Open Access Week 2017. On s’en bat (malheureusement encore) les couilles.

Depuis Lundi c'est la semaine de l'Open Access. La semaine de l'accès ouvert. Partout dans le monde et en France se tiennent donc différents événements plus ou moins médiatisés. En général plutôt moins que plus. 

De manière assez opportune ou peut-être hasardeuse, quelques jours avant cette Open Access Week dans tous les cas, un collectif "représentatif" de personnalités qui sont autant d'"insiders" et de figures historiques du mouvement de l'Open Access en France (dont certain(e)s font par ailleurs un travail remarquable, ce n'est pas le sujet), un collectif d'insiders se disant représentatif disais-je, a donc diffusé un "appel" : "l'appel de Jussieu" qui plaide notamment en faveur de la "biblio-diversité".

Cet appel contient des formules et des aspirations que je partage (comment ne pas les partager …) par exemple lorsqu'il est question d'appeler

"les institutions de recherche avec leur bibliothèque à sécuriser dès maintenant une part de leurs budgets d’acquisition afin de soutenir le développement d’une édition scientifique réellement ouverte et innovante qui réponde aux besoins de la communauté scientifique."

Même si la formulation très générique laisse ouverte plein d'ambigüités possibles. Je partage également nombre des huit "points" autour desquels est articulé ledit appel, comme par exemple les deux derniers :

"7. Les communautés scientifiques doivent avoir accès à des infrastructures nationales et internationales qui garantissent la préservation et la circulation des connaissances contre toute privatisation des contenus. Des modèles économiques doivent être trouvés pour assurer la pérennité de ces dispositifs ;

8. Priorité doit être donnée aux modèles économiques de publication qui n’impliquent le paiement ni par les auteurs pour publier, ni par les lecteurs pour accéder aux textes. De nombreux modèles économiques équitables existent, par soutien institutionnel, par implication ou souscription des bibliothèques, par commercialisation de services premium, par financements participatifs, par constitution d’archives ouvertes, qui ne demandent qu’à être étendus et généralisés."

Donc oui bien sûr mais heu … comment dire … ben en fait tout ça existe en effet déjà, tout cela est très flou, et rien de tout cela ne constitue une solution au problème, puisque le problème – le vrai – n'est jamais mentionné : je veux parler des politiques tarifaires des éditeurs crapuleux qui tiennent la totalité du marché de l'édition scientifique "commerciale".  

Cet appel de Jussieu est donc au mieux superfétatoire et au pire légèrement ambivalent. On pourra par exemple lire les bémols explicites et nécessaires que lui appliquent les copains /copines de SavoirsCom1. Au final et après avoir pas mal gambergé sur le sujet, j'ai moi-même ressenti un profond trouble, voir un certain malaise à la lecture de ce texte, de cet "appel", peut-être parce qu'il est … encore un "appel" à éviter de nommer le problème.

Un appel pourquoi pas. Mais en fait surtout … pourquoi ?

Pourquoi un énième appel ? En 2017 ? De "Jussieu" (Jusqu'à maintenant on avait plutôt des noms de capitales, Berlin, Budapest …) ?!?  Et pourquoi cet appel à la "biblio-diversité" ? 

Non parce que comme le rappellent les initiateurs de ce texte, la question de l'accès ouvert aux connaissances scientifiques ne fait plus débat. Tout le monde est pour. Tout le monde a compris que c'était important. Tout le monde sait qu'il existe différentes voies (verte, dorée …) avec différents modes de financement. Et puis les infrastructures existent. Et puis la loi Lemaire offre de nouvelles garanties juridiques contractuelles importantes aux scientifiques. Et puis des plateformes comme Hal ou bien encore Revues.org sont exemplaires. Et d'autres modèles "mixtes" comme Cairn.info (accès gratuit uniquement après un certain temps) existent également. Et pourtant à y regarder de plus près ça n'avance pas vraiment, à croire que …

Car comme ne le rappellent pas les initiateurs de ce texte, tout le monde sait aussi que quelques éditeurs au premier rang desquels Elsevier vendent aux bibliothèques publiques des connaissances publiques écrites par des chercheurs payés par de l'argent public à des tarifs qui oscillent entre le foutage de gueule et l'escroquerie en bande organisée. Et pourtant là aussi, tout le monde continue de payer, et chaque année de l'argent public est littéralement dilapidé, un peu comme si on avait décidé que l'argent public …

Balek

 

D'ailleurs comme ne le rappellent pas non plus les initiateurs de ce texte, tout le monde sait aussi que d'autres appels se multiplient depuis déjà de nombreuses années, des appels au boycott pur et simple de ces éditeurs crapuleux. Appels au boycott à l'initiative desquels on trouve nombre de prix Nobels et de prestigieuses universités, lucides parce qu'elles savent qu'à ce rythme là elles vont finir tout à fait exsangues.

Mais comme lesdits appels, si médiatiques soient-ils dans les 15 jours qui suivent leur publication, restent nonobstant sporadiques et ne font jamais réellement tâche d'huile, et ben les éditeurs crapuleux eux, ils rigolent et nous disent, "vos appels au Boycott :

Balek

 

Et comme ne le rappellent toujours pas les initiateurs de ce texte qui semblent considérer qu'il n'est guère d'autre problème que celui de la "bibliodiversité" et celui des "fonctions éditoriales", tout le monde sait aussi que l'accès ouvert ne décolle pas. Que nous sommes très loin du compte. Que malgré la loi Lemaire, malgré quelques plateformes exemplaires (Hal, Revues.org, Hypotheses.org), les dépôts en Open Access sont très très très loin d'être à la hauteur des enjeux.

Le plus gros problème … c'est qu'on connaît la solution et qu'on refuse de l'appliquer.

Alors que tout serait réglé en quelques mois si et seulement si l'ensemble des universités françaises (et au-delà) mettaient en place un mandat de dépôt obligatoire (= l'obligation pour les enseignants-chercheurs de déposer tous leurs articles dans l'archive institutionnelle de leur université) sur le modèle de ce qui a été fait à l'université de Liège par Bernard Rentier. Pourtant une seule université en Francecelle d'Angers – a eu le courage de le mettre en place. Une seule. Putain de bordel de merde de sapajous cacochymes. Une seule université en France fait ce qu'il faut pour que ça marche. En tout cas elle a créé les conditions pour. Encore faut-il ensuite assurer le pilotage et le suivi de ce mandat de dépôt obligatoire si l'on ne veut pas qu'il ne reste inscrit qu'au chapitre des bonnes intentions (ce qui semble être hélas le cas d'Angers). Mais quand même. Une seule université. Et pendant ce temps là tout le monde chouine en regardant ailleurs et en rédigeant des appels à la bibliodiversité.

Comme tout le reste est prêt, comme les mentalités ont en effet évolué (mais hélas pas au point de faire ce qu'il faudrait faire spontanément, cf les excuses en carton dont nous allons reparler plus bas), comme le cadre juridique est suffisant, comme les infrastructures techniques existent, il suffirait que tous les établissements d'enseignement supérieur mettent en place un mandat de dépôt obligatoire. Et. C'est. tout. Et vous croyez que c'est compliqué à faire ? Même pas. 

One Ring réunion To Rule Them All.

Pour ce faire, il suffirait d'une seule putain de réunion de la CPU (Conférence des Présidents d'Université) – présidents qui ont tous été élus en jurant que vous allez voir ce que vous allez voir, eux élus, ils défendraient l'open access et la science ouverte -, une seule putain de réunion dans laquelle serait prise une seule décision (mandat de dépôt obligatoire), et le problème de l'accès ouvert en France serait quasi-définitivement réglé, Elsevier renvoyé dans les cordes, et alors mais alors seulement on pourrait réfléchir à la question de la biblio-diversité après s'être pris ensemble une énorme cuite pour fêter dignement cette prise de conscience si tardive mais si salutaire de la CPU. 

Oui mais voilà, les présidents d'université eux aussi ils nous disent …

Balek
Parce que s'ils ne s'en battaient pas les couilles, ils auraient déjà fait ce qu'il faut faire.  

Et puis bien sûr il y a les collègues. Depuis déjà plus de 20 ans que j'exerce ce métier, que je suis enseignant-chercheur et que je milite à mon échelle pour l'accès ouvert, y compris de manière parfois assez radicale, je ne peux malheureusement que constater que visiblement tout le monde, ou en tout cas l'essentiel de mes collègues rejoint le grand mouvement qui consiste à s'en battre les couilles.

Balek

 

"Pas le temps", "pas envie", "pas compris l'intérêt", "oui mais est-ce que ça compte pareil pour les publications de rang A" et autres excuses en carton … il y a toujours une bonne raison pour ne pas faire ce qu'il faudrait faire, et il y aura toujours une bonne raison de ne pas le faire tant qu'il n'y aura pas de volonté politique à l'échelle de chaque université pour obliger, o-bli-ger, les enseignants-chercheurs à déposer les résultats de leur recherche, de la recherche publique, immédiatement et intégralement dans l'archive institutionnelle de leur établissement de rattachement pour qu'ensuite lesdites archives soient reversées dans une archive nationale.

Mandat de dépôt obligatoire. Dans toutes les universités. Et après, après seulement, on discute. Et on pourra se faire des noeuds au cerveau pour savoir si la "biblio-diversité" est en danger, si la centralisation n'est pas trop grande, si les modèles éditoriaux sont suffisamment diversifiés, si la pluie ça mouille, si, si, si, etc. 

Mais franchement, en 2017, alors que budgétairement les universités sont à la rue et que ça ne va pas s'arranger avec l'explosion parfaitement prévue de la démographie étudiante, souvenons-nous que toutes les universités via les consortiums qui les représentent, continuent de faire des chèques en blanc à des éditeurs crapuleux alors que toutes les putains de conditions sont réunies pour que ce chantage à l'accès cesse immédiatement. Et ça, vraiment mais vraiment, y'a de quoi avoir envie de chatouiller tout ça à grands coups de hallebardes. 

Alors pourquoi ?

Pour l'instant la seule vraie question est de comprendre pourquoi 25 ans après la création de la première archive ouverte (ArXiv), quinze ans après la déclaration de Budapest pour l'Open Access (2002), 12 ans après la déclaration de Berlin pour le libre accès à la connaissance, pourquoi a-t-on encore besoin d'organiser des semaines de l'Open Access ??!!

Car pour ce qui est de comprendre pourquoi chaque nouvel appel, de Jussieu ou d'ailleurs, en touche une à Elsevier sans lui faire bouger l'autre, là c'est bon, on a bien compris (sinon relisez ce billet depuis le début). 

Parce que c'est la guerre.

La mise à disposition des connaissances publiques dans l'espace public après des décennies de privatisation illégitime ayant abouti à d'authentiques et de parfois dramatiques spoliations, est un combat. Une guerre. Une guerilla. Et on ne gagne pas des guerres en multipliant les "appels" ou en s'interrogeant sur la "biblio-diversité". D'ailleurs Elsevier à déjà réagi à ce nouvel appel de Jussieu pour une réflexion sur la biblio-diversité par un communiqué de presse qui disait en gros ceci : 

Balek

Alors attention hein je n'ai pas dit que tout était rose dans ce qui existait actuellement. Et je vois bien les arguments des collègues m'expliquant que le mandat de dépôt obligatoire pourrait aussi être utilisé comme un moyen de flicage et de contrôle supplémentaire pour optimiser la rentabilité attendue des enseignants-chercheurs, voire pour justifier les pires dérives managériales. Oui. Oui. Oui. Trois fois oui. Bien sûr. Parce qu'il en va des décisions politiques comme des technologies : aucune n'est jamais réellement neutre et elles ne font sens que par les usages qu'elles autorisent et souhaitent mettre en avant mais dont elles ne peuvent à l'avance déterminer lequel sera l'usage dominant. Donc ce jour-là, le jour où la presque totalité des publications de l'ensemble des recherches françaises financées sur fonds public sera en ligne et accessible de manière gratuite et pérenne, ce jour là – s'il advient – nous mènerons ce combat.

Mais le combat que nous avons à mener aujourd'hui est – à mon sens en tout cas – beaucoup plus urgent et fondamental : il faut que les résultats de la recherche publique, tous les résultats de toutes les recherches publiques, soient accessibles publiquement, intégralement, immédiatement et définitivement en dehors de tout cadre marchand. Point. Barre. Il faut que plus jamais, vous m'entendez bien, plus jamais une université publique ne soit obligée de débourser le moindre centime pour accéder à des résultats de la recherche publique**. 

(** cette "ambition" semble – heureusement – couverte et mentionnée dans les points 7 et 8 de l'appel de Jussieu mais de manière bien trop diplomatique pour être honnête, et sans rappel de tout ce que j'ai essayé de signaler dans cet article)

Avant de nous inventer des ennemis aussi potentiels que pour l'instant invisibles et inexistants, commençons par combattre ceux qui avancent démasqués en obscurcissant totalement l'horizon et amputent chaque année le budget des universités françaises d'une somme faramineuse qui pourrait – exemple parmi tant d'autres – être employée à créer des postes d'enseignants ou de personnels techniques et administratifs. Par exemple. Bordel. De merde.  

Mon conseil pour la semaine de l'Open Access Week.

J'aimerais vraiment qu'il ne soit plus jamais question d'une seule putain de semaine de l'Open Access au milieu de cinquante et une putains de semaines de la privatisation de la connaissance, tellement cela me rappelle l'existence d'une seule putain de journée de la femme sur les 364 putains de journées restantes.

Par ailleurs et pour autant qu'elle vous intéresse, voilà ma résolution pour cette semaine de l'Open Access : à compter de ce jour et chaque fois que j'entendrai un collègue se plaindre (à raison) de la baisse du budget, du manque de moyen et autres gémissements de nature pécuniaire concernant les conditions d'exercice de son métier, je lui demanderai poliment si l'ensemble de ses publications scientifiques sont déposées en accès ouvert. S'il me répond que non, je lui demanderai alors tout aussi poliment mais fermement de fermer sa bouche.

Avant de lui expliquer une dernière fois quelle somme astronomique pourrait revenir dans le giron des universités et de la recherche publique si chacun, à commencer par lui, faisait simplement son travail, son vrai travail, son seul travail, le seul travail pour lequel il est payé par l'état : partager la connaissance qu'il produit pour qu'elle soit immédiatement, totalement et de manière pérenne, accessible pour ceux qui en ont besoin. C'est à dire l'ensemble des putains d'habitants de cette putain de charmante planète.  

8 commentaires pour “Open Access Week 2017. On s’en bat (malheureusement encore) les couilles.

  1. Ce qui manque c’est aussi :
    – qu’on crée des Méta-Revues payantes, qui Éditorialisent et Sommairisent des papiers remarqués par une communauté en piochant dans les HAL et ArXiv,
    – des États et une Europe qui mettent les moyens d’organiser l’émergence de Méta-revues et Open Access green avec un siège en Europe,
    – des bibliothèques universitaires qui s’abonnent à ces Méta-revues,
    – que les institutions (CNU, INSERM/CNRS/INRIA, ERC, H20xx…) reconnaissent DES revues Open Access green et Méta-revues (minimum UNE par discipline/communauté scientifique, idéal 2 ou 3) comme des revues de rang A (quitte à faire un peu de discrimination positive au début).
    – que ces institutions pénalalisent les rôles (Editors…) chez les éditeurs rapaces (qui échouent à négocier avec Couperin) et sur-valorisent les rôles dans les revues Open Access green et Méta-revues (de qualité) dans l’évaluation des dossiers.
    Fight !!!

  2. Si seulement le HCERES pouvait aussi partager cette vision ! D’autres universités rejoindraient promptement Angers !

  3. Bon, pour l’obligation de dépôt, ma maison mère, Inria, est assez à l’aise. Mais oui, on se sentirait un peu moins seuls si les autres institutions suivaient. Pour l’appel de Jussieu, il est justement destiné aux institutions pour leur dire de se bouger le c__ (pour rester dans le ton). La formulation doit permettre aux décideurs de ne pas trop avoir à se décider sur les détails, mais le message est clair: nous allons avoir une série de négociations nationales avec de gros éditeurs dont celui que tu montes en épingle et la conséquence directe de l’appel, c’est de dire: 1) non, on ne veux pas d’une bascule vers un modèle auteur-payeur à budget constant à la mode OA2020 et 2) oui, on veut assumer que la base de négociation est de réduire le chiffre d’affaire pour pouvoir consacrer du budget à autre chose qu’à laisser perdurer un modèle de publication scientifique qui nous fait suffoquer sous plein d’aspects (pas que budgétaire au passage).
    En tout cas, c’est mon guide de lecture…
    Laurent (tu peux vérifier, j’ai tout sous HAL, sauf les vieux trucs dont je n’ai pas pu retrouver une version numérique, soupir)

  4. Obligation également de déposer les éventuelles données dans les bases de données en accès ouvert pour certaines disciplines où ces données existent et sont malheureusement elles aussi confisquées et commercialisées par des monopoles à but prétendument non-lucratif. Je pense à la cristallographie.

  5. Bonjour,
    les points de vue situés et indignés c’est bien mais ça ne suffit pas toujours. Car si on regarde un peu plus loin que le bout de son campus ou de son contexte national, on se rend compte que ce qui est en train de se jouer c’est l’échange d’un big deal pour un autre big DEAL : en gros, tout l’argent des souscriptions payé en APC aux mêmes éditeurs pour qu’il publient en OA. Et là, je ne vois vraiment pas en quoi le dépôt obligatoire en archive ouverte résout le problème : car le problème c’est que pour avoir une chance d’être recruté ou d’avancer dans la carrière, il faut publier dans une revue de rang A, possédée par le même éditeur. Que cette revue soit ou non en OA et que tu aies ou non déposé dans ton archive institutionnelle ne change rien à l’affaire : il faut toujours payer, au même. Et puisque ledit éditeur est en position dominante sans concurrence sur son segment de marché, pour ce qui est de rendre des vrais services à la communauté, ben il s’en bat les c.
    C’est ça que dit, en gros, l’Appel de Jussieu. Donc le problème n’est pas que l’OA ne décolle pas. Au contraire, il décolle à toute allure, c’est top, c’est génial ! Et les éditeurs commerciaux sont bien d’accord là-dessus, parce qu’il ont compris que ce qui tient les chercheurs par les c. ce n’est pas l’accès à l’information, c’est l’accès à la labellisation par les revues “prestigieuses” (SHS) / à fort IF (STEM).

  6. Bonjour,
    Et à votre collègue, à l’Université de Nantes, dites-lui aussi que si déposer c’est “trop long”, “trop compliqué” et qu'”il ne voit pas à quoi cela sert”, dites-lui de parler aux bibliothécaires de la BU : on est là pour ça, on attend que cela de les aider… et on peut même vous donner tous les détails sur nos budgets doc. élec. (c’est édifiant aussi).
    Merci.

  7. Une idée comme ça : imaginons que tel paquet de publications ne vaille pas un clou scientifique. Problème : comment se fait-il que ça ne vaille pas un clou (scientifique) puisque c’est fabriqué par des gens dont c’est le métier de faire avancer les connaissances (scientifiques) ? Solution : on met un emballage avec le label “qui vaut le coup” (l’adjectif “scientifique” devenant facultatif). N’est-ce pas le génie du commerce des boîtes à fric, qui réussissent le tour de force de mettre de la valeur (en fric) sur tout ce qu’elles emballent ? Serait-il possible que plein d’académiques aient intérêt à ce qu’on leur fiche la paix sur la vérité (scientifique) de ce qu’ils publient ? Sinon, pourquoi diable seraient-ils aussi zélés pour bosser pour des prunes, euh, non, pour faire bénévolement des évaluations/expertises d’articles qui vont être certifiés “valoir le coup” rien que parce qu’ils participent à une sélection sévère des papiers à publier et qu’ils faut dorénavant les acheter pour les utiliser, ce qui prouve qu’ils ont de la valeur ? (Non non, je ne dirai rien sur les moyens illicites de se les procurer quand même, l’essentiel étant que ces moyens restent illicites.)

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