Ma 1ère rentrée littéraire : Classiques connectés.

Faut que je vous dise, je suis fier comme un bar-tabac. Mais alors vraiment. Parce que c'est ma 1ère rentrée littéraire. Mis à part les presque 3000 articles de ce blog et une petite cinquantaine d'articles "scientifiques", je n'ai jusqu'ici commis que deux bouquins, le premier il y a longtemps – 2008 – chez ADBS Editions, à la glorieuse époque des blogs (désormais librement accessible ici et plus du tout mis à jour), et le second sur l'identité numérique et l'e-reputation chez Open Edition Books (2013), également gratuitement accessible et récemment traduit en anglais (2016).

Mais là c'est de tout autre chose qu'il s'agit.

Je vous raconte. Au départ il y a un jeu, une pochade, je reprends une fable de La Fontaine et j'en fais un pastiche en "l'adaptant" aux enjeux du numérique. Et puis je me prends au jeu. D'autres fables suivent, d'autres textes aussi. La plupart (mais pas tous) publiés sur ce blog dans les rubriques idoines ("fleurs du mal connecté" et fables connectées, et classiques connectés). Me vient alors l'idée saugrenue de les rassembler pour "faire un (petit) livre" en y ajoutant un certain nombre "d'inédits". Je me tourne vers Publie.net qui accepte mais qui me demande (et ils ont eu bien raison) de retravailler ces textes, de les habiller différemment, de trouver une sorte d'intrigue, un fil conducteur qui puisse les inscrire dans tout autre chose que de simples et ponctuels pastiches. Je me prends au jeu, j'invente une sorte de récit nourri d'imaginaire fantastique pour donner corps à un monde Borgesien dans lequel tous les textes sont déjà écrits et où une caste "d'aucouvreurs" à la charge de retrouver ceux qui font sens, de les sélectionner, de les organiser, de leur inventer des auteurs et d'assigner à ces auteurs une biographie factice. Les classiques connectés sont nés. Le résultat final est un machin assez hybride qui mêle donc pastiches de textes classiques, réflexions autour du numérique, mais aussi ambiance S.F. et fausses biographies à clés (si vous aimez les anagrammes, vous devriez vous régaler) remplies de scénarios prospectifs (j'espère que vous aimerez les guerres de la déconnexion). Un grand merci à Guillaume Vissac pour m'avoir suggéré cet exercice et m'avoir accompagné dans sa réalisation.

CranLPZWYAA0T6o.jpg_large

Si je suis fier de la parution de cet ouvrage c'est pour plusieurs raisons.

D'abord, c'est tout con et j'ai bien conscience que je ne vais pas remporter le Goncourt, mais c'est assez bizarre – et émouvant – de se trouver propulsé au rang "d'auteur". Bah oui. En fait c'est surtout flippant d'être pour la première fois dans la situation où tu te poses cette question : "Heu mais en fait est-ce que les gens ils vont aimer ?"

Ensuite, parce que c'est Publie.net l'éditeur. Maison coopérative d'édition – l'auteur touche 50% du prix de vente d'un ouvrage – fondée par François Bon qui en a depuis laissé les clés à d'autres, maison qui fait la part belle à ce que l'on nomme littérature contemporaine, maison qui fut à plus d'un titre absolument pionnière dans l'univers du numérique. Maison qui a pris des risques, qui a morflé, qui en a repris, qui continue d'en prendre, qui est en tout cas absolument singulière, et pas uniquement du fait de la personnalité de son père fondateur (aka François Bon donc) ni de son catalogue unique. Bref il était important pour moi que ce soit chez Publie.net que se fasse cette entrée en littérature (et pas uniquement parce qu'aucun autre éditeur n'en aurait voulu, bande de mauvaises langues ;-).

Fier également parce que c'est une ancienne étudiante de la licence pro Edition Multisupport (Roxane Leconte), qui bosse – notamment – pour Publie.net qui s'est occupée de la mise en forme du texte, des illustrations, et de la couverture. Or les couvertures de Roxane aka "La Dame au Chapal" sont de véritables oeuvres d'art.

Et puis fier aussi parce que j'ai demandé à Lionel Maurel d'en rédiger la préface. Et qu'il a accepté. Et que lui bien mieux que moi vous expliquera pourquoi ces classiques connectés sont à la fois une liberté et une audace.

Voilà vous savez tout.

Il ne vous reste plus qu'à bourse délier (à ce prix-là, 4,99 euros c'est cadeau) et à acquérir ce magnifique ouvrage et si vous le souhaitez à revenir me dire ce que vous en avez pensé 🙂 L'ouvrage sort le 9 septembre. C'est à dire … ben demain là ça y est hop hop hop. Il est garanti sans DRM. Comme tout le catalogue de Publie.net.

Et si vous n'avez pas de liseuse ou que vous êtes un grand débutant niveau livre numérique, pas de souci, une fois acheté et téléchargé, votre PC ou votre Mac ou votre smartphone regorgent déjà de trucs permettant de lire des livres numériques tranquillou, et si besoin vous pouvez juste installer EpubReader dans votre navigateur. Mais bon une liseuse ou une tablette c'est bien aussi 🙂

Cclisues

Et pour anticiper sur les questions que j'ai déjà reçues, non, il n'y a pas – pour l'instant – de parution papier prévue. Mais si vous faîtes péter toutes les stats d'achat de chez Publie.net, ces gentils éditeurs m'ont promis d'y réfléchir.

Quoi ? Vous hésitez encore ? Alors cadeau bonus, voici la première page :

=========================================================

Calendrier temps universel année 4097.

Le fantasme de la bibliothèque universelle de Borges est réalisé. Un programme d'intelligence artificielle mis au point conjointement par Google et Amazon a généré l'ensemble des livres pouvant être écrits. Dans ce qui fut le désert du Nouveau-Mexique, un territoire grand deux fois comme la ville de New-York abrite, sous terre, la plus grande banque de données de la planète : Textotal IV. La totalité des textes, écrits ou restant à écrire y est stockée. Le site s'appelle le Mundaneum 2.

Je suis Mitono, de l'ancienne Tokyo. J'ai 42 ans et je suis ingénieur littéraire de rang 1. Ce qui signifie que j'ai accès au Mundaneum 2 avec comme mission d'en explorer et d'en sélectionner les textes pour leur donner une « histoire », un corps, un passé, un auteur, une existence.

Voilà déjà plus de 17 ans que j'explore le Mundaneum 2. Les gens n'ont aucune curiosité pour la lecture d'ouvrages générés par un programme d'intelligence artificielle, même si parmi les 17 trillions d'ouvrages contenus dans le Mundaneum figurent les chefs d'œuvre à venir des 10 ou 20 prochains siècles. Voilà pourquoi nous sommes 700 000 ingénieurs littéraires de rang 1 à nous rendre chaque jour sur le site du Mundaneum, à en explorer les entrailles et, lorsque nous repérons un texte qui nous semble intéressant, à en écrire la genèse éditoriale, à lui inventer un auteur, à fabriquer la biographie de cet auteur, et à remettre le tout aux créditeurs , des ingénieurs littéraires de rang 2 qui se chargeront de la commercialisation et de la diffusion du livre.

CrRV2ZTWEAAi4z-.jpg_large

Je vous remets le lien en tout petit au cas où vous l'auriez loupé.

Ici.

P.S. : Tu es journaliste ? Et tu n'as pas encore reçu ton exemplaire "service de presse" ? Rhooo. Désolé. Contacte-moi et cette erreur sera vite réparée. 

4 commentaires pour “Ma 1ère rentrée littéraire : Classiques connectés.

  1. ok c’est bath, je viens toujours avec grand plaisir par ici et donc je serais ravi de lire ça, mais si on est allergique à la lecture de livres sur un écran ? qui plus est, doublé d’un fétichisme du papier ?
    (notamment, ça m’a fait sourire de le lire, en prévision des futures “guerres de la déconnexion”, que j’appelle moi l’inéluctable ‘grande panne technologique’).
    avec publie.net, même pas moyen de faire une impression à l’unité, comme chez d’autre éditeurs…
    ne me reste-il que mes yeux pour pleurer ?

  2. bon eh bien tant pis… je suppose que si ça arrivait un jour je le verrai sur ces pages.
    merci (et bravo au passage pour la qualité de votre travail),
    damien

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut