Parcoursup est lancé. Et à l’université, c’est tous les jours le Doomsday.

Imaginez-vous vivre dans un pays où la totalité des entreprises seraient déficitaires. La totalité. Un pays dans lequel aucune, je dis bien aucune entreprise ne serait en capacité de dégager un résultat positif. Et bien c’est exactement la situation actuelle de l’ensemble des université françaises. La totalité. Je vous l’avais annoncé (avec d’autres et depuis quelques années et avec colère) et c’est arrivé. La totalité des universités françaises ont voté un budget en déficit.

Vous me direz qu’une université n’est pas une entreprise. Certes. Pour autant et depuis le vote de la funeste LRU, loi dite « d’autonomie », par la fumeuse Valérie Pécresse sous injonction du premier président délinquant (Nicolas Sarkozy), tout à été fait pour assimiler les universités à autant d’entreprises. Ça donne envie de gifler des gens de droite avec une barre à mine quand on relit ça aujourd’hui, mais à l’époque tout ça nous était présenté en mode « il s’agit de redonner de l’attractivité aux universités« . Lol. Dans un an, en 2027, voilà 20 ans que la loi LRU aura donc été déployée. Ne comptez-pas trop sur moi pour la fête d’anniversaire, mais le bilan est là : vingt ans c’est le temps qu’il faut pour totalement détruire à la fois les infrastructures universitaires (ou les laisser s’effondrer, cela revient au même), pour précariser totalement à la fois la population étudiante mais aussi les vacataires et personnels administratifs et techniques sans qui rien jamais n’est possible, pour faire de la recherche une activité concurrentielle comme les autres et ne plus la financer que « sur projet » (dont la plupart ne sont donc … pas financés), et pour épuiser presque totalement la bonne volonté et la détermination des enseignant.e.s. et des chercheurs et chercheuses.

Vingt ans c’est aussi le temps qu’il aura fallu pour en parallèle, faire toute la place au secteur privé, à ces écoles véroles qui captent les financements publics, à ces formations croupion qui ajoutent des frais de scolarité exorbitants (mais tout va bien, c’est un banquier qui vous y accueille et qui vous parle des prêts possibles avant de vous parler des enseignements reçus), à ces conglomérats d’escrocs aka les grands groupes privés qui recrutent des clients avant de former des étudiants. Juste un chiffre. Presque 3 millions d’étudiantes et d’étudiants en France, dont presque 800 000 dans le privé. Un chiffre et une dynamique : « Depuis 2013, les inscriptions dans le privé ont même augmenté de 62,7 % contre 9,6 % dans le public. » Pourquoi cette explosion du privé depuis 2013 ? Pour bien comprendre, 2007 c’est donc l’année où la loi LRU est votée pour les universités, et 2013 c’est l’année où elles l’ont dans le cul parce que ce qui était prévu dans le cadre de la loi LRU c’était que : « d’ici au 1er , toutes les universités accèdent à l’autonomie dans les domaines budgétaire (article 50) et de gestion de leurs ressources humaines et qu’elles puissent devenir propriétaires de leurs biens immobiliers. » Tout ça, les 100% d’universités publiques qui votent aujourd’hui un budget en déficit, ce n’est pas le fruit du hasard mais l’aboutissement d’un projet politique parfaitement pensé, et surtout parfaitement dégueulasse.

Il fallait être rentable. Rentable les formations, rentable les débouchés, rentable, rentable, rentable. Et autour et pendant que les aides de l’état tombaient comme jamais dans les financements des aides aux entreprises, comme jamais les aides de l’état pour les universités se tarissaient : et aux universités de se démerder avec leur gestion bâtimentaire (pile au moment où la plupart desdits bâtiments commençaient à tomber en ruine), et aux universités de se démerder avec la prise en charge du glissement vieillesse-technicité, et aux universités de se démerder avec la prise en charge de la mutuelle de tous leurs agents et salariés. Et « à moyens constants » hein.

Alors on trouve certes sous la plume de quelques journalistes également ou anciennement universitaires, des éditoriaux qui nous alertent. Par exemple celui de Guillaume Erner le 16 Janvier sur France Culture qui disait et écrivait :

« Il y a deux manières de faire la guerre à l’université. La première est frontale : considérer, comme Donald Trump, que ce sont des repaires de gauchistes et les étrangler ouvertement. La seconde est plus sournoise : les laisser crever à petit feu, silencieusement, sans débat, sans indignation. J’ai bien peur que ce soit cette seconde méthode qui soit à l’œuvre en France.

Or il n’y a rien de plus dangereux pour un pays que cet anti-intellectualisme-là. Faire la guerre à l’université, ce n’est pas un détail budgétaire : c’est un volet central de la guerre à l’intelligence. C’est obérer l’avenir. Les étudiants d’aujourd’hui sont les doctorants de demain et les chercheurs d’après-demain. Ceux qui, au nom d’autres “priorités”, se désintéressent du sort des universités sont en train d’endommager gravement l’avenir du pays — dans une indifférence quasi générale. »

 

Mais à part ces quelques surgissements tout à fait confidentiels dans le bruit médiatique ambiant, partout un grand silence.

Et pourtant moi comme d’autres on s’agite, on analyse, on gueule, on documente. Et depuis longtemps. Mais rien putain. Rien. Et des ministres de la chose dont on à l’impression qu’ils ne font que se disputer le podium de la connerie, le maillot jaune de l’incurie, et la palme de la provocation. Dernier en date : Philippe Baptiste qui après avoir littéralement chié sur les universités et les universitaires en Novembre 2025 (« c’est pas Zola non plus« ) lance en Janvier 2026 des « Assises du financement des universités » (lire à ce sujet l’indispensable, l’incontournable, et le plus précieux d’entre nous, aka Julien Gossa). Le résultat de ces assises je vais vous le donner en exclusivité :

  • « la carte des formations va être revue. » Traduction : des formations vont fermer. Traduction de la traduction : les SHS ça va être une boucherie, allez plutôt vous trouver des métiers utiles et rentables aux yeux du Medef.
  • « L’offre de formation va être rationalisée à l’échelle des territoires. » Traduction : des sites universitaires délocalisés vont fermer (mais pas tout de suite, en tout cas pas partout tout de suite, parce que y’a des municipales et que globalement c’est pas le bon timing)
  • « Une politique différenciée des droits sera appliquée. » Traduction : les frais d’inscription vont exploser. Un peu exploser en licence. Beaucoup exploser en Master et au-delà. Et à la folie exploser pour les étudiantes et étudiants étrangers extra-communautaires (c’est malheureusement déjà souvent le cas) parce qu’en plus d’être étudiants bah ils sont étrangers.

Et vous savez quoi ? A la fin de ces « assises » on aura toujours aussi mal au cul et on fera toujours semblant de ne pas comprendre pourquoi.

Franchement je ne sais plus ni comment le dire ni comment m’y prendre. De la place qui est la mienne, de ce que je vois des micro-responsabilités que j’endosse ou ai endossé (ouverture de formation, direction d’un département, direction-adjointe d’une composante) je suis toujours autant effaré qu’en colère quand je vois à la fois notre propre capacité à nous tirer des balles dans le pied, notre incapacité à nous indigner autrement que de manière feutrée et policée, et pourtant l’énergie et la « bonne foi » d’une majorité de collègues qui décident de mesures dont chacun voit bien qu’elles sont mortifères. On n’a jamais fait autant de réunions, on n’a jamais eu autant d’instances, on n’a jamais eu autant de tutelles, on n’a jamais eu autant d’évaluations permanentes sur la qualité de ceci et l’opportunité de cela, et on n’a jamais été autant absolument incapables de « piloter » nos établissements autrement que par injonctions paradoxales et contradictoires. [Disclaimer. La littérature scientifique (notamment dans le champ de la psychologie et notamment dans les années d’après-guerre avant celle de l’économie et du management des années 1980) documente parfaitement la manière dont se termine l’histoire des individus et des institutions dirigées sur des injonctions paradoxales, et elle (la littérature scientifique) est unanime : ça se termine à l’asile.]

Mais alors concrètement, c’est quoi le quotidien d’une université
avec un budget en (gros) déficit ?

En résumé c’est une université où plus rien n’est jamais certain. On nous répète souvent dans tous les éditos économiques et politiques que les entreprises ont besoin de visibilité sur le moyen et le long terme et qu’elles n’aiment rien moins que l’incertitude. Bah figurez-vous que les universités … aussi. Quand plus rien n’est jamais certain, quand les personnels (profs, vacataires, agents techniques, personnels administratifs) ne savent pas s’ils pourront toujours être là dans un mois ou dans un an, quand on ne sait pas si on pourra maintenir tel ou tel groupe, telle ou telle formation, tout se tend puis … tout se détend brutalement dans le fracas d’un effondrement.

C’est une université dans laquelle des gens font des cours, beaucoup de cours, parce qu’il n’y a plus assez de collègues pour faire ces putains de cours (parce qu’on ne crée plus du tout de postes à l’échelle de la volumétrie des départs en retraite notamment et parce que même les vacataires ne veulent plus venir tellement c’est compliqué et la misère), et où ces mêmes gens qui font beaucoup de cours, où ces enseignant.e.s doivent attendre la réunion d’un tribunal des heures supplémentaires une fois que l’année est terminée, pour savoir s’ils pourront être ou non payés pour les cours qu’ils ont fait « en plus » durant cette année. Vous me direz « bah ils n’ont qu’à bosser pour la gloire, ça va bien vu leur salaire. » Je vous confirme que certains le font déjà. Vous me direz aussi « bah ils n’ont qu’à pas faire ces cours. » En effet. Certains le font déjà aussi. Et donc on ampute les maquettes et les contenus de formation. Et on marche au rabais. Mangez plutôt vos morts tiens.

C’est une université dans laquelle plus rien, absolument plus rien n’est logique. Chaque décision sur le plan de la formation ou de la recherche entre directement en concurrence (pas du tout libre et totalement faussée) avec des arbitrages de gestion de pénurie ou de financement sur projet qui au mieux les rendent impossible et au pire se font systématiquement au détriment d’autres (formations, composantes, collègues, services) qui sont pourtant les mêmes que nous. Ça me rend totalement dingue quotidiennement. Et si j’étais tout seul ce ne serait pas très grave.

100% des universités publiques qui ont voté un budget en déficit et n’ont donc, de manière très rationnelle et très empirique, plus aucun moyen pour fonctionner normalement. Je le redis différemment. 100% des universités publiques fonctionnent aujourd’hui au mieux en mode dégradé, en gérant des pénuries et de la précarité à tous les niveaux. Je le redis encore autrement. Derrière ce 100% des universités publiques qui crèvent à crédit, il y a vos gosses. 3 millions d’entre elles et eux. Vos gosses (les miens aussi hein) qu’on accueille. Vos gosses qu’on forme professionnellement. Vos gosses qu’on émancipe intellectuellement. Vos gosses qu’on ouvre culturellement. Mais vos gosses aussi qu’on soigne (la médecine universitaire est digne de celle d’un pays du tiers-monde mais les collègues – médecins, infirmières, psys, font ce qu’ils et elles peuvent et sans elles et eux les drames déjà intolérables le seraient encore davantage). Mais vos gosses aussi qu’on nourrit parce qu’aujourd’hui chaque campus est devenu une putain de succursale des restos du coeur, où l’on voit des profs filer des cours et à manger.

[Parenthèse : vous connaissez Benjamin Duhamel ?] Et lorsqu’enfin le gouvernement devrait voter les repas à un euro pour tous les étudiants et les étudiantes (hope so …) il faut encore se fader ce chancre mou de Benjamin Duhamel expliquant que « houlala mais les enfants de Bernard Arnault et des milliardaires ils vont pouvoir manger pour un euro, est-ce que c’est vraiment une mesure de gauche ? » Benjamin écoute-moi. Ecoute-moi bien. T’as vraiment cru que les enfants de Bernard Arnault ils étaient passé en fac de lettres à Cergy ? Où même à l’IAE de Poitiers ? T’as vraiment pensé que les chiards de nos milliardaires ils allaient faire la queue au Resto U ? Benjamin pardon mais vraiment t’es trop con. Tu me fatigues avec la constance d’un enfant de 3 ans sous ecsta, tu m’énerves avec l’opinâtreté d’un bouton d’acné récalcitrant sur la peau d’un adolescent, tu m’irrites la tête avec l’efficacité d’un milliard d’oxuyres irritant des culs. [/Maintenant vous connaissez Benjamin Duhamel.]

Dites et pensez ce que vous voulez de l’université mais gardez en tête que tout cela concerne d’abord vos enfants. Trois millions d’entre eux. Le monde dans lequel vos gosses (et les miens) vont devenir des adultes n’aura plus rien de commun avec celui que nous avons connu. Dérèglement climatique, conflits internationaux, escalades militaires, brutalisation des démocraties et des institutions, désinformation massive, arrivée au pouvoir de régimes autoritaires, illibéraux, montée des nationalismes et des fascismes. Donc on ne va pas seulement avoir besoin de discipliner les corps via la remilitarisation qui s’annonce, mais on va aussi avoir besoin, et besoin comme jamais d’avoir des gens capables de réfléchir et de penser le monde, leur monde, avec toute la distance et les connaissances que cela implique.

J’écoutais dimanche soir l’émission « En société » sur France 5 dans laquelle Magali Lafourcade (magistrate) expliquait à la fois comment et pourquoi Donald Trump et toute sa diplomatie mettaient les bouchées double en pression et en désinformation pour faire en sorte que l’extrême-droite (Le Pen ou Bardella) arrive au pouvoir en France (à partir de la 29ème minute). Demain il sera beaucoup trop tard pour sauver les universités et avec elles une certaine conception de la démocratie et de la société. Parce qu’aujourd’hui la plupart des politiques ont « juste » le projet qu’elles s’effondrent en nourrissant leur croyance que le privé les remplacerait. Ils et elles ne sont pas hostiles « au savoir » ou « à la connaissance » mais ils ne voient pas l’intérêt ce « cette connaissance là » ou de « ces savoirs là ». Mais demain celles et ceux qui seront au pouvoir auront une posture totalement différente : ils n’en auront absolument plus rien à foutre et viendront pisser sur nos tombes. Et pour ce qui tiendra encore vaguement debout, ils y mettront des grands coups de botte pour que ça finisse de s’effondrer. Nous ne serons plus des opposants ou des adversaires, nous serons des ennemis. Regardez autour de vous partout dans de monde à chaque fois qu’un pouvoir a basculé : aux USA avec Trump, en Argentine avec Milei, en Italie avec Melloni, et ainsi de suite. En France la rumeur d’un « islamo-gauchisme » à l’université a très exactement été inventée et construite pour cela. Et force est de constater que ça marche. A ce rythme là, demain en France comme ailleurs aujourd’hui, les enseignants, enseignantes, chercheurs, chercheuses, seront juste des ennemis. Des cibles. Voilà pour la première ligne. Mais derrière, juste derrière, il y a la deuxième ligne. Celle de vos gosses, justement.

Et puis sur tout ça vous ajoutez cette autre immense
saloperie qu’est Parcoursup
.

Et dont je vous ai aussi souvent parlé. Et là aussi pardon d’avoir eu (avec d’autres) raison trop tôt mais cela fonctionne exactement comme c’était prévu au départ. C’est à dire primo, déposséder la plupart des établissements de leur marges d’appréciation des dossiers. Juste pour vous donner une idée d’à quel point c’est lunaire, cette année on nous a expliqué que si on voulait toujours avoir des lettres de motivation dans les dossiers, bah il allait falloir … le justifier. Et oui. Je rappelle que par ailleurs tout est tellement saucissonné dans Parcoursup pour les lycéens et lycéennes que le remplissage d’un dossier renvoie immanquablement à la scène « ça dépend ça dépasse » du Père Noël est une ordure : décrivez votre vie en 100 caractères, votre projet d’orientation en 250 et votre motivation en 300 caractères espaces comprises. Parcoursup aujourd’hui c’est Twitter y’a 10 ans. Et donc maintenant c’est à nous de justifier que « ah mais oui on veut une lettre de motivation. » C’est encore une idée à la con de mon ami Mister T et de son équipe qui met au moins les 2/3 des équipes pédagogiques universitaires en PLS mais ça, mon ami Mister T et le ministère, ils n’en ont absolument rien à foutre. Deuxio, remettre entre les mains de décideurs aussi éloignés que possible du terrain (ou totalement alignés avec un agenda politique libéral circonstanciel, ce qui est tout à fait compatible avec le premier critère), les choix de volumétrie d’accueil et de nombre de places. Et là encore il faut lire Julien Gossa qui le répète, le documente et l’explique patiemment :

 

Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, la politique éducative nationale ne vise plus à élargir l’accès aux études supérieures, mais à le réduire. La France se tourne désormais officiellement vers un régime de démassification, de réduction du niveau global d’éducation et de formation professionnalisante de la population. Cette orientation n’a pas d’équivalent historique (…)

 

Tertio, tout miser sur l’épuisement par la contrainte. C’est tellement compliqué, tellement usant de se battre contre ces guignols, il faut tellement tout recommencer chaque année, qu’au bout d’un moment même les plus énervés (genre moi) finissent par capituler. Ok. Balek. Vous voulez qu’on trie juste parmi des moyennes anonymes ? On va le faire. Vous voulez qu’on soit tellement inondés de dossiers et de demandes qu’on finisse par se résoudre à ne plus les traiter que statistiquement ou algorithmiquement, et bah d’accord (vu que ça fait maintenant 7 ans qu’on s’épuise à vous expliquer et à vous démontrer que, par exemple, la hiérarchisation des voeux permettrait de tout accélérer et d’arrêter de faire nimp). Et derrière y’a plus pour les ministres et gouvernements qu’à tout laisser filer, et dès que ça commence à filer, tout vient très vite. Les universités suppriment des places : 300 par ci, 600 par là.

 

Plusieurs milliers de places supprimées à la rentrée à l’échelle de l’ensemble des universités et au regard des 3 millions d’étudiantes et d’étudiants ça paraît anecdotique. C’est pourtant tout à fait critique. Parce que c’est le point de bascule. Définitif. Derrière ces places supprimées il y a, encore et toujours, vos gosses. Qui devront soit renoncer à étudier, soit aller étudier plus loin de chez eux (avec les frais que cela impose), soit se résoudre et vous avec à se tourner vers les vautours opportunistes du privé. Et puis ce ne sont pas que des « places » que l’on supprime. Parce qu’en face de ces « places » il n’y aura plus de profs, il n’y aura plus de personnels techniques et administratifs. Y’aura plus rien. Juste notre colère et notre rage. Qui peut-être trouvera des formes collectives pour s’incarner et se manifester. Il en est de très rares à l’université comme le collectif RogueESR par exemple. Mais face à l’Empire …

 

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