Numérique. Lecture. Adolescents.

J'étais aujourd'hui invité à donner une conférence sur "ce que le numérique change dans les pratiques de lecture des adolescents". Voici les slides de ladite conférence.

 

Au-delà de ma seule intervention (et je n'ai pas pu assister à celles de l'après-midi), le format de cette journée d'étude était intéressant car se trouvaient dans la salle des médiateurs du livre (bib, animateurs, etc) mais aussi des vrais adolescents invités sous la forme d'une table-ronde à faire part de leur approche, de leur ressenti et de leur positionnement. Pas de scoops mais au moins 2 confirmations :

  • côté adolescents (en tout cas ceux qui se sont exprimés)

C'est clairement la prescription de leurs pairs qui est essentielle, à part égale avec les prescriptions d'autorité (leurs enseignants documentalistes et leurs profs de français). Très peu d'usage également du numérique dans les activités de lecture (mais c'est lié au fait qu'ils ont de toute façon très peu de pratique de lecture). Sur ce point, les pratiques culturelles des français accusent (en terme de taux d'équipement et d'usages) un sévère décalage avec ce qui se passe dans le monde anglo-saxon. Frappé aussi de voir à quel point, y compris pour les "gros lecteurs", la dimension du recours au conseil était inexistante : tous ont dit qu'ils entraient dans des librairies, des bibliothèques, des médiathèques et que jamais il ne leur venait à l'esprit d'aller demander conseil.

  • côté "médiateurs" (en tout cas ceux qui se sont exprimés sur la scène)

Discours encore très stéréotypique et grosse difficulté à se projeter dans de nouvelles formes de médiation. Notamment numérique. Impression que l'on n'a de cesse que de tenter de réinventer la roue. L'approche la plus innovante consistait à présenter un blog avec des suggestions de lecture. Pour le reste on en est encore à chercher "comment impliquer les parents", "comment faciliter la rencontre avec le livre". Une nouvelle fois très frustrant de réentendre ce discours qui était déjà là au début des années 80 mais pas la faute des acteurs qui se démènent sur le terrain pour trouver des solutions. La faute au système de formation notoirement moyen-âgeux sur ces problématiques de médiation numérique. Ce n'est hélas pas la première fois que le monde du livre se révèle incapable d'exploiter le trésor dont il dispose et préfère en laisser le soin à d'autres, faute de temps, d'argent, de politique publique adaptée, de formation, d'envie aussi, quand même.

La bonne nouvelle de la journée c'est donc que dans le domaine de la médiation du livre (papier ou numérique), on dispose encore d'une énorme marge de progression. Les mauvaises nouvelles sont, elles, listées dans mon diaporama 😉

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