ai-overviews-presse-francaise-apprendre-deploiement-royaume-uni/">au Royaume-Uni après deux ans de déploiement le trafic vers les sites d&rsquo;éditeurs à drastiquement chuté</a> &#8211; entre <a href="https://www.abondance.com/20260722-2640402-lancement-officielle-ai-overviews-france.html">20 et 40% de baisse</a>). Sauf &#8230; sauf à considérer pouvoir se satisfaire d&rsquo;un pourrissement (ou d&rsquo;une emmerdification) et à disposer des moyens pour faire croire qu&rsquo;il n&rsquo;est que périphérique et marginal.</p>
<p>Deux éléments pour conclure.</p>
<p>D&rsquo;abord le mythe de Cronos dévorant ses enfants laisse place au scénario dans lequel ceux-ci se voient finalement régurgités et renversent leur père pour s&rsquo;installer comme nouveaux dieux sur le mont Olympe.  C&rsquo;est précisément pour s&rsquo;en prémunir que très tôt Google a eu l&rsquo;intelligence de développer son propre LLM et pouvant s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;immensité des données et des textes qu&rsquo;il avait déjà collectés, traités, indexés, et dont il avait, bien avant même l&rsquo;invention du terme « LLM », déjà fait corpus (à ce titre le programme Google Books exploité à l&rsquo;époque avec les technologies disponibles du TALN &#8211; traitement automatique du langage naturel &#8211; fut une pierre angulaire déterminante.</p>
<p>Ensuite j&rsquo;évoquais plus haut l&rsquo;article séminal de S. Brin et L. Page dans lequel après avoir décrit la formule et l&rsquo;algorithme du Pagerank <a href="https://affordance.framasoft.org/2016/04/google-appendice-8/">ils reviennent en annexe sur la toxicité du modèle publicitaire qui fait aujourd&rsquo;hui leur fortune et constitue leur seul paradigme de déploiement</a>. Notez que ce passage (ces « annexes ») a étrangement disparu de <a href="https://research.google/pubs/the-anatomy-of-a-large-scale-hypertextual-web-search-engine/">la version accessible depuis le site de la firme</a>, mais qu&rsquo;elle est heureusement <a href="http://infolab.stanford.edu/~backrub/google.html">toujours présente sur la page originale du laboratoire de l&rsquo;université de Stanford</a>. La seule leçon à retenir de cela est assez simple : ne faites jamais confiance à un prédateur.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-12263" src="https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn-492x1024.jpg" alt="" width="492" height="1024" srcset="https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn-492x1024.jpg 492w, https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn-144x300.jpg 144w, https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn-768x1599.jpg 768w, https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn-738x1536.jpg 738w, https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn-600x1249.jpg 600w, https://affordance.framasoft.org/wp-content/uploads/2026/07/Rubens_saturn.jpg 960w" sizes="(max-width: 492px) 100vw, 492px" /></p>
<p style="text-align: center;">Tableau de Rubens. Cronos dévorant ses enfants<br />
(<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cronos#/media/Fichier:Rubens_saturn.jpg">Source Wikipedia</a>)</p>
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		<title>Droits d&#8217;auteur : entre protection de l&#8217;oeuvre et petits arrangements</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2016/01/droits-dauteur-entre-protection-de-loeuvre-et-petits-arrangements/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2016 14:39:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour archivage personnel je reproduis ici un texte paru hier (29 Janvier) dans le journal Ouest-France (et qui avait été rédigé sur demande courant décembre). NBJFF (Nota-Bene Just For Fun) : il s&#39;agit sans conteste de mon texte le plus lu depuis 10 ans puisque l&#39;édition d&#39;hier du journal était tirée à 743 211 exemplaires. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="P" class="cenote-drop-cap">P</span>our archivage personnel je reproduis ici un <a href="http://www.ouest-france.fr/debats/point-de-vue/droits-dauteur-entre-protection-de-loeuvre-et-petits-arrangements-4000358" target="_blank" rel="noopener">texte paru hier (29 Janvier) dans le journal Ouest-France</a> (et qui avait été rédigé sur demande courant décembre).</p>
<p>NBJFF (Nota-Bene Just For Fun) : il s&#39;agit sans conteste de mon texte le plus lu depuis 10 ans puisque l&#39;édition d&#39;hier du journal était tirée à 743 211 exemplaires.</p>
<p>=======================</p>
<p>Chaque 1er janvier un très grand nombre de livres, de films, de musiques entrent dans le «&#0160;domaine public&#0160;». En France et dans la plupart des pays d&#39;Europe, il suffit pour cela que l’auteur soit décédé depuis 70 ans, ce qui correspond à la durée de protection couverte par le droit d’auteur.</p>
<p>Vous connaissez ces œuvres&#0160;: sans elle, et sans le domaine public, votre banque ne pourrait pas accompagner son spot de pub télé d’un morceau de Vivaldi, Alexandre Astier n’aurait pas pu écrire Kaamelot, vous ne pourriez pas télécharger légalement et gratuitement les vieux dessins-animés de Betty-Boop ou de Superman, etc. Sans le domaine public il nous serait impossible de consulter et de diffuser des œuvres essentielles pour notre culture, notre divertissement, notre intelligence.</p>
<p>Mais le domaine public permet également de nourrir tout le tissu économique de la création, puisque chaque éditeur peut mettre en vente une «&#0160;nouvelle édition&#0160;» d’un livre, chaque cinéaste peut produire un film ou une série à partir de l’œuvre, chaque musicien peut sampler, mixer et adapter tout ou partie d’une œuvre, et ainsi de suite.</p>
<p>C’est malheureusement aussi pour cette raison que nombreux sont ceux qui s’efforcent de retarder l’entrée d’une œuvre dans le domaine public&#0160;: ils risquent de perdre le monopole de l’exploitation commerciale de l’œuvre. Difficile pourtant, 70 ans après la mort de l’auteur, de considérer que ses ayants-droits (c’est à dire ses arrières petits enfants) doivent encore percevoir des droits d’auteur sur l&#39;oeuvre de leur glorieux ancêtre.</p>
<p>Mais les sommes en jeu sont parfois si considérables que l’appât du gain l’emporte sur l’intérêt collectif. Ainsi aux Etats-Unis, la durée de protection des droits d’auteur a été augmentée de 20 ans, notamment sous la pression de la Walt Disney Company dont le personnage Mickey Mouse aurait dû entrer dans le domaine public en 1998. Le même Walt Disney qui avait pourtant profité de l’entrée dans le domaine public de l’œuvre de Lewis Caroll pour faire son Alice au pays des merveilles en version animée !</p>
<p>En France, même quand une œuvre s’élève dans le domaine public, les ayants-droits gardent pour toujours ce que l’on appelle le «&#0160;droit moral&#0160;», c’est à dire la possibilité de s’opposer à l’utilisation d’une œuvre qui viendrait dénaturer l’original.</p>
<p>Prenons un exemple d’actualité&#0160;: Anne Frank est morte en 1945, son Journal doit donc entrer cette année dans le domaine public. Le fonds Anne Frank qui gère les droits de l’œuvre s’y oppose et explique qu’il y a un risque de voir des adaptations qui dénatureraient l’œuvre (par exemple en niant l’existence des chambres à gaz). Or il pourrait, grâce au droit moral, en bloquer la diffusion, tout en permettant à des réalisateurs, à des éditeurs de produire de nouvelles adaptations respectueuses de l’œuvre.</p>
<p>Dans le cadre de la loi numérique d&#39;Axelle Lemaire actuellement en débat, un amendement est discuté. Puisse-t-il être adopté : il permettrait d&#39;inscrire dans la loi une reconnaissance &quot;positive&quot; du domaine public pour faciliter l&#39;entrée des oeuvres et éviter certains détournements du délai de 70 ans.</p>
<p>Le collectif SavoirsCom1 qui milite pour que le domaine public bénéficie d’une reconnaissance positive dans la loi, met en ligne depuis déjà 2 ans un calendrier de l’Avent du domaine public&#0160;: <a href="http://www.aventdudomainepublic.org">www.aventdudomainepublic.org.</a> Vous y redécouvrirez les auteurs, les œuvres qui sont entrés dans le domaine public au 1<sup>er</sup> Janvier 2016.</p>
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		<title>#Redlist #Hadopi #PUR #offrelegale et #toussa</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2013/06/redlist-hadopi-pur-offrelegale-et-toussa/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 18:03:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
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					<description><![CDATA[Retour sur une semaine riche en expositions médiatiques diverses pour une série de billets qu&#39;il convient de remettre dans l&#39;ordre. Donc pour commencer tu lis ça et tu comprends (mais si, fais un petit effort) pourquoi l&#39;auteur ne défend pas (du tout) le piratage mais plutôt l&#39;idée selon laquelle il ne serait quand même pas [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="R" class="cenote-drop-cap">R</span>etour sur une semaine riche en expositions médiatiques diverses pour une série de billets qu&#39;il convient de remettre dans l&#39;ordre. </p>
<p style="text-align: justify;">Donc pour commencer <a href="//mon_weblog/2013/06/chers-nayantsdroits-les-meilleures-choses-nont-pas-de-fin.html" target="_blank" rel="noopener">tu lis ça</a> et tu comprends (mais si, fais un petit effort) pourquoi l&#39;auteur ne défend pas (du tout) le piratage mais plutôt l&#39;idée selon laquelle il ne serait quand même pas très compliqué d&#39;en diminuer drastiquement l&#39;ampleur sans pour autant mobiliser les deniers du contribuable, sans pour autant se mettre le même contribuable à dos, tout en préservant l&#39;exception culturelle, et même en permettant aux industries culturelles de continuer à <span style="text-decoration: line-through;">financer la création</span> produire d&#39;immondes salmigondis d&#39;accords mineurs hurlés à plein poumons par de jeunes apprenties cantatrices bretonnes grâce au retour sur investissement du catalogue des chanteurs morts d&#39;Universal (bisoux Pascal N.) et à la tournée d&#39;été de Johnny dont le potentiel de chanteur mort n&#39;est plus à démontrer (re-bisoux Pascal N.)</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite <a href="http://www.klaire.fr/2013/06/10/ivre-hadopi-adopte-le-label-pur-foutage-de-gueule/" target="_blank" rel="noopener">tu lis ça</a> pour comprendre à quel point vraiment même en faisant des efforts les gens qui nous gouvernent ne comprennent pas les choses simples et ont tout de même une facheuse tendance à nous prendre pour des quiches, le tout à nos frais. </p>
<p style="text-align: justify;">Alors après avoir lu ces 2 coups de gueule et t&#39;être marré un bon coup tout en rongeant le frein de la colère et de la frustration devant la limpidité et l&#39;évidence de ces 2 démonstrations sans faille, tu réfléchis (parce que ça ne peut pas faire de mal) et tu te poses la question de l&#39;opportunité d&#39;une offre légale, et donc <a href="http://scinfolex.wordpress.com/2013/05/12/le-mirage-de-loffre-legale/" target="_blank" rel="noopener">tu lis ça</a>. </p>
<p style="text-align: justify;">Et comme quand tu réfléchis tu ne fais pas les choses à moitié, tu te dis qu&#39;en fait, le &quot;partage&quot; c&#39;est pas forcément sale (et <a href="http://paigrain.debatpublic.net/?p=7343" target="_blank" rel="noopener">tu lis ça</a>). Et c&#39;est alors que le miracle se produit : un neurone en entraînant un autre, tu commences à piger que le vrai enjeu derrière tout ça si on veut s&#39;en sortir, c&#39;est la légalisation des échanges (et du partage) non-marchand, surtout que pour finir de t&#39;en convaincre, <a href="https://www.laquadrature.net/fr/elements-pour-la-reforme-du-droit-dauteur-et-des-politiques-culturelles-liees#partagenonmarchand" target="_blank" rel="noopener">tu vas lire ça</a>. </p>
<p style="text-align: justify;">C&#39;est bien, tu viens de progresser énormément et de faire progresser avec toi une certaine idée de la démocratie culturelle, de la culture comme <a href="http://www.savoirscom1.info/manifeste-savoirscom1/" target="_blank" rel="noopener">bien commun</a> (oui, oui, tu peux aussi aller lire ce qu&#39;il y a sous le lien précédent). Et maintenant tu vas aller expliquer tout ça à tes copains, députés, copines, connaissances, famille et amis. En parler en soirée, autour d&#39;une bière ou d&#39;une pintade à la moutarde de chez Lidl (celle que quand tu l&#39;oublies 2 jours dans ton frigo, la pintade se réveille et attaque l&#39;emballage plastique). Et aussi tu vas, selon ce que ta religion t&#39;autorise :</p>
<ul>
<li>déposer un cierge</li>
<li>égorger un poulet</li>
<li>flooder les serveurs du ministère de la culture</li>
</ul>
<p>pour qu&#39;un jour d&#39;autres gens zinfluentszoupas aient la même curiosité intellectuelle que toi. </p>
<p>Voilà. La force est avec toi. Je te remercie.</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Le petit lien du week-end : copy-party 2 fois</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2012/05/le-petit-lien-du-week-end-copy-party-2-fois/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 May 2012 14:57:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
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					<description><![CDATA[Il m&#39;est particulièrement agréable d&#39;effectuer cette livraison du petit lien du week-end puisqu&#39;il s&#39;agit de la 1ère exportation à l&#39;international de la désormais célèbre copy-party. Cela aura lieu en Belgique, dans une médiathèque, le 24 Mai 2012 et sera organisée par le Gsara, dont une représentante avait eu la gentillesse de passer nous voir à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="I" class="cenote-drop-cap">I</span>l m&#39;est particulièrement agréable d&#39;effectuer cette livraison du petit lien du week-end puisqu&#39;il s&#39;agit de la 1ère exportation à l&#39;international de la désormais <a href="http://blogs.iutlaroche.univ-nantes.fr/copy-party/" target="_blank" rel="noopener">célèbre copy-party</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela aura lieu en <a href="http://www.gsara.tv/~copyparty/?p=4" target="_blank" rel="noopener">Belgique, dans une médiathèque, le 24 Mai 2012</a> et sera organisée par <a href="http://www.gsara.be/fr/?ID=540" target="_blank" rel="noopener">le Gsara</a>, dont une représentante avait eu la gentillesse de passer nous voir à La Roche sur Yon le jour où <a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/03/08/Copy-party-et-fin-de-parenth%C3%A8se-Gutenberg" target="_blank" rel="noopener">nous refermions la parenthèse Gutenberg</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et comme le souligne maître Calimaq, &quot;<a href="https://twitter.com/#!/Calimaq/status/198375365406769152" target="_blank" rel="noopener">respect à nos amis belges qui vont organiser une #copyparty en médiathèque malgré un cadre légal plus restrictif.</a>&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">Share. Enjoy. Copy.</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Le nouvel ordre documentaire du numérique</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2012/04/nouvel-ordre-documentaire-numerique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 14:57:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
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					<description><![CDATA[La circulation des informations et des biens culturels a toujours (en tout cas depuis les premières bibliothèques) été régie par un ordre documentaire. Dans notre histoire contemporaine s&#39;est imposé un &#34;ordre documentaire antérieur dominé par l’édition qui vend des objets et protège le contenu par la propriété intellectuelle.&#34; (Source) Avec le numérique, cet ordre ancien [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: justify;"><span title="L" class="cenote-drop-cap">L</span>a circulation des informations et des biens culturels a toujours (en tout cas depuis les premières bibliothèques) été régie par un ordre documentaire. Dans notre histoire contemporaine s&#39;est imposé un &quot;<em>ordre documentaire antérieur dominé par l’édition qui vend des objets et protège le contenu par la propriété intellectuelle.</em>&quot; (<a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/08/25/Apple%2C-la-strat%C3%A9gie-de-la-forme" target="_blank" rel="noopener">Source</a>) Avec le numérique, cet ordre ancien est bouleversé. Quelles sont actuellement, les différentes &quot;variables&quot; du nouvel ordre documentaire inauguré par le numérique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il peut être caractérisé par (au moins) 3 grands régimes :</p>
<h2 style="text-align: right;">LES REGIMES LINGUISTIQUES.</h2>
<p style="text-align: justify;">Ceux-ci concernent à la fois les <a href="http://socioargu.hypotheses.org/1963" target="_blank" rel="noopener">ordres lexicométriques</a> (dont l&#39;outil <a href="http://books.google.com/ngrams/" target="_blank" rel="noopener">Culturomics et son &quot;n-gram viewer&quot;</a> sont emblématiques et avec eux la question de la <a href="/mon_weblog/2012/02/far-web-near-me.html" target="_blank" rel="noopener">maîtrise des corpus</a>), et les ordres linguistiques (mes billets sur l&#39;affaire DSK attestaient, parmi d&#39;autres, des <a href="/mon_weblog/2011/05/affaire-dsk-fin-.html" target="_blank" rel="noopener">spécificités et des variabilités de ces ordres linguistiques</a>)</p>
<h2 style="text-align: right;">LES REGIMES D&#39;AUTORITATIVITE**.</h2>
<p>Ceux-ci se caractérisent à la fois par des métriques d&#39;audience et d&#39;autres, de notoriété, 2 métriques se nourissant mutuellement.</p>
<p style="text-align: justify;">** L&#39;autoritativité est à distinguer de &quot;l&#39;autorité&quot;. Pour une approche du concept créé par Evelyne Broudoux, voir par exemple <a href="http://www.cndp.fr/savoirscdi/index.php?id=593" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
<ul style="text-align: justify;">
</ul>
<h2 style="text-align: right;">LES REGIMES ALGORITHMIQUES.</h2>
<p style="text-align: justify;">Si les deux premiers ne sont évidemment pas spécifiques au numérique, celui-ci, en revanche, le caractérise fortement. Ces régimes algorithmiques comportent à leur tour trois grands types de métriques :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>des métriques computationnelles (= calculatoires) tout d&#39;abord. Elles permettent de mettre en place des ingénieries statistiques (loi des grands nombres) : l&#39;exemple le plus abouti est la fonction &quot;google suggest&quot;</li>
<li>des métriques du &quot;partage&quot; (= de la rediffusion). Elle reposent sur des ingénieries relationnelles dédiées et &quot;dé-liées&quot;, c&#39;est à dire fonctionnant en <a href="/mon_weblog/2010/05/le-like-tuera-le-lien.html" target="_blank" rel="noopener">négation du principe du lien hypertexte</a> : l&#39;exemple le plus abouti est le &quot;like&quot; de Facebook.</li>
<li>enfin, des métriques de vitesse. Vitesse du partage, vitesse de la suggestion, vitesse de la recherche et de la réponse à <a href="/mon_weblog/2010/09/la-reponse-avant-la-question.html" target="_blank" rel="noopener">des questions non-encore posées</a> : Google instant search est ici l&#39;exemple le plus frappant. </li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
</ul>
<h2 style="text-align: right;">Et le stock devint le flux. Et réciproquement.</h2>
<p style="text-align: justify;">Second particularisme de l&#39;ordre documentaire inauguré par le numérique, l&#39;inversion des logiques de stock et de flux. Dans l&#39;ancien monde, les produits (livres, CD, DVD, etc) constituaient le stock ; les régimes médiatiques (publicité) et attentionnels (autorité) très étroitement interdépendants, se chargeant d&#39;y insuffler des logiques de flux (prescription, vente, conseil), logiques conditionnant elle-mêmes les routines de distribution (nombre d&#39;impression, tirages et retirages, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">La logique est aujourd&#39;hui inverse. <strong>Le stock c&#39;est l&#39;attention, le flux, c&#39;est le produit.</strong> Non que, comme le résume trop souvent et bien trop sommairement la vulgate du web, non que l&#39;information soit devenue un &quot;flux&quot; : c&#39;est là l&#39;une des raisons mais ce n&#39;est pas la raison suffisante. A regarder de près la gestion des entrepôts d&#39;Amazon, une grande partie des produits des industries culturelles résiste encore assez bien à toute fluidification <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<h2 style="text-align: right;">Nouveaux gardiens du temple.</h2>
<p style="text-align: justify;">Les anciens gardiens de l&#39;ordre documentaire étaient principalement les éditeurs (accompagnés en seconde intention par les bibliothécaires). Les nouveaux gardiens de l&#39;ordre documentaire (moteurs, réseaux sociaux et &quot;grands magasins&quot; de type Apple Store) stockent de l&#39;attention, grâce notamment aux ingénieries statistiques qui leur permettent de travailler &#8211; et de prescrire &#8211; dans l&#39;instant, mais qui, on l&#39;oublie trop souvent, leur permettent également de travailler sereinement dans la durée des régimes de prescription (et de recommandation : l&#39;exemple parfait étant Amazon). C&#39;est cette attention constituée comme &quot;stock&quot; qui va permettre d&#39;organiser, de documenter, les logiques de flux (quel document, quelle application), qui seront elles-mêmes ensuite à la base des routines de distribution.</p>
<h2 style="text-align: right;">Aux deux bouts de la chaîne.</h2>
<p style="text-align: justify;">Mais la différence principale entre le nouvel et l&#39;ancien ordre documentaire ne vient pas que de là. Dans le nouvel ordre documentaire du monde ce sont les mêmes qui créent, contrôlent et maîtrisent le stock attentionnel (et qui sont les seuls à pouvoir le faire) que l&#39;on retrouve également en bout de chaîne, en tant de distributeurs (Amazon bien sûr, mais également Apple et l&#39;Apple Store ou plus récemment Google avec GooglePlay). Le dialogue qui existait dans l&#39;ancien monde entre les gardiens (éditeurs) et les marchands (régimes médiatiques), est rompu. Le fragile équilibre obligeant les premiers à prendre en compte les seconds &#8211; et réciproquement &#8211; n&#39;a plus lieu d&#39;être. D&#39;où un risque évident pour ce que l&#39;on nomme la diversité éditoriale. Un risque qui n&#39;est pas &#8211; uniquement ou majoritairement &#8211; lié à l&#39;auto-édition ou à tout autre phénomène de babélisation des expertises (n&#39;importe qui peut publier n&#39;importe quoi et se déclarer expert de n&#39;importe quoi d&#39;autre), mais à une désintermédiation inédite à l&#39;échelle des industries culturelles et à un basculement de nature &quot;économique&quot; dans laquelle &quot;nous sommes le produit&quot; (à tout le moins nos régimes attentionnels le deviennent). Les mêmes acteurs étant présent en début et en fin de chaîne, ils ont toute latitude et toute aisance pour contôler également la distribution et le portage, via les mêmes algorithmes. L&#39;architecture du cloud (banque de stockage autant que de production et de distribution) leur fournissant tous les outils d&#39;une nouvelle <a href="http://www.internetactu.net/2012/04/04/linternet-physique-appliquer-les-principes-dinternet-a-la-logistique/" target="_blank" rel="noopener">logistique attentionnelle</a>. Au-delà même de la seule diversité éditoriale, c&#39;est tout le débat autour de la diversité culturelle qui est posé, celui de possibles référents culturels partagés indépendamment des idéologies et des croyances de chacun, celui de la possibilité même d&#39;existence de ces référents culturels (voir à ce sujet les travaux d&#39;Eli Pariser sur notre &quot;Filter Bubble&quot;, chroniqué avec d&#39;autres dans l&#39;excellent article &quot;Mind Control &amp; The Internet, <a href="http://mondedulivre.hypotheses.org/448" target="_blank" rel="noopener">tous deux référencés ici</a>).</p>
<h2 style="text-align: right;">Antagonisme du social et du médiatique.</h2>
<p style="text-align: justify;">Autre problème, les &quot;anciens&quot; régimes médiatiques et attentionnels (radio et télévision) qui faisaient l&#39;interface entre les produits culturels (le stock) et les services (le flux) et participaient à ce titre de manière déterminante (parfois insuffisamment ou à l&#39;excès &#8230; mais c&#39;est un autre débat) à la régulation de cet ordre documentaire passé, ceux-là même jouent avec le feu <a href="http://politique.radiofrance.fr/radio-france-politique-social/" target="_blank" rel="noopener">en autorisant un grignotage de leur espace de prescription pour des raisons d&#39;audience</a> (euphémiquement toilettées du motif de &quot;socialisation&quot;), incapables ou refusant de voir qu&#39;elles contribuent ainsi à mettre en place un ordre documentaire dans lequel elles n&#39;auront demain plus aucune place.</p>
<h2 style="text-align: right;">L&#39;exemple du match de foot (ou de rugby).</h2>
<p style="text-align: justify;">Regarder aujourd&#39;hui un match de foot sur son ordinateur ou sa télé connectée est devenu une stratification de régimes attentionnels extrêmement complexe, qui a peu de chances d&#39;être pérenne, et dont l&#39;issue (= les régimes attentionnels qui subsisteront en étant les plus plébiscités) façonnera les régimes attentionnels de demain en légitimant ceux qui en sont les garants. Je m&#39;explique.</p>
<p style="text-align: justify;"><a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef016764acb705970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Matchdefoot" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef016764acb705970b" src="/.a/6a00d8341c622e53ef016764acb705970b-800wi" title="Matchdefoot" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La scène se passe sur le principal média télévisuel prescripteur : TF1. Sur l&#39;écran, un match de foot en visuel. Auquel se surajoute le classique commentaire &quot;audio&quot; des journalises sportifs. Bref, un match à la télé. Auquel se surajoute la transcription écrite &#8211; partielle &#8211; du commentaire audio. A laquelle se surajoute en bas de l&#39;écran (mais dans un même espace de la page, dans une même &quot;unité de lieu&quot;) la transcription écrite des autres matchs se déroulent dans une même unité de temps, transcription multipliée et multipliable à volonté à l&#39;aide des différents onglets disponibles. Pendant ce temps à gauche de l&#39;écran, l&#39;espace médiatique et le régime attentionnel se déplace et change de nature : il s&#39;agit de l&#39;affichage &quot;live&quot; de l&#39;ensemble des commentateurs inscrits sur Facebook et &quot;captés&quot; non par le même média (TF1) mais par le même &quot;spectacle&quot; (le match de foot) <em>sur</em> un autre média (Facebook). Du coup, notre routine attentionnelle est atomisée, fragmentée entre différents stimulus. Elle ne peut en aucun cas se porter de manière égale sur chacun d&#39;entre eux. Ce qui a l&#39;avantage de permettre au spectateur de se déporter vers un autre régime attentionnel lorsque le match devient ennuyeux (un autre match dans les onglets du bas, le &quot;clavardage&quot; sur Facebook, ou la lecture rétro-chronologique des discussions archivées). Et ce qui à l&#39;inconvénient (je le sais, cela m&#39;est arrivé <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> de lui faire rater un but ou une occasion de but se produisant sur un &quot;temps faible&quot; du match. Lequel ratage ne devient d&#39;ailleurs plus véritablement un problème puisque des dispositifs de visionnage permettent désormais un &quot;instant replay&quot;, c&#39;est à dire la possibilité alors même que le match est en cours de revisionner une action ayant eu lieu depuis son commencement, et ce tout en pouvant continuer de suivre le déroulement normal du match (l&#39;écran du match étant alors divisé en 2 fenêtres).</p>
<p style="text-align: justify;">Bref il y aurait beaucoup à dire tant sur le plan de la médiologie que sur celui de la redocumentarisation sur ce seul dispositif attentionnel de visionnage. Mais ce n&#39;est pas l&#39;objet de ce billet <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<h2 style="text-align: right;">Audimat contre Big Data.</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce que montre, en revanche, ce dispositif, et qui est l&#39;objet de ce billet, c&#39;est que pour la première fois les médias (en l&#39;occurrence TF1) autorisent, au coeur même de leur écosystème, l&#39;irruption de régimes attentionnels (et promotionnels) sur lesquels ils n&#39;ont aucune prise, dont ils ne maîtrisent ni le flux, ni le stock ; des régimes attentionnels et promotionnels qui ne peuvent pas être, même rétroactivement éditorialisés. Bref, l&#39;irruption d&#39;une concurrence directe au sein même d&#39;un espace et d&#39;un temps médiatique fondamentalement anti-concurrentiel : là où jusqu&#39;ici tout concourrait à faire de TF1 une machine a capter de l&#39;audience pour ensuite la &quot;capitaliser&quot; au moment de la pause publicitaire, comment ne pas s&#39;étonner qu&#39;elle prenne elle-même le risque de &quot;casser&quot; cette logique ? Ce me semble être un pari très risqué que de penser que les &quot;nouvelles audiences&quot; ainsi captées lui offriront les mêmes possibilités de rente que celles du spectateur assis devant l&#39;écran de sa télévision ; c&#39;est en tout cas profondément méconnaître le modèle d&#39;économie documentaire qui est à l&#39;oeuvre dans Facebook (puisque c&#39;est ici lui qui joue le rôle de partenaire et d&#39;intrus).</p>
<p style="text-align: justify;">Car dans ce basculement économique et médiatique de la prescription, la spectacularisation (engouement pour la TV-réalité, le sport ou, dans un autre registre, la Trash-TV, l&#39;info continue) participe du seul levier permettant de contrôler l&#39;arrimage de l&#39;audience à un programme, au travers d&#39;une mesure réduite à un dispositif d&#39;engrammation extrêmement basique et très faiblement documenté (les fameuses boîtes noires de l&#39;audimat qui ne détectent &quot;que&quot; les changements de chaîne et en aucun cas la capacité attentionnelle de la ou des personnes devant l&#39;écran). A l&#39;opposé, la spectacularisation n&#39;est plus aucunement nécessaire à des acteurs qui disposent de métriques profilaires et comportementales d&#39;interactivité, de conversation, d&#39;écriture et de lecture extrêmement fines, contextuelles et documentées.</p>
<h2 style="text-align: right;">Le crépuscule du spectaculaire. L&#39;aube du vernaculaire.</h2>
<p style="text-align: justify;">C&#39;est encore là l&#39;un des effets de bords de la théorie de la longue traîne ou la monétisation &quot;au long cours&quot; peut se faire sur des contenus à faible valeur &quot;spectaculaire&quot; (cf le tombereau d&#39;indigentes vidéos plus ou moins &quot;virales&quot; qui submergent chaque jour nos murs Facebook) mais dont le potentiel attentionnel est dopé par une (re)diffusion aussi ciblée que facilitée et à très faible coût cognitif (le bouton &quot;like&quot; principalement). En simplifiant à l&#39;extrême ces mécanismes de &quot;partage&quot; et de rediffusion, en facilitant toutes les ingénieries de la viralité, les nouveaux acteurs de la chaîne accumulent d&#39;autant plus facilement du capital attentionnel (&quot;stock&quot;) qu&#39;ils appauvrissent la valeur informationnelle des documents qui circulent (et qui ne sont que le &quot;flux&quot;). La dimension spectaculaire du produit (= le match, ce qui &quot;est&quot; produit et ce qui est &quot;le&quot; produit) jusqu&#39;ici nécessaire pour capter l&#39;attention dans un régime de surenchère médiatique, s&#39;efface au profit d&#39;une dimension vernaculaire de l&#39;attention pensée comme produit (et stockée comme telle) et pour laquelle la faible valeur informationnelle des documents en bout de chaîne peut être largement compensée (monétisation) par la caractérisation fine et dynamique des régimes attentionnels qui la sous-tendent. Je résume sans les parenthèses :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>La dimension spectaculaire du &quot;produit&quot; s&#39;efface au profit d&#39;une  dimension vernaculaire de l&#39;attention pensée comme produit (et stockée  comme telle) ; l&#39;affaiblissement de la valeur attentionnelle propre au produit/document résultant de ce changement n&#39;est pas problématique, étant largement compensée par la caractérisation fine et dynamique des régimes attentionnels qui sous-tendent sa &quot;distribution&quot;.</strong></em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;Nous&quot; ne regardons plus un événement spectaculaire (ou censé l&#39;être) dans/sur un média, mais, &quot;nos régimes attentionnels&quot; sont scrutés dans leurs divers déplacements (d&#39;un espace à l&#39;autre, d&#39;un média à l&#39;autre).</p>
<h2 style="text-align: right;">Politiques algorithmiques.</h2>
<p style="text-align: justify;">Je ne vais pas redire ici ce que j&#39;expliquais déjà <a href="/mon_weblog/2012/03/le-web-en-lettres-capital.html" target="_blank" rel="noopener">là</a> ou <a href="/mon_weblog/2012/03/documentation-haute-frequence.html" target="_blank" rel="noopener">là</a>. Il est clair que les algorithmes, au travers de leur code spécifique (aspect mathématique), mais également au travers de leurs agents (les fameux &quot;bots&quot;) règnent en maître sur la majorité des pratiques et des industries culturelles, de la &quot;lecture&quot; à la &quot;vente&quot; en passant par la prescription et la recommandation. Il est également clair que les mêmes algorithmes ne s&#39;embarasseront pas longtemps des spécificités culturelles de certains régimes linguistiques pour proposer (et imposer) un ordre documentaire qui serve au mieux leurs intérêts ; plus exactement, il est clair que ces algorithmes trouveront comment instrumentaliser au mieux les spécificités culturelles de certains régimes linguistiques. Mais.</p>
<h2 style="text-align: right;">Le code et la copie.</h2>
<p style="text-align: justify;">Tout empire reposant sur une formule mathématique est un colosse aux pieds d&#39;argile. Et comme ces nouveaux gardiens de l&#39;ordre documentaire du monde, ne peuvent plus, à l&#39;image des anciens, se reposer sur la matérialité d&#39;un trésor (thesaurus) physique, comme leur stock est constitué de la seule matérialité calculatoire (computationnelle) nos régimes attentionnels, quiconque parviendrait à &quot;craquer&quot; leur algorithme les mettrait instantanément à genoux. Si l&#39;info d&#39;un geek ayant réussi à percer les secrets de l&#39;algorithme de Klout et les rendant disponibles en &quot;Open Source&quot; n&#39;était finalement qu&#39;un <a href="http://www.blueboat.fr/lalgorithme-de-klout-hacke" target="_blank" rel="noopener">habile poisson d&#39;avril</a>, elle n&#39;en illustre pas moins la fragilité de l&#39;ensemble du système sur lequel repose cet ordre documentaire. D&#39;où la politique d&#39;opacité entretenue par chacun des acteurs (Google en tête) pour modifier en permanence le coeur de son algorithmie. Des modifications incessantes qui relèvent au moins autant de raisons d&#39;ingénierie (essayer d&#39;améliorer ledit algorithme), d&#39;argumentaire marketing (&quot;regardez comme nous améliorons sans cesse notre moteur&quot;), et peut-être plus fondamentalement de raisons de suprématie économique : il s&#39;agit de s&#39;assurer par lesdits incessants changements que la volatilité ainsi produite rendra impossible toute rétro-ingénierie, impossible toute copie. Comme cela est notamment <a href="http://www.numerama.com/magazine/22228-vlc-saisit-hadopi-pour-obtenir-le-droit-de-lire-les-blu-ray-sous-drm.html" target="_blank" rel="noopener">rappelé ici</a>, &quot;<em>la lecture, en informatique, c&#39;est mécaniquement de la copie.&quot; </em>Rendre la copie impossible <em>nécessite donc</em> de rendre toute lecture algorithmique impossible pour des regards extérieurs.&#0160;</p>
<h2 style="text-align: right;">Read/Write <span style="text-decoration: line-through;">Web</span> Attention.</h2>
<p style="text-align: justify;">C&#39;est d&#39;ailleurs là une autre des particularités de ce nouvel ordre documentaire numérique : à l&#39;image d&#39;une ingénierie dans laquelle les accès aux biens produits peuvent être rendus disponibles &quot;en lecture&quot; et/ou &quot;en écriture&quot;, la maîtrise du nouveau stock de nos régimes attentionnels scinde en deux catégories distinctes les entreprises de ce <a href="/mon_weblog/2012/03/le-web-en-lettres-capital.html" target="_blank" rel="noopener">capitalisme cognitivo-linguistique</a>, de cette &quot;holding&quot; de l&#39;attention :</p>
<ul>
<li>ceux qui possèdent un accès en lecture seule au stock : il s&#39;agit là des <strong>industries de la notoriété</strong>, comme l&#39;emblématique Klout, qui ne peuvent que proposer des outils (et des monétisations) reposant sur des vues matricielles de nos régimes attentionnels.</li>
<li>ceux qui possèdent un accès en lecture <em>et</em> en écriture au stock : il s&#39;agit cette fois des <strong>industries &quot;du document&quot;</strong> (le document étant ici entendu dans son désormais <a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/24/LivreBlogueCours" target="_blank" rel="noopener">traditionnel découpage Vu / Lu / Su</a>) qui ont toute latitude pour déchiffrer autant que pour contraindre la nature, l&#39;étendue, l&#39;horizon et la direction de nos régimes attentionnels. </li>
</ul>
<h2 style="text-align: right;">Canada Dry.</h2>
<p style="text-align: justify;">A observer les bouleversements actuels, on remarquera pourtant ce qui pourrait ressembler à un retour en force du document comme stock physique, notamment au travers de la montée en charge de Google Play (<a href="http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2012/04/google-play-livres-%C3%A7a-sactive.html" target="_blank" rel="noopener">les livres arrivent</a>, les <a href="http://www.actualitte.com/actualite/culture-arts-lettres/cinema/google-a-fait-a-la-paramount-une-offre-qu-elle-ne-pouvait-pas-refuser-33311.htm?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed:+Actualitt-UnePageDeCaractre+%28Actualitt%C3%A9+-+Une+page+de+caract%C3%A9re%29" target="_blank" rel="noopener">films sont déjà là</a>) dans le sillage de l&#39;Apple store. On m&#39;objectera que c&#39;est donc là le retour de l&#39;ancien monde, de cet &quot;<em>ordre documentaire antérieur dominé par l’édition qui vend des objets et protège le contenu par la propriété intellectuelle&quot; </em>et que seule change la plateforme de distribution : YouTube devient notre cinéma, Amazon notre libraire, l&#39;AppleStore notre supermarché. On aura tort. Cela a le goût d&#39;un retour à l&#39;ancien ordre documentaire,  cela en a l&#39;odeur mais je maintiens que c&#39;est bien l&#39;installation d&#39;un nouvel ordre  documentaire que ces exemples traduisent.<strong>&#0160;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0168e9b7764e970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Outernet" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0168e9b7764e970c image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0168e9b7764e970c-800wi" title="Outernet" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&lt;incise&gt;</strong> par parenthèse et commentaire à l&#39;image ci-dessus, on notera que dans  ce nouvel écosystème de l&#39;Outer-net, chaque acteur majeur met en place  son &quot;center-net&quot; ou &quot;jardin fermé&quot;. Soit un double antagonisme avec les  logiques de l&#39;inter-net, à la fois sur le fond (Outer-net  hyperterritorialisé VS déterritorialisation fondatrice du Net et  neutralité du réseau) et sur la forme (center-net VS Web et réticularité  des hyperliens) <strong>&lt;/incise&gt;</strong></p>
<h2 style="text-align: right;">On The Cloud. On Demand. Read Only.</h2>
<p style="text-align: justify;">Avec l&#39;essor programmé des tablettes qui remplaceront à terme (peut-être sous une forme légèrement modifiée) l&#39;ordinateur de bureau dans l&#39;équipement standard des foyers, avec l&#39;arrivée des télés connectées, avec la montée en charge de la RNT (radio numérique terrestre) qui devient autant un média de l&#39;image et du texte qu&#39;un média du son, avec, surtout, surtout, surtout, (surtout) la déportation massive dans la banque du cloud de ces documents (livres, CD, DVD, apps), avec la négation de tout acte d&#39;achat vécu comme appropriation au profit d&#39;un modèle d&#39;allocation** fournissant un accès en lecture seule (l&#39;accès en écriture étant vérouillé au moyen de DRM), avec la systématisation de la consommation d&#39;une offre culturelle &quot;on demand&quot; &#8230; avec tout cela, Google ne vend pas &quot;des objets&quot; en protégeant &quot;le contenu par la propriété intellectuelle&quot;. Il s&#39;adresse aux éditeurs pour leur vendre du stock attentionnel sur leurs contenus. La mise en conformité avec la propriété intellectuelle (et la rétribution des éditeurs) est proposée comme l&#39;un des éléments nécessaires de la négociation, mais pour les raisons précédemment citées (vernacularisation notamment, longue traîne accessoirement), elle n&#39;est que provisoire. Google et l&#39;AppleStore ne vendent pas et ne vendront jamais des stocks de documents. Ils vendent aux éditeurs de contenus notre attention, et ils nous (les utilisateurs) vendent des accès qui eux-mêmes augmentent le stock attentionnel disponible.&#0160;</p>
<p style="text-align: justify;">=============================</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;">**sur le modèle d&#39;allocation, voir <a href="/mon_weblog/2010/03/dialectique-de-la-cage-et-du-nuage.html" target="_blank" rel="noopener">ce billet</a> dans lequel j&#39;expliquais : &quot;dans le cadre de l&#39;appropriation marchande  (= achat) d&#39;un bien culturel  (livre, musique ou film) ce qui nous est  présenté comme un acte d&#39;achat  impliquant l&#39;usage privatif inaliénable  du bien concerné, n&#39;est en fait  qu&#39;une location dissimulée, le fichier  résident &quot;à distance&quot; et la  transaction commerciale se déplaçant à  l&#39;unisson, c&#39;est à dire ne  désignant plus le bien en lui-même mais  plutôt l&#39;autorisation d&#39;accès à  distance au dit bien. On ne vend plus  un bien, on alloue un accès (cf le  <a href="/mon_weblog/2008/11/le-tr%25C3%25A8s-r%25C3%25A9cent-accord-historique-pass%25C3%25A9-par-google-avec-les-%25C3%25A9diteurs-am%25C3%25A9ricains-continue-de-faire-causer-sur-la-toile-et.html" target="_blank" rel="noopener">modèle de l&#39;a-llocation décrit dans ce billet</a>),   on met en place une &quot;souscription&quot; : l&#39;écriture de l&#39;acte commercial,   la trace &#8211; opposable en cas de conflit &#8211; de la transaction, devient, à   son tour, une écriture &quot;en-dessous&quot;, sub-scribere. Soit l&#39;aboutissement   de la <a href="/mon_weblog/2005/11/moebius_le_web_.html" target="_blank" rel="noopener">logique décrite dans ce billet.)</a></span></p>
<p style="text-align: justify;">=============================</p>
<h2 style="text-align: right;">La grille de lecture du projet GoogleBooks.</h2>
<p style="text-align: justify;">A plus d&#39;un titre, la stratégie de Google dans le monde du livre et de l&#39;édition et l&#39;interminable feuilleton judiciaire qui l&#39;accompagne, constituent une grille de lecture utile pour l&#39;ensemble de l&#39;avenir de la filière des industries culturelles (même si, nous sommes bien d&#39;accord, tout n&#39;est pas transposable). L&#39;enjeu déjà souligné d&#39;une possible fin de toute diversité éditoriale apparaît en ligne d&#39;horizon de ce cercle &quot;vertueux&quot; dont sont progressivement exclus les éditeurs et les médias &quot;classiques&quot; (même si ces derniers résistent davantage). Dans les premiers épisodes du procès GoogleBooks, contre espèces sonnantes et trébuchantes, les éditeurs ont accepté de capituler sur ce qui aurait pourtant dû être le seul élément non-négociable : la constitution, par Google, d&#39;un trésor (thesaurus) sans aucune commune mesure de documents sous droits dont il n&#39;est certes pas (encore) libre de disposer comme il l&#39;entend mais qui pèsera de manière déterminante dans les futures négociations. Dépossédés de leur &quot;stock&quot; physique et ne disposant pas de la compensation attentionnelle nécessaire, les éditeurs n&#39;auront n&#39;autre choix que d&#39;accepter que leur stock devienne un flux parmi d&#39;autres. Aujourd&#39;hui, les premiers à en faire les frais sont le maillon le plus fragile de la chaîne, les libraires, <a href="http://booksearch.blogspot.fr/2012/04/change-to-our-retailer-partner-program.html" target="_blank" rel="noopener">que Google vient de lâcher officiellement</a>. Après les avoir pressurés pour leur imposer ses conditions et les contraindre à se ranger à ses côtés ou à disparaître (en gros hein ;-), et suite à la maturation et au lancement de son offre GooglePlay qui peut s&#39;appuyer sur un catalogue certes encore assez maigre mais surtout sur le formidable vortex attentionnel constitué par le moteur, Google annonce :&#0160;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&quot;we introduced a multi-faceted approach to selling ebooks: online, on  devices, through affiliates and through resellers. One part of that  effort &#8212; the reseller program &#8212; has not gained the traction that we  hoped (&#8230;) <a href="https://play.google.com/books" target="_blank" rel="noopener">Books</a> will continue to be a major content pillar alongside <a href="https://play.google.com/apps" target="_blank" rel="noopener">apps</a>, <a href="https://play.google.com/music" target="_blank" rel="noopener">music</a> and <a href="https://play.google.com/movies" target="_blank" rel="noopener">movies</a> in the Google Play store. And &#8212; regardless of where they bought them  &#8212; customers will still be able to access and read their ebooks on the  web, phones, tablets and compatible eReaders.&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ita Missa Est</strong>. Ayant eux-mêmes, principalement par le biais de leurs représentations professionnelles, très largement contribué à saborder leur force de prescription collective, ne pouvant se reposer que sur un stock qui rebute à prendre le virage du flux (demandez à un libraire ce qu&#39;il pense du livre numérique &#8230;), les libraires ne représentent plus rien pour la banque attentionnelle de Google. Seul lui importe, désormais installé sur le navire amiral annoncé comme rival de celui d&#39;Apple, seul lui importe de mobiliser son stock attentionnel pour organiser les logiques de flux (&quot;books, apps, music, movies&quot;) multimodales, synchrones et ubiquitaires (web, phone, tablets, eReaders), en vérouillant autant que possible toute possibilité d&#39;écriture (DRM ou téléchargement) au profit d&#39;accès en lecture seule (read-only).</p>
<p style="text-align: right;"><em>Du côté de la deuxième dimension du document (le &quot;Lu&quot;, le &quot;texte&quot;), les intermédiaires sont à l&#39;agonie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&lt;Incise&gt;</strong>Voilà d&#39;ailleurs pourquoi le travail qu&#39;effectue François Bon et son équipe sur Publie.net depuis plusieurs années est visionnaire à plus d&#39;un titre : non pas seulement par le modèle économique auquel on les résume trop souvent (50-50), mais parce qu&#39;en comprenant avant tous les autres ce que l&#39;édition &#8211; et la littérature &#8211; pouvaient avoir à gagner dans l&#39;investissement du stock attentionnel numérique et des flux croisés de la prescription, tout en ne boudant pas une exposition contrôlée et adaptée sur les grandes banques attentionnelles d&#39;Amazon ou d&#39;Apple et en proposant systématiquement une alternative interopérable aux oeuvres produites, voilà pourquoi le modèle Publie.net semble aujourd&#39;hui être le seul à ne pas prêter ouvertement le flanc à une spoliation en règle de son fonds de commerce (= son stock attentionnel, pas ses bouquins :), et à proposer simultanément un modèle de riposte graduée crédible et pérenne face aux géants qui semblent le cerner. <strong>&lt;/incise&gt;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&lt;Double incise&gt;</strong> Voilà pourquoi également l&#39;initiative de la #copyparty revêtait à mes yeux une si grande importance. Parce qu&#39;en plus d&#39;y &quot;<a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/03/08/Copy-party-et-fin-de-parenth%C3%A8se-Gutenberg" target="_blank" rel="noopener">refermer la parenthèse Gutenberg</a>&quot;, on n&#39;y est pas venu pour trivialement &quot;photographier des livres&quot;, mais pour y échanger et y partager <em>de l&#39;attention aux livres</em>, de l&#39;attention aux oeuvres, et aussi par effet de bord, de l&#39;attention aux autres. <strong>&lt;/double incise&gt;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Autre exemple celui d&#39;Amazon : &quot;<em>16 of the Top 100 Best-Selling Paid Kindle Books in March Are Exclusive to the Kindle Store</em>&quot; (<a href="http://www.digitalbookworld.com/2012/sixteen-of-top-100-paid-kindle-books-in-march-exclusive-to-kindle-koll-update/" target="_blank" rel="noopener">Source</a>). &quot;<em>Seulement 16%</em>&quot; diront certains ? <em>&quot;Déjà 16%&quot;</em> répondront d&#39;autres, peut-être plus avisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre exemple du côté, cette fois, de la 1ère dimension du document (le &quot;Vu&quot;, la &quot;forme&quot;) : là encore fini de jouer avec le stock physique. Tout médiation est vécue comme une perte sèche attentionnelle, une perte de ca$h. Donc là encore, <a href="http://www.ecrans.fr/Les-revendeur-Apple-au-bord-de-l,14047.html" target="_blank" rel="noopener">on étrangle les intermédiaires</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, du côté de la troisième dimension (le &quot;Su&quot;) il faut noter l&#39;extraordinaire essor du modèle de l&#39;abonnement (<a href="/mon_weblog/2005/11/moebius_le_web_.html" target="_blank" rel="noopener">logique de souscription</a>) :</p>
<ul style="list-style-type: none;">
<li>
<p>&quot;<em>The global number of paying subscribers for music services has grown by 65 per cent, from an estimated 8.2 million in 2010 to over 13.4 million in 2011</em>&quot;</p>
</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Une hausse de 65% par rapport à 2010, comme le note <a href="http://www.ifpi.org/content/section_resources/dmr2012.html" target="_blank" rel="noopener">le rapport de l&#39;IFPI</a> (organisation internationale des producteurs de disque) <a href="http://www.20minutes.fr/article/865894/revenus-musique-numerique-hausse-8-monde-2011" target="_blank" rel="noopener">chroniqué par 20 minutes</a>, principalement causée par l&#39;essor des plateformes &quot;légales&quot; et qui là encore confirme le double mouvement de désintermédiation (suppression des intermédiaires) et de dépossession (suppression de la possibilité du téléchargement, modèle &quot;read-only&quot;) engagé. L&#39;abonnement est ici constitué objectivement comme le principal allié d&#39;un modèle économique construit sur du stock attentionnel en ceci qu&#39;il est le seul permettant de contraindre la fréquence, la régularité et l&#39;exposition de nos consommations, de nos souscriptions aux biens culturels proposés, le seul également qui permette de capitaliser sur du stock attentionnel plutôt que sur des produits culturels.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;ça me fait penser que&gt;</span></strong> Le rapport de l&#39;IFPI <a href="http://www.ifpi.org/content/section_resources/dmr2012.html" target="_blank" rel="noopener">souligne d&#39;ailleurs le rôle d&#39;Hadopi</a> et plus généralement les divers dispositifs de riposte graduée nécessitant la collaboration des ISP (Internet Service Providers) dans la baisse du &quot;piratage&quot; et l&#39;essor du &quot;téléchargement légal&quot;. Cette effet pneumatique (moins de piratage = plus de téléchargement légal) n&#39;a pas lieu d&#39;être contesté, à tout le moins si l&#39;on admet que le besoin de consommation reste constant. Mais la loi Hadopi n&#39;est là que pour renforcer les régimes attentionnels en place, illusoirement au profit des éditeurs d&#39;hier, et plus certainement demain au profit des majors attentionnelles. Il s&#39;agit donc d&#39;une formidable hypocrisie, semblable à celle qui fit à l&#39;époque céder la cinquième à Berlusconi ou TF1 à Martin Bouygues, sur la base d&#39;un cahier des charges visant explicitement à developper la dimension &quot;culturelle&quot; des programmes. Quelques années de régimes attentionnels (et publicitaires) plus tard, on mesure ce qu&#39;il en est advenu. Hadopi ne permettra en rien de mieux financer la &quot;création&quot;, de défendre le &quot;droit d&#39;auteur&quot;, ou de garantir la &quot;diversité éditoriale&quot; : elle assurera en revanche une situation de rente supplémentaire aux industries qui contrôlent aujourd&#39;hui &#8211; et/ou contrôleront demain &#8211; l&#39;ensemble de la production culturelle <strong><span style="color: #ff0000;">&lt;/ça me fait penser que&gt;</span></strong></p>
<h2 style="text-align: right;">&quot;&#8230; c&#39;est que vous êtes le produit&quot;.</h2>
<p style="text-align: justify;">&quot;<a href="http://www.internetactu.net/2012/02/27/quand-vous-ne-voyez-pas-le-service-cest-que-vous-etes-le-produit/" target="_blank" rel="noopener">Quand vous ne voyez pas le service, c&#39;est que vous êtes le produit.</a>&quot; (illustration notamment <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303302504577327744009046230.html" target="_blank" rel="noopener">ici</a>) La part des applications et des biens culturels &quot;gratuits&quot; sur ces différentes plateformes atteste bien d&#39;un déplacement de la valorisation du capital qui n&#39;a rien de symbolique.</p>
<h2 style="text-align: right;">La stratégie du vérouillage.</h2>
<p style="text-align: justify;">Passé l&#39;enthousiasme technophile pour ces nouveaux ordres documentaires, passé le temps des technologies en mutation constante, passée la quête d&#39;un ordre économique stable, les acteurs ont désormais compris qu&#39;il leur fallait franchir une nouvelle étape pour garantir l&#39;alimentation dudit modèle économique, empêcher ou rendre délicate et non-naturelle toute sortie du système, et contraindre les pratiques à l&#39;intérieur même de celui-ci. Cette stratégie du vérouillage va prendre 3 formes différentes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour les sites &quot;magasins&quot;</strong> (Amazon, Apple Store, Google Play), l&#39;une des stratégies est celle de la forme : il s&#39;agit de proposer une forme ou une plateforme contrainte, propriétaire, non-interopérable pour tout acte de dépôt attentionnel et de consommation afférente : c&#39;est le Kindle pour Amazon, l&#39;écosystème et les terminaux Apple pour l&#39;AppleStore, la consultation dans le &quot;Google Cloud&quot; pour Google Play.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour les sites de réseaux sociaux</strong>, il s&#39;agira de s&#39;appuyer sur la dimension du social (le &quot;Su&quot;), de littéralement &quot;retourner&quot; la logique d&#39;externalité du lien hypertexte et d&#39;amplifier les processus de rediffusion au sein d&#39;une communauté d&#39;audience aussi captive qu&#39;étendue. &#0160;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais c&#39;est en analysant les stratégies des &quot;moteurs de recherche&quot;</strong> du côté du texte (le &quot;Lu&quot;) que se donnent à lire les stratégies les plus complexes et probablement les plus efficaces sur le long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">(1er TEMPS) Avec l&#39;arrivée de Google les moteurs se positionnent comme de &quot;simples&quot; indexeurs. Quelques années plus tard, c&#39;est toute une économie de la lecture industrielle qui est en place. (2nd TEMPS) Les moteurs deviennent également <a href="http://actu.abondance.com/2011/02/google-change-les-titres-de-pages-dans.html" target="_blank" rel="noopener">des scripteurs capables de s&#39;affranchir du code inscrit par l&#39;auteur</a>, donnant à l&#39;expression &quot;écriture industrielle&quot; tout son sens. Nous sommes aujourd&#39;hui dans le (3ème TEMPS) de leur stratégie : contrôlant au moyen de l&#39;omniprésence de leurs &quot;bots&quot; et du poids du modèle économique d&#39;enchère textuelle qu&#39;ils ont érigé en paradigme indépassable, contrôlant par ces deux moyens la quasi-totalité des stratégies attentionnelles de lecture et d&#39;écriture sur le réseau, il leur reste à modeler, à normaliser dans un sens qui soit celui des spécificités de l&#39;ordre documentaire qu&#39;ils promeuvent, ce qui relève du tolérable, de l&#39;acceptable et de l&#39;interdit. On observe donc, chez Google notamment, un mouvement en deux temps.</p>
<h2 style="text-align: right;">&quot;La guerre, c&#39;est la paix, la liberté c&#39;est l&#39;esclavage, l&#39;ignorance c&#39;est la force.&quot;</h2>
<p style="text-align: justify;">Il s&#39;agit d&#39;édicter ce qui ressemble à des conseils ou des bonnes pratiques sur le coeur même de l&#39;activité d&#39;écriture numérique alors qu&#39;il s&#39;agit en fait d&#39;une norme Orwellienne (&quot;nous savons ce qui est bon pour vous&quot;) : <a href="http://actu.abondance.com/2012/04/google-envoie-des-avertissements-pour.html" target="_blank" rel="noopener">le &quot;bad linking&quot; devient un délit</a> en ce qu&#39;il vous prive de tout accès et de toute libre circulation possible dans l&#39;ordre documentaire du monde numérique de Google. Le régime algotithmique du texte devient discrétionnaire : l&#39;édiction de bonnes pratiques ne sert qu&#39;à assurer la définition de comportements déviants qui rendent &quot;légitimes&quot; une action de bannissement, de mise au ban, de dés-indexation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;Nota bene&gt;</span></strong> il s&#39;agit ici de souligner une dérive observable des pratiques et des régimes documentaires en place (en espérant partiellement la prévenir). Il ne s&#39;agit pas, en revanche, de nier qu&#39;il soit nécessaire de s&#39;armer contre la mise en place d&#39;un ordre documentaire dans lequel primerait une redocumentarisation presque totalement préemptée par les &quot;bots&quot;, ni de dénier aux moteurs la capacité et/ou l&#39;intérêt à le faire. Comme en atteste la copie d&#39;écran ci-dessous, l&#39;un des derniers entrants dans le petit monde des &quot;industries du document&quot;, Twitter, a d&#39;ailleurs, sur ce sujet, encore beaucoup à apprendre et à faire :</p>
<p style="text-align: justify;"><a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef016764e13f28970b-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Ordre-documentaire-du-bot" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef016764e13f28970b image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef016764e13f28970b-800wi" title="Ordre-documentaire-du-bot" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">A l&#39;occasion du récent décès de Richard Descoings et du régime attentionnel qu&#39;il instaure <em>de facto</em>, on mesure à quel point le stock attentionnel est phagocyté et détourné par l&#39;appropriation abusive de sites tentant, par l&#39;intermédiaire de leurs bots, de déporter ce stock attentionnel vers leur propre marché (ici celui de l&#39;industrie de la pornographie) <span style="color: #ff0000;"><strong>&lt;/Nota Bene&gt;</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois cette ligne jaune édictée on va, progressivement, flouter l&#39;ensemble repères qui permettraient de voir d&#39;éventuels déplacements de ladite ligne jaune, ou de disposer d&#39;une vue directe sur notre propre positionnement au regard des normes énoncées : on restreint les possibilités d&#39;accès aux options de recherche avancée (pourtant seules portes possibles vers une compréhension un peu &quot;fine&quot; des stratégies réticulaires de cette économie du texte), et on <a href="http://actu.abondance.com/2012/03/matt-cutts-la-commande-link-est.html" target="_blank" rel="noopener">&quot;bride volontairement&quot; l&#39;ensemble des commandes</a> qui permettraient de déployer un contre-argumentaire face au réquisitoire de celui (Google) qui se positionne à la fois comme outil de police et de justice du lien. L&#39;exemple de la commande &quot;link:&quot; est particulièrement emblématique, puisque <a href="http://actu.abondance.com/2012/03/matt-cutts-la-commande-link-est.html" target="_blank" rel="noopener">Matt Cutts confie sans sourciller et sans fard</a> :</p>
<blockquote>
<p>&quot; (&#8230;) ces outils ne sont que quantitatifs et ne font  pas la différence entre des liens &quot;de faible qualité&quot; (issus de footers,  d&#39;annuaires, de communiqués de presse, etc.) et des liens de bonne  qualité comme les apprécie Google. Selon Matt, de très nombreux liens ne  compteraient même pas dans l&#39;algorithme du moteur de recherche. Ce  n&#39;est donc pas en connaissant le nombre de backlinks d&#39;un site web que  l&#39;on peut avoir une idée de la qualité de son référencement. (&#8230;)&quot;</p>
</blockquote>
<h2 style="text-align: right;">Au (haut ?) risque d&#39;un Apartheid documentaire.</h2>
<p style="text-align: justify;">Un monde dans lequel il y a les bons et les mauvais (liens), où une autorité centrale décide en toute discrétion de ce qui fait la qualité des uns et le défaut des autres. La même autorité qui a construit l&#39;ensemble de sa suprématie sur la règle algorithmique pourtant simple du &quot;plus une page est citée/liée, mieux elle sera positionnée/référencée&quot; et qui depuis ce temps de l&#39;accession au pouvoir n&#39;a eu de cesse de détricoter cette règle, non pas uniquement pour &quot;améliorer&quot; ou &quot;adapter&quot; le régime en place, mais aussi et surtout pour éviter qu&#39;il ne puisse être, un jour, renversé. Comme je le soulignais plus haut (cf &quot;Le code et la copie&quot;) et comme le rappelle encore <a href="http://actu.abondance.com/2012/03/matt-cutts-la-commande-link-est.html" target="_blank" rel="noopener">Olivier Andrieu à la suite de l&#39;interview de Matt Cutts</a> :</p>
<blockquote>
<p>&quot;Il est également évident que le fait d&#39;obtenir les backlinks de façon  exhaustive pour de nombreux sites web permettrait de simuler des &quot;plans  de netlinking&quot; globaux pour des sites concurrents, ce que Google ne  désire pas <em>a priori</em>. Tout comme le fait de mieux comprendre l&#39;algorithme du moteur au travers de stratégies de <em>reverse engineering</em>&#8230;&quot;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">&lt;On notera que&gt;</span></strong> Pour les industries du document et les ingénieries du texte, ledit risque d&#39;Apartheid hypertextuel n&#39;est lui-même que la suite &quot;logique&quot; d&#39;une machinerie déjà ancienne <a href="/mon_weblog/2006/08/contrat_califor.html" target="_blank" rel="noopener">d&#39;eugénisme documentaire</a> ayant contribué pour une bonne part à faire le lit des régimes attentionnels captifs.<strong><span style="color: #ff0000;">&lt;/on notera que&gt;</span></strong></p>
<h2 style="text-align: right;">ON RÉSUME ?</h2>
<ul>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Que devient donc &quot;<em>l’ordre documentaire antérieur dominé par l’édition qui vend des objets  et protège le contenu par la propriété intellectuelle.</em>&quot; (<a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/08/25/Apple%2C-la-strat%C3%A9gie-de-la-forme" target="_blank" rel="noopener">Source</a>) Il est probable que l’ordre documentaire de demain sera dominé par la prescription qui vend de l&#39;attention et protège ses stocks par l&#39;algorithmie.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le même modèle et dans la lignée du tableau synoptique proposé <a href="http://www.affordance.info/mon_weblog/2012/04/le-web-en-lettres-capital-suite-et-fin-provisoire.html" target="_blank" rel="noopener">ici</a> à la suite de <a href="http://www.affordance.info/mon_weblog/2012/03/le-web-en-lettres-capital.html" target="_blank" rel="noopener">ce billet</a>, voici une vue également synoptique de l&#39;essentiel des points présentés dans ce billet.</p>
<p style="text-align: justify;">(si tu n&#39;y vois rien, tu cliques sur l&#39;image)</p>
<p style="text-align: justify;"><a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0168e9e45106970c-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Diapositive6" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef0168e9e45106970c image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef0168e9e45106970c-800wi" title="Diapositive6" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Sur un second tableau j&#39;ai simplement ajouté une ligne de démarcation entre l&#39;ordre documentaire d&#39;hier et celui d&#39;aujourd&#39;hui :<a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/files/diapositive7.jpg"></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef016764e3115e970b"> <a class="asset-img-link" href="http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef016303eeaf84970d-pi" style="display: inline;"><img decoding="async" alt="Diapositive7" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d8341c622e53ef016303eeaf84970d image-full" src="/.a/6a00d8341c622e53ef016303eeaf84970d-800wi" title="Diapositive7" /></a></p>
<p></span></p>
<p style="text-align: justify;">Comme on le voit, le point de bascule est le changement de nature entre ce qui constitue le stock et ce qui soncstitue le flux. La suprématie des logiques &quot;d&#39;audience&quot; et l&#39;avènement de la &quot;computation&quot; furent le révélateur et le fixateur de cette bascule, de ce changement de paradigme. Depuis ce changement, les &quot;industries du document&quot; (et les ingénieries qui les sous-tendent) entament une mutation dont les &quot;Big Data&quot; constituent la mesure, en opacifiant à dessein le code propriétaire qui sert d&#39;engrammation aux susnommées Big Data ainsi qu&#39;à leur exploitation dans une logique de renforcement de nos croyances informationnelles (&quot;Filter Bubble&quot;) sur la base d&#39;échanges vernaculaires accessibles en lecture seulement (&quot;read-only&quot;), rendant l&#39;idéologie du &quot;partage&quot; du web 2.0 à sa vraie nature : une réaffirmation des logiques mass-médiatiques de rediffusion. Ce nouvel ordre numérique, s&#39;il venait à se confirmer et à se pérenniser, signe la fin de la conception du réseau Inter-net comme réseau ouvert, non-propriétaire, libre de droits et d&#39;accès et à la topologie structurellement a-centrée. Une sortie qui se ferait au profit d&#39;un Outer-Net transitoire et singeant l&#39;hyperterritorialisation du monde, pour préparer l&#39;avènement d&#39;un internet des silos (Center-net), coupés de toute externalité qui pourrait constituer une menace pour les stocks attentionnels dont ils disposent.</p>
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		<title>Quizz du droit (d&#8217;auteur) et droit au Quizz.</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2008/10/quizz-du-droit/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2008 19:50:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Documents et ressources pédagogiques]]></category>
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					<description><![CDATA[On a beau dire, y&#8217;a des fois où un bon Quizz vaut mieux qu&#8217;un vague cours. Or donc Anne-Laure Stérin et Michèle Battisti (ADBS) viennent de mettre en ligne un beau Quizz en trois parties : Les règles du droit d&#8217;auteur Articles de presse Image et son Bon je préfère ne pas vous donner mon [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="O" class="cenote-drop-cap">O</span>n a beau dire, y&rsquo;a des fois où un bon Quizz vaut mieux qu&rsquo;un vague cours. Or donc Anne-Laure Stérin et Michèle Battisti (ADBS) viennent de mettre en ligne un beau Quizz en trois parties : </p>
<ul>
<li><a href="http://www.obseo.com/clients/ressources/generateur/78/ihh78jaz768/ihh78jaz768.asp" onclick="window.open(this.href);return false;">Les règles du droit d&rsquo;auteur</a></li>
<li><a href="http://www.obseo.com/clients/ressources/generateur/78/ets78gnj767/ets78gnj767.asp" onclick="window.open(this.href);return false;">Articles de presse</a></li>
<li><a href="http://www.obseo.com/clients/ressources/generateur/78/l78ntr766/l78ntr766.asp" onclick="window.open(this.href);return false;">Image et son</a> </li>
</ul>
<p>Bon je préfère ne pas vous donner mon score sur le dernier, mais pour &quot;Les règles du droit d&rsquo;auteur&quot; j&rsquo;ai eu une bonne note (pour les mauvaises langues ou incroyants, la preuve en image).<br /><a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=473,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="/photos/uncategorized/2008/10/22/quizzadbs.jpg"><img decoding="async" width="480" height="283" border="0" src="/mon_weblog/images/2008/10/22/quizzadbs.jpg" title="Quizzadbs" alt="Quizzadbs" /></a></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Les cahiers au feu &#8230; et les fils RSS au milieu</title>
		<link>https://affordance.framasoft.org/2008/07/les-cahiers-au/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2008 18:54:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biblio"Tech"]]></category>
		<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Documents et ressources pédagogiques]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
		<category><![CDATA[Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Moteurs et autres engins]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Semantic web, ontologies]]></category>
		<category><![CDATA[Web 2.0]]></category>
		<category><![CDATA[Weblogs, Wikis & RSS]]></category>
		<category><![CDATA[Wikipedia]]></category>
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					<description><![CDATA[Comme promis, un petit billet &#34;revue de liens&#34; pour expurger mon agrégateur avant de partir en vacances.Côté Moteurs (et un peu au-delà) : Difficile de passer à côté du &#34;big deal&#34; passé entre Yahoo! et Google suite à la tentative avortée de rachat de Yahoo! par Microsoft. Pour une synthèse, voir notamment ce qu&#8217;en disent [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="C" class="cenote-drop-cap">C</span>omme promis, un petit billet &quot;revue de liens&quot; pour expurger mon agrégateur avant de partir en vacances.<br /><strong><br />Côté Moteurs (et un peu au-delà) :</strong> </p>
<ul>
<li>Difficile de passer à côté du &quot;big deal&quot; passé entre Yahoo! et Google suite à la tentative avortée de rachat de Yahoo! par Microsoft. Pour une synthèse, voir notamment ce qu&rsquo;en disent <a href="http://adscriptum.blogspot.com/2008/06/microsoft-yahoo-google-google.html">Adscriptor</a>, <a href="http://www.techcrunch.com/2008/06/14/hey-microsoft-how-bout-we-do-that-first-deal-you-offered/">Techcrunch</a>, <a href="http://media-tech.blogspot.com/2008/06/google-yahoo-good-for-all-not-really.html">Média &amp; Tech</a>, <a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2008/06/13/accord-yahoo-google/">Francis Pisani</a>, <a href="http://fr.techcrunch.com/2008/06/13/yahoo-se-jette-dans-les-bras-de-google/">Techcrunch France</a>, <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/whats_next_for_microsoft_and_yahoo.php">ReadWriteWeb</a> et (plus synthétique) <a href="http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-651865,50-1057517,0.html">Le Monde</a>. Quelques analystes avaient, dès le départ de l&rsquo;affaire, souligné que l&rsquo;offensive de Microsoft avait de forte chances d&rsquo;échouer au profit de Google. Ce dernier tire effectivement une nouvelle fois son épingle du jeu en renforçant une position déjà outrageusement hégémonique sur le marché de la publicité en ligne. De son côté, Yahoo! sauve (provisoirement ?) les meubles en renflouant ses caisses, mais le &quot;coup&quot; porté par cette affaire est en train de bousculer grandement (et durabement ?) la structure (et l&rsquo;autorité) de son exécutif &#8230;</li>
<li>Microsoft (pour se remettre du fiasco Yahoo ?) <a href="http://fr.techcrunch.com/2008/07/01/fr-confirme-microsoft-rachete-le-moteur-de-recherche-powerset/">vient donc officiellement de s&rsquo;offrir Powerset</a>, moteur plus sémantisé que réellement sémantique (comme je tente de l&rsquo;expliquer dans les <a href="/mon_weblog/2008/07/que-fait-un-ens.html">75 000 signes rédigés pour le séminaire INRIA IST&rsquo;2008</a>). L&rsquo;argumentaire mis en avant dans le <a href="http://blogs.msdn.com/livesearch/archive/2008/07/01/powerset-joins-live-search.aspx">billet du blog de Microsoft</a> est celui du renforcement du moteur Live.com (qui est clairement à la ramasse par rapport à Google et Yahoo) grâce à la mise en avant de la compréhension du contexte et de l&rsquo;implicite. Bref, Microsoft entre officiellement dans la course au web sémantique.&nbsp; </li>
<li>On pouvait déjà faire plein de choses avec Google et ses services (ou ceux qu&rsquo;il a rachetés). On peut désormais en faire encore plus. Celui-ci a en effet <a href="http://adwords.blogspot.com/2008/06/introducing-google-ad-planner.html">annoncé</a> qu&rsquo;il allait <a href="http://online.wsj.com/article/SB121425232721997689.html">se lancer dans le marché (juteux et stratégique) de la mesure d&rsquo;audience et du &quot;média-planning&quot;</a>. Un créneau jusqu&rsquo;ici propriété quasi-exclusive de Nielsen Online et ComScore (qui en tremblent déjà &#8230;) ou Médiamétrie dans l&rsquo;héxagone. Inutile je pense d&rsquo;en rajouter une couche sur le fait qu&rsquo;en gagnant (ce n&rsquo;est pas encore fait et comme le souligne Emmanuel Parody c&rsquo;est le <a href="http://ecosphere.wordpress.com/2008/06/26/google-ad-planner-premiere-reponse-de-comscore/">marché de masse qui est d&rsquo;abord visé</a> &#8230;) le marché de la mesure d&rsquo;audience, Google devient un peu plus l&rsquo;alpha et l&rsquo;oméga d&rsquo;une certaine représentation du web. Cette nouvelle corde à son arc est cependant parfaitement &quot;logique&quot; pour au moins deux raisons : primo l&rsquo;infrastructure dudit Google, son nombre colossal de serveurs, et l&rsquo;ampleur des données qu&rsquo;il recueille et dont il peut librement disposer, deuxio, l&rsquo;atout stratégique et l&rsquo;effet de levier que représente un outil planétaire de mesure d&rsquo;audience pour (mieux) vendre (encore plus) de la publicité aux annonceurs. Le service porte le doux nom de <a href="https://www.google.com/adplanner">Google Ad Planner</a>.</li>
<li>Google (ben oui, encore &#8230;) se lance dans une opération <del>de communication</del> de <a href="http://www.ecrans.fr/Quand-Google-se-fait-gardien-de-la,4369.html">maintien de la neutralité du Net</a>. A l&rsquo;heure où l&rsquo;on constate partout (y compris en France &#8211; loi Hadopi &#8211; et au Canada mais aussi aux Etats-Unis avec la très récente annonce d&rsquo;une <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/44182-filtrage-usenet-newsgroups-pedophilie-Verizo.htm">purge du réseau Usenet</a>) la transformation des FAI en <a href="http://www.ecrans.fr/Les-internautes-europeens-risquent,4276.html">auxiliaires de police</a>, Google à donc annoncé (sans fournir de date ni de nom de service, ni de détails &#8230;) : <span id="intelliTXT">&quot;<em>le développement d’outils qui permettront aux<br />
internautes de vérifier par eux-même si leur fournisseur d’accès à<br />
Internet (FAI) intervient d’une manière ou d’une autre sur leur<br />
connexion.</em>&quot; (via <a href="http://www.ecrans.fr/Quand-Google-se-fait-gardien-de-la,4369.html">Ecrans</a>)</span> L&rsquo;alpha et l&rsquo;oméga disais-je &#8230; A propos, plus largement, de la loi Hadopi (parenthèse ci-dessus), il existe heureusement encore quelques <a href="http://www.internetactu.net/2008/07/01/je-ne-les-qualifierai-pas-de-voleurs-sauf-sils-me-traitent-de-pirate-eben-moglen/">dangereux anarchistes</a><a href="http://www.internetactu.net/2008/07/01/je-ne-les-qualifierai-pas-de-voleurs-sauf-sils-me-traitent-de-pirate-eben-moglen/"> pour tenir un discours vivifiant et cohérent sur la question du copyright et du logiciel libre</a>.</li>
<li>Le web invisible connaît un deuxième recul très significatif. Après l&rsquo;annonce (par Google) d&rsquo;une <a href="/mon_weblog/2008/04/de-profundis.html">indexation possible des données contenues derrière certains formulaires de recherche</a>, c&rsquo;est désormais Adobe qui annonce que le format Flash sera indexable par les moteurs. Comprenez : Adobe va mettre à disposition de Google et Yahoo! (pourquoi pas de Microsoft ? Parce que Microsoft développe sa propre technologie concurrente à Flash : Silverlight) un player spécifique qui permettra de naviguer &quot;dans&quot; les sites en flash et d&rsquo;en indexer certains éléments au passage. Pour le reste, voir <a href="http://www.techcrunch.com/2008/06/30/once-nearly-invisible-to-search-engines-flash-files-can-now-be-found-and-indexed/">le billet de Techcrunch</a> d&rsquo;où je tiens l&rsquo;info, les <a href="http://googlewebmastercentral.blogspot.com/2008/06/improved-flash-indexing.html">Questions/Réponses de Google WebmasterCentral</a> et la <a href="http://www.adobe.com/devnet/flashplayer/articles/swf_searchability.html">FAQ d&rsquo;Adobe</a>. La question de l&rsquo;indexation (et du référencement) des sites en Flash est un vieux serpent de mer pour les référenceurs. Avec ce nouveau système, c&rsquo;est un pan entier du web qui va à son tour émerger dans les pages de résultats des moteurs. Les avis des analystes sont par ailleurs assez partagés sur <a href="http://www.christian-faure.net/2008/07/01/faut-il-se-rejouir-de-lindexation-de-flash/">l&rsquo;intérêt</a> et la <a href="http://www.webrankinfo.com/actualites/200807-indexation-texte-animations-flash.htm">nouveauté relative</a> de cette indexation. </li>
</ul>
<p><strong>Côté Réseaux sociaux : </strong></p>
<ul>
<li>Marc Andreessen (fondateur de Netscape et actuel gourou de Ning) <a href="http://fr.techcrunch.com/2008/06/30/marc-andreessen-rejoint-la-direction-de-facebook/">rejoint l&rsquo;exécutif de Facebook</a>. Bonne pioche dans tous les cas et rapprochements probables ou nouvelle concentration à venir de ce côté là. </li>
<li>Une <a href="http://www.danah.org/SNSResearch.html">bibliographie sur la question des réseaux sociaux</a> par l&rsquo;une des meilleurs spécialistes de la question, Danah Boyd.</li>
<li>Un <a href="http://www.levidepoches.fr/connexion/2008/05/pierre-bellange.html">entretien avec Pierre Bellanger</a> (PDG Skyrock) à propos du &quot;premier réseau social d&rsquo;Europe&quot; (Skyblogs) dans lequel tombe une (de mes) idées reçues : &quot;<em>La totalité </em>(des blogs)<em> est active. Tout blog qui n&rsquo;a pas été modifié ou consulté<br />
dans les derniers 90 jours est automatiquement supprimé. Près de 10 000<br />
blogs sont ainsi fermés chaque jour, tandis qu&rsquo;il s&rsquo;en crée plus de 30<br />
000. La plate-forme est un réseau vivant. Pas de cimetière de blogs ou<br />
de profils chez nous !</em>&quot;</li>
</ul>
<p><strong>Côté web 2.0 : </strong></p>
<ul>
<li>une (petite) <a href="http://renatis.cnrs.fr/fredoc2008/spip.php?article74">bibliographie francophone</a> sur le sujet.</li>
<li>le <a href="http://www.fredcavazza.net/2008/05/19/panorama-des-medias-sociaux/">panorama des médias sociaux</a> par FredCavazza</li>
<li>Web 2.0 et logique de marchés multifaces : l&rsquo;article d&rsquo;un économiste sur ce que &quot;cache&quot; la gratuité des services 2.0. &quot;<a target="_blank" href="http://www2.econ.ucl.ac.be/pphlogger/dlcount.php?id=regards&amp;url=/Archives/RE059.pdf" rel="noopener">No free lunch sur le Web 2.0 ! Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques</a> (.pdf) (Via <a href="http://pintini.blogspirit.com/archive/2008/05/28/reseaux-sociaux-et-web-2-0-gratuite-et-logique-de-marche.html">Pintini</a>)</li>
</ul>
<p><strong>Côté bibliothèques : </strong></p>
<ul>
<li>Alors que la <a href="http://www.figoblog.org/node/1921">bibliothèque du Congrès fait le bilan</a> (globalement positif) de <a href="/mon_weblog/2008/01/la-bibliothque.html">l&rsquo;initiative FlickR</a>, la bibliothèque municipale de Toulouse devient tout simplement <a href="http://www.flickr.com/photos/bibliothequedetoulouse/">la deuxième bibliothèque au monde à lui emboîter le pas</a>. (En plus ce sont des photos du plus beau coin du monde, <a href="http://www.flickr.com/photos/bibliothequedetoulouse/2612811085/">celui où j&rsquo;ai grandi</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f609.png" alt="😉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Plus d&rsquo;infos dans le billet des <a href="http://bibliotheque20.wordpress.com/2008/06/26/flickr-en-bibliotheque-toulouse/">Bibliothèques2.0</a>.</li>
<li>un essai de 15 pages, très stimulant, dans lequel il est question de l&rsquo;avenir des bibliothèques, d&rsquo;affordances, et de géométrie euclidienne : &quot;S&rsquo;il vous plaît, dessine-moi une bibliothèque. De la bibliothèque euclidienne à la bibliothèque numérique&quot; (<a href="http://cyberlibris.typepad.com/blog/files/Briys_Nock.pdf">.pdf</a>) </li>
</ul>
<p><strong>Côté Wikis et Wikipédia :</strong></p>
<ul>
<li>Un article de référence sur la génèse des Wikis : &quot;<a href="http://interstices.info/jcms/c_37151/du-web-aux-wikis-une-histoire-des-outils-collaboratifs">Du web aux wikis : une histoire des outils collaboratifs.</a>&quot;</li>
<li>suite à la dernière affaire en date autour de Wikipédia, initiée par l&rsquo;agence de relations publiques Euro-Rscg, <a href="http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/2008/06/12/211-sujets-d-etude-pour-euro-rscg">David Monniaux propose une réponse souriante</a>. </li>
</ul>
<p><strong>Côté &quot;livre et numérique&quot; et livres numériques :</strong></p>
<ul>
<li>dommage que je n&rsquo;aie vraiment pas le temps d&rsquo;en parler en détail mais d&rsquo;autres&nbsp; (<a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1298">françois</a>, <a href="http://www.archicampus.net/wordpress/">Virginie</a> et <a href="http://lafeuille.homo-numericus.net/2008/06/lavenir-du-livre-numerique-par-patino.html">hubert</a> notamment) le font heureusement avec talent &#8230; Donc en vrac : Bruno Patino vient de remettre au ministère de la culture son &quot;<em>Rapport sur le livre numérique&quot; (<a href="http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000381/0000.pdf">.pdf</a>). </em>Pour les plus pressés, voir le résumé qu&rsquo;en donne <a href="http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/07/03/a-l-heure-de-la-galaxie-numerique_1065767_3260.html?xtor=RSS-651865">Le Monde</a>.</li>
<li>Quelques jours auparavant, le SLF avait mis en ligne (à l&rsquo;aide de CommentPress) son propre rapport (et <a href="http://www.accueillirlenumerique.com/2008/06/06/2-preconisations-clefs/">ses propres préconisations</a>) sur l&rsquo;analyse de la situation : <a href="http://www.accueillirlenumerique.com/">Accueillir le numérique</a>.</li>
<li>Une étude intéressante (mais payante) sur <a href="http://www.primaryresearch.com/200804281-Libraries--Information-Science.html">l&rsquo;usage des E-books en bibliothèque</a>, avec cependant quelques <a href="http://www.primaryresearch.com/200804281-Libraries--Information-Science-excerpt.html">extraits gratuitement accessibles</a> et assez révélateurs sur ledit usage.</li>
<li>Une autre étude (gratuite cette fois), en provenance de l&rsquo;association des bibliothèques de recherche au Canada, sur les usages, les licences, les accès et les impacts des E-books : &quot;<a href="http://www.carl-abrc.ca/projects/copyright/pdf/CARL%20E-Book%20Report-e.doc">E-Books in Research Libraries: Issues of Access and Use</a> (doc)&quot; (via <a href="http://pintini.blogspirit.com/archive/2008/05/29/e-books-licences-acces-utilisation-canada.html">Pintini encore</a>)</li>
<li><a href="http://www.thebookseller.com/blogs//61920-the-story-so-far----and-beyond.html">La librairie dans 150 ans</a> : brillant exercice de fiction par Cory Doctorrow.</li>
</ul>
<p><strong>Côté Web sémantique : </strong></p>
<ul>
<li>Pour tout savoir sur le RDF (format au coeur de la sémantisation du web), les documents et recommandations officielles du W3C, <a href="http://www.w3.org/2005/11/Translations/Query?lang=fr&amp;translator=any&amp;date=any&amp;docSelection=choose&amp;rec=rdf&amp;note=none&amp;tut=none&amp;wai=none&amp;i18n=none&amp;qa=none&amp;misc=none&amp;sorting=byTechnology&amp;output=FullHTML&amp;submit=Submit">traduites en français</a>. </li>
<li>Une conférence passionnante (datée du 11 Juin 2008) réunissant un <a href="http://nicolas.cynober.fr/blog/80,ce-soir-a-ne-pas-louper.html">échantillon très représentatif du gratin du web sémantique</a> (dont Tim Berners Lee et Nova Spicack) : <a href="http://mediasite.itops.rpi.edu/Mediasite4/Viewer/Viewers/Viewer320TL508.aspx?mode=Default&amp;peid=f63d1d69-6159-4cca-add3-eb2b2749eca6&amp;pid=97228a9a-4bc4-4086-bdfe-7963bc457ac4&amp;playerType=SL1">live vidéo ici</a>.</li>
</ul>
<p><strong>Côté bibliométrie et indicateurs scientifiques : </strong></p>
<ul>
<li>un rapport sur l&rsquo;usage statistique des citations (<a href="http://www.mathunion.org/Publications/Report/CitationStatistics">.pdf</a>) et son <a href="http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2004">résumé en français</a> sur le site de Sauvons la recherche. Le rapport plaide clairement en faveur d&rsquo;une théorie de la relativité générale des indicateurs statistiques scientifiques là où la plupart des &quot;décideurs&quot; y voient l&rsquo;alpha et l&rsquo;oméga de toute politique d&rsquo;évaluation digne de ce nom. Pour les autres, il est toujours possible de faire joujou avec <a href="http://www.info.scopus.com/journalanalyzer/">ce genre d&rsquo;outils</a>. </li>
</ul>
<p><strong>Côté lectures : </strong></p>
<ul>
<li>le dernier Livre Blanc de Christophe Asselin/Digimind sur la &quot;<a href="http://www.digimind.fr/publications/white-papers/501-reputation-internet-ecoutez-et-analysez-le-buzz-digital.htm">Réputation Internet</a>&quot;. Avec notamment quelques buzz digitaux disséqués et l&rsquo;indication de &quot;stratégies&quot; pour les anticiper, les démonter, les relancer, les contrôler. Du simple veilleur au consultant en communication de crise, ce Livre Blanc devrait amplement satisfaire son lectorat. </li>
<li>LA bible du documentaliste et du bibliothécaire : <a href="https://archive.ugent.be/handle/1854/5612">le Traité de Documentation de Paul Otlet</a>, sous-titré &quot;Le livre sur le livre&quot;. C&rsquo;était en 1934. Et on n&rsquo;a guère fait mieux depuis.</li>
<li>Pour se faire plaisir (et se faire un peu peur dans la veine du 1984 d&rsquo;Orwell), la dernière nouvelle de <a href="http://craphound.com/littlebrother/download/">Cory Doctorrow : Little Brother</a>. Librement téléchargeable. </li>
</ul>
<p><strong>Côté ressources pédagogiques :</strong> </p>
<ul>
<li>Un vrai <a href="http://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/hlecture/index.html">cours en ligne de Laurent Jenny sur l&rsquo;Histoire de la lecture</a> (avec bibliographie, exercices et tout et tout)</li>
<li>Prenez des textes scientifiques &quot;fondateurs&quot; et faîtes-les analyser par des scientifiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui pour mieux comprendre leur impact et leur inaltérable actualité : c&rsquo;est la très bonne idée du projet <a href="http://bibnum.cerimes.fr/">Bibnum</a>, pour l&rsquo;instant encore à l&rsquo;état de maquette, mais dont on souhaite qu&rsquo;elle prenne très rapidement son essor (et qu&rsquo;elle s&rsquo;ouvre au-delà des <a href="http://bibnum.cerimes.fr/bibnum">4 domaines qu&rsquo;elle entend pour l&rsquo;instant couvrir</a> &#8211; math, physique, chimie, biologie &#8211;&nbsp; les SHS constituant un formidable terrain de jeu pour ce genre de mise en perspective).</li>
</ul>
<p><strong>Et pour finir, un petit lien du Week-End <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></strong></p>
<ul>
<li><a href="http://bienbienbien.net/2008/06/05/powerpoint-livre-se-cultiver-au-bureau/">transformer les classiques de la littérature en vilains pauvrepoints</a></li>
</ul>
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		<title>Petit père castrateur : pas si sûr.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2008 18:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
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					<description><![CDATA[Fin Novembre 2007, Denis Olivennes (alors encore PDG de la FNAC) remet à Nicolas Sarkozy son rapport sur la prévention du téléchargement illégal, recommandant notamment la mise en place de mesures d&#8217;interruption de l&#8217;accès à Internet.Le Jeudi 10 Avril 2008, le parlement européen a adopté l&#8217;amendement suivant : &#34;Amendement 22 bis. engage la Commission et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="F" class="cenote-drop-cap">F</span>in Novembre 2007, Denis Olivennes (alors encore PDG de la FNAC) remet à Nicolas Sarkozy son rapport sur la prévention du téléchargement illégal, <a href="/mon_weblog/2007/11/petit-pre-castr.html">recommandant notamment la mise en place de mesures d&rsquo;interruption de l&rsquo;accès à Internet</a>.<br />Le Jeudi 10 Avril 2008, le parlement européen a adopté l&rsquo;amendement suivant : </p>
<ul>
<li>&quot;<em>Amendement 22 bis. engage la Commission et les États membres à reconnaître<br />
qu’Internet est une vaste plate-forme pour l’expression culturelle,<br />
l’accès à la connaissance et la participation démocratique à la<br />
créativité européenne, créant des ponts entre générations dans la<br />
société de l’information, et, par conséquent, à éviter l’adoption de<br />
mesures allant à l’encontre des droits de l’homme, des droits civiques<br />
et des principes de proportionnalité, d’efficacité et d’effet<br />
dissuasif, <strong>telles que l’interruption de l’accès à Internet.</strong></em>&quot;</li>
</ul>
<p>La suite de l&rsquo;analyse est à lire chez <a href="http://paigrain.debatpublic.net/?p=134">Philippe Aigrain</a>.</p>
<p>(Voir aussi sur <a href="http://www.01net.com/editorial/378081/le-parlement-europeen-dit-non-a-la-deconnexion-des-pirates/">01.net</a>, et sur <a href="http://www.ecrans.fr/Eric-Besson-ne-veut-pas-castrer,3897.html">Ecrans</a> les confidences d&rsquo;un autre castrateur en puissance en plein déni)</p>
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		<title>Petit père castrateur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Nov 2007 20:59:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie de l'info]]></category>
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					<description><![CDATA[C&#8217;est donc fait. Le rapport de Denis Olivennes, PDG de la FNAC a été remis à Nicolas Sarkozy vendredi, en présence de la ministre de la justice, de la culture et de l&#8217;industrie. Justice, industrie, culture. Difficile de faire mieux comme sainte trinité. Demander à Denis Olivennes PDG de la FNAC de faire un rapport [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="C" class="cenote-drop-cap">C</span>&rsquo;est donc fait. Le rapport de Denis Olivennes, PDG de la FNAC a été remis à Nicolas Sarkozy vendredi, en présence de la ministre de la justice, de la culture et de l&rsquo;industrie. Justice, industrie, culture. Difficile de faire mieux comme sainte trinité. Demander à Denis Olivennes PDG de la FNAC de faire un rapport sur le<br />
téléchargement illégal, c&rsquo;est un peu comme demander à Georges W. Bush<br />
de trouver des preuves sur l&rsquo;existence d&rsquo;armes de destruction massive en Irak. Il y<br />
arrivera. Au moins pendant un temps.<br />A lire le rapport et les analyses qui n&rsquo;ont pas manqué de fleurir, ce qui frappe d&rsquo;abord est que l&rsquo;on est en face d&rsquo;un non-rapport. Certes, la logique du &quot;on n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même&quot; est préservée : la FNAC sort incontestablement grandie (je ne parle ici que de son chiffre d&rsquo;affaire) de ce rapport.&nbsp; Certes les grands lobbys et les industries culturelles sont remarquablement préservées. Et ces deux premiers éléments suffisent à fournir un cadre d&rsquo;analyse. Mais au-delà même des mesures présentées, le rapport Olivennes est un non-rapport : car en l&rsquo;état, nul ne sait comment il pourra être appliqué. <br />Le coeur du rapport, c&rsquo;est donc (soi-disant) de ne pas entrer dans une logique répressive mais bien plutôt dans une logique &quot;éducative&quot;. Et comment éduque-t-on aujourd&rsquo;hui ? Par la castration. Denis Olivennes nous l&rsquo;a suffisamment <a href="http://lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-982011@51-956314,0.html">expliqué dans la presse</a>, ce ne sont pas les &quot;gros téléchargeurs&quot; qui sont visés, mais les petits, &quot;les enfants&quot;, &quot;nos enfants&quot;. Et oui. Les internautes sont des enfants. Ils ne &quot;se rendent pas compte&quot;, ils ne mesurent pas à quel point en cliquant sur le lien permettant de télécharger illégalement le dernier album du dernier vainqueur de la Star Academy, album pour lequel ils ont épuisé le forfait téléphonique de leurs parents en envoyant des SMS à &quot;Nikos&quot; pour permettre à &quot;leur&quot; champion de remporter le titre, les internautes, ces enfants, ne mesurent pas à quel point ils contribuent à rapprocher chaque jour davantage Pascal Nègre, Patrick Bruel et tant d&rsquo;autres d&rsquo;une misère crasse, d&rsquo;un honteux RMI (revenu musical d&rsquo;insertion). Alors comme il est établi que les internautes sont des enfants, comme les enfants sont des irresponsables, et comme il faut protéger les enfants d&rsquo;eux-mêmes, on se fait pédagogue. Vous noterez au passage le très habile syllogisme : les internautes sont des enfants (majeure), les enfants sont des irresponsables (mineure), les internautes sont des irresponsables (conclusion). Bref, comme je vous le disais, on en appelle à la pédagogie. &quot;Tu ne veux pas prêter ta voiture à ton petit frère ?&quot; Paf. On te supprime ta voiture. &quot;Tu ne veux pas donner de ta purée à ton copain ?&quot; Paf. On te supprime ta purée. Tu ne veux pas acheter le dernier CD de Laurie bourré de DRMs ? Paf. On te coupe l&rsquo;Internet. <a href="http://kotkot.blogspirit.com/archive/2007/11/24/mechant.html">Méchant</a> garçon.&nbsp; Françoise Dolto doit être en train de faire la toupie dans sa tombe.<br />Parce que la grande idée du rapport de Denis Olivennes, LA mesure pédagogique, LA mesure sur laquelle nous dit-on l&rsquo;ensemble des acteurs ont accepté de revenir sur leurs positions, de faire des concessions, de se &quot;grenelliser&quot; l&rsquo;âme et le porte-feuille, c&rsquo;est celle-là. Si vous téléchargez illégalement, &quot;on&quot; vous avertit, &quot;on&quot; vous avertit une fois, deux fois, trois fois, et puis, paf, &quot;on&quot; vous coupe l&rsquo;internet.<br />Mais &quot;on&quot; ne sait pas qui c&rsquo;est qui nous avertira avant que de nous couper, hic et nunc, nos glorieux attributs numériques. La rapport parle d&rsquo;une (énimème &#8230;) &quot;instance de régulation&quot;, &quot;autorité indépendante&quot;. Qui y participera ? Comment les membres seront-ils nommés ? Comment et sur quelle base saisiront-ils l&rsquo;autorité judiciaire ? La seule chose qui est sûre c&rsquo;est que les FAI sont réduits au rôle de délateurs, qu&rsquo;ils sont par ailleurs prêts à endosser en faisant le dos rond, ayant eu trop peur qu&rsquo;on ne leur refasse le coup d&rsquo;engager leur responsabilité pénale (ce qui aurait été une égale aberration). Bref, sur &quot;qui coupe et comment&quot;, C&rsquo;est le flou le plus absolu, et pour cause. <br />Au-delà même de l&rsquo;ineptie visionnaire dont témoigne cette pathétique approche, le non-rapport Olivennes et très dangereux. Il&nbsp; l&rsquo;est parce qu&rsquo;on ne sait rien de ce &quot;on&quot; qui après nous avoir averti, nous coupera l&rsquo;internet. A lire le <a href="http://elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&amp;mode=view&amp;cat_id=7&amp;press_id=708">discours de Nicolas Sarkozy</a> lors de la réception du rapport Olivennes, on a du mal à savoir qui des deux incarne le mieux ce petit père castrateur, ce Sancho Pança un peu fat défendant comme à l&rsquo;insu de son plein gré les pôôôôvres industries culturelles face aux cohortes noires des téléchargeurs, ce docteur Pangloss de la raison binaire, du manichéisme rhétorique, ce docteur Folamour de l&rsquo;axe (industriel) du bien (musical) face aux foules d&rsquo;enfants irresponsables de l&rsquo;axe du mal, tous voleurs, tous coupables, tous mal éduqués. Faut dire qu&rsquo;en matière d&rsquo;éducation, les industries culturelles représentées dans l&rsquo;aéropage elyséen se posent un peu là.<br />Il va falloir s&rsquo;y faire. Non content d&rsquo;être <a href="http://cfeditions.com/scroogled/">engooglés</a>, le rapport Olivennes institue la création d&rsquo;un &quot;<em>répertoire national des abonnés dont le contrat aura été résilié pour les motifs ci-dessus</em>&quot; (c&rsquo;est à dire téléchargement illicite). Oh bien sur, c&rsquo;est également écrit dans le rapport, avant, on va demander son avis à la CNIL (qui n&rsquo;a je vous le rappelle qu&rsquo;un avis consultatif). Comme d&rsquo;habitude la CNIL dira que &quot;oh ben quand même c&rsquo;est un peu embêtant&quot;, et comme d&rsquo;habitude le gouvernement passera outre. <br />Ce que ne dit pas le rapport Olivennes c&rsquo;est si une fois que l&rsquo;on m&rsquo;aura coupé l&rsquo;internet, cette information sera recoupée avec le fichier base-élève qui suit désormais mes enfants dès la classe de maternelle, avec celui qui fait des éducateurs sociaux de contraints délateurs, avec celui qui me filme quotidiennement dans tous mes déplacements. Ce que ne dit pas le rapport Olivennes c&rsquo;est si demain, on s&rsquo;exposera&nbsp; à des coupures préventives d&rsquo;Internet, non sans en avoir été averti par des missives électroniques de ce genre :&nbsp; </p>
<ul>
<li>&quot;Cher Monsieur Ertzscheid, nos services ont constaté que vous naviguiez principalement sur des sites altermondialistes et faisant l&rsquo;apologie d&rsquo;une pensée libertaire, en plus deux de vos trois enfants sont ou ont été suivi par un service d&rsquo;aide scolaire à l&rsquo;enfance (le RASED), et vous avez été vidéofilmé au premier rang lors d&rsquo;une séance de parrainnage républicain d&rsquo;étrangers sans papiers, vous correspondez donc au profil type du téléchargeur illégal, et à ce titre, nous vous signifions par la présente une coupure préventive de 6 mois de votre accès Internet. Afin cependant de ne pas vous porter préjudice, le MVRBIC &#8211; ministère du vitalisme, de la raison binaire et des industries culturelles &#8211; est heureux, en compensation, de vous offrir un abonnement de 6 mois dans une salle de sport gouvernementale ainsi qu&rsquo;un forfait cinéma offert par le mécène Lagardère, qui vous permettra, ainsi qu&rsquo;à votre famille, de profiter pleinement et en toute légalité des derniers films de Christian Clavier.&quot;</li>
</ul>
<p>&quot;Nous vivons une époque épique. Mais nous n&rsquo;avons plus rien d&rsquo;épique. La musique se vend comme le savon à barbe.&quot; <a href="http://visiondepoque.wordpress.com/2007/10/27/">Etc</a>.<br />Et le combat s&rsquo;annonce rude. A ma droite, Denis Olivennes, &quot;La gratuité c&rsquo;est le vol&quot;, à ma gauche, Lawrence Lessig &quot;Free culture&quot;. Binaire ? Vous avez dit binaire ?</p>
<p>Sources et ressources à lire pour le plaisir : </p>
<ul>
<li>le <a href="http://vanb.typepad.com/versac/2007/11/la-fin-du-monde.html">billet de Versac</a> qui revient longuement sur le discours (p-a-t-h-é-t-i-q-u-e) de Nicolas Sarkozy.</li>
<li>naturellement tous les billets de Ratiatum sur la question (<a href="http://www.ratiatum.com/breve6099_Quand_Nicolas_Sarkozy_oppose_l_Internet_au_monde_civilise.html">ici</a>, <a href="http://www.ratiatum.com/breve6101_Accord_Olivennes_la_filiere_culturelle_ne_tarie_pas_d_eloges.html">ici</a>, ou encore <a href="http://www.ratiatum.com/breve6102_La_liste_des_signataires_de_l_accord_Olivennes_sans_Google_ni_Dailymotion.html">là</a>)</li>
<li>le <a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2007/11/25/564-les-nouvelles-oeuvres-du-web">billet d&rsquo;André Gunthert</a> sur la logique propre de la création sur le Net (quand le rapport Olivennes et le discours de Sarkozy n&rsquo;ont que le mot diffusion à la bouche)</li>
<li>Celui de <a href="http://www.techcrunch.com/2007/11/23/if-you-p2p-download-in-france-no-internet-for-you/">Techcrunch.com</a> et celui de <a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2007/11/25/pauvres-francais%e2%80%a6/">Francis Pisani</a> pour comprendre qu&rsquo;outre-atlantique, Sarko l&rsquo;américain continue de faire le bonheur des<br />
industries de la culture lourde, à moins que ce ne soit celui des<br />
industries lourdes de la culture (RIAA, MPAA &#8230;)</li>
<li>le billet de <a href="http://memoire2silence.wordpress.com/2007/11/23/laccord-olivennes-le-texte-avant-commentaires/">mémoires2silence</a> pour un rappel de l&rsquo;ensemble des propositions du rapport Olivennes.</li>
</ul>
<p><span style="color: #ff3300;"><strong>&lt;Update&gt;</strong></span> à lire sur l&rsquo;excellent Rue89, <a href="http://rue89.com/2007/11/24/piratage-olivennes-repond-aux-lecteurs-de-rue89">Denis Olivennes répond aux lecteurs de Rue89</a>. <strong><span style="color: #ff3300;">&lt;/Update&gt;</span></strong></p>
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		<title>Musique sans DRM et maïs sans OGM</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Ertzscheid]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 May 2007 18:29:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[DADVSI]]></category>
		<category><![CDATA[Document numérique]]></category>
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					<description><![CDATA[Bientôt de la musique en vente en ligne sans DRM. L&#8217;annonce est d&#8217;importance pour deux raisons : primo, elle émane d&#8217;Amazon, qui n&#8217;est pas vraiment un petit disquaire indépendant. deuxio, elle s&#8217;inscrit dans une chronologie qui, après un gros coup de vis des majors du disque pour tenter de vérouiller le système de diffusion et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span title="B" class="cenote-drop-cap">B</span>ientôt de la musique en vente en ligne sans DRM. L&rsquo;annonce est d&rsquo;importance pour deux raisons : </p>
<ul>
<li>primo, elle émane d&rsquo;Amazon, qui n&rsquo;est pas vraiment un petit disquaire indépendant.</li>
<li>deuxio, elle s&rsquo;inscrit dans une chronologie qui, après un gros coup de vis des majors du disque pour tenter de vérouiller le système de diffusion et de consommation, marque un TRES net et salutaire retour en arrière, comme le rappelle la chronologie du <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/amazon_to_offer.php">billet de Read/WriteWeb</a>. </li>
</ul>
<p>Avec <a href="http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=176060&amp;p=irol-newsArticle&amp;ID=1003003&amp;highlight=">cette annonce d&rsquo;Amazon</a>, ce ne sont rien moins que 12 000 labels (dont EMI) qui ont signé pour un retour à la normale. </p>
<p><span id="more-7809"></span></p>
<p>DRM</p>
]]></content:encoded>
					
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