Culture informationnelle, fracture cognitive, redocumentarisation de soi et plus si affinités.

Quelques extraits de mon intervention de vendredi dernier à propos des technologies de l’artefact et de la capillarité :

  • à propos des réseaux sociaux et du processus de redocumentarisation : "Dans le monde réel, nous disposons tous de « documents d’identité », factuels, lesquels documents et identités peuvent être « documentés » de différentes manières, par exemple par des services de police ou par les services sociaux. Dans le monde « virtuel », les sites de réseaux sociaux comme Facebook permettent de redocumentariser notre identité connectée, qu’elle soit ou non en adéquation avec notre identité réelle : la description identitaire est ici fragmentée, enrichie et complétée par d’autres. « Je » me définis par la manière dont je me décris mais également par la nature de mes relations, des réseaux auxquels j’appartiens, des opinions des « groupes » ou des « communautés » que je fréquente. Cette redocumentarisation particulière est à la fois très frappante et très prégnante du fait de l’essor et de l‘engouement auprès des publics jeunes des sites de réseaux sociaux. Ce qui permet d’indiquer que pour la première fois à l’échelle de la culture informationnelle, le premier terrain documentaire, c’est celui de ma propre subjectivité. C’est « moi ». L’une des toutes premières explorations documentaires de ces publics n’est plus celle d’un document physique ou même numérique : c’est celle de leur subjectivité connectée. Ceci peut peut-être expliquer un certain nombre de changements, de dysfonctionnements, de naïvetés constatées dans l’approche qu’ont les étudiants et les publics « novices » du « fait » documentaire. Une autre manière de voir les choses est de se dire que c’est là un retour au « Je suis moi-même la matière de mon livre » de Michel de Montaigne. A cette différence qu’en s’inscrivant sur Facebook à 15 ans, on n’a que très peu souvent conscience d’entrer en documentation de soi."
  • à propos de l’éducation à l’information : "il faut arriver à structurer un enseignement, une « éducation à l’information » qui accepte de s’affranchir de ses habituels repères euclidiens pour réorganiser ses fondamentaux selon troix axes. Primo : les pratiques individuelles sont indissociables de leur inscription communautaire. Deuxio : les typologies des contenus documentaires sont pour partie à revoir (à l’aune des critères précédemment énoncés). Tertio : le double mouvement de massification des accès et de marchandisation des pratiques (et des accès) conditionne l’ensemble dans le contexte d’une « économie sociale des documents numériques »."
  • à propos d’une possible fracture cognitive : "la vocation des filtres technologiques (navigateurs, agrégateurs, moteurs de recherches …) est de disparaître ou de s’intégrer : intégration dans des artefacts technologiques plus anciens ou mieux maîtrisés, ou intégration qui peut également passer par une externalisation du service produit. Mal analysé, cet affaiblissement constant des « barrières » technologiques peut avoir un effet de contamination problématique : si on ne pense pas la culture de l’information en s’inspirant des leçons précédentes, le risque est de voir la même culture de l’information transporter des pratiques « n-1 » dans des environnements technologiques « n+1 ». En d’autres termes, le risque est de créer au mieux un décalage (effet retard ou effet diligence selon Perriault) et au pire une fracture cognitive."

Le texte intégral de mon intervention est disponible Téléchargement oegrcdi.rtf
. Soyez indulgent, il ne s’agit pas d’un "article scientifique" mais d’un simple texte d’accompagnement. Il a juste pour vocation de vous permettre de mieux cerner le contenu de chacune des diapos de ma présentation. Laquelle présentation est également téléchargeable : Téléchargement oegrcdi.ppt
(et sera bientôt sur Slideshare dès que le service voudra bien fonctionner).

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