Internet des choses et web physique : Datafication et solutionnisme final.

Il nous faudra veiller à ce que l'internet des choses (Internet of Things) ne finisse par ne pouvoir cohabiter qu'avec un internet des pauvres. Qu'à l'instar des autres ressources (eau, semences, etc.) et droits naturels (se loger, se nourrir, etc.) nos connexions et nos navigations ne se tarissent ou ne (re)fondent la suprématie de quelques grands oligopoles de la distribution. Que les modèles capitalistiques de captation de rente et d'usages conditionnés à l'alimentation des mêmes rentes ne triomphent une nouvelle fois dans le cyberespace. Force est de constater pour l'instant que nous en sommes encore loin. 

Solutionnisme final.

Il nous faudra veiller à ce que montres, lunettes et vêtements, tous connectés, que notre corps et ses nouvelles mémoires étendues, ne se dissolvent entièrement dans un graphe d'un nouvel ordre, comme avant eux nos profils et nos relations sociales dans le graphe de nos "amis", comme avant eux nos documents et nos mémoires de travail dans le graphe des hyperliens. Il nous faudra plus de discernement dans l'établissement du ratio entre les gains et les pertes occasionnées par ces mutations.

Il nous faudra être capable de dire ce que nous attendons de cette dissolution qui pose problème pour s'éviter les affres d'un solutionnisme final.

Californication et Datafication.

Pour l'instant la "datafication" (comme on parlait de réification) du monde est en cours. Installée depuis déjà 10 ans dans le "cloud" pour l'ensemble des ressources de nature informationnelles ou les biens culturels, les 10 prochaines années verront son extension par capillarité à des périmètres matériels inédits : périmètres de "circulation" et "d'habitation" avec nos maisons et voitures connectées, mais périmètre également de l'essentialisation de notre corporéité (lunettes, montres, vêtements) ainsi réduite à la volumétrie des données émises et collectées, et demain probablement périmètre de notre "biologisation" avec l'essor d'un internet du génome, d'un web de l'ADN.

De la proxémie à la proxymie.

Cette datafication, davantage qu'elle n'inaugure de nouvelles proxémies, redéfinit l'objet même de la proxémie : il ne s'agit plus seulement de "l'ensemble des observations et théories que l'Homme fait de l'espace en tant que produit culturel spécifique" au travers de notre rapport aux autres et aux éléments physiques de notre géographie quotidienne ou environnementale (des meubles aux frontières), il s'agit désormais également du rapport que nous entretenons avec nos données, c'est à dire à la fois avec les données elles-mêmes mais aussi avec les capteurs qui les collectent et les routines statistiques et algorithmiques qui les traitent.

On pourrait d'ailleurs, pour le plaisir du mot, en inventer un désignant cette nouvelle proxémie inaugurée par les Big Data et parler de "proxymie", barbarisme improbable reprenant la notion "proxy", un "un composant logiciel informatique qui joue le rôle d'intermédiaire en se plaçant entre deux hôtes pour faciliter ou surveiller leurs échanges", et considérer que les "proxys" ont été les premières instances proxémiques organisant notre rapport à l'espace numérique en tant que produit culturel spécifique. Il serait d'ailleurs aisé d'étayer la validité de ce concept de "proxymie" au travers de toutes les logiques de territorialité (frontières) qu'il permet d'établir ou de contourner.

Url

Dans la notion de proxémie telle que développée par Edward T. Hall, celui-ci montra notamment que la "distance" aux autres était évaluée différemment selon les cultures. Dans la cadre de cette nouvelle "proxémie numérique", de ce nouveau rapport médié aux données, qui reste à étudier entièrement, deux hypothèses sont aujourd'hui possibles :

  • soit on retrouvera dans ce rapport aux données des variables et des traits culturels distinctifs ;
  • soit ce rapport sera pour l'essentiel identique dans l'ensemble des cultures concernées par l'internet des objets, à la fois dans, par exemple, leur tolérance (à la captation), leur confiance (dans l'assignation et la désignation des délégations de tâches que cette collecte permettra) et dans le traitement algorithmique qui pourra en être fait, lequel traitement suppose déjà l'intégration de traits culturels à l'échelle de populations entières (les résultats Google sur le mot-clé "nazisme" ne sont pas les mêmes en Allemagne et aux USA) ou d'individus ciblés (personnalisation).

Sans pouvoir avancer d'autres arguments que ceux très discutables de mon opinion, il est vraisemblable que la 1ère hypothèse sera la bonne.

Des chiffres et des lettres déchiffre.

1000 milliards. On ne connaît pas précisément l'étendue du web "informationnel" mais l'on est capable d'estimer très approximativement le nombre de pages qui le composent, ou qui sont, en tout cas, indexées par Google : l'ordre de grandeur est de plus de mille milliards. Mais l'essentiel n'est visible et mesurable que par Google lui-même : il ne s'agit pas des pages web elles-mêmes mais du graphe des hyperliens qui en conditionne la structure, la visibilité et le fait qu'elles soient (économiquement et mathématiquement) exploitables.

1,5 milliard. On connaît précisément l'étendue du web social, au travers en tout cas du nombre de profils ("utilisateurs actifs") indexés par Facebook : plus d'un milliard et demi. Mais l'essentiel n'est visible et mesurable que par Facebook lui-même : il ne s'agit pas des profils individuels en eux-mêmes mais du graphe social des relations qui en conditionne la structure, la visibilité et le fait qu'ils soient (économiquement et mathématiquement) exploitables.

50 milliards. On estime aujourd'hui que l'étendue de l'internet des choses à l'horizon 2020 sera non pas de 50 milliards "d'objets connectés", mais de 50 milliards de capteurs passifs. Mais l'essentiel ne sera visible et mesurable que par les sociétés qui en régenteront l'accès : il s'agira non pas des objets ou des capteurs en eux-mêmes, mais de la triangulation physique des interactions que cristallisera chacun de ces objets / capteurs à l'échelle d'un individu, d'une famille, d'une groupe social constitué ou d'une population entière.

A l'inverse de cet imaginaire numéraire du numérique, la datafication du monde, la capacité de traitement algorithmique qui l'a précédé et la volumétrie statistique qui l'accompagne, la datafication du monde va donner à ceux qui seront les premiers capables d'en produire le graphe une puissance économique et politique en face de laquelle les anciens monopoles feront figure de PME de province et devant qui toutes les lois du monde n'auront pas davantage de valeur que le règlement intérieur de la piscine municipale de Trouville à l'échelle de la montée des océans.

Car il ne s'agira pas d'additionner 1000 milliards de pages à 1 milliard et demi de profils et à 50 milliards de capteurs passifs, mais de superposer le graphe des pages web à celui des profils et à celui des objets / capteurs qui l'équipent ou avec qui il interagit. De détecter les liens forts et faibles qui régissent, documentent et conditionnent les accès d'1,5 milliard d'individus interagissant avec 1000 milliards de pages et 50 milliards d'objets connectés. 1,5 milliard, puissance 1000 milliards, puissance 50 milliards.

La physique des services.

En Octobre 2014, Google annonce le lancement de son projet "Google Physical Web". Objectif : attribuer à chaque objet (connecté) une URI (= une adresse). Projet aussi passionnant que flippant quand on se souvient de ce que Google (et Facebook) ont fait du vieux rêve "un homme, une page, une adresse".

Le web physique est en fait à la confluence de plusieurs champs :

  • celui, donc, de "l'internet des objets" au sens que lui donne l'imaginaire médiatique courant (donc en gros les voitures autonomes, les montres connectées et les frigos qui twittent),
  • mais également celui de la "servicialisation" numérique des biens matériels (modèle Über ou AirB'nB).

Soit l'équation :

Web physique = internet des objets + servicialisation des biens matériels.

ou si vous préférez :

Web physique = internet des objets + web des services 

Et pour lequel je propose le slogan suivant (et en slogans je suis super fort, souvenez-vous de ma vocation ratée …) :

Web physique ? Des pétaflops* de pata-physique !

Etant entendu qu'en plus la définition littérale de la pataphysique s'ajuste étrangement à ce qu'est en train de devenir ce web physique : "science des solutions imaginaires qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité (sic)"

* 1 pétaflop

<Plus sérieusement>

Premier objectif avoué et poursuivi : que les technologies "NFC" s'étendent bien au-delà des domaines et applications auxquels elles sont pour l'instant circonscrites, afin de doper les processus de recommandation grâce à une automatisation toujours plus fine des logiques de notification qui enrobent le déjà très roboratif pot de miel de la personnalisation.

L'autre enjeu est celui du paiement sans contact, chacun des GAFA ambitionnant logiquement de devenir également banquier (cf mon billet du mois dernier : "Si c'est gratuit c'est que tu vis à crédit : le web et les banques routes de l'information").

Les grands acteurs du web "physique" sont – sans surprise :

L'idée des 3 géants est (en gros) la même et se trouve bien résumée dans la présentation que Wikipédia fait d'iBeacon :

"iBeacon est une technologie qui permet à un périphérique (…) ou un autre matériel d'envoyer un signal à un périphérique (…) à proximité. (…) Dans un scénario de la vie réelle, il permettra des usages davantage autour de la géolocalisation, de la contextualisation grâce à des périphériques émettant un signal sans fil à faible puissance permettant de localiser l'utilisateur précisément dans un magasin. Ainsi les iBeacons pourront vous envoyer des notifications personnalisées des produits en vente autour de vous, ou des produits que vous pourriez chercher."

IBeacon_Ecosystem_slide

(Source de l'image : http://radar.oreilly.com/2015/04/googles-physical-web-vs-apples-ibeacon.html)

Du côté des scénarios d'usage présentés par le Google Physical Web on trouve pêle-mêle :

  • "Un collier de chat permettant d'appeler directement le propriétaire (j'imagine à peine la tête du père Lustucru …). 
  • Le bus qui t'annonce son prochain arrêt (sur ton téléphone ou ta tablette)
  • les parcmètres que tu peux payer directement avec ton smartphone
  • n'importe quel type de magasin, du plus petit au plus grand, qui peut t'offrir une expérience d'achat et de recommandation directe alors que tu parcours ses allées
  • A ZipCar broadcasts a signup page, allowing you to immediately drive away (j'ai pas réussi à traduire et Google trad. non plus)
  • n'importe quel équipement industriel (machine outil, véhicule …) peut faire son propre diagnostic (en cas de panne, quand ton niveau d'essence risque de ne plus te permettre d'atteindre la prochaine station, etc … sauf bien sûr si c'est un tracteur John Deere)

Aux GAF (Google Apple Facebook, Apple étant pour le moment et à ma connaissance absent de ce marché du web physique, sauf peut-être par son ambition d'ouvrir des magasins … physiques), aux GAF' donc, il faut ajouter et même commencer par des sociétés peu connues du grand public mais absolument essentielles, les "Data Brokers" comme Acxiom, Epsilon, Datalogix ou Bluekai.

Internet P.S.A : Physique, Services, Applications.

A ce web physique et à l'ensemble des services qu'il entend (re)couvrir, il faut aussi ajouter ce qui pourrait ressembler à la prochaine controverse de Valladolid du numérique, c'est à dire la question des applications. Je m'explique.

Du côté des GAFA, l'intérêt est de porter au maximum l'essor de leurs différentes applications au sein de leurs propres écosystèmes de sites et de services liés. Les "applications" présentent en effet le double avantage d'être "propriétaires" et liés à un environnement particulier (iOS ou Androïd) facilitant ainsi le contrôle de nos moindres comportements et la collecte de nos données en apparence les plus anodines (remember Angry Bird et la NSA). Des applications qui, demain, auront donc vocation à réguler nos différentes interactions avec le web physique.

Du côté du fondateur du web et du consortium W3C, on pointe le danger de cette dérive applicative, et l'on s'efforce dans le même temps de promouvoir des standards ouverts permettant, in fine, de faire de chaque page web une application :

"Chaque page est potentiellement une application, un service à l’utilisateur. Le Web est définitivement une plateforme standardisée d’applications ouvertes sur internet."

Donc je résume : 50 milliards de capteurs passifs, 3 milliards d'internautes, probablement 1 milliard d'applications "propriétaires" disponibles, mille milliards de pages web comme autant d'applications potentielles, le tout maîtrisé, racheté, contenu ou dans le giron effectif d'une grosse dizaine de multinationales.

Contrôle a posteriori = Surveillance a priori.

Et l'éternelle, la lancinante, l'inévitable question de la surveillance qui plus que jamais s'impose. Pas de numérique sans trace, donc sans inscription, donc sans mémoire, donc sans contrôle a posteriori toujours possible, donc sans surveillance a priori possible (car le contrôle a posteriori rend possible la surveillance a priori, c'est d'ailleurs là tout le débat et l'enjeu autour de la statistique et des technologies "prédictives"). Oui Facebook "surveille" un milliard et demi de profils, oui Google "surveille" 1000 milliards de pages, oui Apple "surveille" les dépenses de 400 millions de coordonnées bancaires. Ad lib. Et oui, si la loi renseignement est votée aujourd'hui en l'état, et même avec toutes les "garanties" qu'on nous annonce y avoir mises, oui l'état français exercera une surveillance sur l'ensemble de la population.

Ils nous surveillent et nous surveilleront, et oui cette surveillance sera anti-démocratique parce qu'elle s'exercera nécessairement a priori, précisément parce qu'il est dans leur nature (aux GAFA) ou dans leurs ambitions (aux GAFA et donc visiblement aussi à l'Etat Français) de contrôler a posteriori. Et que – je répète – le contrôle a posteriori rend possible et induit presque obligatoirement, presque mathématiquement, une surveillance a priori, ne serait-ce que pour pouvoir légitimer l'exercice même de ce contrôle.

Et demain. Mais demain. Qui surveillera les 50 milliards de capteurs passifs ? Et quels seront les effets de cette surveillance ? Et si c'étaient les objets qui se mettaient à leur tour à faire montre de différents comportements (ne ratez sous aucun prétexte la chronique de l'internet des objets drogués sur Internet Actu) ?

Quand les effets deviennent la cause.

Ou plus précisément les "effects" tels que mentionnés dans le 4ème amendement de la constitution américaine concernant :

"Le droit des citoyens d'être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé, et aucun mandat ne sera délivré, si ce n'est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou affirmation, ni sans qu'il décrive particulièrement le lieu à fouiller et les personnes ou les choses à saisir."

"Effets" (en français) et "Effects" en anglais est ici à prendre au sens de "les possessions, les biens, les machins dont nous sommes propriétaires". Que devient alors ce 4ème amendement à l'heure de l'internet des choses et du web physique ? Que se passe-t-il lorsque un "effect" ne désigne plus seulement un objet physique mais également l'ensemble des données et des signaux de communication émis ou collectés par cet objet ? C'est à ces deux questions que s'efforce de répondre ce long, un peu technico-juridique mais absolument p-a-s-s-i-o-n-n-a-n-t article : "The Internet Oh Things And The Fourth Amendment Of Effects".

Les conclusions de l'article sont – en très gros – les suivantes : il existe un vide juridique autour de l'inclusion des "données collectées par les objets" dans ce 4ème amendement. Vide juridique qu'il est urgent de combler tant les problématiques de gouvernance liées à la vie privée et à la surveillance sont gigantesques et seront de plus en plus déterminantes. Il y a deux approches permettant de combler ce vide : la première consiste à "protéger toutes les données", la seconde à protéger uniquement les "données internes" aux objets (et donc en gros liées uniquement à l'utilisation personnelle que l'on aura fait dudit objet). Il existe également une troisième approche – pour laquelle plaide l'auteur – celle d'une "enceinte virtuelle" (Virtual Curtilage). Dans la loi américaine la notion "d'enceinte physique" permet de considérer qu'un certain nombre d'actions et de comportements on lieu dans le cadre privé de l'enceinte physique de son domicile et que ces actions – et ce domicile – doivent donc bénéficier d'un haut niveau de "protection". L'auteur propose donc de créer la notion "d'enceinte virtuelle" et d'y inclure notamment les données et signaux liés ou collectés par les objets connectés, émis par la famille dans le cadre de cette enceinte.

Moralité.

Lamartine écrivait :

"Objets inanimés avez-vous donc une âme / Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"

D'âme je ne sais point. De données c'est certain. Comme est incertain l'avenir de ces données du web physique.

Il nous faudra veiller à ce que ces données, à ce que les nouvelles logiques de servicialisation, à ce que les nouvelles "enceintes virtuelles" ne concourent pas à produire essentiellement de nouvelles formes d'asservissement. Que le web physique, au-delà du plaisir fugace de l'étreinte qu'il nous promet, ne nous éreinte une nouvelle fois. Que ces nouvelles proxémies, ces nouvelles "proxymies", puissent être analysées de manière indépendante alors même que la source même permettant l'analyse (les corpus de données) sont aux mains de multinationales peu soucieuses d'une quelconque éthique, ou s'abritant derrière une éthique ad hoc qui n'est qu'une éthique en toc.

Il nous faudra veiller à limiter l'avènement d'un solutionnisme final qui pourrait alors permettre d'éradiquer toute forme de comportement autonome ou de libre-arbitre dans des sphères de plus en plus étendues de consommation et de socialisation, à force d'augmenter toujours davantage la prégnance de comportements induits, calculés, prévisibles parce que déjà "provisionnés".

Il nous faudra aussi nommer clairement les choses : les choses justement. L'internet des objets n'est pas celui des choses. Le trésor de la langue française nous donne plusieurs définitions d'un objet. Objet vient du latin "objectum" : "ce qui est placé devant". Et attire donc un de nos sens (en général la vue) comme il peut également masquer notre regard sur d'autres choses. Au détour d'une de ces définitions on peut lire cet extrait :

"Ceux qui affirment sur les choses la maîtrise la plus autoritaire ne sont pas les plus humains de tous. Eux aussi, comme ceux qui se laissent modeler par elles, ont vidé les choses de la tendresse et du respect humains. Les objets ne sont plus pour eux que des objets, évacués de présence, d'appels, de connivences échangées des uns aux autres et d'eux à nous. Ils y gagnent évidemment un sentiment d'aisance parmi les choses, soumises sous leur main à un multiple et souple esclavage."
MOUNIER, Traité caract., 1946, p.80.

"(…) un sentiment d'aisance parmi les choses, soumises à leur main à un multiple et souple esclavage." Justement. Ça commence (mal) aujourd'hui.

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