Prendre la parole sur les réseaux. Et mettre la langue.

<Merci à Xavier De La Porte pour la mention de ce billet dans sa chronique sur France Inter>

En Novembre 2017, soit 11 ans après sa création, Twitter doublait sa limite historique de 140 signes pour autoriser les messages de 280 caractères. En Décembre 2017 il déploie la fonctionnalité "discussions" (threads) qui permet de publier des "conversations" plus denses et étoffées. Et en ce mois de Février 2020 il annonce une nouvelle fonctionnalité pour faciliter la mise en place de ces "threads" en permettant de raccrocher plus facilement un nouveau tweet à d'anciennes publications.

La profondeur d'un tweet. 

Ce faisant, le réseau social s'efforce de laisser à ses utilisateurs la possibilité de créer de la profondeur conversationnelle, des contenus (relativement) "longs" sur un média court ; il transforme la verticalité de l'expérience de lecture des threads (chaque tweet continue d'apparaître sous le précédent) en une forme de longitudinalité discursive. C'est à dire d'une forme de lecture formellement "classique". Ce qui n'empêche pas cette lecture, du fait de son inscription dans la dynamique propre au réseau social, d'être en permanence bousculée par la fréquence d'apparition d'autres tweets ou de sollicitations attentionnelles et/ou interactionnelles permanentes. Sollicitations qui viennent hacher et fragiliser la possibilité d'une temporalité de lecture que ne soit pas exclusivement contrainte par la brièveté, et ce dès sa constitution, dès son apparition, dès sa possibilité même. L'empilement, l'agglutination de tweets au sein de ces threads ne permet pas nécessairement de retrouver le cadre cognitif préexistant à notre disposition ou à notre volonté d'entrer dans une temporalité de lecture longue et dédiée. Dit autrement, l'accumulation de formes brèves ne suffit pas toujours à constituer une forme longue. 

Dans un des tout premiers articles que je consacrais à cette plateforme, je relevais déjà la capacité de Twitter à briser son hétérarchie constitutive pour trouver des formes collaboratives de profondeur. Une forme discursive se travaille toujours entre des formes de verticalité et d'horizontalité souvent concurrentes, parfois complémentaires. Verticalité de discours, horizontalité d'énonciateurs, ou l'inverse. 

La tentation du long.

Dans le même genre, souvenons-nous de l'extension du domaine de la statusphère que Facebook proposa également en Décembre 2011, en passant le format de publication à plus de 60 000 caractères contre à peine 160 lors de sa création en 2004. Là encore la tentation du long, de la longueur. Une tentation qui répond à la nécessité de capter des pratiques en venant concurrencer directement d'autres espaces de publication "longs", en  maximisant les effets d'audience (pour les utilisateurs comme pour la plateforme elle-même), et en perfectionnant également de manière non-marginale la connaissance fine que la plateforme a de ses utilisateurs au travers des régimes et des espaces discursifs d'exposition qu'elle leur "offre" en permanence. Comme je l'expliquais ici

Plateformes sociales au long court.

Au tout début des blogs, ceux-ci n'étaient également qu'une agglutination de signalements et de liens, très courts ; des formes brèves. Puis ils prirent de la densité et "les blogs" devinrent de nouveaux espaces éditoriaux dans lesquels la brièveté se déplaça (le plus souvent) dans des espaces marginaux (les blogrolls ou listes de liens) pour laisser place à l'étendue d'une pensée, d'une réflexion (relire les premières pages de ce magnifique ouvrage sur le sujet, désormais en libre accès). Il y a toujours eu une fascinante et constante ingénierie discursive des plateformes sociales de la brièveté pour remettre du longitudinal dans la verticalité de l'expression.

Deux axes.

Celui, vertical, synchronique, de la plongée dans les abîmes ou les abysses de la brièveté faite loi et de la réactivité faite norme. L'empilement des tweets, des statuts de nos fils d'infos. L'ante-chronologie comme un [jeu de (dès)]ordre. 

Et celui, horizontal parce que large, parce que plus diachronique et diacritique du premier, de forme longues qui s'articulent selon trois modalités principales :

  1. les formes nativement longues (les articles Facebook par exemple)
  2. les formes longues par simple empilement de formes courtes (les threads, discussions et forums, ou les espaces discursifs de commentaires se répondant et se faisant écho)
  3. les formes nativement horizontales : le paradigme des "Stories" qui, indépendamment de leur propre longueur ou concision, viennent décaler le regard, le conditionnement cognitif, d'une verticalité de la consultation vers une horizontalité de la lecture (= elles se lisent ou se font défiler de gauche à droite alors que la consultation des autres contenus se fait principalement de haut en bas).

Les "stories" sont des signes diacritiques de récit qui transforment une verticalité en horizontalité. Ces "stories" rajoutent une forme horizontale de scrolling infini à celles, initiales et verticales déjà connues de ce même défilement garant de l'absence de toute viscosité sociale.

<Incise qui n'a rien à voir ou en tout cas pas à première vue> Puisque l'on parle ici et "main-tenant" de lecture, posturalement, le pouce préhenseur nous donne aujourd'hui accès à ces défilements horizontaux comme à ces plongées verticales sur nos smartphones, là où, pendant des siècles, c'est l'index qui nous permettait de naviguer dans les livres en tournant les pages ou en accompagnant ligne à ligne et signe à signe l'activité de déchiffrage. Le passage du pouce à l'index n'est pas neutre. Ni posturalement, ni sémiologiquement. Il est une re-configuration. La fonction de préhension du pouce est remplacée par une fonction de défilement dans l'essentiel de nos tâches cognitives. L'index n'a plus qu'une fonction littérale d'appui, de maintien, d'équilibre. Il ne désigne plus, il ne navigue plus, il n'interagit plus. Il se contente de soutenir. De tenir par en dessous ce que le pouce fait défiler par en dessus de l'écran. Plus besoin de pointer, d'index pointeur. Tout est affaire d'a-préhension. Parfois poussive.

Téléchargement 20664

 

</Incise>  

La langue des réseaux.

Je défends depuis longtemps l'idée que les grands biotopes numériques fabriquent et instancient des espaces discursifs et des agencements collectifs d'énonciation dissemblables, "différants", obéissant chacun à leurs propres régimes de vérité, à leurs propres heuristiques de preuve. Et ce indépendamment de leurs ressemblances fonctionnelles (y compris dans les biais cognitifs dont ils jouent et qu'ils exacerbent), de leurs similarités structurelles (dimension réticulaire, profils navigables, espaces semi-publics et semi-privés, etc.), et du fait que tout cela soit couplé à des ingénieries émotionnelles au service d'architectures techniques de la viralité – et de la rivalité – et réciproquement. 

L'idée que chaque biotope aurait, bien sûr, son propre langage, ses propres signes, ses propres grammaires, mais serait, plus fondamentalement, sa propre langue. Qu'il "ferait" langue.

On distingue, en linguistique, trois grandes familles de langues (ce qui suit est une synthèse de ce que l'on peut notamment trouver ici ou ).

Les langues isolantes (comme le Chinois) où la plupart des mots sont invariables et où le contexte et la syntaxe sont plus importants que la morphologie. Les catégories grammaticales sont définies par l'ordre des mots ou par l'introduction de mots supplémentaires. Chaque mot individuel porte une signification générale (concept racine), les nuances étant exprimées par d'autres mots. 

Les langues flexionnelles (ou fusionnelles) où les mots changent de forme (orthographe, prononciation) selon leur place – et leur rôle – dans une phrase. 

Et les langues agglutinantes (un sous-ensemble des langues flexionnelles), comme le Turc, qui ont recours à des ajouts d'affixes, de préfixes et de suffixes pour exprimer les nuances grammaticales de la phrase (nombre, temps, personne et plein d'autres nuances). 

Réseaux isolants, flexionnels et agglutinants.

Cette typologie des langues est-elle opérante et utile pour affiner notre compréhension de la nature profonde des biotopes numériques ? Il (me) semble que oui, et pas simplement sur un plan métaphorique. Bien sûr, chacun de ces grands "types" ne permet pas de caractériser une plateforme plutôt qu'une autre : Facebook n'est pas "isolant" quand Twitter serait "agglutinant" ou Google "flexionnel". En revanche chaque plateforme s'appuie sur des motifs (patterns) isolants, agglutinants ou flexionnels qu'elle fait intervenir à différents étages systémiques de ses principes interactionnels et fonctionnels. Et ce sont ces "marqueurs" qui peuvent nous aider à mieux comprendre la nature des interactions et des espaces discursifs de ces plateformes. 

Prenons par exemple Twitter. La fonctionnalité dont je parlais au tout début de cet article et qui permet de faciliter les discussions en raccrochant tout nouveau tweet à d'anciennes publications procède d'une forme d'agglutination discursive auto-référentielle : je construis un espace conversationnel par agglutination. De la même manière, l'ajout de signes diacritiques préfixatifs comme le dièse #, l'arobase @, ou même les smileys, permettent de jouer sur un ensemble certes limité mais très efficient de nuances dans l'adressage de personnes, de sujets, de conversations ou de tropes. La langue de Twitter est donc fondamentalement et doublement agglutinante

Du côté de Facebook les choses semblent différentes. D'abord parce que si les signes diacritiques y sont également présents (# et @), la dimension agglutinante se joue davantage au travers des co-énonciateurs que de l'énonciateur lui-même. C'est à dire que ce qui fait "varier" et ce qui "nuance" provient d'abord des signes diacritiques extérieurs (likes et émojis) voire de circuits énonciatifs parallèles, symétriques ou asymptotiques qui sont ceux des espaces de commentaires. A ce titre, Facebook est davantage une langue "isolante", car tout le registre de la nuance est apporté, principalement, par des signes et des agents extérieurs à l'énoncé initial. Comme les morphèmes d'une langue isolante, ce qui compte ce n'est pas tant ce que nous sommes, notre morphologie de sujet / profil, que la manière dont nous nous inscrivons dans un contexte et une syntaxe sociale.

Restent les langues dites "flexionnelles" et leur capacité à faire changer de forme un mot selon sa place et son rôle dans une phrase. La dimension flexionnelle de tous les biotopes numériques (moteurs de recherche et réseaux sociaux), tient à leur part algorithmique dans la hiérarchisation, l'exposition ou le masquage de chaque énoncé, sujet, ou énoncé-sujet.

Or comme le rappelle notamment Umberto Eco dans "La recherche de la langue parfaite" (p.38) :

"une langue naturelle ne vit pas en se fondant uniquement sur une syntactique et une sémantique. Elle vit aussi sur la base d'une pragmatique, c'est à dire qu'elle se fonde sur des règles d'usage qui tiennent compte des circonstances et des contextes d'émission."

L'un des enjeux majeurs de nos sociabilités connectées est de déterminer quel est le niveau réel d'agentivité des biotopes numériques sur la pragmatique des discours et de la langue.

Une pragmatique qui a toujours été celle d'un capital et d'un marché. 

Du marché linguistique à la bourse sociale.

Il y avait la maîtrise de la langue comme capital (culturel et social) qui prévalait dans l'ère médiatique pré-numérique. S'assurer de la maîtrise de la langue suffisait à garantir son effet médiatique ou à tout le moins "médiatisable" dans la mesure où les médias avaient pour fonction de s'assurer de ne faire prendre la parole qu'à celles et ceux – mais surtout ceux – chez qui la maîtrise de la langue était avant tout un marqueur social, le signe d'un acquis valant acquiescement.

Il y a désormais la maîtrise de la circulation linguistique des discours comme capital (social). Ce qui compte ce n'est pas tant la maîtrise de la langue que celle de ses espaces sociaux, réticulaires, de circulation. Et de la masse que cela constitue et qui contraint – parfois – les médias "de masse" à donner la parole à celles et ceux qui leur demandaient en vain, et depuis si longtemps, de pouvoir la prendre et, ce faisant, de pouvoir aussi l'apprendre. Le mouvement des Gilets Jaunes et son émancipation discursive au sein de groupes Facebook en a été le parfait exemple.

Mais pour le reste rien, ou presque, n'a changé. Ni le capital social, celui du "marché linguistique" de Bourdieu (dans "Ce que parler veut dire", 1982), ni le capital monétaire et spéculatif, celui du "capitalisme linguistique" de Kaplan (2011). 

Bourdieu. Qui explique dès les années 1980 que la langue, "le trésor commun" de Saussure, n'appartient qu'à quelques-uns et est très inégalement distribuée (entre les sexes, les instruits et les non-instruits, etc.). Or avec les réseaux sociaux il n'y a, para-doxalement, plus de prise de parole. Puisque, dit encore Bourdieu, le fait même de "prendre" la parole désigne le fait que je la prends à d'autres qui eux doivent se taire et m'écouter. Or avec le phénomène des audiences invisibles décrit par danah boyd (la majorité des publics/destinataires est absente au moment même de l'énonciation), "prendre la parole" est avant tout une déprise. Un rendu. Quand je "prends" la parole pour un Tweet ou un statut Facebook ou un post Instagram, je commence par la "rendre" ou par en tout cas la "confier", comme en confidence, à l'architecture technique de la plateforme et à son algorithmie que je "charge" de la "faire prendre" au sens chimique, c'est à dire de lui donner la capacité d'être imprégnée et traversée de lectures et donc de silences et d'écoutes.

Il n'y a, en fait, que quand le travail algorithmique se termine que la parole a "prise" sur les réseaux sociaux numériques. Ce formidable et si structurant paradoxe qui fait que je ne "prends" réellement la parole qu'une fois que je me suis tu. Ce hiatus, cet intersticiel déséquilibre est déterminant pour comprendre et analyser les mécaniques discursives en ligne, trop souvent ramenées à une fausse et trompeuse instantanéité.

"Ce qui circule sur le marché linguistique, ce n'est pas "la langue", mais des discours stylistiquement caractérisés, à la fois du côté de la production, dans la mesure où chaque locuteur se fait un idiolecte avec la langue commune, et du côté de la réception, dans la mesure où chaque récepteur contribue à produire le message qu'il perçoit et apprécie en y important tout ce qui fait son expérience singulière et collective." (Bourdieu, "Ce que parler veut dire : l'économie des échanges linguistiques". Extrait disponible sur Google Books.)

Je répète et recopie. "Chaque récepteur contribue à produire le message qu'il perçoit et apprécie en y important tout ce qui fait son expérience singulière et collective." Et cela vaut, avec une acuité toute particulière, pour "les réseaux sociaux". En tout cas pour cette spécificité de la parole sur les réseaux. Une parole qui ne "prend" qu'une fois que nous nous sommes tus, puisque plus que jamais auparavant et dans aucun autre dispositif médiatique précédent, l'échange présidant à la réinterprétation et au réinvestissement d'une (dé)prise de parole n'a été aussi déterminant, ni aussi paradoxalement hyper-contraint par les ingénieries, les déterminismes et les résonances algorithmiques ou techniques qui permettent et garantissent des formes de liberté dans l'échange. Des formes de liberté qui ne sont le plus souvent que des formes travesties de libéralisme (nous renvoyant au capitalisme linguistique déjà évoqué). 

Or que peut-il, à terme, rester de ce marché linguistique dans une économie dont la finalité, en termes de circulation justement, est d'inciter des gens à interagir avec des contenus qui ne les concernent pas et qu'ils ne recherchent pas ? Rien d'autre que la simple dimension spéculative au prix de l'élimination de toute symbolique d'appartenance non immédiatement monétisable.

De la responsabilité à l'acceptabilité.

Voilà maintenant quelques années que l'on évoque souvent, à propos des réseaux sociaux, la question de "l'accountability", c'est à dire de la responsabilité (juridique, technique, éthique) de ces plateformes dont on a bien compris que leur statut n'était d'être ni seulement hébergeurs ni univoquement éditeurs, plateformes que Mark Zuckerberg lui-même nous invite à traiter comme, je cite, "quelque chose entre un opérateur télécom et un journal" ("something between a telco and a newspaper").

Et bien à ce sujet, la dernière notion que je veux explorer dans le cadre de cette esquisse d'une approche des plateformes sociales comme espaces linguistiques, je la trouve (encore) chez Bourdieu et c'est celle "d'acceptabilité". Notion qui me semble pouvoir utilement venir compléter ou parfois même remplacer, parce que plus immédiatement opératoire, celle toujours un peu vague de responsabilité.  

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                Bourdieu Pierre. L'économie des échanges linguistiques. In: Langue française, n°34, 1977.
         Linguistique et sociolinguistique, sous la direction de Pierre Encrevé. pp. 17-34.
  En ligne : www.persee.fr/doc/lfr_0023-8368_1977_num_34_1_4815

Là encore, comme pour la dimension flexionnelle que j'évoquais plus haut, l'acceptabilité décrite par Bourdieu est une clé d'analyse pertinente pour mieux comprendre les logiques de circulation (ou de censure) discursive sur les réseaux, telles qu'elles sont opérées par les algorithmes. Ainsi le paraphrasant pourrait-on aujourd'hui écrire sur "l'acceptabilité algorithmique" que :

"La 'science du langage algorithmique' a pour objet l'analyse des conditions de la production d'un discours non seulement réglementairement conforme (CGU), non seulement adapté à la situation, mais aussi et surtout acceptable, recevable, croyable, efficace, ou tout simplement écouté, dans un état donné des rapports de production et de circulation (c'est à dire du rapport entre une certaine compétence et un certain marché). Il y a autant d'acceptabilités algorithmiques qu'il y a de formes de relations entre compétence (au sens plein) et champ (ou marché) et il s'agit d'établir les lois définissant les conditions sociales d'acceptabilité algorithmique, c'est à dire les lois de compatibilité et d'incompatibilité  entre certains discours et certaines situations, les lois sociables du dicible (…).

Les espaces discursifs sur les plateformes sociales sont une formation de compromis résultant de la transaction entre l'intérêt expressif (mesuré sur l'engagement) et la censure inhérente à des rapports de production linguistique particuliers (…) qui s'impose à un locuteur-utilisateur doté d'une compétence déterminée, c'est à dire d'un pouvoir symbolique plus ou moins important sur ces rapports de production."

Questionner ces "lois sociales du dicible" au travers de leur acceptabilité algorithmique. Voilà l'enjeu. S'interroger sur le "pouvoir symbolique" de ces plateformes dans les "rapports de production" linguistiques qu'elles installent et administrent. Voilà le sujet. 

Et c'est tout cela qui rend ces biotopes énonciatifs de publication (moteurs et réseaux sociaux), si passionnants à comprendre et à tenter d'embrasser. Avec la langue. 

Un commentaire pour “Prendre la parole sur les réseaux. Et mettre la langue.

  1. Oui sauf que les travaux de Bourdieu, qu’en a t-on fait ? Sous la double impulsion des libéraux et des conclusions de Bourdieu, on a lâchement capitulé et permis une baisse de niveau alarmante au prétexte que l’excellence n’est pas assez démocratique. C’est ce que Christopher Lasch a pointé dès 1979 aux USA dans la Culture du Narcissisme. Même nos ministres et présidents maltraitent le français, qui est dans une déshérence abyssale. Vous qui enseignez êtes aux premières loges pour le constater. Ce problème m’interroge bien plus que les normes et logiques linguistiques à l’oeuvre sur les plateformes, pourtant un sujet majeur. Ou comme disait l’autre, “rendez-nous les moineaux avant de connecter les trottinettes”.

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